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DES MÉTAUX DE LA QUATRIEME CLASSE

Ils ont pour caractère de ne pas décomposer l'eau, ni à froid ni à chaud; d'absorber l'oxi gène à une température plus ou moins élevée. Leurs oxides se réduisent par l'électricité et par plusieurs combustibles, tandis que la chaleur seule ne saurait opérer cet effet. On les sousdivise en deux sections. La première comprend ceux qui sont acidifiables , et la seconde ceux qui ne sont qu'oxidables.

Les premiers sont au nombre de cinq, savoir :

l'arsenic, le tungstène,

le molybdène, le colombium;

le chrome,

Les seconds, au nombre de dix :

l'antimoine, le cobalt, le cuivre,

l'urane, le titane, le tellure,

le cérium , le bismuth , le nickel ,

le plomb.

PREMIERE SECTION

MÉTAUX ACIDIFIABLES.

Arsenic.

Histoire. Quoique l'arsenic fût connu depuis longtemps, ce n'est que depuis 1 ^33 que Brandt a annoncé sa nature métallique. Il a été étudié depuis par Macquer, Monnet , Schéele , Bergmann , et plusieurs chimistes modernes.

Propriétés physiques. Solide, gris terne, texture grenue et écailleuse, insipide, et odorant par le frottement entre les mains; poids spécifique 8,3o8.

Propriétés chimiques. A une température de 1800 se volatilise sans entrer en fusion, et donne des

cristaux tétraédriques. On ne parvient à le fondre qu'en aidant l'action du calorique d'une pression bien supérieure à celle de l'atmosphère.

On croit généralement que l'oxigène et l'air secs n'agissent point à la température ordinaire sur ce métal. M. Thénard s'est aperçu cependant qu'au bout de quinze jours il perdait beaucoup de son éclat; ce qui ne pouvait être dû qu'à une légère oxidation. Les gaz humides y forment à la surface une couche d'oxide noir. A une température élevée, l'arsenic brûle dans le gaz oxigène sec ou humide, avec dégagement de calorique et de lumière , et le deutoxide blanc qui est le produit de cette combustion, se sublime. Si on fait cette opération dans l'air, on obtient les mêmes résultats, avec cette différence que l'action est moins vive , et qu'il ne se dégage qu'une faible lumière. Réduit en poudre fine et délayé dans le peroxid'e d'hydrogène concentré, il le ramène à l'état de protoxide, et passe à celui d'acide arsénique.

Ce métal s'unit à l'hydrogène , au soufre, au phosphore , à Y iode, au sélénium, au chlore et à presque toutes les substances métalliques. Si on le \ réduit en poudre et qu'on le place dans un vase plein d'eau, il décompose l'air qu'il contient, s'oxide et se dissout dans ce liquide en suffisante quantité pour former cette dissolution connue sous le nom de mort aux mouches.

Etal naturel. Quatre états : natif, d'oxide, salin et en combinaison avec le soufre et plusieurs métaux dont il est, pour ainsi dire, le minéralisateur.

Extraction. On l'extrait de la mine d'arsenic natif

( i64 ) par la sublimation; et de l'oxide blanc, en le traitant par le calorique et le savon.

Usages, On en fait des miroirs de télescope, en l'unissant au platine, à l'étain et au cuivre; à l'état d'arséniate de cobalt, il sert dans les manufactures de porcelaine à faire le beau bleu d'azur; c'est un poison des plus violens. Nous aurons occasion d'en parler lorsque nous traiterons de son deutoxide.

Du molybdène.

Histoire. On attribue la découverte de ce métal à Hielm, en 1782. Il s'y trouva conduit par les travaux de Qwist, de Schéele et de Bergmann. Postérieurement, plusieurs chimistes, parmi lesquels nous nous bornerons à citer Heyer, Hatchett et Pelletier, en reconnurent les propriétés.

Propriétés physiques. Solide, cassant, d'un blanc tirant sur le gris, presque infusible, et n'ayant encore été obtenu qu'en petits grains agglomérés. Poids spécifique 7,400.

Propriétés chimiques. Le feu des meilleures forges ne peut le fondre; action de l'air et de l'oxigène, à la température atmosphérique, nulle; chauffé au rouge avec le contact de l'air, il se convertit en un acide blanc, qui se volatilise; il agit comme l'arsenic sur l'eau oxigénée.

