DES PHOSPHURES NON MÉTALLIQUES
Le phosphore peut s'unir avec l'hydrogène , le soufre, le sélénium , l'iode et le chlore. Ayant examiné ces deux premiers composés, nous allons passer aux trois autres.
Phosphure de sélénium.
Propriétés. Jaune-brun, très-fusible, décomposant l'eau et donnant lieu à la formation des acides hydrosélénique et phosphorique. Ces deux combustibles s'unissent en toutes proportions.
Phosphure d'iode.
Ces deux combustibles s'unissent également en toutes proportions, aussi la couleur du composé varie du brun-rouge au brun-noir, suivant les quantités d'iode.
Protophosphure de chlore } ou prolochlorure de phosphore.
Découvert par MM. Gay-Lussac et Thénard.
Propriétés. Ljquide , incolore , fumant, plus pesant que l'eau, caustique, rougissant la teinture de tournesol sans changer le papier sec ainsi coloré • entre facilement en ébullition , et est converti par l'eau en acides hydrochlorique et deutophosphorique.
Préparation. On peut le préparer en combinant 7 parties de deutochlorure avec i de phosphore.
Composition. Phosphore ioo , chlore 3oo.
Deutophosphure de chlore , ou deutochlorure de phosphore.
Découvert par M. Davy.
Propriétés. Solide , très-blanc, et très-volatil ; sa A vapeur rougit le papier sec coloré en bleu par le tournesol ; combiné avec l'eau , ils se décomposent tous les deux avec dégagement de calorique , et il se forme des acides sulfurique et hydrochlorique. Si on le fond sous une pression propre à s'opposer à sa volatilisation, il cristallise en prismes qui sont transparens. Avec l'ammoniaque, il donne lieu à un composé triple, blanc, fixe, insoluble dans l'eau, et qui ne peut être décomposé par les alcalis.
Préparation. On l'obtient en faisant passer un 1 courant de chlore bien sec dans un tube , contenant du phosphore bien séché , jusqu'à ce qu'il soit converti en un corps solide et blanc.
Composition. Phosphore i;oo , chlore 6?oo.
PHOSPHURES MÉTALLIQUES.
Histoire. Nous devons à MargraafF la première connaissance de ces composés. Les substances métalliques peuvent, comme avec le soufre, s'unir au phosphore, mais à des proportions qui correspondent au double de celles de l'oxigène que contient l'oxide ; cette double proportion a également lieu pour les deuto, ti itophosphures. etc. Ainsi, si un protoxide est formé de i d'oxigène, et un deuto, de 2, etc., le protophosphure en contiendra 2, le deuto 4, etc. Il n'est pas bien démontré que cette loi soit exacte, cependant M. Dulongl'a trouvée telle pour le protophosphure de cuivre.
Propriétés physiques. Solides, inodores, insipides, très-cassans, quelques-uns cristal lisables, et le plus grand nombre ayant un éclat métallique.
Propriétés chimiques. Les règles de leur fusibilité sont les mêmes que celles des sulfures. A une haute température ils sont décomposés totalement ou partiellement, à l'exception des phosphures préparés avec les métaux de la deuxième section, qui décomposent l'eau, et soni à leur tour décomposés par ce liquide. En général ces composés sont peu connus. Tous les autres sont insolubles dans ce menstrue. Préparation. Suivant M. Dulong, on obtient tous les phosphures métalliques dont les métaux sont infusibles au-dessous de 5 à Goo°, en faisant passer, dans un tube chauffé au rouge et contenant des fils métalliques très-minces, des vapeurs de phosphore. On peut préparer les autres, soit en décom-
( 332 ) pesant quelques phosphates par le charbon, soit en fondant le métal dans un bon creuset, et y projetant de petits morceaux de phosphore, etc.
11 en est, tels que les phosphures de potassium , de sodium et d'arsenic, qu'on n'obtient qu'en chauffant ces combustibles sur le mercure, dans des cloches pleines d'azote ou de gaz hydrogène. Celui de mercure se prépare, suivant M. Pelletier, en chauffant dans l'eau le me'tal et le phosphore.
Voici les divers phosphures métalliques connus :
— de potassium, terne, brun-marron, et facile à pul-
vériser ;
— de sodium, idem,'
— d'arsenic, noir, brillant, ne pouvant être con-
servé que sous l'eau blanc, id., lamellcux, un peu mal
léable id., id., grenu, inaltérable à Pair
à froid id., id., fusible comme le zinc; gris bleuâtre, grenu, inaltérable à l'air blanc, brillant, lamelleux; blanc bleuâtre, id., id.; blanc, id., dur 5
noirâtre, id., pulvérulent;
blanc , id. , dur ;
blanc bleuâtre, id., lamelleux; blanc, id., grenu;
se ramollit dans l'eau bouillante; jaune, brillant, grenu $ blanc sale, id., id.
— d'étain,
— de manganèse,
— de zinc,
— de fer,
— d'antimoine,
— de cobalt,
— de cuivre,
— de bismuth,
— de nickel,
— de plomb ,
— d'argent }
— de mercure,
— d'or,
— de platine,
TROISIEME SECTION
SÉLÉTNIURES.
Composés résultant de l'union, en des proportions
( 333 ) déterminées, des métaux avec le sélénium. On n'en trouve que deux à l'état naturel : les séléniures de cuivre et d'argent.
QUATRIÈME SECTION
Même division qu'aux deux premières.
§ Ie'.