‹ Manuel de chimie, ou precis elementaire de cette science dans l'etat actuel de nos connaissances (volume 2)Chapitre 24 sur 38 · HANUBL · texte numérisé non relu

HANUBL

OU substance simple : c'est aux travaux de ceux des savans qui ont fait faire à la chimie des progrès si rapides aans les qaarante dernières années du dix-hnitième siècle , qu'on doit la /connaissance de ses parties composantes ; et cVst particulièrement par les expériences de Schécie et de Lavoisier qu'il fut bien établi que ces parties composantes étaient les gaz oxigèae et azote.

Lorsque la composition de l'atmosphère eut été * ainsi retonnue des physiciens , il devenait d*nne grande importance de déterminer la proportion de ces deux principes dans sa composition, et de s'assurer si, dans tous les cas^ elle est la même; lis s'accordèrent à la considérér comme susceptible de variation dans sa proportion d'oxigène , à dif* férens temps et en différens lieux, et à faire dépendre de cette variation la pureté ou les qualités nuisibles de Tair. Ce fut donc alors un objet du plus grand intérêt que la recherche d'une méthode mMe de déterminaeion de la quantité réelle d*oxigène contenue dans une portion donuée d'air : il en fut en conséquence proposé plusieurs, fondées 8ur la propriété que beaucoup de corps ont d'ab* . aorber Toxigène de l'air ^ sans avoir d'action isnr l^zote. On méhiit ces corps avec nne certaine quantité connue d'air atmosphérique, dans des vaisseaux de verre gradués renversés sur l'eau , et Ton déduisait la proportion de la diminution de vo- • lame. Ces instrumens reçurent • le nom d'etu/iio* m^fref /parce qu'on les considéra comme servant à mesurer la pureté de l'air.

Il n'y eut pas moins de quatre espèces de ces instrumens, proposés et employés par différens chimistes.

JLifca eudiomèires de la première espèce, dont firent usage Prîestle^ et Fontana , Cavendish ^ Dalton et Davy, consistaient dans du gaz uitreux^ ' avec quelques modifications dans son emploi.

La seconde espèce dVadianiètre , imaginée d'abord par Scfaécie^ et perfSectionnée depuis par

de Marthy, est tout .«îraplement un vase de terre gradué, contenant une quantité donnée d'air, qu'on soumet à l'action de sulfares alcalins ou 1errenx liquides nooTellenient prépartfSi on à un mélange cie limaille de fer et de soofre mis à l'état de pâte avec de l'eau. De Martliy substitua avec succès au mélange de limaille de fer et de soufre l'emploi de sulfures hydrogénés^ obtenus en fiiisant bouillir ensemble' du soufre et de la potasse liquide ou de l'ean de chaux.

"La troisième espèce d'eudiomètre fut proposée par Volta. C'est par le gaz hydrogène qu'il opérait la séparation de l'oxigène dans l'air dont il Tonlait reconnaître le degré de pureté» Sa méthode cmsistait k introduire dans un tube de yrene gradué, des mélanges, en proportions données, de gaz hydrogène et de l'air à essayer, et à les enflammer ensuite par l'étincelle électrique; il jugeait de )a pureté de l'air par le volume du résidu.

Dans la quatrième espèce d'eudiomètre ^ Tabsorption de l'oxigène de l'air s'opère par le moyen au ' phosphore, lierthollet avait donné un dernier degré de perfectionnement à cet eudiomètre^ dans • l'emploi duquel on avait ^ avant lui, recours à la eombitstion rapide du phbsphore, en laissant hiûleî- spontanément cette substance dans l'air, dont il absorbe ainsi complètement l'oxigène; et si l'on opère sur une petite quantité d'air , l'effet a lien dans un espace de temps très court. Tout ' consiste dans un tube de verre étroit et gradué, contenant l'air dont on veut faire l'essai. On y introduit un cylindre de phosphore fixé sur une tige de verre ^ et le.tube est tenu renversé sur l'eau. Le cylindre de phosphore doit étr^ assez long pmir tra verser.a peu près tout . l'air contenir dan&«le t^ulbe. , Il s'élève immédiatement du pbosphove 4» va-

2221 nànmh

l^eiira Uânchcs quî rempHsMoit le tabe. Elles contiiiueiit.de s'caLbaier ainsi jusqu'à ce que Toi^igtoe se soit combiné en totalité avec le phosphore. Il résulte de cette combinaison , de l'acide phosphoriquef qui» à raison de son poids, gagne la partie inférieure dn vaisseau , et qui est absorbé par l'eau. he résida ne consiste pins que dans le gaz asoté de Tair, tenant en dissolution une portion de pfao8<v phore qui^ ainsi que s'en est assuré BerthoUet,

volume du gaz azote de l'air analysé; en ramua* chant ce volume de celui primitif de la massed*air essayé , on a la proportion du gaz oxigène contenu dans cet air.

Les différentes expériences faites avec cet eudio** m&tre s'accordmt toutes dans leur résultat ^ et eUca indiquent constamment que les proportions des parties constituantes de l'air sont toujours les mêmes, savoir : environ o^ax de gaz oxigène^ et 0^79 de géz asaote. Cette proportion entre les par« ties constituantes de l'air «at constante dans tous les lieux et à toutes les hauteurs. Suivant sir Uum« phry Uavy,de l'air atmosphérique pris en Europe , dans, l'Asie^ l'Afrique et F Amérique , diffère très

{>eu dans sa composition. M. Gayf-Luasac a pria de 'air à une élévation dé phia de 6^00 mètrea audessus de Paris, et il a trouvé qu'il était précisément composé de la même manière que celui pria à la surface de la terre.

