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OXIDES DE LA TROISIEME SECTION

Absorbant l'oxigène à la température la plus éle-

( ^9 ) vëè , et ne de'composant l'eau qu'à l'aide de la chaleur rouge : on en compte douze :

4 de manganèse,

3 de fer,

i de zinc,

2 d'étain,

i de cadmium.

Oxides de manganèse.

Le peroxide de manganèse étant seul employé , nous n'allons qu'indiquer les trois autres.

Leprotoxide est blanc-verdâtre, indécomposable par le feu , formé de ioo manganèse et 28 oxigène.

Le deutoxide est brun-rouge, idem. 100 37,4»

Le tritoxide est brun-noirâtre ; à une haute température il passe à l'état de deutoxide. 100 l\i.

Peroxide de manganèse.

Ce peroxide a été trouvé dans la nature en masses informes d'un brun noirâtre et terne, et, d'autres fois, sous forme de petits prismes qui ont l'éclat métallique; il est souvent mêlé, surtout le premier, avec la silice , l'oxide de fer et le carbonate calcaire? Kaim, en 1770, reconnut que le peroxide de manganèse, que Cronstedt avait classé parmi les terres, contenait un métal nouveau. Un an après, Schéele confirma cette découverte, et Gahn en opéra bientôt la réduction.

Propriétés. Brun-noirâtre, réductible par l'électricité, et passant, à une haute température, à l'état de deutoxide. Ce peroxide, en poudre très-fine, mis en contact avec l'eau oxigénée concentrée , en opère de suite la désoxigénation avec un dégage-

ment considérable de calorique. Si cette eau ne contient que neuf fois son volume d'oxigène, l'action est encore asse- vive.

Composition, ioo manganèse et 56,2 15 oxigène.

Usages. Employé dans les laboratoires pour obtenir le gaz oxigène, et surtout le chlore; il entre aussi dans la composition de certains verres à bouteille, etc.

Protoxide de zinc.

Histoire. Ce protoxide est décrit dans les anciens ouvrages de chimie et de matière médicale , sous les noms dejleurs de zinc , nihil album , laine philosophique, pompholix , etc.

Propriétés. Blanc sale, non volatil, très-difficile à entrer en fusion , n'éprouvant aucune décomposition de la part du calorique, mais réductible par l'électricité; insoluble dans l'eau , sans action sur le gaz oxigène et l'air, et absorbant l'acide carbonique de ce dernier.

Etat naturel. Se trouve ordinairement en masses concrétionnées uni à la silice, l'alumine, l'oxide de fer et le carbonate de chaux, et quelquefois en petits cristaux contenant de la silice, et colorés souvent par les oxides de fer ou de manganèse. On en trouve aussi une variété en octaèdres d'un vert foncé, qui contient 0,17 de soufre, et qui est connue en minéralogie sous le nom de zinc gahnite; toutes ces espèces diverses portent le nom de calamine. Composition. 100 zinc et 24,797 oxigène.

Préparation. Pour l'usage médical on prépare cet oxide en mettant du zinc en grenailles dans un creuset qu'on porte au rouge : alors le métal brûle

( 23s ) avec une vive lumière et se convertit en flocons blans très- légers, qui s'attachent en partie autour du creuset, ou se dissipent dans l'air ; on doit avoir soin d'enlever ces flocons à mesure qu'ils se forment autour du creuset.

Usages. Employé par quelques médecins comme antinerveux et antispasmodique ; on le regarde aussi comme émétique ; il fait partie de quelques collyres, etc.

Deutoxide de zinc.

Propriétés. Blanc , insipide et décomposable à la chaleur de l'eau bouillante. Un caractère propre à cet oxide , comme à celui de barium , c'est qu'en le dissolvant dans les acides sulfurique, nitrique et hydrochlorique, on obtient des sels de protoxide et de l'eau oxigénée.

Composition. Un peu plus de la moitié d'oxigène en sus que le protoxide. M. Thénard pense cependant que cette analyse n'est pas exacte.

Préparation. On l'obtient en précipitant le nitrate ou le sulfate de zinc par la potasse ou la soude, ou par le même procédé qu'on prépare le tritoxidede cuivre Protoxide de fer.

