‹ Manuel de chimie médicaleChapitre 43 sur 56 · SELS FORMÉS PAR LES HYDRACIDES · texte numérisé non relu

SELS FORMÉS PAR LES HYDRACIDES

Les hydracides ne forment point de combinaisons salines avec tous les oxides ; il en est avec lesquels cette classe d'acides éprouve une réaction telle qu'ils sont mutuellement décomposés. Dans ce cas, l'hydrogène de l'acide et l'oxigène de l'oxide se combinent et forment de l'eau, et le métal réduit s'unit avec la base de l'acide pour former des sulfures , etc. Quelquefois l'acide n'est que partiellement décomposé ; il en résulte alors un hydrosulfate sulfuré.

Des hjdrochlorates.

Histoire. Lors de la création de la nouvelle nomenclature chimique, on donna à ce genre de sels le nom de muriates; ce n'est que depuis que l'on a reconnu que l'acide, auquel on avait assigné celui de murialique, avait l'hydrogène pour un de ses principes constituans, qu'on lui a préféré cette dénomination.

Propriétés. Déeomposables, à froid , par l'acide sulfurique, et par l'ébullition, par les arsénique et phosphorique ; donnant par leur décomposition, par l'acide nitrique en excès, de l'acide nitreux, du chlore et un nitrate. Le calorique produit sur ces sels des effets différens.

i° Ceux formés avec les oxides des métaux de la première section laissent échapper leur acide : l'oxide reste pour résidu.

f20 Parmi ceux des autres, les uns donnent de l'eau et un chlorure métallique; aussi observe-t-on qu'on n'a besoin que de faire dissoudre les chlorures dans l'eau pour les convertir en hydrochlorates, et qu'il suffit d'en faire cristalliser plusieurs pour les transformer en chlorures.

3° Il en est enfin où le métal est réduit; alors il y a production d'eau et dégagement de chlore.

4° Les hydrochlorates, à l'exception de ceux d'antimoine, de bismuth et de tellure, sont tous solubles dans l'eau. Lorsqu'on traite ces trois sels par ce liquide, ils sont partiellement décomposés. Une partie de l'acide reste en dissolution dans la liqueur, et le précipité est regardé comme un soushydrochlorate , ou comme un composé d'oxide et de chlorure.

Etat naturel. On n'a encore trouvé que quatre hydrochlorates dans la nature : ce sont ceux de potasse , de soude , de chaux et de magnésie ; les autres sont le produit de l'art.

Préparation. En traitant certains métaux en limaille par l'acide hydrochlorique, et d'autres par l'acide hydrochloroni trique; en décomposant quelques sulfures par l'acide hydrochlorique; en faisant

agir sur les oxides ou leurs carbonates, cet acide, etc.

Composition. La proportion en volume de l'oxigène des oxides est à l'acide :: i : 4> et en poids :: i : 4?5^6.

Ce genre de sels est très-étendu ; nous allons étudier les plus usités.

Hydro chlorate de barite.

Propriétés. Inodore, liquide, saveur acre et piquante; se convertissant, par la cristallisation, en un chlorure qui est tantôt en prismes tétraèdres, en ta blés, etc., et qui décrépite au feu, se fond, se dessèche, et se change en chlorure.

Préparation. On fait fondre dans un creuset parties égales de sulfate de barite et de chlorure de calcium, l'un et l'autre en poudre. On pulvérise le nouveau produit, et on le lessive au moyen de l'eau distillée. Je suis le premier qui ai indiqué ce procédé.

Composition. Acide ioo, barite i\ i,43.

Usages. En médecine, comme fondant dans les maladies scrophuleuses, etc. C'est un des poisons les plus violens. Si on l'applique sur le tissu cellulaire , à la dose de quelques grains, il produit , d'après les observations de M. Ortila, des convulsions qui sont bientôt suivies de la mort, et une irritation locale capable de déterminer l'inflammation des parties avec lesquelles il a été en contact. Le meilleur antidote est l'acide sulfurique étendu d'eau, ou mieux une solution de sulfate de soude ou de magnésie qui déterminent un sulfate de barite insoluble,

Hydrochlorate de chaux.

Propriétés. Blanc, saveur acre et piquante; attirant l'humidité de l'air et tombant en déliquescence; soluble dans un quart de son poids d'eau , à la température atmosphérique, et susceptible de donner, principalement en hiver, des cristaux en prismes hexaèdres striés. 11 est également soluble dans l'alcool; par le calorique, il éprouve la fusion aqueuse, se dessèche , passe ensuite à la fusion ignée et à l'état de chlorure de calcium. Lorsqu'il est refroidi, il devient, par le frottement et dans l'obscurité, lumimineux ; c'est cette propriété qui lui fit donner le nom de phosphore de Hombcrg.

Préparation. En faisant agir l'acide hydrochlorique sur la chaux ou son carbonate.

Composition. Acide xoo, chaux 78,66.

Usages. Ce sel existe dans les eaux de plusieurs sources minérales; elles lui doivent en partie leur onctuosité. Il est employé pour dessécher les gaz et produire des froids artificiels : en médecine, il a été administré comme fondant, dans les engorgemens, les tumeurs squirrheuses , etc.