Mais 2io€onliuiètrescubes de gazexigène pèsent a8i milligrammes, et Le poids de 790 centimètrea cubes de gaz azote est de giS milligrammes; en réunissant ces deux quantités, on aura, pour*le poids de 1000 centimètres cubes (un décimètre cube) d'air atmosphérique i,ao66r.

L'air atmosphérique , qui est un ipétangededaux suhstpicfla disttnetes, l'oxigène «t Tazote miô à

BB CHIMIK*

•Fétae de gts par le- calorique', çostient également Uiie jportion de gaz acide earbonique , dont b pro*

portion, estimée autrefois à un pour cent, a été depuis reconnue par Dalton ne pas s'élever à plus de un pour mille. Et conunent l'air atmosphérique « ne contiendrait-il pas cet aeide, qui est l'on des ^produits de la respiration , de la décemposition

Sutride, de la combustion des bois et du charbon? lais on démontre sa présence dans l'atmosphère en y exposant huit à dix litres d'eau de chaux dans un bocal ) on agite de temps en temps la dîs«^ seiotioa pour J[>risep les pellicuie^ qui se forment à la surface de la liqueur; et au bout de vingt-^ quatre heures , on obtiendra un dépôt de carbonate • de chaux assez considérable pour qa^il soit pos* sible d'en retirer une quantité très sensible de gaz acide oail>omque; or^ ce gaz pu Aire fewni ni par le bocal , ni par Teau de chaux , qui n'en contiennent pas : il n'a donc pu provenir queTleTair.

Il a été reconnu que le gaz acide carbonique existe dans Vbêt atmosphérique , non seulement près de la surface de la tà*re , mais encore au x plo# grandes hauteurs au-dessus d'elle. M. de Saussure en trouva dans l'air au sommet du Mont-Blanc.

On ne peut douter de l'exi^stence de l'eau dans l'air ; elle s'y Taporise et s'en 'pré<»pite presque continuellement; elle tombe des nuages, pénètre à travers le sol , se rassemble dans des cavités souterraines, d'où elle sort pour former les sources, les rivières , les mers, se vaporiser 4e nouveau , et se précipiter encore. La température s'élère-t^ellef Patmesphère acquiert la propriété de recevoir une nouvelle quantité de vapeur; éprouve-t-elle , au contraire , un refroidissement subit » bientôt la pluie se manifeste.

D'après une évaioation moyenne , Pair «UnpmfaénmBe contient mivit on on ponr cent d'eau à 1 état de vapeur élastique j et il est a rtntwnœr .

querumon la Tapearaquraseà i'airirtmospiié«« rique prcHlttit une augmentation dans son yolnme^

et que Tair humide est toujours spécifiquement plus léger que Tair sec. >

L'eau est ce liquide rép«Tnda avec tant d*abon* dance sur toutes les parties de la surface du globe, et d'une nécessité indispensable à l'existence des animaux et des Té|[élaiix« 11 aufiit de distiller ce Uquide pour Pavoir pur; et dans cet état ti est transparent^ inodore, insipide, élastique, susceptible de trausniettre lestons et de mouiller la plu* part des corps. » »

L'eau existe dans les quatre ^tats^ de solide oa

S lace, de liquide «m eau, de vapeur, et dans Tétat ecomhinaison avec d'autres corps.* L'état tle glace est celui le plus simple de l'eau , parce qu'alors elU* contit^it moins de calorique que dans son état d'eau. Dans son é\fitl de vapeur, c'est de Teaii combiirécavec une quantité additionnelle de calorique.

LVau est foihiée d'oxigène et d'bydrogène dans les proportions de 80 parties 9.g d'oxigène et de ir,7i parties d'iiydiogèiie en poids, ou de un volume de gaz oxigène et de deux volumes de gaz hydrogène. C'est, jusqu'à préseîit, le seul oxide d'hydrogène qui nous soit connu. On prouve que telle est Ja iMture ( t In propoi tion des deux principes constituans de IVau, soit- par l'analyse, soit par la synthèse.

' . Plusieurs chimistes des plus distingués , parmi lesquels on peut citer Macquer, en 1776 , Lavoisier et Bucquet, en 1777, Cavendish et le docteur Priestley, en ijSr , s'occupèrent successivement d't xpériençes iniénssantes sur la composition de Teau , et sur la déterminatton de ses. principes Goustituans eu gaz hydrogène et en gaz^oxigèac.

* DE CHIIIIE. 225

Ge fat dans Tété de 1781 que Henri Cweiidish , «'occupant d'emniaer m que devient Pair perdu

par la combustion , entreprit ces expériences dans lesquelles il brûla 32875 kilogrammes, mesure, de gaz hydrogène ^vec deux fois et demie cette quan* tité d'air commun , et en faisant passer ce mélange brâlant A traTers un tube de verre d'environ deux mètres de long, il se condensa 8740 grammes d'eau pure. Cavendish fit aussi brûler dans un vaisseau fermé un mélange d'environ 1157 gram» mes, mesure, de gas oxigène, et d'environ grammes de gaz hydrogène ; la liqueur condensée fut reconnue contenir une petite portion d'acide nitrique, lorsque le mélange de l'air était tel que Tair brûlé contenait une proportion considérable d'oxigène* On peut ^ dans ce cas, présumer qu'il se combine de 1 oxigène avec l'azote présent.