Propriétés. Blanc, uni à l'eau, non décomposable par le feu, mais réductible par la pile ; insoluble dans l'eau , moins magnétique que le fer; absorbant à froid l'oxigène et l'acide carbonique de l'air, et passant à l'état de souscarbonate; à une haute température l'absorbant également et acquérant une couleur verte et ensuite jaune-brune. Si, lorsque ce protoxide est récemment préparé, on y verse de l'eau oxigénée, il passe à l'état de peroxide.

( iZi )

Composition, ioo de fer et 28,3 d'oxigène.

Préparation, En précipitant par la potasse ou laa soude le protosulfate de fer, lavant le précipitée avec l'eau distillée et le séchant dans le vide, cet protoxide n'est pas vénéneux.

Sans usages.

Deutoxide de fer.

Propriétés. Le deutoxide de fer ou éthiops martial est noir, moins magnétique que le précédent,, se réduisant par la pile, n'éprouvant aucune décomposition de la part du calorique , quoique fusible, insoluble dans l'eau, et , comme le précédent, absorbant le gaz oxigène et l'acide carbonique; m n'est pas vénéneux.

Composition. 100 de fer et 37,8 d'oxigène.

Etat naturel. Il existe dans la nature en grandes quantité; le plus souvent il est en masses informes,, à cassure grenue ou écailleuse, ou sous forme terreuse, et quelquefois en gros cristaux octaédriques> ou dodécaédriques. Les mines d'aimant sont à l'état de deutoxide. Une partie du fer qu'on emploie est I extraite de ces mines; on les trouve en abondance' en divers lieux.

Préparation. Dans les pharmacies on prépare l'éthiops martial en tenant pendant long- temps de la limaille de fer dans l'eau tiède, et l'agitant de temps en temps; on l'obtient plus promptement enn faisant passer de la vapeur d'eau dans un tube de» porcelaine porté au rouge-cerise , et contenant du fil de fer bien fin et bien décapé.

( 233 ) Usages. Tonique, astringent, emme'nagogue ; con- I tre la chlorose, la cachexie, etc.

Tritoxide de fer , ou safran de mars astringent.

Propriétés. Cet oxide est d'un rouge tirant sur le violet , plus fusible que le fer, et cependant indécomposable par le calorique , se réduisant par le fluide électrique , non magnétique } insoluble dans l'eau , sans action sur le gaz oxigène à aucune température , et absorbant l'acide carbonique de l'air à froid. Le tritoxide de fer en poudre, ou son hydrate, décompose avec une vive chaleur l'eau oxigénée, la ramène à l'état de protoxide, sans * éprouver aucune altération.

Etat naturel. En masses, en filons et en couches;

uni tantôt avec l'argile, la silice ou le carbonate de

chaux. Il est le principe colorant de plusieurs ocres ,

, du brun-rouge, de la sanguine, etc.; il constitue

i aussi le colcotar, qu'on prépare en dégageant, par le

calorique, l'acide sulfurique du sulfate de fer, etc.

Composition. 100 de fer et 4^,31 d'oxigène. I Préparation. On prépare ce tritoxide en calcinant \ dans un vase ouvert de la limaille de fer jusqu'à ce qu'elle ait acquis une couleur rouge , ou en déeom- . posant par le calorique le protosulfate et le nitrate [ de fer , etc.

Usages. On exploite les mines de ce peroxide

i pour en obtenir le fer; en médecine il est employé

i comme tonique, astringent, anticachectique, etc.

Le safran de mars apéritif ne diffère de celui-ci

qu'en ce qu'il contient de l'acide carbonique, dont

on peut le débarrasser par la calcination.

Protoxide d'étain.

Propriétés. Le protoxide d'étain est d'un gris tirant sur le noir, insoluble dans l'eau, se réduisant par la pile , et non par le calorique. Un caractère bien distinctif de cet oxide, c'est d'être aussi combustible que l'amadou, lorsqu'on le porte à une température élevée, avec le contact du gaz oxigène ou de l'air. Par cette combustion il se convertit en peroxide.

Préparation. Il suffit de faire chauffer l'étain avec le contact de l'air pour le convertir en protoxide, ou bien de le dissoudre dans l'acide hydrochlorique,et de précipiter cette dissolution récente par la potasse.

Composition. Dans ioo parties d'étain, i3,6 d'oxigène.

Sans usages.

