‹ Manuel de chimie médicaleChapitre 51 sur 56 · SANG ARTÉRIEL. SANG VEINEUX · texte numérisé non relu

SANG ARTÉRIEL. SANG VEINEUX

rouge vermeil , rouge-brun ,

odeur forte, odeur faible,

température 32 R. température 3i R.

poids spécifique ij0^[9 i,o5i

capacité pour le calor. 889 id.

Soumis à l'action du calorique, le sang se coagule et prend une couleur brune- violette. Si on l'agite, quand on vient de l'extraire de l'animal, on en sépare beaucoup de fibrine; on peut alors le conserver long-temps : si cette opération se fait avec le contact de l'air ou de l'oxigène , la couleur du sang devient rose. Presque tous les acides un peu forts précipitent le sang, et s'unissent à l'albumine; l'alcool le précipite également, en se combinant avec l'eau; les alcalis le rendent liquide.

Le sang, comme nous l'avons déjà dit, éprouve des variations remarquables, suivant certaines affections morbifiques; ainsi :

l*esangdes diabétiques contient, d'après MM. Nicolas et Guedeville , plus de sérum et très-peu de fibrine.

(0 Traill. Ann. ofphilosop., mars i8s3.

Celui des ictériques a offert de la bile à M. Orfila.

Celui des scorbutiques n'a que fort peu de fibrine, suivant MM. Deyeux et Parmentier, etc.

Sang de bœuf.

M. Berzélius n'y a trouvé que les mêmes principes du sang humain. M. Vauquelin y a rencontré une huile grasse , douce et jaune, et M. Schwilgué assure avoir reconnu une substance grasse dans celui de l'homme ; enfin, Vogel dit avoir trouvé de l'acide carbonique dans celui de cet animal.

MM. Prévost et Dumas ont entrepris une série d'expériences sur l'ablation des reins dans les animaux , et ils ont observé que le sang de ceux qu'ils avaient néphrotomisés était plus séreux que dans l'état ordinaire, et que le sérum et le caillot séchés et traités par l'eau donnaient un extrait qui , soumis à l'action de l'alcool , laissait un résidu deux fois plus fort que dans celui qui provenait du sang d'un animal sain. Dans le premier cas, ce résidu, traité par l'acide nitrique, se prenait en masse; ce qui annonce l'existence de l'urée. Cette urée, trouvée dans le sang des chiens par MM. Prévost et Dumas, est composée de

azote 42>2^>

carbone 18,2 3,

oxigéne 29,65 ,

hydrogêne 98, 9.

Celle qu'on a trouvée dans l'urine de l'homme a donné à M. Bérard,

azote 4^j4 >

carbone 19,4»

oxigène 26,5 , hydrogène 10,8.

D'où l'on voit qu'il existe une grande disproportion dans les quantités d'hydrogène.

La découverte de l'urée dans le sang est un fait bien curieux ; mais comme elle n'a été encore trouvée dans cette liqueur qu'après l'ablation des reins, il reste toujours à prouver, dit fort judicieusement M. Gauthier de Claubry, que dans ce cas, comme dans une foule d'autres, des lésions extraordinaires ne produisent pas dans les animaux des changemens considérables dans la nature des sécrétions, comme dans le jeu et la nature des organes (0.

Circulation.

Le chyle est absorbé, comme nous l'avons déjà dit, par les vaisseaux capillaires des intestins grêles, lesquels, en s'anastomosant , le conduisent dans le canal thoracique, qui le porte dans la veine sousclavière gauche, et quelquefois dans la droite, où il s'unit au sang. Le composé formé par ce mélange se rend , par la veine cave supérieure , dans l'oreillette droite, et de là dans le ventricule droit, d'où il passe, par l'artère pulmonaire et sa bifurcation, dans

(l) Bull. gén. et univ. des ncuv. scientifiques, de M. de Férussac.

