‹ Manuel de chimie médicaleChapitre 44 sur 56 · IV · texte numérisé non relu

IV

Des réactifs pris parmi les oxides.

La chaux, en dissolution dans l'eau, décèle l'existence de l'acide carbonique dans un liquide. Le

(4i8) précipité obtenu est un carbonate de chaux. Elle verdit le sirop de violettes, et fait reconnaître le deutochlorure de mercure (sublimé corrosif) par le précipité orangé qu'il forme avec ce sel, ce qui n'a pas lieu avec le mercure doux.

La barite , ou mieux l'eau de barite, est un réactif précieux pour indiquer la présence de l'acide carbonique, et surtout celle de l'acide sulfurique ou des sulfates. Le précipité qui se forme, dans le premier cas, est un carbonate- et, dans le second, un sulfate de barite insoluble dans l'acide nitrique, tandis que le carbonate s'y dissout. Ce réactif précipite aussi lastrontianedeses combinaisons sali nés ; ses effets sur les liquides contenant des sulfates ou de l'acide sulfurique sont tels, qu'il rend sensible o,oooo5 de cet acide dans une eau. Il verdit le sirop de violettes.

La magnésie. Vingt grains avec un gros de salep en ébullition, dans quatre onces d'eau, forment une masse ferme semblable à l'empois.

La strontiane. Mêmes effets de la barite.

La potasse verdit les couleurs bleues végétales autres que celle de tournesol. Elle précipite la plus grande partie des métaux à l'état d'oxides hydratés, qu'on reconnaît aux couleurs suivantes : celui de magnésium est blanc 5

— de nickel — vert-pomme 5

— d'aluminium — blanc ;

— de fer — blanc, vert, et jaune, sui-

vant le degré d'oxida-

tion;

de zirconium

— blanc-grisâtre j

d'or

— rougeâtre 5

— de manganèse — blanc-rosé;

— de bismuth — blanc ;

— de cobalt — bleu tirant sur le vert;

— de protoxide de mercure — noir;

— de deutoxide — jaune ;

— d'urane — vert- jaunâtre, etc.

On Temploie aussi avec succès pour s'assurer de la couleur factice qu'on donne quelquefois aux vins, qui par tous les alcalis donnent un précipité vert, et lorsqu'ils sont colorés par

les baies d'hiëble , ce précipité est viola tre ;

le bois dinde , — rouge-violet;

le bois de iernambouc, — rouge;

le tournesol , — violet clair;

les baies du sureau, — bleuâtre;

la dissolution d'indigo dans

l'acide sulfurique , — verdàtre.

Réactifs pris parmi les acides.

L'acide acétique. Lorsqu'on se livre à l'examen de quelque substance végétale, et que l'on a à séparer du gluten d'avec la résine, on dissout le tout dans cet acide concentré, on y ajoute de l'eau qui en précipite la résine; en saturant ensuite l'acide par un alcali , on obtient le gluten. On en fait usage pour rougir le papier coloré en bleu, par une infusion de tournesol.

& acide arsénieux , ou deutoxide d'arsenic > annonce la présence de l'acide hydrosulfurique. Il se forme de l'eau , et se précipite du soufre.

U acide carbonique forme un précipité blanc dans les eaux de barite, de chaux et de strontiane, soluble

dans un excès de cet acide. Il précipite en blanc, et à l'état de carbonate, l'acétate et le sousacétate de plomb. L'acide nitrique décompose ce précipité avec effervescence.

U acide gallique produit dans les dissolutions des sels de fer un précipité plus ou moins noir.

U acide hydrochlorique forme dansjes dissolutions d'argent un précipité blanc , cailleboté et pesant, qui est insoluble dans un excès d'acide nitrique, et soluble dans un excès d'ammoniaque. Ce précipité est un chlorure. Cet acide produit le même effet sur le nitrate de plomb, mais avec cette différence que le précipité est soluble dans une grande quantité d'eau , et qu'il diffère de celui d'argent par la forme. Il indique aussi l'existence de l'ammoniaque par les vapeurs blanches qui ont lieu pendant leur union.