Ce métal, étant sans usages, n'a pas encore été bien étudié dans ses combinaisons diverses.

Du chrome.

Histoire. C'est au modeste et savant Vauquelin que la découverte du chrome doit être attribuée.

( «65) Il en enrichit la chimie en 1707, en annonçant que l'acide qui formait le sel connu alors sous le nom de plomb rouge de Sibérie, et maintenant sous celui de chromate de plomb , avait pour base un métal.

Propriétés physiques. Solide , cassantet d'unblanc grisâtre, en masses poreuses, ou en grains agglutinés, parsemés d'aiguilles. Poids spécifique inconnu.

Propriétés chimiques. Aussi infusible que le molybdène; air et gaz oxigène secs ou humides, à la température atmosphérique , sans action ; chauffé au rouge , dégagement de calorique et formation d'unoxide vert. Il s'empare d'une portion de l'oxigène, du peroxide d'hydrogène, et dégage l'autre.

Les acides n'ont point d'action sur lui, ce que l'on attribue à sa force de cohésion; chauffé avec la potasse ou la soude dans un creuset , il s'acidifie et s'unit avec ces oxides pour former des chromâtes qui sont jaunes.

Etant presque sans usages, ce métal a été peu étudié; Ton sait seulement qu'il donne, avec les corps avec lesquels il se combine, des composés colorés dont quelques-uns sont usités en peinture, et particulièrement pour celle sur porcelaine. C'est de cette propriété que lui est venu le nom de chrome, qui signifie en grec, couleur.

Du colombium.

Historique. M. Hatchett découvrit en 1801 le :olombium dans un minéral d'Amérique, et lui donna le nom du grand homme à qui la découverte de cette partie du monde est due. Ekeberg recon-

( i66 ) nut bientôt en Suède, clans quelques minéraux , un métal auquel il donna le nom de tantale , que Wollaston démontra, en 1819, être le colombium de Hatchett.il est, d'après cela, bien certain que les deux métaux qu'on trouve dans quelques auteurs sous les noms de tantale et de colombium, sont idenJ tiques.

Propriétés physiques. Gris foncé, raye le verre et prend l'éclat métallique en le frottant sur un grès.

Propriétés chimiques. A la plus haute température il ne fond point, il ne fait que s'agglomérer.

Air et gaz oxigène sans action à la température atmosphérique; chauffé au roug«e, il brûle lentement et donne un oxide grisâtre; inattaquable par les acides, même par l'hydrocbloronitrique (eaui régale). Calciné avec les alcalis, il agit avec eux, comme le chrome.

Etat naturel. Très-rare et toujours en combinaison saline avec le fer, le manganèse et l'oxide \ d'yttriumj on l'obtient en traitant son acide avec le ■ charbon , au feu le plus violent.

Sans usages.

Du tungstène.

Histoire. Schéele, en antionçant , en 1781, que lai pierre pesante, ou tungstène, était un sel formé deo chaux et d'un acide que Bergmann crut être de*' nature métallique, préluda à la découverte qu'eni firent les frères d'Elhuyart.

Propriétés physiques. Très-dur, cassant , brillant, couleur du fer, presque inattaquable par la limef

( i67 ) nfusible au feu de nos meilleures forges; il agit sur l'eau oxigénée comme le chrome.

Propriétés chimiques. Gaz oxigène et air, sans

action à la température ordinaire ; chauffé au rouge

1 donne un oxide brun. Il ne se trouve dans la

inature qu'à l'état d'acide, combiné avec le fer ou la

chaux. Sans usages.

SECONDE SECTION

MÉTAUX OXIDABLES.

Antimoine,

L'histoire de l'antimoine présente des faits si curieux qu'il serait permis de les révoquer en doute s'ils n'étaient attestés par les historiens. En France,

orsqu'on l'introduisit dans la médecine, il trouva î'ardens panégyristes et de violens détracteurs. Guy Patin déclama contre les premiers avec plus d'esprit que de raison. Boileau même se mit de la

artie ; Ton se rappelle ces deux vers :

L'on compterait plutôt combien dans un printemps Guénaut et l'antimoine ont fait mourir de gens.