( 6o5 ) les diverses parties des poumons qui, à leur tour, et au moyen des veines qui leur appartiennent, le charrient dans l'oreillette et le ventricule gauche; de là il est verse' dans l'artère aorte , de celle-ci dans l'aorte ascendante et dans la descendante, dont les ramifications le transmettent dans tout le corps. De l'extrémité des ramifications artérielles, il entre par les dernières ramifications veineuses dans les veines qui le portent dans la veine cave supérieure ou l'inférieure. Le sang est transmis ensuite dans l'oreillette droite, et de là dans le ventricule droit, et ramené dans les poumons, les cavités gauches du cœur, etc.

Tel est le phénomène qu'on nomme circulation. Nous avons vu que le sang veineux différait du sang artériel; en effet, lorsque celui-ci est arrivé à l'extrémité des artères, cette puissance vitale qui anime l'homme lui fait éprouver une décomposition qui sert à la nutrition des divers organes qui l'entourent, et auxquels il transmet une partie de ses principes, lesquels concourent à la formation des diverses sécrétions. Le sang, ainsi converti en sang veineux et en lymphe, rentre par divers vaisseaux dans le centre de la circulation.

De la respiration*

La respiration est la fonction la plus importante de la vie ; si par une cause quelconque on vient à la faire cesser, la mort en est la suite inévitable. L'air atmosphérique est le seul fluide élastique qui y soit propre; car, l'oxigène serait trop actif. Parmi les autres gaz, les uns agissent comme poi-

( 606 ) sons, et les autres comme asphyxians. Les chimistes et les physiologistes se sont livrés à un grand nombre de recherches pour reconnaître les phénomènes de la respiration; ils ont démontré :

i° Que la quantité d'air expiré est égale à celle de celui qui a été inspiré;

2° Que cet air inspiré n'a pas perdu un atome d'azote;

3° Qu'il contient une vapeur qui constitue la transpiration pulmonaire, et une substance animale qui lui transmet une odeur particulière;

4a Qu'au lieu de 21 d'oxigène, il n'en donnait plus que de 18 à 19;

5° Que la quantité d'acide carbonique produite se portait de 3 à 4?centièmes , en sorte qu'elle était plus forte que celle de l'oxigène absorbé.

Le chyle, comme nous l'avons déjà dit, est versé dans la veine sous-clavière gauche, où il se mêle avec le sang veineux; ce nouveau liquide, en traversant les poumons, se trouve en contact avec l'air atmosphérique, et se convertit en sang artériel.

Lavoisier pensait que, peu après cette conversion, l'oxigène de l'air se portait sur le carbone du sang veineux et sur l'hydrogène pour former de l'acide carbonique et de l'eau , qui s'exhalaient par la transpiration pulmonaire , et que la chaleur vitale était due à l'oxigène absorbé.

Les faits exposés ci -dessus ne s'accordent point avec cette théorie.

Opinion actuelle. 1° Sur quelle partie du sang agit l'oxigène? On l'ignore.

2° Comment se forme l'acide carbonique? On l'ignore.

3° D'où provient la chaleur vitale ou l'élévation de température? On l'ignore.

4° D'où provient la transpiration pulmonaire ? d'une partie du sérum qui se détache des dernières divisions de l'artère pulmonaire t et d'une portion de la vapeur produite par le sang artériel , qui se distribue sur la membrane muqueuse des voies aériennes.

Il résulte de ces recherches qu'on ne peut, dans l'état actuel de nos connaissances, démontrer d'une manière exacte la manière dont agit l'oxigène dans cette importante fonction. Plusieurs chimistes ont calculé la quantité d'oxigène qu'un homme absorbait dans un jour. Le docteur Menzier l'évalue à 85o litres* Lavoisieret Seguin, à 754; et H. Davy, à 745. Il est certain que la proportion d'oxigène absorbée ne peut être regardée comme uniforme chez tous les individus, puisqu'il est des personnes qui ne respirent pas le même nombre de fois dans un temps donné. Ainsi Thomson a trouvé qu'il respirait dix-neuf fois par minute, et H. Davy^de vingtsix à vingt-sept. MM. Lavoisier et Seguin ont reconnu aussi qu'un homme à jeun, sans avoir éprouvé de fatigue, la température étant à 26 R. , absorbait par heure 12,10 pouces -6 d'oxigène, et que cette quantité était plus forte par un temps froid. Ces deux physiciens ont observé aussi que, lorsque le corps est en agitation , l'absorption d'oxigène est plus considérable. M. Seguin Fa trouvée égale à 3200 par heure* pendant la digestion, et dans l'état