Hydrochlorate de potasse.

Histoire. Ce sel fut connu pendant très-long- I temps sous le nom de sel fébrifuge de Sylvius.\\ Boerhaave y substitua celui de sel marin régénéré, i et H. Davy celui de potassane. Tl existe dans quel- 1 ques eaux minérales, dans les cendres de plusieurs i] végétaux, etc.

/Vop?Vtes.Inodore,incolore,liquide,saveuramère et salée, passant par l'évaporation et la cristallisa-

( 395 ) tion à l'état de chlorure qui est en cristaux prismatiques à 4 pans 'y soluble dans 3 parties d'eau à 1 5°.

Préparation. En unissant la potasse à l'acide hydrochlorique.

Composition. Acide ioo , base i3o,35.

Usages. En médecine, on Ta employé comme fébrifuge, apéritif, désobstruant. Peu usité.

Hydrochlorate de soude.

Ce sel est si universellement connu, que son histoire ne pourrait être que fastidieuse. Nous nous bonnerons à dire que ces masses qu'on trouve à l'état solide, enfouies dans le sein de la terre, portent le nom de sel gemme.

Propriétés. Solide , incolore, inodore , saveur salée; cristallisant en cubes très-réguliers, et en dissolution dans l'urine en octaèdres ; soluble dans 2,82 d'eau bouillante et le double de cette quantité d'eau froide. Par le calorique, décrépite, se fond dans son eau de cristallisation , se dessèche, éprouve la fusion ignée, et passe à l'état de chlorure.

Composition. Acide 100, soude 86,38.

Usages. Pour saler et conserver les viandes , pour fabriquer l'acide hydrochlorique , les soudes dites factices, le chlore, l'hydrochlorate d'ammoniaque, pour vernisser quelques poteries , pour la fabrication du verre, comme engrais, etc. En médecine, il est regardé comme fondant de 1 à 1 gros, et comme purgatif à la dose de demi-once à une once. A cette dernière dose on le conseille pour expulser le taenia : je suis forcé de convenir qu'après en avoir fait deux fois usage pour moi , je n'en ai retiré d'autre avan-

tage qu'une grande irritation et une soif inextim guible. A l'extérieur , il est la base des eaux miné i raies de Balaruc et des bains de mer, employés ave* succès contre plusieurs maladies chroniques, etc.

Hydrochlorale d'ammoniaque.

Sel connu depuis très-long-temps sous le nom d< sel ammoniac.

Propriétés. Blanc, inodore, saveur piquante e urineuse; un peu élastique; cristaux en pyramide*1 hexaèdres et tétraèdres, réunis comme le gypse soyeux; très-volatil, et soluble dans trois parties d'eaui à la température ordinaire; soumis à l'action diii calorique, il se fond, bout, se dessèche et se volatilise sans se décomposer. On en trouve dans le commerce < en gros pains blancs et très-purs, et d'autres de cou-i leur grisâtre, qui n'ont pas le dernier degré de pureté.)

Préparation. On préparait autrefois ce sel et Egypte en brûlant la fiente des chameaux et et chauffant , dans de grands ballons, la suie pour em sublimer le sel; depuis plus de vingt-cinq ans on Ie< prépare en France, principalement dans la fabrique* de MM. Payen et Pluvinet, en décomposant le souscarbonate d'ammoniaque parle sulfate dechauxi et le nouveau sel obtenu par l'hydrochlorate det soude. Les fabricans sont obligés de fabriquer le sel I ammoniac gris, dont la couleur imite celui de l'Egypte, parce que, pour certains emplois, rétamage surtout, il est préféré par les consommateurs; de manière que, dans les fabriques, on prépare tout au plus } de sel ammoniac blanc. Les Anglais raffinentt celui qu'ils tirent de l'Inde, et s'efforcent de l'intro-

duire sur le continent. Celui qu'ils ont pu faire passer en France est très-inférieur au sel ammoniac français.

Usages. Pour la fabrication du fer-blanc, rétamage du cuivre, le traitement du minerai de platine, pour la teinture, la préparation de l'ammoïiiaque et de plusieurs produits ammoniacaux. En médecine, il est administré comme fondant, su- 'dorifique et fébrifuge, surtout contre les fièvres quartes. A l'extérieur, il est très-résolutif et employé comme tel pour combattre certaines maladies pso- 'riques , ainsi que pour les engorgemens atoniques ■des articulations, les rhumatismes chroniques, etc.

Ce sel est susceptible de s'unir en sel triple avec Toxide de fer, et de/lonner un hydrochlorate d'ammoniaque et de fer qui portait jadis les noms de fleurs martiales et fleurs ammoniacales ferrugineuses.

Hydrochlorate de protoxide d'étain.

Propriétés. Lorsqu'il est en cristaux , plusieurs chimistes pensent qu'il est à l'état de chlorure. Quoi qu'il en soit, ce sel est blanc et soluble dans l'eau; cette dissolution rougit le sirop de violettes; exposée au contact de l'air, il se dépose un précipité blanc , que l'on croit être un mélange de deutochlorure de ce métal et de deutoxide d'étain; elle enlève également l'oxigène à un grand nombre de corps.