Enfin l'on écrivit pour et contre avec tant de virulence, l'on exagéra tellement les maux qu'on lui attribuait, on le présenta comme un métal si dangereux, que le parlement crut devoir rendre un arrêt contre l'antimoine et l'émétique. C'est pour la première fois qu'on a vu un corps célèbre s'ériger en juge dans une affaire médicale. Depuis cette époque , on a étudié soigneusement ses vertus , et la postérité, en cassant l'arrêt du parlement, a conservé à la méde cine un médicament précieux.

L'antimoine est un des métaux que les alchimistes ont le plus torturés, aussi est-ce un de ceux qui offrent le plus de médicamens à l'art de guérir. L'é- poque de sa découverte est incertaine ) Basile Valentin est le premier qui, dans un ouvrage auquel il donna le titre pompeux de Currus triumphalis andmonii, a parlé de la manière de l'extraire. Depuis lors, il est peu de chimistes qui nes'en soient occupés.

Propriétés physiques. L'antimoine, qu'on appelait régule d'antimoine, est très-cassant, facile à pulvériser, d'une texture lamelleuse, d'un blanc tirant t sur le bleu, d'un beau brillant, odorant quand ou le presse fortement entre les doigts, et d'un poids spécifique de 6,702 suivant Brisson, et de 6,86 d'après Bergmann.

Propriétés chimiques. Fusible au - dessous de la chaleur rouge, donnant, parle refroidissement lent, des espèces de cristaux réunis et présentant, à la surface du culot, des herborisations cristallines, qu'on a comparées aux feuilles des fougères. Ce métal n'est pas volatil; chauffé avec le contact de< l'air ou de l'oxigèrie , il brûle lentement au-dessous 1 de la chaleur rouge; au-dessus, la combustion est! plus rapide, et il se produit un dégagement de calorique et de lumière. Dans l'un et l'autre cas, onn obtient un oxide blanc, connu jadis sous le nomu àe fleurs argentines d'antimoine. A la température^ ordinaire, ils sont sans action sur lui. En se combinant avec l'oxigène, l'antimoine donne quatre» oxides, que nous examinerons dans la suite.

L'antimoine et le chlore se combinent avec ignition, et donnent lieu à ua chlorure d'antimoine. Le

soufre, le phosphore, le sélénium et l'iode, peuvent également se combiner avec lui , ainsi que la plupart des métaux.

Etat naturel. Quatre. Natif, oxide, sulfure et oxide sulfuré. On l'extrait principalement du sulfure.

Usages. Pour les caractères d'imprimerie, et pour préparer divers médicamens. En médecine, on faisait usage de balles de ce métal, connues sous le nom de pilules perpétuelles , comme purgatif et quelquefois comme émétique. On les rendait telles qu'on les avait avalées. On en faisait aussi des espèces de verres, dans lesquels on mettait, pendant quelque temps, du vin blanc, lequel dissolvait par son acide tarlrique une petite quantité de métal qui lui communiquait les vertus précédentes. Lorsque nous parlerons des diverses préparations dont il est jla base, nous décrirons leurs vertus médicales. Les principales sont, l'oxide ou fleurs argentines, le beurre ou chlorure d'antimoine, l'émétique , le kermès,, le soufre doré, le crocus, le verre d'antinoine, etc.

De Uurane.

Découvert parKlaproth, en 1789, dans le Pechblende.

Propriétés physiques. Gris de fer, très-brillant, assant et susceptible d'être attaqué par la lime et e couteau. Poids spécifique, suivant Rlaproth, de ■ , 7 , et suivant Bucholz, 9,000.

Propriétés chimiques. Presque infusible. Il ne unit avec l'oxigène qu'en le cnaufïant au rouge;

( i7° ) à cette température, et à l'air libre, il s'enflamme et donne un oxide brun foncé.

On l'obtient en calcinant son oxide avec le charbon.

Sans usages.

Cérium.

Histoire. M. Berzélius signala son entrée dans la I carrière chimique , qu'il a parcourue depuis avec j tant de succès, par la découver teMu cérium, qu'il I trouva en i8o4, dans la cérite, avec M. Hisinger. MM. Vauquelin et Rlaproth en ont fait connaîtrez plusieurs propriétés.

