CHIMIE. 20J
Ot, ces quantités sont à peu près comiae les carrés
du nombre de paires.
Dans les batteries dont les plaques avaient des aires égales, le pouvoir calorifique était, ainsi
Ïa'il a été dît, comme le nombre de ces plaques* iependant sir H. Davy trouva que la surface de chaque plaque étant de loo pouces carrés,
lo paires mettaient en Ignitron j)onces de ^ fil de platine d'u^ Ho*" de pouce de dia-
mètre.
30 paires produisaient le même effet sur S pouce^ du mém*e fih
40 paires, sur 11 pouces, idem.
Les résultats d'expériences sur des nombres plus élevés ne furent pas satisfaisans ; car. 100 paires, chacune de Sa pouces carrés de surface, mirent à l'état d'ignition 3 pouces d'un iil de platine d'un 70« de pouce de diamètre; et tooo paires ne produisirent cet effet que sur i3 pouces seule-» nient. Les charges de l'acide excitant furent sembUtbIes dans l'un et l'autre de ces cas.
Le rapport entre l'atigmentation de pouvoir calorifique et Tafugmentation de surface des plaques est probablement plus grand même que le carré; car 20 paires de plaques, ayant chacune 2 pieds carrés cfe surface , n'enflammèrent pas un seizième autant de fil que 20 paires contenant chacune S pieds carrés, Tacide employé étant de la même force dans les deux^ cas : mais , dans des expériences sur des batteries d'une grande élendue et d'un pouvoir énergique, il se présente de grandes difficultés pour en assurer l'exactitude.
Dans la grande leçon bakérienne de sir Davy , sur tes actions de rélectrictté , publiée Phii. Trms* pour 1807 , et qui lui mérita le prix institué sur ce sujet par Boua|3tirte^ que lui décerna rinsiiiut national d^ France f ce savant démontra amplement
Diyiiizea by
qne les acides ^ qui sont négativement élecUriquea^ relativement aux alcalis , aux métaux et aux terrés,
sont séparés de ces corps., dans le circuit voltaïque, au pôle positif; et que les alcalis, les métaux et les terres sont séparés des acides à la surface négative. Il fit voir en outre que les pouvoirs . attractifs de ces surfaces sont tels, que les acides sont transportés à travers des dissolutions alca» lines, et les alcalis, à travers des dissolutions acides, aux pôles où ils ont leurs points de repos. Ce phénomène était rendu sensible \au moyen de trois coupes d'agate , contenant, Tune du sulfate de potasse, l'autre de l'acide nitric|^ue faible, e^ la • troisième de l'eau distillée. Ces trois coupes, réunies par de Tasbeste humectée d'eau pure ^ étaient disposées 9 dans leur arrangement respectif, de manière que la surface de l'acide était plus liasse que celle du liquide dans les deux autres coupes. Lorsqu'on introduit deux ûls de platine , tenant à un appareil voHaïqne puissant dons les deux coupes
• extrêmes i la dissolution du sulfate dépotasse étant âectrlsée positivement , une décomposition a lieu;
*et, au bout d'un certain temps, une portion de potasse fut trouvée dissoute dans la coupe en con- ^ tact avec le fil négatif, quoique la liqueur ^ dans le milieu de la coupe, fût encore sensiblemmt acide.
Telle est la puissance chimico-analytique dNélectricité, que même les composés insolubles ne sont pas capables de résister à son énergie; car, même je vfrre, le sulfate de baryte, le spath fluor, le gypse , le marbre, etc. , étant humectés et placés en contact avec les surfaces rendues électriques par un appareil voltaïque, en éprouvent une ac- • tion sensible, et la matière alcaline^ terreuse ou acide t est lentement transportée aux pôles, dans Tordre ordinaire. L'aç^régation la plus solide , les corps dont ta composition est la plus ferme, sont .£jrçés de céder à ce mode d'attaque. Cette puis«>
jûïL, CHIMIE. aog
gance «git lentement ; mais les rérahats sdnt cer* tains, et son effet est de résomlre pins tdt on plus tardivement les corps eu formes plus simples de matière.