de tranquillité, elle était de 18 à 1900; et, en faisant pendant un quart d'heure un exercice violent, de 4^>oo.

Quant aux sources de la chaleur vitale, nous renvoyons à ce que nous en avons dit à la page 54-

SEPTIEME SECTION

Liqueurs sécrétées.

Les physiologistes donnent le nom de sécrétion h celte fonction par laquelle les organes produisent , en décomposant le sang, des liqueurs particulières dont la plupart servent à la nutrition du corps, et les autres , au nombre de trois, le lait, la sueur et l'urine, sont portées hors du corps. Les premières sont alcalines, et doivent leur alcalinité à la soude ; les secondes sont acides, et doivent leur acidité, suivant Berzélius , à l'acide lactique, et suivant M. Thénard , à l'acide acétique. Nous allons les diviser en trois paragraphes.

Du lait.

La formation du lait est un problème de plus à résoudre ; nous savons seulement qu'il est sécrété par les glandes mammaires des mammifères. Cette liqueur est blanche , opaque, sucrée, plus pesante que l'eau, et donnant, par l'évaporation , une pellicule de matière caseuse. Abandonné à lui-même, le lait se sépare en trois parties : crème, matière caseuse et petit-lait.

(6o9 ) La crème est composée de beaucoup de beurre , de caséum et de petit-lait. Elle surnage les autres; elle est incolore ou jaune doré, onctueuse , molle et d'une saveur agréable.

Le caséum est blanc, opaque et insipide ; les alcalis le dissolvent.

Le petit-lait est jaune-verdâtre ; il donne , au bout de quelques jours , de l'acide acétique; par l'évaporation , on en retire le sucre de lait.

Les acides coagulent le caséum et le séparent du petit-lait en s'unissant avec lui.

Le lait est précipité par l'alcool, les sels neutres très-solubles , etc. Le sublimé corrosif est converti par cette liqueur en mercure doux.

Lait de femme.

Cette liqueur offre des variations dans quelques circonstances , et suivant l'époque plus ou moins éloignée de l'accouchement, et même les alimens que prennent les nourrices. Ce lait a une saveur très-douce; peu coagulable et peu consistant; ayant peu de caséum , beaucoup de crème et de sucre , des hydiochlorates de soude et de chaux. La crème de ce lait ne fournit pas de beurre, même par une agitation très -prolongée. Outre ces principes, le lait de femme offre une partie volatile, odorante, et peut-être du soufre.

Lait de vache. Moins chargé de sucre et de crème que le précédent, riche en beurre. Il est composé, suivant MM. Fourcroy et Vauquelin , de 0,02 de sucre de lait , o;o8 de matière butireuse, 0,1 de ca-

( 6io ) séum et de sels, d'une matière analogue au gluten fermenté , d'eau , d'acide acétique libre , etc.

Lait de chèvre. Se rapproche du précédent par sa composition ; le beurre en est plus ferme.

Lait de brebis. Plus de crème que le lait de vache; beurre plus mou; moins de petit-lait; caséum plus gras et plus visqueux.

Lait d* ânesse . Se rapproche de celui de la femme. Il offre moins de crème, un peu plus de matière caseuse. Le beurre ne se sépare de la crème qu'avec beaucoup de peine.

Sueur.