Le 24 juin 1783, Lavoisier et M. Deiaplace répétèrent l'expérience de la combustion de l'hydrogène et de l'oxigèue dans nn vase de verre sur Je mercure, en quantité plus grande encore qne celle qui avait été brûlée par Cavendish ; le résultat fot d'environ 1917 grammes d'eau pure.

Lavoisier procéda à peu près dans le môme temps, avec Meunier, à une expérience qui consistait à faire traverser par de la vapeur d'eau un tube de fer rouge de feu. Il trouva que le fer était oxidé, et qu'il y avait eu dégagement d'hydrogène ; eu la vapeur d'eau qu'il fit traverser diverses autres substances combustibles ou oxi* dables produisit des résultats semblables, dispa* rition de l'eau ^ et dégagement d'hydrogène. La* voisier donnait l'explication de ces expériences capitales on supposant que l'eau était décomposée en ses parties constituantes, Toxigène et J'bydrogène ^ dont k première s'unit avec la aubstànce en ignition, et cmit Tautre est dégagée. Snfin Ja grande expérience de la décomposition <ilHtf0$m

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aa6 MANUEIt ^

par Fourcroy^ MM. Yauquelin et Séguio, commencée le mercredi i3 mai 1790 , ne fut achey^e

?[ue le vendredi 9 a du même mois ; la combustion ut maintenue avec peu d'interruption pendant l85 heures. I^es expérimentateurs ne quittèrent pas un 'seul moment Tappareil ; ils se relevaient alternativement, lorsqu'ils étaient fatigués, pour se reposer pendant quelques heures sur des mate-r las dans le laboratoire. Pour obtenir le gaz hydrogène, ils iirent d'abord fondre du zinc, qiû fut ensuite réduit en poudre dans un mortier très diaud. Ils se servaient, pour dissoudre ce métal, diacide sulfuriqae concentré, étendu de sept parties d'eau, et ils faisaient passer le gaz produit à travers Talcali caustique.

Pour se procurer lx>zigène9 ils distillèrent deux livrés et demie de muriate suroxigéné de potasse cristallisé (chlorate de potasse), en faisant égale* ment passer le gaz dégagé à travers de l'alcali caustique.

Le volume du gaz hydrogène consigné fut de a5963,5(y3 pouces cubes, dont le poids était de

io39,358 grains. ^

Le volume du gaz oxigène consumé , fut de 1257O9943 pouces cubeS| pesant 6209^869 grains. •

Le poids total de Tnn et l'autre de ces fluides * élastiques était de 'pa^g^'x^y grains.

Le poids de l'eau obtenue fut de 7,24^ grains, ou 12 onces 4 gros 45 grains d'eau; et par consé-> quent le déiicit sur le poids ne fut que de 4f^2'^ grains.

La quantité de gaz azote, avant l'expérience,

était de 41 5, 1 56 pouces cubes; il ne s'en est trouvé, après l'expérience, que 4^7^ donc l'excès du gaz azote était, à la fin de l'expérience, de 5 1,744 ouces %ibes. Cette augmentation peut étre.attri* ûée, suivant Fourcroy et M. Yauquelin, à ]a petite - quantité d'air atmosphérique qui resiaic

DE CHIMIB. , a27

dans le» cylindres intérieurs des gazomètres à l'instant où les autres airs y avaient été introduits. Ces 5 1 pouces cubes eu excès ne pouvaient provenir du gaz h^'drogène;* car il fut reconnu par l'expérience qu'il ne contenait pas da tout de gaz azote. L'eau obtenue ayant été examinée avec le plus grand soin , on lui reconnut toutes les propriétés de l'eau distillée la plus pure , et sa pesan- . teur spécifique était à celle ae l'eau distillée comme 186,71 est à 186,70.

La décomposition de l'eau se démontre le mieux en enflammant dans l'eudiomètre un mélange de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxigène : les deux gaz disparaissent €a totalité t el il en résulte de l'eau pure.

Le litre d'eau pure, mesure contenant un décimètre cube de ce liquide, pèse un kilogramme; ce poids du litre ou décimètre cube d'eau est environ 8a5 fois plus considérable que celui d'une mesure semblable d'air atmosphérique.

L'atmosphère, lorsque sa température est suffisamment abaissée, enlève à Teau une certaine portion de son calorique; alors unç cristallisation s'ensuit, l'eau se solidifie et devient |[lace« Près des pAleS) Teau est éternellement sohde; elle y existe dans un état bemblable à celui des roche$ les plus dures.