Jusqu'à répogue où sir H. Davy eut établi la grande loi de décomposhion électro-chimique, qneles métanx , les corps inflammables, les terres et les oxides sont déterminés à se porter à la surfece négative ou pôle négatif, et l'oxigène, le chlore , Tiode et les acides au pôle positif , on s'était imaginé qne l'eau pure j)onyait donner naisMnce, par la moyen de Pélectricrfé , è dWerses substances, telles que la potasse , la soude et l'acide rauriatique. Une investigation rigoureuse des circonstances sous l'influence desquelles ces substances manifestaient leur présence le porta à découvrir qu'elles étaient toujours fournies par les yaisseaux ou par des impuretés dans l'eau, et cette recherche le mit en état de déternainer les principes généraux de décomposition électrique, et d'appliquer ^ cette puissance à là résolution en leurs élémens de plu* ^ sieurs espèces de corps dont la nature était incon- ^ nue, savoir, les alcalis, les terres, les acides borique et muriatique, etc.
La relation intime entre les changemens élec* triques et chimiques est évidemment la même dan^ les phénSknènes généiaux de la batterie. Les combinaisons voltaïqucs les plus puissantes sont formées l^r des substances qui agissent chimiquement et avec le pins d'énergie les unes sur les asftres^ Celles de ces substances qui n'éprouvent pas dè changemens chimiques dans ces combinaisons ne manifestent point de pouvoirs .électriques. C'est ainsi que le 2inc, le cuivre et l'acide nitrique for« ment une batterie puissante $ tandis que l'argent, Por èt l'eau, corps qui n'ont point d'action cliimlque l'un sur l'autre , ne pj-oduisent pas d'emi ^ sensible dans des suites du même nombre. Ces>
circonstances induisirent à croire, d;tns Tenfance* de la recherche galvanique ^ que les phénomènes électriques étaient «lAtiéremem le$ résuUats de cbangemeiis diimiques; et que de même que la chaleur était firodoite par action chimique d4ns des circonstances ordinaires, de même aussi l'électricité résultait de ia chaleur dans d'autre» circonstances.
. Cette généralisation cependant $enible être
inexacte. Le zinc et le cuivre , différens métaux et Tacide oxalique , différens métaux et le çoufre ou chai^hon^ manifestent des effets électrique;^ après un simple contact « et cela dansas cas,o«t le plus^ léger changement chimique ne se fait pa^ observer. A la vérité, si dans ces expériences, les phénomènes chimiques sont produits par l'action de menstrnea, tous les eff^t^ ^loct^iques cesse^l aussitôt* * ,
La sonrce d'acljon de Pappareîl vollaïque semble a:^ir une origine semblable aux causes qui produisent Faccumulation dans là bouteille de Leyde, c*estrè»d*re i'iufluence à distante, ou iiiductiajà âeotiiqne, dont il a été amplement; ti^ité an com* . mencement de cet article ; mais* son action côntlanc comme dans Tappareil électroraoteur , se lie à la décomposition des men^lrjues ç^bioûq^es entre les plaques. Dans la premièp|i^ place , diaque plaque fie ;w>c est rendue |Sositi ve , et ebaqw plaque de cuÎKre aégatÎTe , par contact ; et toutes les plaques, sont arrangées entre elles dans un ordre relatif tel ^ «qu'elles ont leurs électricités exaltées par indue* tAon^de maiiière que chaque arrangement pcJai^^fr simpte rehaitt^ l'électricité de clMN]ue autre arris^l^ gênant pc^aire; et iLs'ensbit que raccumulation de pouvoir ou i 'intensité doit s'accroître avec le nombre des suites. Lorsque la batterie est réunie ' ' dons uih ciieuit , les effets sont démontrés par Sft «Mtiuu«IW^mai|îfi»latiiou d'actions chimiques > ist
DE cûMis. ax|
les pouvoirs existent pendant aiissi long-temps qu'il y a ua men&true quelconque à décomposer* Mais y lorsque la balfeiîe est isolée^ et qne los pôlea extrêmes de zinc et de enivra ne sont pas réOTiis, ou n'aperçoit plus aucun effet quelconque se produire, aucun changement chimique avoir lieu 9 et la batterie ne inanifesteplus son inAnence qu'en communiquant de très faibles ekarge» à l'électromètre , le zinc qui termine le pôle donnant une charge positive, et le cuivre terminant Taulre pôle une charge. négative.