Uacide hydrosulfurique précipite les dissolutions métalliques à l'état de sulfures; on reconnaît les métaux à la couleur de quelques-uns de ces sulfures. Ceux

d'argent, de bismuth et de plomb , sont noirs ;

d'arsenic, jaune-orangé;

de cadmium, jaune;

L'hydrosulfate d'antimoine, brun-marron.

Cet acide décompose l'acide iodique : son hydrogène, avec l'oxigène de ce dernier acide, forment de l'eau, et l'iode se précipite.

Acide nitrique. Il indique la présence du cuivre par l'effervescence verte qu'il produit sur ce métal, et la couleur verte de l'oxide. Il sert à distinguer l'étain des métaux qui lui ressemblent et qu'il dis-

sout, tandis qu'il ne fait qu'oxider rétain. Il produit dans les arséniles un précipité blanc, sans en opérer dans les arséniates.

U acide oxalique. C est le meilleur moyen pour démontrer la présence de la chaux ou d'un sel calcaire dans un liquide. S'il est en très-petite quantité, la liqueur brunit; sinon il se produit un précipité blanc très-abondant, qui est un oxalate de chaux soluble dans l'acide oxalique, et qui, par la calcina tion, donne de la chaux pure.

U acide deutoxisulfurique (sulfureux) décompose l'acide iodique|, et en précipite l'iode.

V acide peroxisulfurique (sulfurique) précipite la barite et la strontiane et ses dissolutions salines, en un sulfate qui est blanc et insoluble. Il précipite aussi les sels de plomb en sulfate blanc insoluble. Il sert aussi à distinguer l'indigo du bleu de Prusse; il dissout le premier sans l'altérer, et cette dissolution est bleue, tandis que ce dernier est décomposé et la couleur détruite. Ce réactif est encore précieux pour reconnaître les fécules : un chimiste russe , M. Kirskoff, a découvert qu'il les convertissait en sirop. Suivant M. Braconnot, il produit le même effet sur les chiffons, la gélatine animale, la sciure de bois, etc.

De l'eau distillée.

L'eau peut être considérée comme réactif, en ce que c'est par son moyen qu'on sépare les substances solubles des insolubles. Elle sert à distinguer le potassium du sodium et des autres métaux \ on sait que le premier brûle à sa surface en globules de feu, qui

se meuvent avec vitesse sur ce liquide. Elle sert i enfin à précipiter les résines de leurs dissolutions i alcooliques, et à une foule d'expériences dont l'énumération nous entraînerait trop loin.

De l'ammoniaque.

Cet alcali forme dans les dissolutions des sels de cuivre un précipité d'un beau bleu céleste, qui se redissout dans la liqueur, à la faveur d'un excès de cet alcali; il produit le même effet dans les sels de nickel , avec cette différence que la couleur est moins belle, et que l'hydrocyanate de potasse et de fer y forme un précipité vert, tandis qu'il est brun -marron si c'est un ammoniure de cuivre. Il sert à reconnaître les précipités de chlorure d'argent qu'il dissout. Il annonce aussi la présence de la magnésie dans les sels par un précipité blanc, léger et floconneux qu'il y produit.

§ vi. i

Réactifs pris parmi les sels.

Uarséniate de potasse démontre l'existence du cuivre dans une liqueur par un précipité vert, connu sous le nom de vert de Sche'ele, qui est un simple mélange d'arsenic et d'oxide de cuivre. Ce réactif est très-sensible.

Uacétate de plomb. L'emploi de ce sel est trèsfréquent dans l'analyse chimique : il forme dans les sulfates un précipité blanc très-pesant, qui est un sulfate de plomb dont les caractères sont d'être insoluble dans l'acide nitrique; avec l'acide borique , un borate de plomb blanc et soluble dans

( 4^3 > un excès d'acide nitrique , fusible et vitrifiable. Il de'montre l'existence de l'acide hydrosulfurique et des hydrosulfates en formant un sulfure noir • il sépare la résine de la bile, en se précipitant avec la première, et les acides végétaux, en dissolution ou unis à d'autres substances en formant avec eux des précipités insolubles. Si l'on a à reconnaître si un acide est le citrique ou le tartrique, en versant un peu de ces acides séparément dans une dissolution de ce sel, on voit que le dernier y produit un tartrate insoluble, et que la liqueur ne change pas par le premier.