Il faut que la glace à zéro absorbe au*delà de 77 degrés centigrades de calorique pour devenir fluide^ on une quantité de caloi ique telle qu'elle suffirait pour qu'un volume égal d'eau l'élevât de zéro à 77 oegrés centigrades : c'est ce dont on peut s'assurçr au moyen d'un thermomètre. Après avoir mêlé ensemlile des poids égaux de glace ou de neige h zéro et d'eau chauffée à 77 degrés centigrades, la glace ou la neige fondent à l'instant , et la température du mélange n'est encore qu'«î zéro. Dans ce cas, cependant, l'eau s'est refroidie de 77 degrés

22S MAlff0EL

centigrades , tandis qu'il n'y a eu aucune augmentation dans la température de la glace ou de la neige; de manière que yy degrés centigrades 'de calorique ont disparu. Cette quantité de calorique a fhi s'être comliinée avec la glace ou la neige, mais elle n'a pu suffire qu'à la faire fondre sans produire d'augmentation dans sa température ; d'où il suit irrésistiblement que la glace ou la neige, lorsqu'elle est convertie en eau , a absorbé, 77 degrés centigrades de calorique, et s'y est combinée. Ainsi , l'eau refroidie à zéro ne peut se congeler qu'autant ij^u'elle aura perdu 77 degrés centigrades de calorique; et la glace ^ après avoir été amenée à zéro^ qui est le terme exact de la congélation, ne peut fondre jusqu'à ce qu'elle ait absorbé 77 degrés centigrades de calorique. On ne peut donc plus douter alors que l'eau ne doive sa fluidité à son calorique latent , et que son calo* ^ riqoe de fluidité ne soit de 77 degrés centigrades; De l'eau tenue en éhullition pendant tout aussi long-temps que ce puisse être dans un vaisseau viouvert, ne peut acquérir le plus petit degré, de ^iAftlétiîi^ ^ii-delà de celui auquel elle a commencé '4('*fi6iiillir , on de 100 degrés centigrades; lorsqu'elle est parvenue à ce point, la vapeur absorbe le calorique et l'entraîne à mesure qu'il s'en développe. Cependant la continuation de la cha* leur, jointe à une pression additionnelle, peuvent augmenter considérablement et rexpansibilité et la température de la vapeur. C'est à raison de la grande quantité de calorique qu'exige la conver- . sîon des liquides en vapeur que l'évaporation prorduit du froid. Lorsqu'on jette de Veau sur des corps chauds, cette eau est à l'instant convertie en Vapeur, et elle enlève ainsi 5^es corps une grande portion du calorique qu'ils contiennent. * - V On a supposé que les terribles effets de quelques. i» A l iqpti o n $ de volêfins et de tremblemens de terrif

u£ camiE. 229

étaient produit» par ce prodigieux pouvoir de la

vapeur, Teau de la mer parvenant à se liajer une issue dans des feux souterrains.

C'est à la force expansive de la vapeur de Teau qu'il faut attribuer le mouvement bien oonnn sous le nom d'ébnllition qui s'établit dans Teau ; il est occasionné par le passage à travers l'eau de la vapeur, qui se forme d'abord au fond du vaisseau.

On coBiiait aujourd'hui quel parti avantageux on est parvenu à tirer, dam ces derniers temps,

surtout pour les arts, Irs manufactures et la navigation, du moyen de la force de la vapeur de l'eau. - *

0BS TBRBVa.

Le mot terre a, dit le docteur Thomson, dans le langage ordinaire, deux significations. On s'en sert quelquefois pour désigner le glohe que noua habitons, et d^autres fois on l'emploie en parlant du moule ou enveloppe terreuse sur laquelle crois* sent les végétaux. Les chimistes ont examiné celte enveloppe terreuse qui produit la végétation , et ils ont trouvé qu'elle* contient un grand nombre de substances différentes mêlées ensemble sans ordre et sans régularité. Elle est , cependant , ainsi que les pierres , qui paraissent former une si grande ' portion du globe, composée, en majeure partie, d'un petit nombre de corps qui ont beaucoup de leurs propriétés communes : ce sont ces corpa que les chimistes classèrent autrefois entre eux sous la dénomination de terres.

On a divisé ces terres , que , depuis , on a bien

reconnu être des oxides métalh^es, en deux

classes, savoir: lxs tsbiibs A&oâSitBss, AiiSsmaftM

PROPBBs; les terres de la première classe ont la •

propriété de verdir les couleurs bleues végétales,

et oe neutraliser les acides; celles- de la seconde

ao .

i^3o , MANUEL

classe tt*<mt]a fiiealté de produire ni Tua ni raati^

cle ces effets.

Lksterkes ALCALiJiES sont au nombrede quatre , savoir ; l/l chaux t i^a ba^yxk, jla sxaottXiAJiB ,

Chaux.

On se procure ordinairement la chaux , pour les opérations de chimie, du marbre de l'espèce la plus blanche , ou. du spath calcaire , par nne longue exposition de ces corps à une forte chaleur rouge. C'est une substance blanche médiocrement dure, d'une pesanteur spécifique de Elle exige,

J)our sa fusion, un degré intense de chaleur ^ e% 'on n'est point encore parvenu à la volatiliser; sa saveur est caustique , astringente et alcaline; elle est soluble dans ^So parties d'eau, suivant sir Uumphr^ Davy, et, selon d'autres chimistes , dans* 76Q-partie$; la dissoluhilité n'est point augmentée

f)ar la chaleur* Si l'on arrose d'un peu d'eau eauemeiit de la chaux récemment faite, cette eau est rapidement absorbée avec développement de Beaucoup de chaleur et dégagement de vapeur.