Une belle ei.périi'nce de sir H. Da'vy pronye qae. cba^ae plaque du mitai le pins oxidakle dan» Tappareil est dans le rapport de rélectricité positive, et chaque plaque du métal le moins oxidablo dans le rapport de l'électriciié négative, tandis ' que chaque suite jpuit d'une polarité semblaJiie et égale. Quarante verges ou baguettes de zinc, de la même dimension, réunies avec qu^uante fils d'aigent exactement semblahles, furent introduites ^ suivant l'ordre Régulier ^ dans quaranlo if erres également semblabiea, remplis' avec UM dissolution de muric4e d'anm^niaque tendue légè* rement acidulée par de Tacicle muriatique. Pendant tout aussi long-temps que les parties extrêmes restaient sans jélre f eûmes , i( se dégageait pas de gaai de Tangent , et le nnc était k peine attaqué. Lorsque les extrémités éiaienl réumes , k» plaques de zinc étaient toutes beaucoup plus rapidement dissoutes , et il se dégageait du gaz hydrogène de chaque placée d'argent. Dans une autra^xperteacfi OM plusieurs de ces fils* à égales diafeames# forent kilrodui^s dans de petits- tnbes de vente yf«ii reota^ nul qu'il se pr^duisiiit dci» quantités égales de gaz hydrogène.
Il n'y a d'autres liquides, coojuia qn^ ceuXvCOife^. tenant de^ l'eau , qui prissent servie de .milieu cle. çoAuexioi»^ epti?^ le* itiétau?: ^ ^ f*Hi6l de-
Oigitized by
l'appareil voltaîque ; et îl est probable que le pou- ' «iPoir de. l'eau pour recevoir de doubles polarités , et pour dégager Toxigène et Thydrogène, est nécessaire à l^ction constante de l'appareil réuni. On peur supposer aussi que des acides ou des corps salins augmentent Taction en fournissant des élémens qui ont des électricités opposées entre elles , lorsqu'elles sont réciproquement excitées. L'action dés menstrues chimiques expose continuellement de nouvelles surfaces de métal; et l'on peut concevoir que l'équilibre électrique a litu en conséquence de ce qu'il est alternativement détruit et rétabli; les diangemens s'effectuent dans des portions imperceptibles àe temps.
On peut faire voir, par une expérience très simple , de quelle manière les fluides aqueux pro-
S agent la polarité électrique. Après avoir coupé es filamens étroits d'étain en feuille en longueurs de prés d'un demi-pouce , placez-les en ligne sur la surface d'une cuve oblongue d'eau. En plongeant dans l'eau 9 à chaque extrémité, des lils réunis avec les deux extrémités d'une batterie voltaîque - active ^ les filamens métalliques acquerront aussitôt de la polarité, leurs pôles positif et négatif deviendront régulièrement opposés l'un à l'autre, le premier déposant de Toxide, et l'autre dégageant de rbydrogène* Ici , l'énalogie avec les actions magnétiques est complète.
La relation entre la décomposition des agens chimiques et les énergies de la pile est évidente, d'après toutes les expériences qui ont été faites à ce sujet. U n'a point été formé d'objection solide à la théorie, que le contact des métaux détruit l'équilibre- électrique , et que les changemens chimiques le rétablissent, et que, par conséquent, l'action existe aussi long-tempsque jies décomposi t ionacon tinuent* Volta donna le nom d^appareil ëleetromoteur k son
adfldiraUe iiiYemion « en ^Uissant éa théwie de*
- DE GHimiE.
FaGlion de cet appareil d'après les idées de Pranklin
sur le fluide électrique , pour leqnel certains corps * ont des attractions plus fortes que d'autres. 11 concevait c|ue, dans sa pile, la plaque supérieure de zinc attire l'électricité du caîvie, et le enivre, de l*eaH. L'eaa Tattirait à son tonr de la plaque de zinc venant immédiatement après , cette ploque de zinc de ta plaque de cuivre voisine, et ainsi de suite.
