‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissances (volume 3)Chapitre 22 sur 59 · Du changement d'état produit dans les corps par · texte numérisé non relu

Du changement d'état produit dans les corps par

le calorique , changement indépendant de’ celui de composition.

Les trois formes de la matière, celles solide, liquide et gazeuse, semblent se rapporter immédiatement au pouvoir qu'a la chaleur, de modifier, de balancer et de l’emporter sur la foree d'attraction de cohésion. On sait que tout solide peut être rendu liquide, et que beaucoup d’entre eux , ainsi que tons les liquides, sont susceptibles d’être volatilisés par une certaine élévation de température. Et, réciproquement , presque tout liquide connu peut être amené à l’état de solide par l’abaissement de sa température. Il ne nous à pas encore été, jusqu’à présent, possible d'opérer la conversion de l'air et d’autres fluides élastiques en liquides ou en solides, cela tient probableïnenut à nos moyens limités sur la dépression thermométrique ; mais nous savons que, par un rapprochement mécanique des molécules de ces corps , il se produit un dégagement très considérable de chaleur, ce qui doit nous convaincre que leur conversion en gaz est intimement liée à l’action de ce pouvoir répulsif.

L’éther sulfurique, toujours liquide dans notre climat, exposé à la rigueur du froid d’un hiver de Sibérie , deviendrait solide, et transporté dans la zone torride, il y formerait un gaz permanent. Nous sommes familiarisés avec les mêmes transmissions en ce qui concerne l’eau ; seulement son terme de vaporisation étant beaucoup plus élevé, nous sommes portés d’abord à considérer la vapeur d’eau comme une condition de ce liquide qui n’est

pas dans sa nature. Mais en généralisant nos idées, nous apprenons qu’il n’est pas en réalité d’état de corps qui puisse être appelé plus naturel qu’un autre. La solidité, la liquidité, l’état de vapeurs et de gaz , ne sont que des cas accidentels, se rapportant à un terme ou niveau particulier de température; si nous. faisons passer la vapeur aisément condensée d'acide nitrique à travers un tube de verre chauffé au rouge , nous la convertirons ainsi en deux gaz qu’il ne nous sera plus possible de condenser par aucun degré de froid qu’il soit en notre pouvoir de produire. Les molécules qui constituaient le liquide ne peuvent plus se réunir ensemble pour le reproduire , parce que leurs distances sont changées, et qu’il en résulte que l'action des attractions réciproques, au moyen desquelles leur union avait lieu, n’est plus aussi la même. |

. Si notre planète se trouvait située à une distance beaucoup plus éloignée du soleil, les liquides et les gaz se solidifieraient ; si elle était plus rapprochée de cette source de lumière, les corps quinous paraissent être les plus solides, seraient réduits en air délié invisible. On voit donc alors que Île prineipe de chaleur, quel qu’il soit, ou matière ou qualité, sépare les molécules des corps, lorsque son énergie augmente, et qu'il les laisse se rapprocher entre elles lorsque son action s’affaiblit. En donnant de l'étendue à cette manière de voir, on en a généralement conclu que ce principe de chaleur était lui-même la force qui maintient les molécules des corps en équilibre contre l'effort de leur attraction réciproque , qui tend sans cesse à les amener à l’état d'union; mais, quoique cette conclusion soit extrémement probable, nous devons nous rappeler qu’elle est hypothétique , et Va audelà des faits. Nous voyons que la force qui balance l'attraction dans les corps peut être aidée ou éprou-

ver de l'obstacle par le principe de la chaleur; mais il n’en résulte pas nécessairement la preuve que ces forces soient de même nature.

Le moment d'équilibre qui sépare l’état solide de l’état liquide, mérite d’être pris en considération. Quelles que puissent être la cause et la loi des attractions que les molécules exercent entre elles, l'effet qui en résulte doit être modifié par leurs formes. Toutes les autres qualités étant égales , une molécule qui peut être cylindrique, par exemple, n’exercera pas la même force d'attraction qu’une sphère sur un point placé à égale distance de son centre de gravité ; ainsi, dans la loi de gravitation céleste, l’attraction d’un ellipsoïde sur un point extérieur sera plus forte dans la direction du plus petit axe que dans celle du plus grand axe à la même distance de sa surface. Or, quelle que soit la loi des attractions qui retiennent unies ensemble les molécules des corps, il ne doit pas exister de semblables différences. Ces molécules doivent être attirées plus fortement par certains côtés que par d’autres; et par conséquent, il en résultera des différences dans la manière de léur arrangement, lorsqu’elles sont sont suffisamment rapprochées, pour que leurs attractions l’emportent sur le pouvoir répulsif. Ceci explique, d’une manière très probable, la cristallisation régulière que forment la plupart des corps solides , lorsqu'ils passent tranquillement , et sans trouble , à cet état de solidification. On peut aisément concevoir comment la substance différente des molécules, aussi bien que leurs formes diverses, peut produire dans les cristaux toutes les variétés que nous observons.

Le système du monde présente de magnifiques effets de cette attraction qui dépend de la figure. T'els sont les phénomènes de mutation et la précession des équinoxés, produits par les attractions du soleil et de la lune sur le sphéroïde aplatt

de la terre. Ces phénomènes sublimes n'auraient pas existé si la terre avait été une sphère; ils se lient tellement à son aplatissement et à sa rotation, qu'ils peuvent être mathématiquement déduits et soumis au calcul.