Deutoxide d'étain.

Propriétés. Le deutoxide est blanc , fusible , insoluble dans l'eau , décomposable par le fluide électrique, et non par le calorique. Son poids spécifique est de 6,9.

Etat naturel. On en trouve plusieurs mines en Angleterre, en Espagne, en Bolième, en Saxe, dans les Iles Orientales, etc.; on n'en trouve en France que quelques traces. Ce peroxide natif est quelquefois en cristaux , ordinairement en prismes à quatre pans, diversement colorés par l'oxide de fer. Il fait feu av^ec le briquet. C'est de ces mines qu'on extrait presque tout l'étain que nous employons.

Préparation. On peut l'obtenir en brûlant le protoxide, en calcinant l'étain, ou en le traitant par l'acide nitrique, qui se décompose et donne lieu à ce peroxide qui se précipite , et à du gaz azote et du deutoxide de ce gaz qui se dégagent.

Composition. Dans ioo d'étain, 27,2 d'oxigène.

Sans usages.

Oxides de cadmium.

Propriétés. On ne connaît qu'un seul oxide de ce métal, d'une couleur qui varie du jaune au brun et même au noir, tandis que son hydrate est blanc. Cet oxide est fixe, réductible par le charbon, à une température peu élevée, et irréductible par le calorique. L'ammoniaque est le seul alcali qui jouisse de la propriété de le dissoudre; il s'en sépare à l'état d'hydrate gélatineux. Il n'est presque pas soluble dans l'eau.

Composition. Cadmium 100, oxigène 1 4,352.

Sans usages.

OXIDES DE LA QUATRIEME SECTIOIf,

Caractères. Ne décomposant l'eau à aucune température, absorbant le gaz oxigène à la chaleur la plus élevée, et irréductibles par l'action seule du calorique. Ces oxides sont au nombre de 26 , savoir :

2 d'arsenic, 2 de cobalt, i de chrome, 1 de titane,

1 de molybdène , i de bismuth,

1 de tungstène, 3 de cuivre,

3 d'antimoine, 1 de tellure,

2 d'urane, a de nickel, 2 de cérium, 4 de plomb-

O xi des cVarsen ic .

Quoique la plupart des chimistes n'admettent qu'un oxide d'arsenic, en regardant le protoxide comme un mélange de protoxide et d'arsenic métallique, je partage cependant l'opinion de M. Thénard sur l'existence de deux oxides arsenicaux, par les raisons qu'il a spécifiées dans son Traité de chimie.

Protoxide d'arsenic.

Propriétés. Noir , vénéneux , insoluble dans l'eau, réductible par l'électricité, se convertissant, au-dessous de la chaleur rouge, en deutoxide et en métal. Il se produit en exposant au contact de l'air l'arsenic réduit en poudre,

Deutoxide d'arsenic.

Histoire. Ce deutoxide est connu de temps immémorial sous les noms & 'arsenic, arsenic blanc, mort aux ratsP etc. En chimie, il est considéré, par le plus grand nombre des chimistes, comme un oxide, et par d'autres, comme un acide, auquel ils ont donné le nom ^ acide arsénieux.

Propriétés. Pour le bonheur de l'humanité, ce violent poison possède des caractères qui lui sont propres, et qui le distinguent de tous les autres. Cet oxide est blanc lorsqu'il est réduit en poudre ou qu'il est exposé au contact de l'air. Lorsqu'il est en masse , il est couvert d'une couche blanche , et l'intérieur jouit d'une transparence égale à celle des plus beaux cristaux. Il est souvent incolore, et

( *37 ) d'autres fois il a une nuance dorée, avec des filels ou couches rougeâtres ou jaunâtres. Cet oxide est très-facile à pulvériser ; jeté sur les charbons ardens il se sublime en une fumée blanche qui développe une odeur d'ail très-forte. On peut le sublimer dans des vaisseaux fermés , à une température de iq5° centigrades. Cette odeur d'ail est un des signes caractéristes de ce métal et de ses oxides. Si l'on expose une plaque de cuivre à la vapeur arsenicale, elle se blanchit de suite.