Cette hypothèse s'applique heureusement à la plupart des^hénomènèi^de l'action de la pile isolée et de la pile rénnie, soit par ses extrémités, soit avec le sol : mais elle n*expHque pas avec la même facilité les pouvoirs de l'appareil réuni en un circuit, dans lequel on peut supposer que chaque plaque de zinc a la même quantité d^éiectricité qne chaque plaque de cuivre ; car le zinc ne pent re« ^ cevoir, ainsi que sir*H. Uavy l'observe avec raison, qu'autant que le cuivre peut donner, à moins, en effet f que Ton considère les phénomènes de Tap-^ pareil circulaire comme dépendans de ta circula- ^n continuelle et rapide de la quantité mlurette d'électricité dan» les différentes suites; ce qui exige la preuve qu'il existe un pouvoir constant d'attirer rélectricité d'un corps, en même temps qu*elle est transmise à nn autre. Mais les recherches de Gonlomb ef de M. Poisson , dont on a déjà présenté le détail , démontient pleinement que Télectricité n'est pas distribuée, parmi les différentes espèces de matière , en vertu d'aucone sorte quel* conque d'attraction élective.
Le platine se fond avec plus de facilité an pôle positif qu'au pôle négatif, lorsqu'il est réuni avec • du charbon; mais, avec l'acide sulfurique, il de- ^ vient seulement rou^ de feu, lorsqu'il est négatif et l'acide positif. Dans l'effet calorifique en gêné*», ral , c*est le charbon qui est le plus facilement mis à l'état d'ignition; viennent ensuite le fer, le pla*» line, l'or 9 puis le cuivre^ et iinalement le zinc.
2l4 MAJUVEL
' DU MAGiréziSXB.
On désigne par le nom de fluide magnétique^ la cause qui donne à un^aifanant soit naturel , 9oit ar* tificier^ la propriété de se diriger, d'un côté , Ters le pôle nord, et de l'autre vers le pôle sud; de s'incliuer vers le premier de ces pôles dans i'héinisphère boréal t et vers le second dans Thémisphère austral ^ et de ne pencher d'aucun côté • dans certains lieux qui forment ce qu.*on appelle Véquatcur magnétique ; d'attirer, par sa partie tournée vers le nord , la partie d'un autre aimant tournée vei:s le midi, et de repousser, au contraire , la partie sud de cet aimant ; mais l'examen de propriétés, quel que soit le grand intérêt quVllea présentent , aj)partenant tout entier à la phy- ^sique, nous nous bornerons ici à parler de la découverte de M. J. Chr. OErsted^ professeur de physique à l'université de Copenhague. Ce savant physicien annonça pour la première fois, en 1810, que l'aiguille aimantée changeait de direction par rinflucnce de l'appareil voltaïque ; que cet effet avait lieu lorsque le circuit était formé 9 et non lorsqii'il était interrompu.
M. Ampère, membre de l'Académie des Sciences, de l'Institut s'empressa de s'occuper de diverses expériences à ce sujet , dans la seule vue^ d'abord^ de compléter le travail du professeur danois |Mi» bientôt il découvrit lui* même qu'une autre por* lion du circuit voltaïque exerçait , sans la présence d'aucun aimant, une autre sorte d'action sur ' le iil métallique, au moyen duquel ce circuit est établi. La connaissance de ce &it conduisit M. Ampère à plusieurs autres observations , dont il donm^ successivement communication à l'Académie des Sciences, ainsi que des conséquences qu'il en déduisit , et dont le but général est d'établir. VideB-^ tité de rélecu?icji{é{;|d^0if^g;ràtisme»
DE CHIKIE. • ai5
DES COEPS PO^piaABLEà.
Après avoir étudié , comme il convenait de le faire, les quatre corps impondérables , nous allons nous occuper de l'examen des corps pondérables simples et composés*
1>B JJ'JLIR ▲XMOSPUEBIQUE.
L'air atmosphérique, ou l'atmosphère, est ce fluide élastique, transparent, invisible, sans odeur, ni sayeur, pesant et compressfbje , qui environne
la terre et l'enveloppe de tous côtés à une hauteur qui ne nous est pas connue , mais qu'on a évaluée être d'environ i5 à 16 lieues. C'est à la transparence de cette atmosphëreque nous devons toutes les jouissances que nous procurent les points de Tue si Ta«* liés que nous offre l'aspect de la terre.
Si après avoir introduit une très petite quantité d'air atmosphérique dans une vessie, on la lie par le haut ^ et i|u'on la place ensuite sons le récipient dl'nne machine pneumatique , on la Terra se goufler par degrés à mesure qu'on fera le vide , jus- ' qu'à ce qu'elle ait atteint toute la dimension qu'elle est susceptible d'aeqnérir. Cet effet est dû à /V/o^ticité de la petite quantité d'air renfermé dans la vessie , qui se dilate ainsi en raison de ce que la pression atmosphérique est diminuée. Une pomme ridée , mise également sous le récipient de la machine pneumatique, devient lisse et unie par la, mâme raison.