Mais la recherche nous apprend que cette partie de l'attraction qui dépend de la figure, décroît plus rapidement que la force principale, celle-ci dimimuant comme le carré, et l’autre comme le cube &e la distance; et nous devions donc ainsi nous attendre à ce que les attractions qui tiennent les parties des corps à l’état d’union, présentassent aussi une différence analogue. Il s'ensuit que la force d’attraction peut être réduite avant que la force attractive principale soit surmontée. Lorsque les molécules sont amenées à cette distance , elles pourront prendre indifféremment toutes positions autour de leur centre de gravité, et c’est ce qui constituera l’état liquide. Si l’on suppose actuellement que, la température s’abaissant, les molécules se rapprochent lentement les unes des autres , et tendent à prendre de nouveau l’état solide, alors les forces dépendantes de leur figure viendront à agir en proportion que leur action augmente , les molécules sollicitées par ces forces prendront des mouvemens autour de leurs centres de gravité. Elles tourneront les unes vers les autres leurs faces de plus grande attraction, pour arriver finalement aux positions que demande leur cristallisation. Or, selon la figure les mollécules, on conçoit que ces mouvemens peu vent réagir sur leur centre de gravité, €t donner lieu à leur rapprochement ou à Jeur éloignement entre elles, jusqu’à ce qu’enfin ils donnent à eur assemblage le volume qui convient à l’état solide; volume qui, dans de certains cas, peut étre plus grand , et dans d’autres, plus petit, que celui qu’elles occupaient comme liquides. Ces considérations mécaniques expliquent ainsi de la manière

la plus probable et la plus satisfaisante , les dilatations et contracüons d’üne espèce irrégulière, que certains liquides, tels que l’eau et le mercure, éprouvent én approchant de leur point de congélation, Après avoir ainsi exposé ces vues générales, nous pouvons nous borner à établir Les faits, autant que possible, sous la forme de table.

Table des températures auxquelles differens liquides prennent l'état concret, ou se congèlent.

Degrés centigrades,

Éther sulfurique. . . . . . — 43,33 Ammoniaque liquide. ... . — 43,33 Acide nitrique, pesant. spéc. 1,424 — 43,55 Acide sulfurique, pes. spéc. 1,6413— 42,77 Mercredi 18 US — - 39,44 Acide nitrique, pesant. spéc. 1,407 — 34,53 Acide sulfurique, pes. spéc. 1,8064— 32,22 Acide nitrique, pesant. spéc. 1,3880— 27,93 Idem. idem. . . . 1,2583— 27,6b Idem. idem. . . . 1,3290— 19,66 Eau-de-vie Site AT — 21,66 Acide sulfurique, pes. spéc. 1,8376— 17,22 :

Acide prussique pur. ... . — de 15,55 à 19° Sel commun . . . 25 <+Eau75 — r5,65 Née LU ie 22,2: + Id. 177,8 — ; 13,77 Muriate d’ammoniaq. 20+/d. 80o,»— 13,33 Sel commun. . ... 10+/d. 00 — 12,50.

Idem: Sant 1 16,1 +/d. 83,9— 10,27 Huile de térébenthine. . . . . . . — x0 Vins forts,l& Su à ie ML te 11140068 Tartrate de potasse et de

soude . . . . . . . Bo+id. 50 — 6,17 Sel commun. . . . . 10+27d.:90 — 5,62 Huile de bergamote, : : 44.4 — 116 SANS: LE IN MEN LUCE) HN96n Sel commun . . 6,2 + Eau 93,79 — 3,66

mt

RU

Degrés centigrades.

Nitre. . . . . . 12,50+1d. 87,50 — 3,33 Sel commun. . 4,16+1d.- 95,84 — 2,b0 Couperose. . . 41,6 +1d. 68,4 — 2,92 PMR RQ CDN RELEASES NES — 2,22 Sulfate de zine. 53,3 +4. 46,7 — 2,5 LL RAA DR Gb LRU CU IMER QI ANIERRR CE ES 1 2 F1 CARTONS PAR EU PAT CS CRE 125174 His d'éveil po LUE APE ne 2,39 Soufre et phosphore, parties égales. 4,44 Âcide sulfurique, pes. spéc. 1,741 5,56 Idem. idem... +,780 Ur .

L'INDE ICO ERREUR 10

Acide acétique concentré. . . . .. 10 Suif, docteur Thomson. . . . .. 33,33 MAOsDliOpes EI lie mi LE 42,29 Stéarine prov. de graisse dé porc. . 42,78 PDérMacgti 1. 1, st LAS 44,44 Suif , Nicholson... . . . .. : da, 70 Acide margarique . . . . .’. . .’. 56,67 Potassium. . . . .. DD ODIBILET # 56,83 D DU AU NE Ai tn ÉGt,ts D en UD Nina à 65,»

Ge blanche! 20%.) 68,33 DRE Ne À OPA J 90 Soufre, docteur Thomson. . . .. 103,33

# Idem, docteur Hope. . ..... , 112,22 AT D PS Eat DA TT ÉMIS es ni fe 246,06 LU RERO ARE A4: AUTES À 322,22 Zinc, suivant sir H. Davy. . . . . 560

. Idem. idem, M. Brognart. . . . 370 Éitimoine: :: 14/14. NOUS EN 431,66?

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