Cet effet est ce qui constitue le phénomène appelé extinction de la chaux. La chaleur provient « sui«vant l'explication qu'en donne le docteur Black, de la consolidation de l'eau liquide dans la chaux, formant un hydrate, ainsi qu'on appelle actuellement la chaux éteinte : c'est un composé de 3,56 parties de chaux avec i,i25 d'eau , ou à très peu près, dans le rapport de 3 de chaux à i d'eau. Cette eau peut en être chassée par une chaleur rouge. L'eau de chaux est astringente et un peu Acte au goût ; elle change en vert les coulears bleues Tégétales, les jaunes en brun^ et elle ff<éta« bitt la, couleur pourpre ordinaire du tournesol rougi par un acide. Lorsque l'eau de chaux reste ^;^4>o«ée à l'air» elle attire par degrés l'acide

DE CH1HI£« a3l

carbonique , devient m carbonate iiuoliilile , et

l'eau de chaux n'est plus que de l'eau pure. Si l'on place de l'eau de chaux sous le récipient de la machkie pneiimatique où se trouve renfermée une soucoupe remplie d'acide iulfnrique concentré^ l'eau sera par degrés enlevée à la chaux , qui se solidifiera en petits cristaux prismatiques hexaè* dres. .

Barjfte.

On obtient ordinairement la baryte pure, en

calcinant au rouge dans un creuset couvert Ir nitrate de baryte pur. On se la procure à l'état d'hy* drate , en ajoutant de la potasse <m de la soude caustiques à la dissolution du nitrate ou du mu* TÎate, ét on peut encore l'obtenir légèrement colorée par du charbon en calcinant fortement .un mélange de carbonate de baryte et de chai bon réduit en poudre iine. La baryte reiiiée du nitrate décomposé par le feu , est d'un gi is blanchâtre; elle est plus caustique que la stronriane, et peutêtre même que la chaux ; elle verdit l'infusion de violette, et rougit celle de curcuma. Sa pesanteur spécifique 9 d'après Fourcroy, est 4* Qtiaxul elle est sèehe ^t qu on l'arrose avec de petites quan** iifés d'eau ^ me s'éteint k la manière de la ehaux, en développant peut-être un peu plus de chaleur.

Prise à l'intérieur^ elle agit comme un poison violent^ elle est dépourvue- a odeur.

L'eau à lo degrés centigrades dissout un ving» tième de son poids de baryte ; et à loo degrés centigrades, environ la moitié de son poids. A mesure que la dissolution se refroidit, il s'y forme des prismes hexagones, terminés à chaque extrémité par des pyramides à quatre laees} ces criatemt sont souvent attachés l'un à l'autre , de ma- • nière à imiter les feuilles, de fougère ; que lquefois ils se déposent sous forme cubique; ces cristaux

a32 MANUEL

contiranent enyiron 5a pour too d'eau. Ce liquide t dans lequel ils se sonl foraiés, est l'eau de baryte;

elle est incolore, âcre et caustique ; elle agît éner- ^quement sur les matières colorantes végétales rouges et jaunes exposées à l'air; elle en attire l'acioe carbonique; et la baryte ^ tenue en disso* Intion, se convertit en caibonate, qui se précipite sous la forme d'une croûte blanche insoluble. Il

Î)arait, d'après les expériences de BerthoUet, que a chaleur seule ne peut pas priver de son eau rhydrate de baryte cristallisé; après avoir été exposé h une chaleur rouge , et mis en fusion comme la potasse, il retient encore une portion de ce liquide en combinaison , quantité que BerthoUet évalua être de i^ia53, eau pour 9,7 de baryte. L'hydrate de baryte fondu est nn aolide d'un gris blanchâtre, caustique et très dense; il se fond au feu, à une chaleur un peu an-dessous du rouge cerise; il est fixe au feu, est attire, quoique

lentement , l'acide carbonique de l'atmosphère. .

Strontiane.

Il y a environ quarante ans qu'un marchand de. minéraux apporta à Edimbourg un fossile provenant de la mine de plomb de Su^ontian dans l'Argyleshire , qui fut généralement considéré comme étant un carbonate de bnrylc. Le minéral A été depuis trouvé près de Bristol, en France, en Sicile , et dans ia Pens^lvanie. -Le docteur Crawford fut le. premier qui remarqua quelqoea différences entre sa dissolution et celle du carbonate de baryte dans Tacide muriatiquc, et cette circonstance fit supposer que le minéral consistait dans une terre nouvelle; le doctem* Uope^ d'£dimbourg, était de la même opinion , et il la confirma par expériences. En T79i^Kirwan, Klaproth , Pel«* hnier et S»h^ furent an même avis^ et cette

tcrïC nouvelie, appelée crabord stronike par le docteur Hope, re<jut ensuite de liiiwan le nom de strontUine , da Ueo où elle avait été trouvée pour la première fois, et cette dénomination a été depuis généralement adoptée. L'acide carbonMioe peut être chassé de celte terre par une chaleur de i4o degréade Wedgcwood (i;, laissant la stronliane îaolée, ou bien en faiaant dissoucke le minéral dans l'acide nitrique, et séparant ensuite cet acide par la chaleur.