Le deutoxide d'arsenic est inodore, et est doué d'une saveur très-acre qui laisse un arrière-goût douceâtre; il est réductible par la pile, inaltérable à l'air, et soluble dans i5 parties d'eau bouillante, ou 4oo de froide; aussi la première solution donne par le refroidissement des cristaux tétraédriques bien marqués. Le deutoxide d'arsenic en poudre fine décompose l'eau oxigénée, la ramène à l'état de protoxide, et passe à celui d'acide arsenique. L'acide hydrosulfurique produit dans la solution d'arsenic un précipité jaune doré, qui est un sulfure de ce métal; son action est même telle , qu'il

peut rendre sensible dans une liqueur — ^ de cette

substance. Ce deutoxide s'unit avec les alcalis, et forme des espèces de sels qu'on a nommés arsénitcs. L'acide nitrique le convertit en acide arsenique. Son poids spécifique est de 3,699.

Etat naturel. Se trouve dans la nature, soit en poudre blanche, soit en cristaux transparens, diversement colorés. La plus grande partie de celui qu'on trouve dans le commerce provient de la calcination et de la sublimation des mines de co-

( s38 ) balt arsenical dans des fourneaux à réverbères, couronnés par une longue cheminée horizontale ou vient se fixer le deutoxide, etc.

Composition, ioo de métal et 33,a8 d'oxigène.

Usages. Le deutoxide d'arsenic est employé dans les arts pour préparer cette couleur , qui porte le nom de vert de Schéele , et qu'on emploie dans l'impression sur papier; pour fondre et purifier le platine, et pour blanchir les verres dans quelques verreries. En agriculture, il est très-employé contre la carie du blé. Je suis le premier qui, dans le midi de la France, ai porté , il y a plus de vingt ans, et propagé cette heureuse méthode. On prend, pour chaque sac de froment , pesant de i3o à i4o livres, 32 grammes de deutoxide d'arsenic; on le fait bouillir dans dix litres d'eau; on étend le blé à terre, on l'asperge avec cette solution froide, en le remuant constamment, et on le sème le lendemain. Une expérience de vingt années a démontré que ce blé germait plus vite, et était exempt de cette maladie qui attaque les épis, et qui est connue sous le nom de carie. L'emploi en est maintenant général dans plusieurs contrées.

Tout le monde connaît les effets vénéneux de l'arsenic, et l'emploi qu'en ont fait tant de mains criminelles. Avant de le considérer comme poison, examinons-le comme médicament.

On a administré l'arsenic à l'intérieur, comme fébrifuge dans les fièvres intermittentes, à la dose de i grain en dissolution dans 16 cuillerées d'eau, à prendre à jeun, tous les matins une cuillerée dans une tasse de lait. C'est ainsi que je l'ai vu prescrire

( 239) par le professeur Baumes. A cette dose de f de grain , ce médicament purge comme la meilleure médecine. Je me rappelle avoir examiné dans le temps des pilules qu'une bonne femme, d'un village aux environs de Narbonne,vend 3 fr. chacune, pour guérir ou mieux tuer les hydropiques. Ces pilules pèsent 2 grains; elles sont très -brunes et aplaties comme des lentilles. Feu le docteur Ferrier m'en remit deux pour en connaître les principes constituans. Je vis que je devais chercher non dans un extrait végétal , mais dans une substance métallique, la cause de cette effet drastique, qui était tel, que le malade après avoir pris une seule de ces pilules était presque entièrement désenflé. Le feu et les divers réactifs me convainquirent que ces pilules contenaient un tiers de grain d'oxide d'arsenic. Il est bon d'ajouter que quatre hydropiques que j'ai connus, et qui ont fait usage de ce pernicieux médicament, n'ont pas tardé d'aller rejoindre leurs aïeux. On donne également comme fébrifuge, à la dose de 10 à i5 gouttes, dans un véhicule mucilagineux , et trois fois par jour, la teinture arsenicale de Fowler , qu'on prépare en faisant bouillir deux onces de deutoxide d'arsenic et de potasse dans une pinte et quart d'eau, qu'on réduit à une pinte, et qu'on aromatise avec demi-once d'esprit de lavande. Le docteur Salter l'a employé avec succès pour le traitement de la chorée. Il cite quatre cas de cette maladie qu'il a guérie radicalement, en donnant, trois fois par jour, 4 gouttes de liqueur arsenicale, dont il augmentait la dose d'une goutte par jour, jusqu'à cequ'il eûtatteint celle de i4pour cha-

que dose, pour deux de ses malades, les autres n'ayant pu dépasser celle de 7 sans en éprouver un grand dérangement. Ces quatre cures eurent lieu les unes dans un mois et les autres dans un mois et demi (1). Il est fâcheux que le docteur Salter n'ait pas donné la recette de sa liqueur arsenicale ; estce celle de Fowler? il y a grande apparence. Quoi qu'il en soit, l'emploi de ce terrible médicament exige une main habile et très-exercée; je dis plus, les dangers qui l'accompagnent devraient le faire bannir de la matière médicale.