Le sousacétate de plomb fait distinguer le mucus de la gélatine animale, par le précipité floconneux qu'il opère dans la dissolution du premier, tandis qu'il n'en produit pas dans celle du dernier; il indique également la présence de l'acide hydrosulfurique et des hydrosulfates , etc.

Benzoate d'ammoniaque. Si l'on a à séparer d'une dissolution le fer du manganèse , ce sel en précipite le premier en benzoate insoluble, et le second reste dans la liqueur.

Souscarbonate d'ammoniaque. Dans une dissolution d'alumine et de glucine, précipite ces deux bases, et redissout la dernière par un excès de ce sel, qu'on sépare de l'alumine par le filtre. Si l'on évapore ensuite la liqueur, l'ammoniaque se volatilise et la glucine reste pure.

Souscarbonates de soude et de potasse. Précipitent les sels métalliques à l'état de souscarbonates, qui sont presque tous réduits à l'état d'oxides à divers degrés de température. Par la couleur des pi écipités

on peut reconnaître la nature du métal; ainsi le pré

cipité opéré dans

les dissolutions des sels alumineux est blanc cailleboté 5

d'argent

— de barite

— de bismuth

de cérium de chaux

de cobalt de cuivre de fer

de glucine

d'yttria

de manganèse

de magnésie

— de plomb

■w- de strontiane

— blanc et décomposa-

ble j la lumière le noircit ;

— blanc, soluble dans les \

acides nitrique et hydrochlorique avec effervescence 5

— blanc, et coloré en noir

par l'acide hydrosulfurique ou les hydrosulfates 5

— blanc argentin ;

— blanc, soluble dans le» 1

acides avec effervesr cence ;

— violâtre $

— vert-pomme 5

— jaune ou brun, suivant t

le degré d'oxidation ;

— blanc 5

— blanc pulvérulent ;

— blanc-rosé;

— blanc , léger, flocon-

neux, soluble avec ef-1 fervescence dans les acides sulfurique, nitrique et hydrochlorique 5

— blanc, très-pesant, et

formant un sulfure noir avec l'acide hydrosulfurique et les hydrosulfates,-

— comme celui de barite j

— de titane — blanc-rougeâtre;

— d'urane — • blanc, tandis que celui

qui est produit par les alcalis est jaune;

— de zinc et de zircone — blanc.

Cîiromate dépotasse. Ce sel produit dans les dissolutions des sels métalliques des précipités diversement colorés; dans ceux

' de plomb ce précipité est d'un beau jaune , s'il provient d'un sel neutre; il est d'un jaune orangé, si c'est d'un soussel ;

du nitrate de protoxide de mercure, d'un beau rouge;

d'argent, d'un pourpre foncé.

Hydrochlorate d'ammoniaque. Précipite les sels de platine en sel à double base. Ce précipité est décomposé par le calorique, et le nouveau produit est ce métal à état métallique et sous forme de mousse ou d'épongé. Ce sel en poudre un peu humide fait reconnaître la chaux dans un mélange par les vapeurs ammoniacales qui se dégagent.

Hydrochlorate et nitrate de barite. Pour s'assurer de l'existence de l'acide sulfurique ou des sulfates solubles. Le précipité est blanc : c'est un sulfate de barite.

Hydrochlorate dépotasse. Pour distinguer l'acide tartrique d'avec l'acide citrique. Il suffit pour cela de verser dans une dissolution de ce sel de l'acide tartrique pour y produire un précipité, qui est un surtartrate dépotasse, tandis que l'acide citrique ne le décompose pas.

Hydrochlorate d'étain. Précipite en bleu avec l'acide molybdique, et les sels de platine en jaune-

( 4*6 ) orangé. Ce dernier précipité est réduit par le calorique, et conserve une forme spongieuse.

Hydrochlorate d'or. Avec les sels d'étain , un i précipité qui est le pourpre de Cassius; avec le sulfate de protoxide de fer, une poudre brune qui acquiert par le frottement le brillant de l'or. Ce réactif indique aussi l'existence des huiles volatiles dans l'eau distillée.

Hydrochlorate de platine. Fait distinguer la potasse ou les sels de potasse d'avec la soude ou les sels de soude, en ce que les précipités formés avec le premier alcali et ses sels concentrés sont un sel à double base qui , étant très -peu soluble dans l'eau , se précipite, tandis qu'avec le second et ses sels le nouveau sel est très-soluble et ne se précipite point.