Propriétés. B^nc, lamelleux, très-cassant ; on ne l'a jamais obtenu qu'en globules. Presque infusible, quoiqu'on en ait volatilisé de petites parties. AV froid, aucune action sur l'air ni sur le gaz oxigenej chauffé au rouge, il les absorbe et forme un oxide^ blanc, et, avec le carbone, un Garbure qui se* flamme spontanément à l'air, suivant M. Laugien M. Vauquelin n'a pu l'unir qu'avec le fer. ■ Parai» les combustibles non métalliques, on n'a encon constaté que son union avec le soufre et le chlore. On l'extrait de son oxide par le charbon, à un haute température.

Cobalt.

Histoire. On a long-temps employé, même avar le quinzième siècle, les oxides de cobalt dans J verrerie sans avoir u icune connaissance de ce nm tal Comme le minerai contient depuis 4<> jusqu 74 pour cent d'arsenic, les mineurs, qui en eproi

vaient des événemens fâcheux , lui assignèrent le nom de cobalt, que M. Pelletan croit dérivé de cubains, nom qu'ils donnaient alors à un prétendu esprit malfaisant qui les tourmentait. Ce ne fut qu'en 1733 que Brandt le reconnut pour un métal particulier.

Propriétés physiques. Blanc légèrement rosé, sans éclat, dur , cassant et magnétique, moins cependant que le fer. Poids spécifique 8, 538.

Propriétés chimiques. Fusible au degré du fer, c'est-à-dire à i3o° du pyromètre de Wedgwood , point volatil. Oxigène et air, à froid, rien; au rouge clair , il brûle avec dégagement de calorique et même de lumière , et donne un oxide bleu-noir.

Avec le phosphore, il forme un composé plus fusible que le métal ; il se combine aussi avec le soufre , le sélénium , le chlore, et quelques métaux.

On l'extrait principalement de la mine de Tunaberg, en traitant l'oxide par le carbone, à haute température.

Usages. On emploie l'oxide, et l'arséniate de ce métal, pour fabriquer le bleu d'azur et colorer en bleu les porcelaines.

Titane.

Histoire. C'est à M. Grégor qu'est due la découverte de ce métal, dans un minerai sablonneux qu'il rencontra, en 1781, dans le vallon de Menachan. Kirwan lui donna le nom de ménachlne. En 1755, Rlaproth trouva, dans le schorl rouge de Hongrie, ; un métal auquel il donna celui de titane, et qu'il reconnut bientôt pour être de même nature que celui

qu'on devait au religieux anglais. Ce métal n'est plus connu que sous ce dernier nom.

Propriétés. Comme on n'est pas encore parvenu à le fondre, ses propriétés sont presque inconnues ; on ne Ta obtenu que sous forme de pellicules friables d'un rouge plus intense que celui du cuivre. L'oxigène et l'air ne lui font subir aucune altération, à moins que sa température ne soit portée au rouge ; il se convertit alors en un oxide bleu. Il est inattaquable par les acides; on l'extrait de son oxide par le charbon , à une température très-tflevée.

Sans usages.

Bismuth.

Histoire. Le bismuth, ou étain de glace , était connu avant le quinzième siècle : on le trouve décrit dans le Bermannus d'Agricola ; mais ses propriétés n'ont été bien démontrées qu'en 17^3, par Geoffroy le jeune.

Propriétés physiques. Très-cassant et facile à pulvériser; d'une couleur blanche, tirant sur le jaune rougeâtre ; d'une texture à grandes lames ; cristallisant très-facilement en octaèdres ou en cubes, dont l'arrangement forme une espèce de pyramide quadrangulaire renversée. H ne peut ni se laminer ni. se tirer en fils. Poids spécifique 9 , 8i(2.

Propriétés chimiques. Fusible à 1^° ; c'est le« métal qui parle refroidissement cristallise le mieux? non volatil dans des vases clos; inattaquable par l'ain et le gaz oxigène secs, à la température ordinaire; s'ils sont humides , légère oxidation; en fusion, il absorbe l'oxigène de l'air et se convertit en un oxidi

( i73 ) gris-jaunâtre, lui-même très-fusible ; il se produit alors une lumière bleuâtre. Dans le gaz oxigène , cette action est plus vive.

L'eau est sans action sur ce métal ; il se combine avec le soufre , le phosphore , l'iode , le sélénium , le chlore et la plupart des métaux.

Etat naturel. Natif, oxidé, uni à l'arsenic et au soufre.