A l'extérieur, l'arsenic est employé comme caustique surtout dans la médecine vétérinaire; il est: un des principes constituans de la poudre anticar cinomateuse du frère Cosme , qui est composée de sulfure de mercure , a gros ,

deutoxide d'arsenic , 2 scrupules ,

sangdragon, 12 grains,

cendres de vieilles semelles, 8 grains. On en saupoudre aussi les tumeurs ou les ulcères < qtû présentent peu de surface. On recouvre cettepoudre avec des toiles d'araignée. Ce deutoxide est également usité dans quelques villages du Midi 1 pour le traitement de la gale. Lorsque j'étais médecin en chef de l'hôpital de convalescence italien de l'armée de Catalogne, je l'ai employé sur plus de huit cents galeux, sans qu'il ait jamais produit aucun résultat funeste. Je faisais usage pour chaque galeux d'une pommade composée avec deutoxide d'arsenic, a gros,

soufre en poudre, 2 gr.,

saindoux, 1 once,

(0 AnncdL universaii di medicina da Omodei, yo\. XXVI.'

pour quatre frictions sur les extrémités supérieures et intérieures. A la première ou seconde friction , la peau était rouge et enflammée , et quelques gros boutons entraient en suppuration. Il arrivait quelquefois que les testicules des malades se gonflaient et devenaient douloureux. Des cataplasmes émolliens dissipaient en deux ou trois jours cette inflammation, qui reconnaissait presque toujours pour cause l'application de cette pommade sur le

j scrotum. J'ai vu aussi une vingtaine de ces militaires être atteints, pendant un jour ou deux, de

! coliques qui n'étaient pas bien vives, et qu'un ou deux bains faisaient cesser. Dans le village de Bages,

iprès de Narbonne, les paysans ne traitent la gale qu'avec une semblable pommade. D'après tous ces faits, je crois pouvoir conclure que, dans l'application externe du deutoxide d'arsenic, il n'y a pas absorption, quoique M. Smith Tait soutenu. L'usage fréquent qu'en fait M. le professeur Dubois, sans en obtenir des effets vénéneux, vient à l'appui de mon opinion.

Empoisonnement par l'arsenic. Le deutoxide d'arsenic est un poison des plus violens, et les symp-

, tomes qu'il produit , à la dose de quelques grains ,

, sont des plus graves ; il irrite singulièrement le système nerveux, et cause les douleurs les plus aiguës.

, L'ouverture des cadavres offre une inflammation et quelquefois une corrosion des organes de la digestion; l'estomac présente, principalement près du pylore, des eschares et même des perforations. M. Orfila et les docteurs Black et Brodie ont très-bien décrit

| les symptômes de cet empoisonnement. Le premier

( *fa )

a conseillé, pour en arrêter les effets, l'eau chargée d'hydrogène sulfuré. Nous allons nous borner ici à quelques notions chimiques, pour reconnaître ce métal dans le cas d'empoisonnement. Il faut d'abord lier l'œsophage et l'ouverture antérieure du colon, vider ensuite la matière qui y est contenue , dans un vase de verre ou de terre vernissée; laver plusieurs fois l'estomac avec de l'eau chaude; filtrer une partie de la liqueur qu'on fera évaporer à siccité dans une capsule. En en projetant une pincée sur un fer rouge, on reconnaîtra l'arsenic à son odeur d'ail très-prononcée. On peut le sublimer ainsi dans un tube de verre, ou bien en prendre une autre partie, dissoute dans l'eau et la placer sur un plan de verre. En faisant agir sur elle la pile voltaïque, la décomposition a lieu, et l'arsenic métallique passeï au pôle négatif. Si le fil est de cuivre, il sera blanchi par ce métal. De tous les réactifs, il en est un dont l'effet est des plus remarquables, c'est l'acétate aminoniacal de cuivre, qui produit dans une solution! arsenicale ne contenant même qu'un cent-dix-mil-l lième de son poids d'arsenic, un précipité d'arsénite< de cuivre vert, lequel, lavé et traité par l'hydrogène» sulfuré, passe au rouge brunâtre. Le nitrate d'argent est aussi un des bons réactifs pour reconnaître lai présence de l'arsenic.Voici la meilleure manière dv s'en servir : on plonge dans la liqueur qu'on soupçonne contenir de l'arsenic, une baguette de vern qu'on a trempée dans l'ammoniaque ; on y ei plonge ensuite une autre trempée dans le nitraU d'argent pur. Il se forme un beau nuage jaune, 01 un précipité blanc, en répétant l'immersion dans 1