L'air atmosphérique peut être comprimé jusqu'au ^iS^ de son volume ordinaire; et il ne paraît paa douteux que si Ton pouvait se procurer un appareil d'une force suffisante , on opérerait cette compression à un degré encore plus grand ; inaU ' cet effet de l'air atmosphérique ëtaùt dù à son élasticité , il reprendrait son premier volume
HANUEli
dès que le pouvoir comprimant aurait cessé d'agîr. M. de Saussure fit usage , pour indiquer l'élasticité de Tair, d'un instramcnt auquel il donna le nom de manomètre. Cet instnitiielit consistait en un ba« t'omètre renfermé dans un ballon bien luté, et qui , placé ainsi , ne pouvait être sensible qu'à rélasticité de Tair contenu dans l'intérieur de ce ballon. On suppose généralement aujourd'hui, que l'air doit son» élasticité au ealorique, que s'il venait à en être entièrement dépomilé, il, perdrait sa forme élastique.
On peut ae faire une idée de Vexpansibilué de Pair, en tenant sur le feu le col d'une vessie contenant une petite quantité d'air et fortement liée par le haut ; cette vessie se gonfle par la raréfaction » de l'air qui y est renfermé, et sur lequel la chaleur
produit cet effet. - ^
La dilatation , ou expansion aue les corps éprouvent par une élévation donnée ae température, est ^ beaucoup plus considérable dans les fluides élastiques que dans les liquides.
LA pression de l'atmosphère peut se démontrer par les deux expériences très simples qui suivent t 10. si l^on recouvre avec une carte un verre i boire rempli d'eau , et qu'alors on renverse le verre , . Peau ne s'échappera pas, la pression de l'atmosphère sur la pçrtie extérieure de la carte étant suffisante pour soutenir l'eau; a*, si, après avoir renversé une cloche de verre sur une capsule contenant un peu d'eau , on place sous la cloche une bougie allumée^ à mesure que cette bougie cousume de l'air que renferme la cloche, sa pression sur Teau qui est immédiatement au-dessous di* minuo , tandis quç la pression de l'atmosphère sur l'eau du vase en dehors de la circonférence dé la cloche, restant 4a même, elle force une partie de Peau de ce vase d'entrer dans la cloche , pour y prendre la placeMe l'air, que la bougie a consumé.
Oigitized by CoogI
On ne peut évidemment dans ce ras afrrîbuer à aucune antre cause que c^lle fie la piession de l'atmosphère rascension dans l'intérieur de la clodie d*ane partie de l*eau au* dessus de son niveau.
Si les vaisseaux dans les animaux et les végétaux n'étaient pas comprimés j;ar Ja pression de Tatmosphère, les fluides élastiques contenus d«ins les plus petits de ces vaisseaux en opéreraient Inévitablement la rupture^ et la cessation de la vie des animaux s'ensuivrait. On ne doit pas s'étonner que des personnrs de constitutions délicates soitnt en général fortement affectées par un change* ment de température, quand on considère que souvent , dans le cours de quelques heures , il «•opère un accroissement ou une diminution sensible dans le poids de la pression atmosphérique: la pression intérieure des fluides circulans restant la même. Si l'on évalue la surface du corps de rhomme i 1,4^ mètre carré , ce qui se rapproche de la vérité, il soutient une masse d*air au-dessus de lui du poids d'environ \3yoo kilogi amnios ; niais il faut remarquer que ce jroids presse par le haut 9 par le bas, et latéralement en tous sens; et c'est à raison de cette pression égale de tous côt^s que nous n^épronvons aucune incommodité du poids si considéiable de l'atmosplière.
Lorsque je tiens ma main dans l'air, je ne sens aucun poids, parce que la pression au-dessus et audessous de ma main est égale ; mais si je posé ma main sur un cylindre creux v d^^verre , mis sur le plateau d'une machine pneumatique, et qu'on retire l'air de ce cylindre, alors je sens aussitôt quelque chose qui presse avec tant de force ma main sur le verre , que je ne peux l'en détacher. Cet effet résulte de ce que n'ayanJt plus de pression sous ma main , une colonne d'air de la hauteur de
l'atmosphère presse de tout son poids sur elle; Il
Êlut donc que l'air soit rendu souft ma main dafia
le cylindre pour <j^e jç puisse l'enlever de dessus.