Sans usages en médecine.

Cuivre.

Histoire. Il est impossible d'assigner l'époque de la découverte du cuivre j elle se perd dans la nuit éternelle du temps. Les Grecs lui donnèrent le nom de venus, à cause de la facilité avec laquelle il s'unit à tous les métaux. Après le fer , c'est le métal le plus utile que nous possédions : il sert à former divers ustensiles , les chaudières , les vases évaporatoires et distillatoires ; à doubler les vaisseaux ; à former, avec le zinc, le laiton, et, avec l'étain, le bronze des cloches et des canons. Le cuivre est en même temps un des signes conventionnels et représentatifs des produits agricoles et industriels. Il serait trop long d'énumérer ses usages : nous allons nous borner à décrire ses principales propriétés.

Propriétés physiques. Très-brillant, et d'une coupleur rougeâtre qui tire quelquefois sur le jaune. Sa i saveur est désagréable; il développe une odeur par le frottement. De tous les métaux c'est le plus sonore comme il est le plus tenace, après le fer ; il est aussi, très-ductile : son poids spécifique est de 8, 893. Lorsqu'il se trouve en contact avec un corps en

ignition , il communique une couleur verte à la flamme.

Propriétés chimiques. Fusible à 27° du pyromètre de Wedgwood, et susceptible de prendre, par le refroidissement gradué, une forme cristalline irrégulière , quoique imitant des pyramides quadrangulaires. L'oxigène et l'air secs ne lui font éprouver aucune altération à la température ordinaire; s'ils sont humides, il se forme un oxide vert qui , s'unissant à l'acide carbonique de l'air, forme un souscarbonate qu'on peut observer sur les statues , les canons, etc. ; même au-dessous de la cha-^ leur rouge, il se combine avec l'oxigène de l'air, et forme un oxide brun. Si on l'expose à un foyer alimenté par un courant de gaz hydrogène et oxigène, il brûle avec une vive lumière et une flamme verte.

Le cuivre s'unit avec le soufre , le phosphore, le I sélénium , l'iode, le chlore, et le plus grand nombre • des métaux.

Etat naturel. Quatre états : natif, oxide, avec les combustibles , surtout avec le soufre, et à l'état de carbonate, arséniate, et sulfate.

On l'extrait en fondant le cuivre natif, ou en calcinant l'oxide, ou le carbonate, avec le charbon, ou | bien en dégageant le soufre du sulfure par le grillage, et traitant l'oxide par le charbon.

Usages. Outre ceux que nous avons indiqués dans* sou histoire, on en lait un grand nombre de bijoux, qu'on dore en partie; c'est à lui qu'est due la dureté des vases, bijoux, instrumens et monnaies d'or el d'argent, dans la composition desquels il entre

( 175 ) pour ~ ; il donne plusieurs sels usités dans les arts et en médecine.

Tellure.

Histoire. En 1782, M. Muller de Reichenstein , s'occupant de l'analyse des mines d'or de Transylvanie, crut y avoir découvert un nouveau métal. Le doute philosophique le tenant en garde contre sa découverte , il communiqua ses recherches à Bergmann et Klaproth, en leur envoyant des échantillons de cette substance. Ce dernier chimiste confirma la découverte de M. Muller.

Propriétés physiques. Blanc bleuâtre, brillant , facile à pulvériser; structure lamelleuse, et poids spécifique de 6,1 1 5.

Propriétés chimiques. Se fond à un degré de chaleur inférieur à celui de la fusion du plomb , et présente, par un refroidissement gradué, des aiguilles à la surface; à une plus haute température, on peut le distiller. Le gaz oxigène et l'air secs, sans action à froid; humides , elle est inconnue. A l'aide de la chaleur, il brûle vivement dans le gaz oxigène, et il se forme un oxide blanc volatil; le même effet a lieu dans l'air.

Il s'unit avec le gaz hydrogène , le soufre, le phosphore , le sélénium , le chlore , et le plus grand nombre des métaux,

Sans usages.

Nickel.

Histoire. Entre 1 751 et 1754, Cronstedt annonça l'existence d'un métal dans le minerai connu sous >\e nom de Kupfernickel^oM faux cuivre. Sa décou

( »?G ) verte ne fut cependant sanctionnée des chimistes qu'en 1775, époque à laquelle le nickel fut bien reconnu pour un métal particulier.