Préparation. En faisant agir, jusqu'à saturation, l'acide hydrochlorique sur Tétain bien pur en limaille, et rapprochant la dissolution pour opérer la cristallisation du sel.

Usages. Pour la préparation du pourpre de Cas sius , pour détruire quelques couleurs appliquée» sur toile, etc.

Hydro chlorate de deutoxide d'étain.

Propriétés. Ce sel est solide , blanc , inodore d'une saveur styptique; il est déliquescent et rougiti le sirop de violettes; il cristallise en aiguilles trèssolubles dans l'eau. Il diffère du premier en ce que le degré d'oxigénation de sa base ne change point, Par l'action du calorique, il n'est point converti en chlorure ; si l'on opère dans des vases clos, il y a décomposition , formation d'eau , de l'acide hydro-» chlorique et un chlorure qui se dégagent, et poun résidu de l'oxide d'étain.

Préparation. En faisant passer un courant de< chlore dans une dissolution d'un sel à base de protoxide d'étain, ou en traitant ce métal par l'acide' hydrochloronitrique.

Usages. Ce sel est le mordant qu'on emploie pour' la teinture écarlate.

L'histoire des chlorures est si liée à celles des hydrochlorates, qu'il est bien des chimistes qui les* confondent, et qui regardent comme des chlorures les sels que d'autres classent parmi les hydrochlorates. Il faut d'ailleurs si peu de chose pour opérer i cette conversion! C'est ce qui nous a déterminés à placer après les hydrochlorates les bases qui sont susceptibles de former des chlorures.

( 399 ) Chlorure de deutoxide d'étain.

Ce sel était connu sous le nom de liqueur fumante de Libavius.

Propriétés. Liquide, incolore, odeur vive et désagre'able ; répandant des vapeurs blanches , lorsque! est en contact avec l'air; très-volatil, se convertissant en hydrochlorate lorsqu'on le délaie dans l'eau, et devenant susceptible alors de cristalliser.

Préparation. En distillant à une douce chaleur parties égales d'un amalgame composé de trois parties d'étain, une de mercure et une de chlorure de deutoxide de ce métal ( deutochlorure ou sublimé corrosif).

Chlorure de protoxide d'antimoine et hydrochloratc de protoxide de ce métal.

Préparation. Si l'on prend de l'antimoine réduit en poudre très -fine, et qu'on l'introduise dans un large ballon rempli de chlore en gaz, le métal brûle, et se convertit en chlorure. On peut également préparer ce sel , ou ce composé, par la distillation d'une partie de ce même métal pulvérisé , et de deux de sublimé corrosif. Le produit est d'un blanc grisâtre cristallisé en tétràèdres,etleplus souvent formant une espèce de bouillie; c'est l'escarolique qui est désigné sous le nom de beurre d'antimoine. Il est plusieurs autres procédés pour l'obtenir que nous passerons sous silence. Ce chlorure est soluble dans l'eau ; il la décompose en se convertissant en surhydrochlorate soluble , qui a une saveur caustique, et qui rougit la teinture de tournesol; et en soushy-

( 4oo ) drochlorate insoluble, qu'on appelait poudre d? Algaroth. Le surhydrochlorate , par l'évaporation et la dessiccation, se convertit en chlorure.

Il existe aussi un hydrochlorate de deutoxide, qui est peu connu et sans usages.

Chlorure de protoxide de mercure.

Histoire. Ce sel est un de ceux qui ont reçu le plus de dénominations. On le trouve dans la matière médicale désigné sous les noms de mercure doux, précipité blanc ypanacée mercurielle, calomelas, aquila alba , aigle ou dragon mitigé, muriate de mercure doux , etc.

Propriétés. Inodore, blanc, inaltérable à l'air, se colorant en jaune par la lumière solaire; insoluble dans l'eau , volatil et se condensant par la sublimation en cristaux prismatiques hexaèdres, et, suivant l'observation de Schéele, lumineux par le frottement dans l'obscurité. La potasse, la soude et la chaux, triturés avec ce sel et un peu d'eau, le décomposent, et le mélange prend une couleur noirâtre, due sans doute à un mélange de mercure et de deutoxide de ce métal. Il est aisé, par ce simple essai, de distinguer le mercure doux d'avec le sublimét corrosif, qui, traité de la même manière, donne un précipité rouge-orangé.

Préparation. On prépare ce sel en versant dans une dissolution de nitrate de protoxide de mercure une dissolution d'hydrochlorate de soude, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. On en sépare le peu de sublimé qui pourrait s'être formé par le lavage. Dans les pharmacies, on sublime un mélange

( 4oi )

de parties égales de mercure et de deutochlorure, après les avoir préalablement tritures ensemble avec un peu d'eau, jusqu'à ce que le mercure ait perdu son éclat métallique, ou bien en sublimant parties égales d'hydrochlorate de soude et de sursulfate de mercure : dans l'un et l'autre cas, il faut bien laver le produit pour le débarrasser d'une petite portion de sublimé corrosif qui se forme.