La pesanteur de l'air. fut découverte par Galilée en 1640$ et mise depuis hors de doute par Tori* celti et Pascal ; 'Galilée ayant pesé sueoessivement le même vase plein d'air non comprimé et plein v d'air comprimé , il trouva que le poids du vase était moindre dans le premier cas que dans le second 9 et il en conclut que l'air, était pesant. Cette expérience eût pu suffire pour constater cette propriété de l'air; mais le hasard procura bientôt iToriccUl l'occasion d'en faire une qui, répétée et variée par Pascal, ne laissa rien à désirer. Des foniainîers de Florence ayant voulu élever de Teau . dans des corps de pompe à pins de Sa pieds , eon* sultèrent Galilée sur l'impossibilité où ils étaient d'y parvenir. Tpricelli, disciple de Galilée, réfléchissant sur le phénomène , en découvrit bientôt )a cause : H pensa qu'il était du à la pression de Pair, et que cette pression ne pouvait faire équi* libre qu'à une colonne de trente-deux pieds d'eau. Pour le démontrer, Toricelli fit l'expérience suivante, qui date de 1643» trois ans après que Galilée eut reconnu la pesanteur de l'air. Tmioelli prit un tube de verre de 3o et quelques pouces de long ^ qu'il )tcella hermétiquement à l'une de ses extrémités ; il remplit ce tube de mercure, après quoi ayant fermé avec le doigt l'autre extré« mité ti|be, et l'ayant renversé il le plongea dans un bain de mercure et le déboucha. Tout à coup le mercure descendit jusqu'à un certain point , remonta et oscilla pendant quelque temps , et se fixa à %8 pouces environ au-dessus de la surface du baia; alors 9 observant que le mmsure s'élevait 1 S Ibis $68 moins que l'eau , mais qu'il était 1 3 fois 568 plus pesant, il ne douta plus que la cause qui produisait Télévation de Teau ne iïit la même que
celle qui produisait Félévalion de m^care» el ne
fût autre chose que la pesanteur de Tair.
Il s'ensuivait que le mercure et l'eau devaient moins s'élever au-dessus de leur niveau sur la cime ' qu'an pied dés montagnes , puisque , dans le premier cas, la coudie d'air compri^lanie était moindre que dans le second; Cette conséquence n'avait point échappé à Pascal , et après avoir répété l'expérience de Toricelli dans les mêmes circon^ stances où Toricelli lui-même l'avait faite , il pria son ami Perrier de la répéter sur le Puy-de-^Dème t elle eut tout le succès qu'on pouvait en espérer : la colonne de mercure descendait d'autant plus
3u'on s'élevait , et s'élevait d'autant plus qu'on escendait. Ce résultat détruisit jusqu'aux plus légères objections contre la pesanteur de l'air , et l'on fit hientôt du tube de Toricelli Tinstruraent connu sous le nom de baromètre, dont on se sert pour mesurer cette pesanteur. La pression de l'air n'est pas toujours la même : à Paris, le baromètre descend quelquefois jusqu'à 70 centimètres; d'autres fois , il s'élève jusqu'à 79 centimètres. Nous ignorons la cause de ce phénomène; mais nous savons ^ue cet.te capse , quelle qu'elle soit , a une grande influence sur le beau et le mauvais temps ; il pleut presque toujours quand le baromètre est très Las ; il fait presque toujours beau quand il est très haut : aussi le consulte- 1- on sans cesse pour prévoir l'état de l'atmosphère.
Une colonne d'air de la plus grande hauteor de l'atmosphère fait équilibre k une cokmtie d*eau de Sti pieds (lo^^^Syo) ou à uue colonne de mercure de 38 pouces (760 millimètres) d'élévation ; il en résulte que, dans la pompe, l'eau ne peut 8'*éleTer auKieÛ de 10,390 mMres , ni le mercure , dans le baromètre , au-delà de yda miflimètres. L'air commun , ou l'air atmosphérique , fut consi* déré pendant bien des siècles comme un élément