; nitrate d'argent et la liqueur suspecte. A la seconde ou à la troisième immersion, on aperçoit au centre une tache jaune entourée par le muriate d'argent qui est blanc. Par une quatrième, le nuage jaune devient très-sensible à la surface. On peut consulter, pour plus de développement, le Dictionnaire de chimie du docteur Ure, et la Toxicologie du professeur Orfila.

Protoxide de chrome.

Découvert par M. Vauquelin.

Propriétés. Couleur verte , insoluble dans l'eau, infusible et décomposable par la pile. Chauffé avec la potasse, il passe à l'état d'acide, et forme avec cet alcali un chromate. A l'état d'hydrate, il est gris ; par l'action du calorique il perd son eau , et reprend sa belle couleur verte.

Préparation. On l'obtient en calcinant dans une cornue le chromate de mercure.

Composition. Chrome ioo , oxigène 4^ ,63.

Usages. C'est avec cet oxide qu'on donne les belles couleurs vertes aux porcelaines, et qu'on colore les pierres précieuses artificielles imitant les émeraudes, etc.

Deutoxide de chrome.

Entrevu par Mussin-Puschkin, et bien démontré par M. Vauquelin.

Propriétés. En poudre brune , brillante , insoluble dans l'eau et les acides, se réduisant à une haute température en protoxide , ainsi que par l'acide hydrochlorique, avec dégagement de chlore.

Préparation. En chauffant le nitrate de chrome

jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz nitreux. Composition. Chrome ioo , oxigène 56, 84.

Protoxide de Molybdène.

Propriétés. Brun , aspect métallique , ne s'unissant pas avec les acides pour former des sels. Composition. 100 métal, 33, 5 1 d'oxigène.

Deutoxide.

Propriétés. Bleu, et ayant les caractères des acides, ce qui l'a fait regarder comme un acide, auquel quelques-uns donnent le nom de molybdeux.

Sans usages.

Oxide de tungstène.

Propriétés. Brun-noirâtre, et quelquefois bleu; composé de 100 de tungstène et 16, 56 d'oxigène. Sans usages.

Oxide de colombium.

Cet oxide étant regardé comme un véritable acide , nous le décrirons lorsque nous parlerons de ces corps.

Protoxide dyantimoine.

Propriétés. Blanc sale, fusible en un liquide jaunâtre qui exhale des vapeurs épaisses, et donne, par le refroidissement, une masse cristalline en fibres blanches.

Préparation. On obtient ce protoxide en chauffant fortement l'antimoine dans un creuset surmonté de plusieurs autres, qui communiquent ensemble par une ouverture pratiquée à leur fond , et en laissant, entre le premier et celui où se fait

(M5 ) l'opération, une petite ouverture pour tenir le métal en contact avec l'air. C'est ainsi qu'on obtient ce médicament qui porte, dans la pharmacie, le nom de/leurs argentines d'antimoine.

Composition, ieo d'antimoine et 18, 5 d'oxigène.

Deutoxide.

Propriétés. Blanc , insoluble , irréductible par le feu, et réductible par la pile 5 fusible à une chaleur rouge, et cristallisant par le refroidissement. Quelques chimistes lui donnent le nom d'acide antimonieux.

Préparation. On peut l'obtenir en calcinant le sousnitrate d'antimoine.

Composition. Métal 100, oxigène 26, 07,

Tritoxide.