Usages. Il est administré comme vermifuge, pur* gatif, et antisyphilitique; à l'extérieur, soit seul, soit incorporé avec le saindoux, pour le traitement des chancres. Il fait la base de plusieurs médicamens, et principalement des biscuits vermifuges et des pastilles et amandes vermifuges et purgatives.

Hydrochlorate de deutoxide de mercure, et chlorure de deutoxide de ce métal.

Histoire, Ce sel est un de ceux qui ont le plus fixé l'attention des alchimistes. Il faisait partie de la médecine des Arabes. On le trouve décrit dans les ouvrages d'Avicennes. Les cures surprenantes qu'il opéra, entre les mains de quelques iatrochimistes, furent telles, que Paracelse se vantait d'avoir fait par son moyen des miracles : il avait en ce médicament une telle confiance, qu'il en portait constamment au pommeau de son épée.

Propriétés. Le sublimé corrosif, deutochlorure de mercure, etc., est solide , inodore, saveur styptique et cuivreuse, ou, pour mieux dire, sui generis, qui laisse dans la bouche une impression désagréable assez longue; il se dissout dans l'alcool et dans 25 parties d'eau à 20°. En se dissolvant dans ce

liquide, il se décompose et passe à l'état d'hydrochlorate, de manière que le médicament qui est connu sous le nom de liqueur de Van Swictem est un hydrochlorate de deutoxide de mercure. La dissolution de ce sel cristallise en prismes tétraèdres ou en cubes. Le sublimé corrosif est très-volalil; il se sublime en une masse composée de petits prismes en aiguilles. Trituré avec la potasse, la soude et la chaux et un peu d'eau, il donne un précipité rougeorangé. Lorsqu'on fait cette opération avec la chaux, la liqueur obtenue porte le nom 8 eauphagédénique , et est employée comme escarotique.

Préparation, On l'obtient ordinairement en sublimant, en proportions égales, un mélange d'hydrochlorate de soude desséchée, de nitrate de deutoxide de mercure, et de sulfate de fer.

Usages. Ce sel est employé en médecine comme antisyphilitique. En dissolution, à la dose de douze grains, dans deux livres d'eau distillée, il constitue la liqueur de Van Swietem, qu'on donne à la dose d'une cuillerée dans du lait; en dissolution dans l'alcool avec la gomme de gayac, l'huilede sassafras, etc. , il produit les gouttes dépurantes de Falc.Les proportions sont telles, que i5 gouttes de cette teinture , qu'on prend dans une décoction de quelque bois sudorifique, équivalent à I de grain subi. cor. On l'incorpore avec le saindoux pour un onguent que Cyrillo a conseillé pour le traitement des maladies vénériennes. Le sublimé corrosif est employé avec succès pour la préparation des pièces anatomiques, qu'il finit par rendre aussi dures que le bois.

Ce sel , pris à l'intérieur, ou appliqué à l'extérieur, est un des plus violens poisons. Il est rapidement absorbé , et cause une irritation locale trèsforte en produisant son effet sur le canal digestif, ainsi que sur le cœur et le cerveau. Parmi les antidotes qu'on a conseillés, M. Orfila place l'albumine au premier rang ; cependant , le professeur Taddei , de Florence , donne la préférence au gluten, à cause de la propriété dont il jouit de convertir le sublimé corrosif en mercure doux, et le deutoxide de mercure en protoxide. A la suite de plusieurs expériences que M. Taddei a entreprises , il a indiqué la manière d'administrer ce nouvel antidote. Elle consiste à plonger, à diverses reprises, cinq à six parties de gluten frais dans une dissolution de savon vert ou de potasse m7 à en former par l'agitation une émulsion qu'on évapore jusqu'à siccité. On la pulvérise, et , lorsqu'on veut s'en servir, on l'avale en poudre, ou délayée dans l'eau. Vingt-quatre parties de cette poudre suffisent pour en convertir une de sublimé en mercure doux ; il vaut mieux cependant en administrer davantage.

Chlorure d'argent.

Sel connu autrefois sous les noms d' argent corné L lune cornée , et muriate d'argent.

Propriétés. Solide , blanc , insipide, et soluble dans 3075 parties d'eau • fusible à 260, et se prenant en une masse demi - transparente. Réduit en poudre, l'ammoniaque en opère la dissolution 5 il n'est presque pas soluble dans les acides , même dans leur plus grand état de concentration.

Préparation. En précipitant une dissolution de nitrate d'argent par une dissolution d'hydrochlorate de soude.

Usages. Calciné avec la potasse ou la soude caustiques, on obtient l'argent dans un grand étal de pureté.

Hydrochlorate dJor.

Histoire. A proprement parler , il n'existe qu'un sel à base d'or, qui est l'hydrochlorate; on ne saurait donner ce nom au nitrate, qui n'a qu'une petite quantité d'oxide que l'eau en précipite.