La sueur ou transpiration est séparée du sang par les vaisseaux exhalans de la peau. Elle est liquide , incolore, odeur plus ou moins forte et quelquefois désagréable ; saveur salée ; rougissant le tournesol et tachant les étoffes. Suivant M. Thénard , elle est composée d'acide acétique , d'un peu de matière animale, d'hydrochlorate de soude et peut-être de potasse, d'un peu de phosphate terreux et d'oxide de fer. Berzélius y admet l'acide lactique et le lactate de soude , et y nie l'existence de l'acide acétique et du phosphate terreux.

La sueur varie dans diverses affections morbides. Celles, des ictériques contient , suivant John et Orfila, de la bile.

Celle des arthritiques en bonne santé , de l'acide phosphorique , suivant Jordan.

Dans lesjïèvrcs putrides, Deyeux et Parmentier y ont trouvé de l'ammoniaque , etc.

( 6m ) De V urine.

Cette liqueur est sécrétée par les reins ; sa composition varie ainsi que les proportions de ses principes constituans , qui sont en plus grande quantité le matin qu'après les repas. La première est appelée urine de la digestion , et l'autre, urine à potu. Dans un sujet sain, l'urine est liquide, transparente;, d'un jaune doré , d'une saveur salée, un peu acre , et d'une odeur particulière, qui devient bientôt ammoniacale; elle rougit le tournesol. Abandonnée à elle-même, elledépose, aubout de quelques heures, de l'acide urique ; quelque temps après , l'urée se décomposant, il se forme de l'ammoniaque qui réagit sur l'urine, et il se précipite de l'urate d'ammoniaque et des phosphates de chaux et ammoniacomagnésien.

L'eau ne trouble pas l'urine ; l'alcool en précipite les substances qui sont insolubles dans ce menstrue; les alcalis en saturent les acides et en précipitent les sels et le mucus; quand elle est à l'état sirupeux ? l'acide nitrique en élimine l'urée à l'état de nitrate. Suivant Berzélius, l'urine est composée, sur 100 parties, de :

eau g33,

urée 3o,,io,

sulfate de potasse 3,7 1 ,

— de soude 3, 16,

hydrochlorate de soude 44^?

phosphate idem 2,94,

d'ammoniaque i,6*5,

hydrochlorate idem i>5o, acide lactique libre et lactate d'ammoniaque 17,14 ?

(6ia )

phosphate terreux i?

acide urique i?

mucus de la vessie o,32,

silice o,o3.

M. Thénard attribue l'acidité de l'urine à l'acide acétique, Vauquelin et John à l'acide phosphorique ; Proust, John et Vogel y ont annoncé l'acide carbonique. Il n'y a pas de liqueur qui varie davantage , suivant l'état pathologique de l'homme ; ainsi

L'urine des ictériques , contient de la bile , suivant Cruiskanck et Orfila.

Celle des hystériques , suivant Rollo et Cruiskanck , à peine de l'urée.

Celle des goutteux, suivant M. Berthollet , moin s d'acide , excepté pendant les paroxismes.

Celle des rachiliques , suivant MM. Chaptal , Jacquin et Fourcroy, beaucoup de phosphate de chaux.

Dans Yhydropisie générale , suivant Thomson et Fourcroy, de l'albumine , et Brugnatelli , de l'acide hydrocyanique.

Dans le diabètes sucré y pas sensiblement d'urée ni d'acide urique y aucun acide libre , à peine des sulfates et des phosphates; du sucre et de l'hydrochlorate de soude. Araeteus, Rollo, Dupuytren et Thénard pensent que cette maladie peut être guérie dans toutes les périodes par un régime animal.

Dans les fièvres nerveuses, dépôt rouge, composé d'acides rosacique et urique.

Dans les ^ztvre.? putrides, de l'ammoniaque et moins d'urée.

Dansla dispepsie, se putréfie facilement et donne un précipité abondant par le tanin.

Urine laiteuse, Wurzel dit y avoir trouvé une matière caseuse et ~ d'acide benzoïque.