La strontiane , dans son état de pureté , est d un blanc grisâtre; sa saveur est piquante et àcre; et lors qu*on la pulvérise dans un mortier , la poussièie qui s'en élève cause de llrritation aux narines et aux poumons; sa pesanteur spécifique ae rapproche de celle de la baryte. Elle exige audelà de i6o parties dVau, à la température de i (> degrés centigrades pour se dissoudre; mais elle se dissout dans une proportion beaucoup moindre d'eau honilUnîr. Par le refroidissement de cette dissolution, elle ciisiallise en lames minces qùadraiigolaiies, transparentes, qui «wt généralement des parallélogrammes, d'une dimension excédant à peine 6 millimètres de long, et souvent adhéiant c p.semhle ; les bords -ont le plus fréquemment avec biseau de chaque côté Quelquefois les cristaux affectent la forme cubique; ils contiennent environ 68 d'eau; ils sont so.ubles dans 5i,4 fois leur poids d < nu à la tempérai urf de i6 degrés centigrades , et dans un peu plus de deux fois

(i) Le zéro du pvr vmètre de Wedgewood répdûd à 5goo,â6' du thermomètre centigrade.' •

Citaqoe degré de variation dit pYromè^re de W^^dge- W0<^ r^pûod à uo iotervaile de -ja degrés 22 minutes ta seconde» du thermomètre cSalîgrade; aiosi 140 degré» ée Wedgewood as 4Po»,56' centigrades oentîgrades, «f- 1 4P = * 7000,40'.

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i34 uàWEr

leur poids d'eau bouillante. Ces cristaux donnent à la Âamiue de Talcool brûlant une couleur rouge de sang; la dissolution de alrontiaite verdit lee couleurs bleues végétales. »

La fltrontiane a de très grands rapports dans se» propriétés avoc la baryte. Elle diffère de celle-ci ucincipalemeut , en ce qu'elle est iufusibley beau* ooup moins soiuble, d'une forme différente, plot faible dans ses affinités, et qa*«Ue n*est paa an poison.

Magnésie*

La magnésie n'ayant point encore été trouTée dans la nature i Pelât de pureté, on la retire or-

dinairement du sulfate de magnésie , sel composé de cette texre et d'acide sulfurique, qui existe en abondance dans les eaux de la mer et dans celles de beaitcoim de sommes. L'ean de la fontaine des environs d'Êpsom , en Angleterre , en est particulièrement chargée, ce qui avait fait donner autrefois au sulfate de magnésie le nom de sel d'Epsom» En ajoutant à une dissoluti«m de ce sel dans Teaa la moitié de son poids de potasse, la magnésie en est immédiatement précipitée, à raison de l'affinité plus forte de l'acide sulfurique pour la potasse. On la lave alors dans une suffisante quantité d'eau,, et on la fait sécher.

La magnésie ainsi obtenue est .une poddreblanche, très douce au toucher, inodore, et sanssaveur bien sensible; sa pesanteur spécifique est d'environ a,3 suivant Kirwen. Elle verdit le sirop^ de violettes et l'infusion de chou rouge, et elle* ^ rougit la teinture de curcuma; ellé est infuaible^ excepté quand on la soumet au chalumeau hydro- Qxigène, c'est-à-dire à courant de gaz oxigène e^ hydrogène. Elle est presque. insoluble dans Teau^ mais eUe peut absorber une certaine quantité de oo liquide , avec développemrat de «naleiir* Cett»

terre , précipitée du sui^aire par un alcali causri<|ue9 est à l*état n'bydrate, on reteiiailt en combiiMBioa une eerlBtne quantité d'eau , qai cependant §*en

sépîire à une chaleur l ouge.

Elle contient environ le quart de son poids dVan*

La magnésie exposée-i Tair en attire très lentement l'eeide carbônioue. La magnésie ne ae fiGNid

point à la chaleur la plus forte que nous puissions produire; mais M. Darcet a observé qu'à une très baute température^ elle devenait en quelque sorte agglutinée. Lorsqu'après l'avoir fermée en ta* blettes^ en la pétrissant avec de Teau, on Texpose k une chaleur violente, Pe^iu en est chassée par degrés , la magnésie se contracte dans ses dimensîonsy^t l'on a annoncé qu'elle acquiert en même temps la propriété de Imre dans Fobsonrité lorsqu'on la mile sur nae plaque de fer ebaude.

DBS TBRHES PAOPRBS OU TERBSS PURES.

Les terres propres ou tertes pures se distinguent des terres alcalines en ce qu'elles ne produisent aucnne altération dans les couleurs bleues végé* . taies. On range au nombre de ces terres l*âlv-

MIHB, LA 8II.IGS, £▲ GX.UOIirBy tk EIRCOirB, 2.*TWRIA.

Cette terre fut appelée autrefois argile, ou terre ai^gilease^ mais aujompd'kui qu'on la retire dans scm j\w grand état de pureté de l'atun , elle a reçu le nom d^alumine.