Propriétés. Cristaux en aiguilles prismatiques tétraèdres, ou bien en octaèdres tronqués; couleur jaune, saveur styptique et astringente, qui laisse une impression très-désagréable; attirant l'humidité de l'air, et par conséquent très-soluble dans l'eau; rougissant la teinture de tournesol et teignant la peau en pourpre. Le calorique le décompose et le convertit d'abord en chlorure avec formation d'eau ; à une plus haute température, il passe à l'éta t d'oxigène et d'acide hydrochlorique, et le métal est réduit. Le phosphore, qu'on plonge dans une dissolution de ce sel, se décolore et se recouvre d'une couche d'or; il en est de même du charbon. Le sulfate de protoxide de fer le décompose ; le précipité recouvre par le frottement son éclat métallique. L'hydrochlorate de protoxide d'étain , en dissolution concentrée, versée dans une dissolution également concentrée de ce sel, donne un précipité connu sous le nom de pourpre de Cassais. La potasse, la soude, labarite, lachauxet lastrontiane,

(~4o5 ) en petite quantité, y forment un précipité qui est un soussel ; en excès , et à l'aide du calorique , le précipité est un oxide brun. Lorsque l'hydrochlorate contient un excès suffisant d'acide, il forme, avec quelques bases, des sels doubles solubles. Le précipité que l'ammoniaque y forme est d'une couleur jaunerougeâtre; si le réactif est en excès , cette couleur est d'un jaune citron. Ce précipité est floconneux ; lavé et desséché à une douce chaleur, il constitue l'or fulminant, qui est un composé d'ammoniaque et d'oxide d'or. Pour avoir une idée de l'action des divers corps sur ce sel , on doit consulter un excellent mémoire qu'a publié à ce sujet M. Pelletier.

Préparation. On obtient ce sel en faisant agir l'acide hydrochloronitrique sur des lames d'or pur.

Usages. Pour préparer le pourpre de Cassius et l'argent très-divicé, qui servent pour dorer la porcelaine, et donner les couleurs rose et violette. Dans le moyen âge de la médecine on avait mis en vogue les préparations d'or. M. Chrestien, médecin de Montpellier, les a, au commencement du dix-neuvième siècle, appliquées de nouveau à l'art de guérir, principalement dans le traitement des maladies vénériennes anciennes, et contre lesquelles les préparations mercurielles avaient été sans succès. M. Lallemand , professeur à l'école de médecine de Montpellier T vient de publier un travail sur l'emploi des préparations d'or en médecine, particulièrement de l'hydrochlorate d'or et de soude, duquel il résulte qu'on doit donner la préférence à ce sel, lorsqu'un premier traitement mercuriel a été infructueux, et surtout un second, un troisième, etc.

( 4o6) On administre ce sel en frictions sur la langue, les gencives, ou l'intérieur des joues. On commence par une dose quotidienne de — à-i- de grain qu'on porte graduellement jusqu'à ~; sept à huit grains sont suffisans pour un traitement. Il est bon de faire observer que les gencives n'en sont nullement affectées. A haute dose il rentre dans la classe des poisons.

Des hydriodates neutres.

Histoire. De même que l'acide iodique forme, avec les bases salifiables, un genre de sels ; de même l'acide hydriodique donne lieu à un autre genre , qui présente des propriétés toutes différentes du premier. Les principales de ces propriétés sont d'être tous solubles dans l'eau , susceptibles de dissoudre de l'iode et de prendre alors une couleur rougebrune foncée : ils sont indécomposables à froid par les acides hydrochlorique , hydrosulfurique et protosulfurique ; les acides sulfurique et nitrique, ainsi que le chlore , s'unissent promptement à l'hydrogène de l'acide hydriodique, et en précipitent l'iode.

Les dissolutions d'hydriodates de potasse , de soude et d'ammoniaque donnent , avec presque toutes les dissolutions salines des métaux des trois dernières sections, des précipités que l'on peut considérer comme des chlorures diversement colorées,

Etat naturel. De tous les hydriodates connus , un seul existe dans la nature , c'est celui à base de potasse que l'on trouve dans les varecks et plusieurs autres plantes marines.

Préparation. On peut obtenir presque toujours ces sels en unissant l'acide hydriodique avec les bases. Il en est plusieurs , tels que ceux de potasse , de soude, de chaux , de barite et de strontiane, que Ton peut préparer en traitant l'iode et ces bases par l'eau pure; comme l'on se procure aussi ceux de fer, de manganèse, de zinc, etc., en ajoutant de l'eau à leurs iodures.

Composition. Le volume de l'oxigène de l'oxide est au volume de l'hydrogène de l'acide :: i : 2 , et à celui de l'acide :: i : 4-

Usages. L'hydriodate de potasse étant le seul employé, nous allons le décrire.

Hydriodate de potasse.

L'hydriodate de potasse est si soluble dans l'eau , que dix parties de ce liquide, à fio degrés, en dissolvent i5 de ce sel. Si l'on fait cristalliser cette dissolution, ou qu'on en opère la dessiccation, le sel se trouve converti en iodure de potassium. Ce nouveau composé a pour caractères d'être trèsfusible et de se volatiliser à la chaleur rouge et avec le contact de l'air, sans être décomposé. Il paraîtrait, d'après cela, que l'état naturel de l'hydriodate de potasse est l'état liquide.