Urine bleue. J'ai découvert dans cette urine l'hydrocyanate de fer; voyez mon Mémoire sur une urine bleue, Arch. gén, de Méd. 1823.

Urine gélatineuse. Je l'ai trouvée dans quelques maladies des voies urinaires, en si grande quantité, que réduites au tiers elles se prenaient par le refroidissement en une masse tremblante, etc. Voyez mon Mémoire inséré dans les Ann. de méd. clinique de Montpellier.

Quelques alimens et quelques médicamens paraissent avoir une action directe sur l'urine; ainsi les asperges lui donnent une odeur fétide; la térébenthine, les baumes et les résines, une odeur de violette; le camphre, une odeur camphrée, etc.

Des calculs urinaires.

Dans quelques états pathologiques , les urines déposent une partie de leurs principes salins et acides, et donnent lieu à des concrétions qui se forment le plus communément dans la vessie et quelquefois dans les reins, les uretères, la glande prostate, l'urètre , etc. Le docteur Marcet est porté à croire que la formation des calculs urinaires doit résulter de quelques causes générales , indépendantes d'aucune des particularités d'alimens ou de boissons auxquelles on l'a ordinairement attribuée, comme semble l'indiquer l'excessive rareté de cette maladie entre les tropiques et parmi les gens de mer, ainsi

( Oi4 )

que vient de l'annoncer M. Copland Hutchison (i). Les recherches du docteur Marcet ont démontré que cette maladie était très-fréquente parmi les enfans des classes les plus pauvres, et peu sensible dans les autres, et qu'en Angleterre, et quelques autres pays, il règne, sous le rapport de la fréquence de cette maladie, une uniformité remarquable, tandis que d'autres exemples offrent une grande discordance, et qu'aucune des circonstances qu'on avait soupçonnées d'influer sur les affections calculeuses, ne peut fournir d'explication de cette variété de résultats. Ne pourrait-on pas demander si, parmi d'autres causes, il n'existerait pas quelque rapport essentiel entre le système cutané et la plus ou moins grande fréquence de cette maladie?

Le docteur Marcet a consigné dans son ouvrage sur les calculs, le fruit de quarante-quatre années d'observations recueillies à Norwich , Londres J Edimbourg, Vienne, etc.; il résulte de ses recherches, que,

sur 181 calculs, il en a trouvé

66 presque entièrement formés d'acide urique, 4 de phosphate de chaux , ou alternant avec du phosphate triple, 49 de fusibles, souvent mêlés de phosphate triple, 4i muraux, ou d'oxalate de chaux , 19 en couches distinctes alternantes, 2 en mélanges indéfinis.

Relativement à ceux dont l'extraction présentait le (0 Trans. med. chir. tome IX.

moins de succès, il a trouvé que la mortalité était chez

les premiers de i sur 7, seconds o o,

troisièmes 1 6,

quatrièmes 1 20,

cinquièmes 1 3.

Sur 181 calculeux le terme moyen des morts a été de 1 sur 7.

Il est bien reconnu : 10 que les calculs d'acide urique font le tiers de ceux qu'on extrait; 2° que la plus grande mortalité est parmi les mixtes, et la moindre parmi les muraux; ce qui semble prouver que ce n'est point tant l'irritation mécanique qu'occasionne la pierre, que la disposition morbide particulière des sécrétions des voies urinaires , qui influe sur l'événement de l'opération.

La probabilité de succès dans l'opération de la taille pourrait bien reconnaître pour cause quelque influence locale , puisque le terme moyen de la mortalité a été :

à l'hôpital Saint-Thomas, de 1 sur 12, de Norwich, 1 7,

de Guy, 3 20.

Terme moyen général 7.

Cinq cent six opérations faites à Norwich ont prouvé :

i° Que cette maladie est 17 fois plus fréquente

chez les hommes que chez les femmes.

'2° Que la mortalité chez les enfans opérés est de

1 sur 18.