Propriétés physiques. Presque aussi blanc que l'argent, ductile, malléable et très-magnétique, moins cependant que le fer : poids spécifique 8,666 lorsqu'il a été forgé, et 8,275 quand il n'a été que fondu.

Propriétés chimiques. Fusible à 1600 du pyromètre de Wedgwood ; un peu volatil; à froid, l'air et l'oxigène secs, rien; à une chaleur rouge, combustion et formation d'un oxide vert.

Le nickel se combine avec le soufre , le phosphore, le chlore, et la plupart des métaux.

Sans usages.

Plomb.

Histoire. Voici encore un des métaux sur lesquels nous devons le plus porter notre attention , à cause' des services infinis qu'il nous rend. Il semble que la nature nous ait d'abord fait connaître ceux qui s'appliquent le plus à nos besoins : c'est assez dire que le plomb compte parmi les métaux dont on ne saurait assigner l'époque de la découverte.

Propriétés physiques. Blanc bleuâtre, brillant, et 1 se ternissant bientôt à l'air ; odeur et saveur sensibles; très-mou; se laissant entamer par un grand nombre de solides; ductile et malléable; pouvant servir à écrire sur le papier; d'un poids spécifique égal à 1 1,352.

Propriétés chimiques. Fusible à 26o°;d'où Foi

( «77 ) peut conclure qu'après l'étain et le bismuth, il doit prendre place par son degré de fusibilité. Il n'est presque pas volatil. L'air et le gaz oxigène secs et froids n'ont point d'action sur le plomb ; s'ils sont humides, ils l'oxident à la longue, avec cette différence, qu'avec l'air Foxide formé passe à l'état de souscarbonate. A l'aide du calorique, il s'oxide très-facilement : dès qu'il est en fusion , si Fon a le soin de séparer Foxide qui se forme, on parvient bientôt à oxider ainsi tout le métal. C'est ce que savent fort bien les fondeurs de cuillères d'étain et de plomb, qui , sous prétexte d'enlever ce qu'ils appellent la crasse, facilitent ainsi Foxidation du métal fondu, et emportent avec eux Foxide, qu'ils savent fort bien réduire, au moyen du charbon. Nous devons dire ici un mot d'un tour que font les jongleurs, et qui paraît très-surprenant. Il consiste à plonger la main dans du plomb fondu sans se brûler. Ce fait n'est pas extraordinaire, si l'on fait attention que, lorsqu'ils exécutent ce tour, tout le plomb n'est pas liquéfié. Le peu qui reste encore s'empare du calorique , qui traverse celui qui est déjà fondu, pour se fondre à son tour : la température du plomb fondu n'est donc pas alors bien élevée, tandis que dès le moment que tout le plomb est en fusion, le calorique s'y accumule et rend cette expérience très-dangereuse. L'oxide que donne

- Je plomb, par une première calcination, est jaune;

I par une seconde, il s'empare d'un? nouvelle quantité d'oxigène et prend une couleur rouge. C'est par ce procédé qu'on prépare le minium.

Le plomb se combine avec la plus grande faci-

( i78 ) lité avec le soufre, le phosphore, l'iode, le sélénium, le chlore et la plupart des métaux.

État naturel. Trois états : d'oxide, c'est le plus rare; avec le soufre et quelques combustibles, et en combinaison saline avec les acides carbonique et chromique, sulfurique, phosphorique , molybdique et arsénique. C'est en bocardant , lavant et grillant le sulfure de plomb, connu sous le nom de galène , et en le traitant ensuite par des scories de fer, ou de la grenaille de fonte, dans un fourneau à manche, qu'on en sépare le piomb.

Usages. On en fait une foule d'ustensiles , des bassins, des chaudières évaporatoires, des cristallisoires, des tuyaux pour les conduits, des chambres pour fabriquer l'acide sulfurique; on le convertit en balles, en grenaille , etc. Par son alliage avec un tiers d'étain, il constitue la soudure des plombiers, et, avec le quart de son poids d'antimoine, les caractères d'imprimerie. Il est également employé pour l'exploitation des mines d'argent, et pour séparer l'or des autres métaux. Il est sans usages en médecine, mais ses oxides entrent dans la préparation de quelques médicamens.

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