Préparation. Outre les moyens déjà indiqués, nous avons un nouveau procédé qui vient d'être publié par le professeur Taddei (J) : il consiste à dissoudre de l'iode dans de l'alcool à i5 degrés, et de verser de cette dissolution dans une d'hydrosul-

[*) Giornale di fis . chim. etc.

( 4o8 ) fate de potasse, jusqu'à ce que la liqueur devienne laiteuse; Ton filtre au bout d'une demi-heure ; on distille pour retirer l'alcool, et l'on évapore à siccité pour obtenir ce sel.

Composition. Acide ioo, base 37,426.

Usages. A l'article Iode, nous avons parlé de Temploi de ce sel en médecine.

Hydro sulfate s.

Histoire. La première connaissance de ces sels doit être attribuée à M. Berthollet , qui annonça que , dans ces compositions , l'hydrogène uni au soufre jouait le rôle d'un acide. L'acide hydrosulfurique ne peut s'unir avec tous les oxides ; il eu est, tels que la plupart de ceux de la première section, dont la force de cohésion l'emporte sur celle de leur affinité pour cet acide. L'expérience a démontré qu'il s'unissait à l'état salin avec tous les oxides dont on obtient difficilement la réduction , et qu'avec ceux qui étaient faciles à réduire il s'opérait avec les uns, par une double décomposition, une formation d'eau et d'un sulfure; avec les autres , un hydrosulfate sulfuré, dont l'oxide métallique est moins oxigéné qu'il l'était.

Propriétés. Décomposables par le calorique; les uns, comme celui de magnésie, abandonnant leurs acides; les autres passant à l'état de sulfure avec excès de base; il arrive que, si l'oxide, dans un hydrosulfate, se trouve en excès, l'on obtient de l'acide sulfureux, et quelquefois même une partie de l'oxide est réduit. Dans ces divers cas il y a ton-

( 4og ) jours formation d'eau. Le chlore et l'iode s'unissent à l'hydrogène de l'acide hydrosulfurique, en s'acidifiant, et en éliminent le soufre. Les hydrosulfates sont presque tous solubles dans l'eau ; l'odeur de ceux qui sont solubles est analogue à celle de leur acide, et leur saveur est acre et amère. Les acides un peu forts décomposent ces sels et donnent des produits très- variables entr'eux; ils sont incolores ou blancs, à l'exception de celui de fer, qui est noir; de celui d'antimoine, qui est brun -orangé, et de celui d'étain, qui est jaune ou café-au-lait.

L'action de l'air sur les dissolutions de ces sels est très-remarquable. L'hydrogène de l'acide s'unit à l'oxigène de l'air pour former de l'eau; un peu de soufre est mis à nu et colore la liqueur en jaune. Cette action continue peu à peu et devient telle que tout l'hydrogène est brûlé, et qu'une partie du soufre se trouve convertie en acide proloxisulfurique (acide hyposulfureux ) qui s'unit avec la base £our former un protoxisulfate incolore que la liqueur tient en dissolution. Il paraît que cette action de l'air a lieu également sur les hydrosulfates secs, mais qu'elle devient beaucoup plus lente. Les dissolutions de ces sels sont susceptibles, surtout si l'on aide leur action de celle du calorique, de dissoudre des proportions diverses de soufre en abandonnant une partie de leur acide. Ces nouveaux composés sont des hydrosulfates sulfurés ou des sulfures hydrogénés, suivant les quantités respectives des deux principes constituans.

Préparation. On obtient la plupart de ces sels en faisant passer des courans de gaz hydiosulfu-

( 4io )

rique dans les dissolutions des bases, ou dans l'eau où on les a délayées , et en entourant les flacons de glace.

Composition, L'hydrogène de l'acide est à l'oxigène de l'oxide dans les proportions déterminées pour former de l'eau , c'est-à-dire dans les rapports de 2 à i.

Usages, L'hydrosulfate à base d'antimoine est le seul employé en médecine. Nous allons examiner seittîment deux ou trois espèces de sels de ce genre.

Hydrosulfate de potasse.

Propriétés. Cristaux en prismes tétraèdres ou hexaèdres; saveur acre etamère • attirant l'humidité de l'air ; s'unissautà son oxigène et passant successivement à l'état d'hydrosulfate sulfuré et de protoxisulfate ; produisant beaucoup de froid en se dissolvant dans l'eau. Le calorique en dégage une partie de l'acide sulfurique, et l'autre forme un soussel. Sa préparation est celle que nous avons déjà indiquée.

Les autres hydrosulfates solubles présentent peu d'intérêt, et quelques-uns même ont été peu étudiés.

Hydro sulfate d'antimoine.

Histoire. Ce sel, introduit dans la matière médicale, vers le commencement du dernier siècle, par frère Simon, chartreux, est célèbre dans les fastes de la médecine. On ignore à qui la découverte en est due; ce que l'on sait de bien positif, c'est que la préparation de ce médicament, auquel on a^ait donné le nom de kermès , fut communiquée à

l'apothicaire chartreux par La Ligerie, auquel le gouvernement Tacheta en 1720 pour la rendre publique. L'on assure, je ne sais sur quel fondement, que LaLigerie tenait cette découverte d'un élève de Glaubert , qui la tenait à son tour de son maître.