3° -— chez les adultes, de 1 sur 4

( 616 ) Nous terminerons cet article en disant que les principes constituans des calculs sont l'acide urique , l'oxide cystique et xanthique, une substance animale, l'urate d'ammoniaque, l'oxalate de chaux, le phosphate de chaux , le phosphate ammoniaco-magnésien, la silice, etc. On trouvera très-bien décrits les caractères propres à chaque espèce de calculs , dans les ouvrages de MM. Thénard, Marcet et Prout.

Ligueurs alcalines.

Alcalinité due à un peu de soude. Nous allons les étudier dans Tordre adopté par M. Thénard.

De la lymphe.

Liqueur incolore, transparente, qui circule dans des vaisseaux particuliers dits lymphatiques, lesquels partent des extrémités des artères et se rat* tachent par leurs troncs au canal thoracique; c'est la liqueur animale la plus abondante; Brandes est encore le seul chimiste qui s'en soit occupé. Celle qu'il a extraite du canal thoracique d'un animal qui n'avait rien mangé depuis un jour, était miscible à l'eau, sans action sur les couleurs végétales, non coagulable par le feu ni par les acides; l'alcool la troublait légèrement; elle donna par l'évaporation un résidu qui verdissait le sirop de violettes.

De la synovie.

Liqueur visqueuse qui suinte des capsules synoviales, des articulations et des coulisses des tendons.

(6i7 ) M. Lassaigne est le premier et le seul qui ait analysé la synovie humaine; il l'a trouvée composée d'albumine, d'une matière grasse, de chlorure de sodium, de souscarbonate de soude, et de phosphate de chaux. Elle ressemble beaucoup à celle du bœuf. M. Lassaigne n'y a point trouvé d'acide urique, quoique Fourcroy l'eût présumé.

Liqueurs contenues dans les membranes qui entourent le fœtus.

Le sac dans lequel est renfermé le fœtus est coinposé de trois membranes, l'amnios, l'allantoïde , et le chorion.

Liqueur de Vamnios.

Composée, suivant MM, Vauquelin et Buniva , d'un peu d'albumine, de soude, d'hydrochlorate de cet alcali , de phosphate et de carbonate de chaux , et d'une substance caseuse.

Celle de l'amnios de la vache contient, suivant M. Lassaigne, du mucus, de l'albumine d'osmazone , de la soude, du chlorure de sodium et de potassium, une matière jaune analogue à la bile, etc.

Liqueur de l'allantoïde.

Celle de la vache a donné à M. Lassaigne beaucoup d'osmazone , d'albumine > une matière mucilagineuse azotée , d'acide allantoïque , d'acide lactique et de lactate de soude, d'hydrochlorate d'ammoniaque, de chlorure de sodium et de potassium , de phosphate de chaux, de magnésie et de soude^ et beaucoup de sulfate de cet alcali.

( 618 ) De la salive.

Fluide, inodore, insipide et quelquefois salée, visqueuse , transparente, moussant par l'agitation, verdissant le sirop de violettes, et plus pesante que l'eau. M. Berzélius Ta trouvée composée de mucus , d'une matière animale particulière, de soude, de lactate de soude , d'hydroclilorate de cet alcali et de potasse.

Suc -pancréatique.

Il a beaucoup d'analogie avec la salive. Il est inodore, jaunâtre, un peu salé et coagulable en partie par la chaleur. Peu étudié.

Sperme.

Le sperme ou liqueur séminale , lors de son émission , est mêlé avec la liqueur laiteuse de la glande prostate. 11 est blanchâtre et épais ; abandonné à luimême, il devient liquide dans demi-heure; à l'air, il se dessèche et offre des écailles transparentes; si l'air est humide, il jaunit et s'altère. Il est composé, suivant M. Vauquelin , sur ioo parties, de 60 d'un mucus animal particulier, 3o de phosphate de chaux, et 10 de soude.

Liqueur spermatique du cheval.