Hydrocyanate de potasse et de fer. Ce réactif est un des plus précieux pour reconnaître et distinguer les sels métalliques. L'hydrocyanate de potasse peut être également employé. Nous allons ajouter ici le tableau des précipités produits par ces deux sels dans les dissolutions métalliques, qui est consigné dans le traité des réactifs de MM. Payen et Chevallier.

( Voyez le tableau ci-contre. )

Ces divers précipités sont presque toujours des hydrocyanates terminés et du métal précipité.

Hydriodate de potasse ou de soude avec la dissolution des sels

d'argent, un précipité d'un beau jaune; de plomb jaune brillant j

de peroxide de mercure rouge ; de bismuth brun-marron.

( 4^7 ) Hydrosuif aies d'ammoniaque , de potasse ou de soude précipitent les dissolutions métalliques d'argent, de cobalt, de cuivre, de fer, de nickel, d'or, de palladium, de platine, de plomb, de tellure et de mercure, en sulfures et hydrosulfates sulfurés noirs.

d'antimoine d'arsenic de cadmium de cérium de chrome de colombium

en jaune orange , jaune, jaune, brun , vert, chocolat,

de protoxide d'étain chocolat,

de deutoxide idem jaune,

de manganèse

de molybdène

de titane

de zinc

de zircone

hydrosulfate.

sulfures.

/ hydrosulfates.

su

lfures.

hydrosulfate, oxide de zircone.

blanc sale, brun-rougeâtre, vert-bouteille, blanc , blanc,

Nitrate d'argent. Pour reconnaître les hydrochlorates et l'acide hydrochlorique. Ce réactif est si sensible qu'il indique par un précipité blanc, pesant, cailleboté et insoluble dansl'acideni trique 0,0000 1 15 de cet acide dans l'eau.

Il précipite les phosphates alcalins en sousphosphate d'argent d'une belle couleur jaune-citron , et Jes dissolutions d'arsenic en un précipité semblable; il suffit pour cela de plonger un petit cylindre de nitrate d'argent dans une dissolution arsenicale, pour le voir se recouvrir d'une couleur jaune. Les hydrosulfates et l'acide hydrosulfurique précipitent ce sel en noir.

Nitrate de protoxide de mercure. Indique l'ammoniaque par un précipité gris; forme dans les dissolutions d'or un précipité bleuâtre réductible par le calorique, et dans celle de platine un précipité

( 4*8 ) jaune-orangé, également réductible par la chaleur.

Surnitrate de mercure. Détermine la pureté de l'huile d'olive qu'il solidifie tandis que les autres restent fluides. Cet ingénieux procédé est dû à M. Pontet, de Marseille.

Oxalate d * ammoniaque. Réactif préférable à l'acide oxalique, pour reconnaître les plus petites proportions de chaux ou de sels calcaires avec lesquels il forme des précipités blancs , qui sont des oxalates que le calorique convertit en chaux pure.

Phosphate de soude. Précipite les dissolutions d'argent en jaune très-pâle.

Sulfate de cuivre. Réactif précieux pour constater les plus petites portions d'arsenic dans un liquide. On y ajoute d'abord un peu de solution de potasse, et ensuite quelques gouttes de ce sel' il s'opère de suite un précipité vert qui répand, par l'action du calorique, une odeur d'ail très-prononcée.

Sulfate de cuivre et d'ammoniaque. Est préféré au précédent.

Sulfate de protoxide de fer. Pour s'assurer de la présence de l'or par un précipité brun ; indiquer la quantité d'oxigène dans les eaux; reconnaître l'acide hydrocyanique et les hydrocyanates par un précipité bleu foncé , et l'acide gallique par une couleur noirâtre.

Persulfaie. A ces derniers usages.

Sulfate de potasse et de soude. Forme dans les seîs de plomb des sulfates blancs insolubles dans l'eau, solubles dans les acides sulfurique et hydrochlorique.

Savons. Indiquent dans les eaux les sels calcaires par un précipité blanc, floconneux et très-léger, qui reste suspendu dans la liqueur.

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