Propriétés. Le kermès est sous forme d'une poudre légère, d'une couleur pourpre-marron tirant plus ou moins sur l'orangé et d'un aspect velouté. Il est insoluble dans l'eau, décomposable par l'air, qui s'empare de l'hydrogène , et par l'acide hydrochlorique concentré , qui en dégage l'acide. Les alcalis le dissolvent après avoir converti sa couleur en jaune.

Préparation. Il est une foule de procédés [pour l'obtenir. Nous allons nous borner à décrire celui qu'a donné M. Cluzel, comme étant le meilleur. Il consiste à prendre 22 parties et demie de souscarbonate de soude, 1 de sulfure d'antimoine en poudre, et de faire bouillir le tout pendant demiheure avec Si5o parties d'eau dans une marmite de fer. On filtre la liqueur bouillante et on la reçoit dans des vases chauffés qu'on laisse refroidir lentement. Le lendemain on filtre et on lave le précipité, soit avec de l'eau distillée , soit avec de l'eau qu'on a fait bouillir et refroidir à l'abri du contact de l'air; on fait sécher alors le kermès à une douce chaleur, et on le conserve dans un vase fermé à l'abri d'une vive lumière. L'eau-mère de cette opération contient du kermès en dissolution avec un hydrosulfate sulfuré de soude; il suffit d'y verser de l'acide sulfurique, nitrique ou hydrochlorique faibles pour l'en séparer. Il se dégage alors de l'acide hydrosulfurique , et une portion de soufre s'unit au kermès

( 4ia ) et lui communique une couleur plus ou moins orangée, suivant ses proportions. Ce produit est connu en pharmacie sous le nom de soufre doré d'antimoine; c'est un hydrosulfate sulfuré. M. Robiquet a fait un travail très-intéressant sur ces deux préparations, d'après lequel l'antimoine, dans ces composés, serait à l'état de protoxide, et le kermès un soushydrosulfate de protoxide d'antimoine.

Usages, En médecine, comme incisif et diaphorétique, etc.

Hydrosulfate d'ammoniaque.

Ce sel porte aussi le nom de liqueur de Boyle.

Propriétés. Cristaux en aiguilles ou en lames trèsjolies. Il est si volatil qu'il se sublime à la température atmosphériqne au haut des bouteilles; il s'unit avec l'oxigène de l'air, et forme un hydrosulfate sulfuré de couleur jaune.

Préparation, On prend un flacon à trois tubulures, à chacune desquelles est adapté un tube de verre qui traverse un bouchon et qui plonge jusqu'au fond du flacon. L'un de ces tubes communique à une cornue qui donne du gaz ammoniac, qu'on fait passer à travers de l'hydrochlorate de chaux pour le dessécher; et l'autre, avec un matras qui produit du gaz acide hydrosulfurique. Le troisième, qui plonge sous le mercure, sert pour évaluer l'excédant des gaz et pour empêcher l'intromission de l'air. On entoure< le flacon de glace, et aussitôt que les deux gaz y arrivent, ils s'unissent en cristaux transparens blancs i et quelquefois jaunâtres.

Quand on veut obtenir ce sel à l'état liquide, on

( 4i3 ) fait passej: un courant de ce gaz acide à travers l'ammoniaque.

Usages. Il n'est employé que comme réactif.

Hydroséléniates.

M. Berzélius a fait connaître que l'acide hydrosélénique pouvait se combiner avec la plupart des bases et donner lieu à divers sels dont l'odeur a quelque rapport avec celle des hydrosulfates. Ces sels sont encore peu connus et d'aucun usage.

*Des sels formes par les acides qui ne contiennent ni oxigene ni hydrogène.

Cette section comprend quatre genres de sels : les fluoborates, les chloriodates, les chlorocyanates, etc.

L'on ne sait que fort peu de chose sur ces sels, qui ne sont encore d'aucun usage dans les arts ni en médecine.

Nous avons déjà dit qu'un grand nombre de sels se trouvaient dans la nature, soit dans l'intérieur des terres , soit en dissolution dans les eaux. En ce dernier état, ils constituent les eaux minérales. Nous avons déjà parlé de l'eau pure et des divers sels; l'étude des eaux minérales doit naturellement trouver ici sa place. Mais il nous paraît nécessaire de décrire auparavant l'effet que produisent les corps qu'on appelle réactifs sur les autres, ou, pour mieux dire, les signes par lesquels ils indiquent leur existence.

Des réactifs et de la manière dont ils indiquent l'existence de plusieurs corps.