L'alumine native la plus pure se trouve dans les pierres orientales 9 le s^ibir et le rubiaj ellea ccmsistent presque entièrement dans eetie terre junie à me petite porliw de naitière cblorante. •

Pour obtenir l'alumine pure, on fait dissoudre de i*alun dans vingt fois son poids d'eau ^ et on y ajoute un peu d*une dissolution de carbonate de sonde, afin de séparer le fer qui peut éire présent ; on ver^e alors la liqueur surnageante dans une certaine quantité d'ammoniaque liquide , en ayant 80in de ne pas ajouter plus de dissolution d'alu* mine ^u'il n'en faut pour saturer l'aramoniaque; celle*€i se combineavec Facidesulfuriquede l'alun , et la base terreuse est séparée sous la forme d'une masse spougieuse. 11 faut ensuite la jeter sur uut filtre 5 l'édulcorer par des effusions d'eau successives 9 et la faire sécher.

L^alumine ainsi préparée est blancbe, pulvérulente, douce au toucher. Elle happe à la langue, et forme dans la bouclie une pâte douce et «ans gravier; elle est insipide^ inodore^ et ne produit, aucun changement sur les couleurs végétales; elle iPst insoluble dans' Peau , mais elle se mêle avec ce liquide dans toute proportion, et en retenant une portion avec une force considérable; elle est infu^ sible à la plus grande chalear de nos fourneaux , qui lui font seuleinent éprouver une diminution de volume, et lui donnent par conséquent de la dureté; au chalumeau à double courant de gaz oxigène et hydrogène 9 elle se fond en petite quantité. Sa pesanteur spécifique est a^ooa à l'état de pureté » mais par Tignition elle est atigmentée.

• Silice*

Sx , après avoir calciné dans un creuset d'argent du quartz réduit en poudré avec trois parties de potasse pure, on fait dissoudre dans Teau le com*

posé fondu; et si, ajoutant alors à la dissolution une quantiié d acide convenable pour saturer la potasse, on évapore le tout à siccité, on obtiendra une poudre gravi^euse , qui » après qu'elle a été

BK CHIMIE. iZj

bien lavée dtens Teati cbaade et enmiif e calcinée y laissera la silice à Téiat de pureté.

La silice ainsi obtenue est à l'état d'une poudre blanche, dont les parties les plus fines sont rudes et graveleuses au toucher. Sa petianteu^ spécitique est de 3,66. Ëlle n'est fusible cfnepar le chatameaa à conranf de gaz hydrogène et oxîgène » et elle semble être, par expérience, insoluble dans l'eau.

La silice existe presque à l'état de pureté dans le quartz transparent on cristal de roche; elle forme aussi la principale partie conalituanie des caillonx.

Glucine,

Cette terre fut découverte en 1798 , par M. Vanquelin^ d'abord dans Faigne marine, et ensuite dans Témerande; son nom est dérivé de la propriété caractéiistiqiic qu'elle a de former avec les acides des sels d'un gout sucré. M. Vauquelin préparait la glucine ainsi qu'il «ait : après avoir réduit en poudre fine dans an mortier de silex , 100 parties .de béril oa d'émeraode , on les fait fondre «bns tin creuset d'argent avec 3oo parties de potasse pure. La masse étant fondue dans l'eau , on ajoute de l'acide mnria tique qui la dissoUt. Après avoir alors évaporé la dissolution à siccité, en ayant soin: de ^ remaer sur la fin de Topération , le réaida esl^liHé avec une grande quantité d'eau, et l'on fiifl^4lir liqueur pour en séparer la silice. Aprt's avoir ensuite précipité. la. liqueur iillriée par du carbonate de potasse,, on lave le précipité, puis on le fait dissoudre dans Tacide snlfnriqoe» En ajoutant alors à la dissohition une certaine quantité de sulfate de potasse, on évapore la liqueur, et il se

}>rodait des cristaux d'alun ; lorsqu'il ne s'en orme pins f^r du snlfete de potasse ^.et en évapo^ rant 9 on ajoute one dissomtion de - carbonate d'amtao^iaqne en excès; et après avoir bien agité

le mélange ^ on le laisse, reposer pendant qnelqués ' heures , jusqu'à ce que la glucine ait été redissoute par l'excès de carbonate d'ammoniaque , et qu'il ne reste que roluminc au fond du vaisseau. En évaj^orant^iors à siccilé la dissolution iiltrée , on* ctiaase l'acide du cariionate d'ammoniaque; en le calcinant légèrement dans un creuset , on obtien* dra ainsi qbmze à seize pour cent de glucine pure.

La glucine ainsi obtenue est une poudre blanche, douce au toucher, légère, insipide, et adhérant à la langue; die ne foit point éprouyer de changement aux couleurs bleues végétales. Elle ne se durcit , ne prend de retrait , ni ne s'agglutine par l'action de la chaleur; elle est infusible, et ne se dissout pas dans l'eau ^ mais eUe forme arec ce liquide une pâte qui a un certain d^ré de ductilité. Sa pesanteur spéeifique est de 2,976.

' Zirçone. •

. 1a i^rcone n'a encoM été trouvée jusqu'à présent que dans le jargon de l'ile de Ceylan , ou ziteon.^

et dans l'hyacinthe; on peut l'en obtenir pure de la manière suivante : on fait fondre dans un creu* set un mélange du minéral réduit en poudre av^c tf<^4bia sm poids de potasse ; on laVe la massa tfÉSkie dans de l'eau pure, jusqu'à ce qu'elle en séparé toute la potasse. Le résidu de ce lavage est alors dissous autant que possible dans l'acide muriatique étendu. On fait bouillir cette dissolu* tion, pour que le peu de silice qu'elle pouvait retenir l'abaimoniie en se déposant* On la filtre alors , et on en précipite, par un alcali caustique , la zii cone à l'état de pureté.