Propriétés. Couleur jaune , presque pas soluble, et passant par l'action du calorique à l'état de deutoxide. Quelques chimistes le regardent comme un acide, qu'ils appellent antimonique.

Préparation. En décomposant par le calorique un mélange de six parties de nitrate de potasse et une d'antimojne , lavant la masse et la traitant par un acide qui s'empare de la potasse.

Composition. Métal 100, oxigène 3o, 99.

Observation. M. Proust n'admet que 1 oxides d'antimoine, et M. Berzélius, 4; cette différence tient sans doute, dit M. Thénard, à Ja difficulté qu'on a de les obtenir purs.

Protoxide dJurane.

Propriétés. Gris-noir, presque infusible. On le

( HG )

prépare en calcinant ce métal avec le contact de Fair. Il est composé de métal ioo, oxigène 5,17.

Deutoxide. D'un beau jaune, passant par la chaleur à l'état de protoxide. On l'obtient en décomposant par le calorique le deutonitrate d'urane. Il est composé de 100 de métal et 9752 d'oxigène.

Sans usages.

Protoxide de cérium.

Propriétés. Blanc, presque infusible, et passant à une température élevée; lorsqu'il a le contact de l'air, à l'état de deutoxide. Composé de 100 de métal et 17, 5 d'oxigène.

Deutoxide. Brun-rouge, presque infusible, et composé de 100 métal et 26, 1 d'oxigène.

Sans usages.

Protoxide de cobalt.

Propriétés» Gris quand il est sec , et bleu à l'état d'hydrate ) chauffé avec le contact de l'air, il se convertit en deutoxide. On le prépare en versant de la potasse dans une dissolution d'hydrochlorate de protoxide de cobalt , et séchant le précipité à l'abri de l'air. Il est composé de métal ioo et oxigène 27,58.

Deutoxide. Noirâtre, perdant une partie de son oxigène à la plus haute température, et dégageant du chlore quand on le traite par l'acide hydrochlorique. Il est composé de 100 métal et 4>§47 oxigène.

Usages. On emploie les oxides de cobalt pour colorer certains verres en bleu, et pour les couleurs bleues des porcelaines. Les oxides dont on fait usage sont altérés par des substances étrangères.

( *47 ) Oxide de titane.

Etat naturel. Abondamment répandu dans la nature, dans les terrains primitifs, rarement pur, souvent combiné avec la silice, l'oxide de fer et le manganèse, et quelquefois en cristaux prismatiques; contenant aussi de l'oxide de fer.

Propriétés. Blanc, difficile à fondre , non analysé, et sans usages.

Oxide de bismuth.

Propriétés. Jaune, fusible et vitrifiable; n'éprouvant aucun changement de la part du gaz oxigène ni de l'air.

Préparation. En chauffant ce métal avec le contact de l'air.

Composition. Bismuth 100 , oxigène 11,267.

Sans usages.

Protoxide de cuivre.

Propriétés. A l'état d'hydrate il a une couleur jaune- orangé; par la fusion il devient rougeâtre , absorbe l'oxigène et se convertit en deutoxide.

Etat naturel. Il existe dans la nature en masses compactes, en poussière rouge, en filets soyeux rouges et en cristaux octaèdres très-réguliers.

Préparation. En précipitant, par la potasse ou la soude, une dissolution S hydrochlorate acide de protoxide de cuivre.

Composition. Métal 100, oxigène 12,63.

Deutoxide. Brun-noir, moins fusible que le précédent; absorbe l'acide carbonique de l'air, à la température ordinaire. Il se trouve dans la nature

( '48 ) à l'état salin. Cet oxide calciné, ainsi que son hydrate bleu , absorbent l'oxigène du peroxide d'hydrogène concentré, tandis que ce même deutoxide en poudre brune le dégage sans l'absorber.

Composition. Métal ioo, oxigèneiiS.

Peroxide. Brun-jaune foncé, insipide, insoluble dans l'eau, sans action sur le tournesol; à une température au-dessous de l'eau bouillante, il se décompose et passe à l'état de deutoxide. A l'état d'hydrate humide, dans les 24 heures, il se décompose spontanément. Il augmente la combustion des charbons portés à l'incandescence.

Préparation. On obtient ce peroxide en mettant son deutoxide en contact avec l'eau oxigénée, par sept ou huit fois son volume de gaz oxigène, et suivant le procédé donné par M. Thénard. Son analyse exacte n'est pas bien connue.