Nous avons déjà dit qu'un ouvrage complet sur les réactifs serait un des plus grands services qu'on pourrait rendre à la chimie, surtout s'il partait d'un chimiste fertile en ressources commeMM.Vauquelin, Thénard, etc. Au lieu de disséminer dans ce travail ce qu'il est important de connaître sur les réactifs , nous avons préféré de le réunir en un livre séparé, afin que MM. les élèves trouvassent en un moment ce qu'ils sont obligés de chercher pendant plusieurs heures dans les autres ouvrages. De tous les auteurs que nous avons consultés, nous aimons à publier que c'est dans celui de MM. Payen et Chevallier que nous avons puisé le plus de faits. Nous allons examiner la plupart des réactifs connus, dans six paragraphes.

S Ier.

Des teintures.

La teinture de mauve. Est bleuâtre, rougit par les acides, verdit par les alcalis, et est décolorée par les sulfures et les sulfites.

— de violettes ou le sirop. Idem.

— de tournesol. Rougit par les acides. Les alca-

lis ne lui font éprouver d'autre effet que de rétablir cette couleur bleue.

— de chou rouge. Est d'un beau bleu. Peut

remplacer avec succès celle de violettes.

— de Dalhia. Produit encore des effets plus sen-

sibles.

— de Curcuma. Couleur jaune qui devient rouge

ou orangé par les alcalis.

— de roses. Par les alcalis est colorée en vert jau-

nâtre.Elle précipite aussi l'acétate de plomb en vert-jaune plus ou moins foncé.

— de bois de Brésil. Est rouge j les alcalis la co-

lorent en violet.

On colore avec ces teintures des papiers qui sont de la plus grande utilité dans les essais chimiques.

§ IL Réactifs pris dans les corps organiques.

Albumine. Précipite le chlorure de deutoxide de mercure en flocons blancs , insolubles dans l'eau , quand même les proportions de ce sel dans un liquide ne seraient que de o,ooo5.

Alcool. Peut être considéré comme menstrue et comme réactif. Il précipite les sels contenus dans l'eau; il sépare le sucre des champignons, la mannité de la manne, la glaïadine du gluten, la cétine du blanc de baleine , la résine des extraits; il précipite la gomme de ses dissolutions aqueuses, etc. Il est encore un excellent moyen pour reconnaître la pureté de l'huile de ricin, qui s'y dissout en toutes proportions, tandis qu'il faut 1000 parties d'alcool pour en dissoudre de 3 à 8 des autres.

Amidon. La bouillie d'amidon démontre l'iode par la couleur bleue plus ou moins intense qu'il contracte par les dissolutions de ce corps simple. Ce réactif est si sensible, que, si l'on aide son action de celle d'un acide, il peut indiquer jusqu'à ^ QXQ^ d'iode.

( 4i6 ) Elher. Souvent substitué à l'alcool, et plus souvent employé à purifier divers produits.

Gélatine, Indique le tanin par le précipité blancjaunâtre, élastique et collant qui se produit et qu'il rend très-sensible quand il n'existe même dans une liqueur que dans les proportions de 0,0008. Le nitrate de mercure est l'unique sel qu'il décompose; le précipité est blanc.

Glaïadine. Bon réactif pour précipiter le tanin que l'alcool tient en dissolution, et préférable à la gélatine, qui se précipite avec le tanin, tandis que la glaïadine reste en dissolution dans l'alcool.

Indigo pur. Sa dissolution dans l'acide sulfurique étendue d'eau, est décolorée par le chlore, ce qui peut servir à le faire reconnaître.

Infusion de noix de galle. Précipite la dissolution des sels

de fer, bleu noir plus ou moins foncé suivant l'oxigé-

nation de Foxidej d'osmium, bleu 5 de tellure, jaune ; d'argent, blanc 5 de mercure , orangé ; d'urane, brun.

La teinture alcoolique d'iode. Pour reconnaître l'amidon, soit en bouillie , soit dans les racines fraîches, par la belle couleur bleue qu'elle leur communique.

Le picromel, en dissolution dans l'eau, précipite le sousacétate de plomb en flocons blancs.

Le tanin sert à démontrer la présence de la gélatine dans les liqueurs par le précipité dont nous avons déjà parlé.

Des réactifs pris parmi les métaux.

\1 argent sert à reconnaître la présence du soufre ou de l'acide hydrosulfurique dans une liqueur , par la couleur noire qu'il prend , et que l'acide sulfurique détruit.

Le cuivre précipite l'argent de ses dissolutions à l'état métallique. Le précipité est quelquefois en petits cristaux comme dans Y arbre de Diane , et souvent sous forme de mousse ou d'épongé. Il précipite également le mercure des sels mercuriels.

Ue'tain précipite l'or de ses dissolutions. Si elles sont très-étendues d'eau , le précipité est d'un pourpre rose; si elles sont concentrées, elles se rapprochent plus ou moins du pourpre noir.

Leyèr précipite l'or, l'argent, le cuivre, l'antimoine , le tellure, etc. , de leurs dissolutions salines à l'état métallique.

Le mercure sert, comme l'argent, à indiquer l'existence du soufre; il se colore en noir, et se convertit en sulfure.

Le zinc que l'on plonge dans les dissolutions des sels de cuivre, le précipite à l'état métallique. Il produit le même effet sur celles d'argent, d'étain et de tellure.

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