. La zircone ain^i préparée est une poudre blanche, sans saveur ni odeur, un peu rude au toucher lorsqu'on la frotte entre les doigts. EUe ait insoluble dans l'eau ; cependant en la faisant

DE CHIMIE. ?.3g

sécher lentement» elle se mssemUe en nne masse jaunâtre transparente, semblable à de la gomme

arabique qui retient le tiers de son poids dVau. Elle est infusible an .chalumeau ; mais chauffée à un feu violent dans un creuset de charbon , elle acquiert une couleur grise ; dans cet état de fusion imparfaite, elle a quelque chose de l'apparence de la porcelaine. Elle est alors devenue très dure , insoluble dans les acides, et d'une pesanteur spécifique de 4y3.

raria.

C'est le nom d'une terre nouvelle , découverte en 1794 P^r le professeur Gadolin,dans un miné*» ral noir particulier, trouvé en 1787 par le capitaine Arsténius, dans Je canton d'Yti»*by en Suède.

Le moyen le plus facile pour se procurer cette terre consiste à faire fondre le minerai avec deux parties de potasse caustique, à laver la masse avec de l'eau bouillante, et à'filtrer ensuite la liqueur , qui doit être d'un beau Tert. On évapore alors cette liqueur jusqu'à ce qu*îl ne s*en précipite plus d'oxide de manganèse, 50us la forme d'une poudje noiriê; après quoi le liquide est saturé avec de l'dcide nitrique très étendu, qui dissoudra la terre avee beaucoup de chaleur , et laissera la silice et le fer oxidé à un haut degré, non dissous. Après avoir alors mêlé les deux liqueurs, on les évapore à siccité ; eu redissolvant ensuite le résidu et en filtrant, on séparera tout ce qu'il a pu laisser de silice et d'oxide de fer. En ajoutant alors quelques gouttes d^une dissolution de carbonate . de potasse , on séparera la chaux qui peut être présente , et par une addition faite avec ménagement d'hydro-snlfate de potasse ^ on précipitera l'oxide de manganèse s'il en «st restifmais'M l'on en em* ploie beaucoup trop , Pytfrîa sera également pré* cipitée ; euGn , ou précipite l'yttria par de

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l'amHoonîaque pure ; et après avoir bien lavé le

précipite, on le fait sécher.

L'yttria ainsi obtenue est une poudre fine, blanche, sans saveur ni odeur; elle n'altère point les couleurs bleues végétales* JËlle pèse beaucoup plus qu*aucune des autres terres, sa pesanteur spécifique étant, suivant Ekebirg, de 4,8 -{2.

L'yttria est insoluble dans i'eau , qu'elle peut cependant retenir en grande proportion , et même ide presque le tiers de son poids , ainsi que Klaproth s'en est assuré. Cette terre est insoluble dan^s l'eau 9 et la plupart des acides la dissolvent.

Aux. neuf substances terreuses, tant alcalines que terres propres ou pures, décrites ci-devant, M. Berzelius en a ajouté, en 1816, une dixième, à laquelle il a donné le nom de tborikb.

Onpeut oblenircette terre nouvelle des minéraux qui contiennent le protoxiae de cériuin et d'yttria , en opérant ainsi qu'il suit : a^rès avoir séparé le fer par le suscinate d'ammoniaque , on précipite le cerium par le sulfate de potasse , par l'ammoniaque caustique ; on précipite alors ensemble la thorine et Tyttria ; on fait dissoudre ce mélange dans l'acide muriatique ; et après avoir fait évaporer la dissolution k siccité, on verse sur le résidu de l'eau bouillante , qui se charge de Ja plus grande partie de l'yttria : on dissout la partie restante du résidu dans les acides muiiatique ou nitrique, et on évapore la dissolution jusqu'à ce qu'elle soit deve* nue neutre aussi exactement que possible* On y verse ensuite de l'eau , qu'on fait bouillir un ht^ stant; la thorine se précipite, et la dissolution contient de l'acide libre; en saturant cet acide et en faisant bouillir une seconde fois , il se produit un nouveau précipité dé thorine.

La thorine, séparée par le liltre, a l'apparence d'une masse gélatineuse demi*transparente ; lavée €t séchée ^ elle devient blanche ; elle se dissout dans

les acides avec effervescence; elle conserve, même après avoir été calcinée, la couleur blanche; et lorsqu'elle n'a été so»imis<* qu'à une chaleur modérée , ellecofif inue d'être ainsi aisément solublr dans l'acide murialique; niaisaprès qu'on lui a fait éprouver une chaleui violente , il faut qu'elle soit mise en digestion dans l'acide murialique concentré pour être dissouie. Celte dissolution est jaunâtre ; mais elle devient incolore lorsqu'elle est étendue d'eau. * Si la thorine est à l'état de mélange avec l'yttiia, J elle se dissout plus aisément après avoir été chauffée.

i-ies di^'Solutions neutres de thorine ont une saveur purement astring(^nte, qui n'est ni sucrée, ni saline, ni amère, ni métallique. Elle diffère, par cette propriété, de toutes les autres terres, excepté la zircone. ^

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