Composée, suivant M. Lassaigne, d'une substance qu'il nomme spermatine 9 de mucus, de soude, d'hydrochlorates de potasse et de soude, et de phosphates de chaux et de magnésie.

Propriétés de la spermatine.

Soluble dans l'eau, et lui donnant de la viscosité

(6I9) ne se coagulant point par la chaleur* les acides, les alcalis, les dissolutions de tanin , de deutochlorure de mercure, de nitrate d'argent, de sulfate de fer, de sousacétate de plomb, ne la précipitent point- le sousacétate y produit un précipité blanc, floconneux, etc.

Suc gastrique.

Ce liquide est sécrété par la membrane muqueuse de l'estomac; sa nature est très-variable; dans quelques circonstances, il est putrescible et paraît analogue à la salive; et dans d'autres, il est acide et ne se putréfie que difficilement. Ce suc peut être considéré comme le dissolvant des alimens.

De la bile.

Sécrétée par le foie. On la distingue en hépatique et cystique , suivant qu'elle coule immédiatement dans le duodénum, ou qu'elle séjourne dans la vésicule du fiel. La bile est verdâtre ou jaunâtre , rougeâtre ou incolore, amère , nauséabonde, visqueuse, et plus pesante que l'eau. Par la chaleur, elle se trouble et répand une odeur de blanc d'œuf. Les acides en précipitent de l'albumine et de la résine, i ioo parties sont composées, suivant M. Thénard, de iooo eau, 4 a albumine , 4i résine, de 2 à 10 matière jaune, 5 6 de soude ,

4 5 de sulfate, phosphate, et hydrochlorate de soude et de chaux, et d'oxide de fer.

Berzélius n'admet point de résine, mais une substance analogue aux résines.

Bile de bœuf.

Suivant le même chimiste , sur 800 parties, 700 eau, 69 picromel,

i5 matière résineuse verte, matière jaune et sels.

La bile de cliien , de mouton, de chat et de veau paraissent identiques avec celle de bœuf.

Bile du fœtus de la vache.

Suivant M. Lassaigne, elle est composée de matière jaune résineuse , matière jaune , mucus et sels.

Point depicromel.

Calculs biliaires.

La bile , ainsi que l'urine , donne lieu quelquefois à des concrétions qu'on appelle calculs biliaires ou de la vésicule ? parce que c'est le plus souvent dans cette poche qu'on les trouve • on les rencontre aussi dans le cholédoque. M. Thénard en a examiné plus de 3oo. Quelques-uns de ces calculs sont formés de cholestérine en lames blanches , brillantes et cristallines; un grand nombre sont composés depuis 88 jusqu'à g4 de cette même substance, et de 6 à 12 d'une matière colorante jaunâtre; d'autres enfin diversement colorés, et ayant peu de cholestérine et plus ou moins de bile , etc. On trouve aussi dans le tube intestinal des calculs analogues à ceux de la vésicule. Quoiqu'on n'ait pas rencontré de picromel dans la bile? cependant M. Caventou l'a trouvée

(6ai ) dans un calcul biliaire, et M. Orfila a donné l'analyse d'un autre qui en contenait également avec un peu de picromel et de matière grasse de la bile, sans aucun indice de cholestérine.

Calculs de la vésicule des bœufs.

Ces concrétions sont plus rares parmi ces animaux que chez l'homme; elles sont assez grosses, jaunâtres, en grumeaux adhérant faiblement ensemble et formés de la matière jaune de la bile. Il est rare qu'on trouve plus d'un de ces calculs à la fois dans la vésicule des bœufs.

Calculs intestinaux des chevaux.

M. Lassaigne en a trouvé deux variétés : La première, formée de phosphate ammoniacomagnésien ;

La seconde, de ce sel et de phosphate de chaux.

Concrétions pulmonaires des vaches.

Ce même chimiste les a trouvées composées d'une matière animale et de phosphate et carbonate de chaux.

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