Usages. Il n'y a que le premier qui puisse être exploité , s'il est en assez grande abondance pour obtenir le cuivre. Les autres, comme on l'a vu, sont les produits de l'art.

Oxide de tellure.

Propriétés. Blanc, fusible, et produit par la décomposition du nitrate de tellure, par la potasse ou la soude. Il est composé de 100 métal et '24,8 d'oxigène.

Sans usages.

Protoxidc de nickel.

Propriétés. Brun, peu fusible, et produit par la décomposition du protonilrate de ce métal, par la potasse ou la soude. Il existe dans la nature à l'état

( 249) d'hydrate qui est en poudre verte. Il est composé de 100 de nickel et 27,05 d'oxigène.

Sans usages.

Deuto ou peroxide. L'existence de cet oxide ne paraît pas encore bien démontrée à M. Thénard ; il indique cependant, pour le préparer, de verser de Teau oxigénée sur une dissolution de nitrate de nickel , et d'y ajouter ensuite de la potasse. Le précipité, qui est d'un vert sale, lui paraît être un peroxide.

Protoxide de plomb.

L'oxide auquel nous donnons ce nom n'est pas celui qui est décrit dans tous les ouvrages de chimie , mais bien un nouvel oxide moins oxigéné que les autres, qui se forme, suivant Berzélius, lorsqu'on expose le plomb à l'air à une température peu forte. On l'obtient également, suivant M. Dulong, en calcinant l'oxalate de plomb. Cet oxide est peu connu.

Deutoxide. Jaune, fusible au rouge naissant, et se convertissant, par le refroidissement, en lames vitreuses. C'est ce qui est connu dans le commerce sous le nom de litharge. Cet oxide fondu attaque les creusets au point de les percer, absorbe le gaz oxigène de l'air, et passe à l'état de deutoxide; à froid il s'empare de l'acide carbonique de l'atmosphère.

Préparation. Dans les laboratoires , en calcinant le prolonitrate de plomb dans un creuset de platine, et dans les arts en calcinant le plomb.

Composition. 100 de métal et 7,72$ d'oxigène.

Usages. La litharge du commerce provient des

( 25o ) mines de plomb argentifères qu'on calcine pour oxider le plomb et laisser l'argent à nu. Cet oxide est très-employé, dans les arts et en pharmacie, pour rendre les huiles siccatives, et pour la préparation du deutacétate et sousacétate de plomb, sucre de saturne et extrait de satur ne, ainsi que pour la préparation d'un grand nombre d'emplâtres.

Tritoxide. Le minium est d'un assez beau rouge; il n'exerce aucune action ni sur l'air ni sur le gaz oxigène» au rouge-cerise il se convertit en protoxide , et entre en fusion.

Préparation. On l'obtient en calcinant le plomb » ou le deutoxide dans un fourneau à réverbère. Quand le plomb est fondu et oxidé , il donne par le refroidissement une masse jaune , appelée massicot dans le commerce, et qui paraît être un compose de litharge et de plomb. On le réduit en i poudre, et on le calcine dans le même fourneau j pendant environ un jour et demi, ou jusqu'à ce qu'il ait acquis une couleur rouge. On doit avoir r soin de l'agiter continuellement. Ces deux derniers* oxides mis en contact avec l'eau oxigénée concentrée , en dégagent l'oxigène et passent eux-mêmes à l'état de protoxides.

Compositio n. Plomb ioo,oxigène 11,587.

Usages. Dans la peinture et dans quelques composés pharmaceutiques ; pour les vernis des poteries, etc.

Peroxide. Il est d'une couleur puce ; à diverses températures se convertit en trito et en deutoxide. Il a pour caractère particulier d'enflammer le soufre lorsqu'on les triture ensemble.

( a5i ) Préparation. En versant de l'acide nitrique sur du minium, une partie passe à l'état de protoxide : qui se dissout dans l'acide , et l'autre s'empare de l'oxigène, et se convertit en peroxide.

Composition. Métal 100, oxigène i5,45o.

Ces deux derniers oxides sont réduits par l'eau oxigénée concentrée , et en dégagent l'oxigène, comme on le verra à l'oxide d'argent.

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