DU SOUFRE
Le soufre est une substance dure, cassante, de couleur ordinairement jaune, inodore, ayant une saveur très faible, quoique pouvant se distinguer. On le trouve en grandes quantités dans la nature et particulièrement dans le voisinage des volcans ; on le retire aussi par la distillation du minéral appelé pyrite : la connaissance de ce corps date des temps les plus reculés. Les anciens en faisaient usage en médecine, et ils en employaient les vapeurs au blanchiment de la laine.
Le soufre n’est pas conducteur de l’électricité, il devient, par conséquent , électrique, par frottement; sa pesanteur spécifique est de 1,990; la pesanteur spécifique du soufre natif est de 2,0332. [1 n’éprouve aucun changement par son exposition à l'air; lorsqu'on le met dans l’eau, il tombe au fond de ce liquide, et il y reste sans être en aucune manière altéré; le soufre est donc insoluble dans l’eau. Si l’on fait éprouver à un rouleau ou bâton de soufre une douce chaleur, mais subite, comme en le pressant dans la main, il produit un craquement particulier, et éclate quelquefois en morceaux ; cet effet est dû à l’action inégale de la chaleur sur un corps qui la conduit lentement et qui a peu de cohésion. Si, après qu’une masse de soufre a été fondue dans un creuset, et que sa Sur-
face commence à se congeler, on en fait promptement couler tout ce qui reste au-dessous à l’état -liquide, on obtient des cristaux de soufre en aiguilles. Si l’expérience se fait dans un vaisseau de verre ou sur une plaque de fer, on verra que les
cristaux commencent à se former lorsque la température s’est abaissée à environ 104 degrés centigrades.
Le soufre, chauffé à l’air, à la température de 293 degrés centigrades , s’allume spontanément, brüle avec une flamme d’un bleu pâle, en émettant une grande quantité de vapeurs d’une odeur très suffocante; si, étant fondu, on le tient pendant quelque temps dans un vaisseau ouvert à la chaleur d’environ 150 degrés centigrades, il s’épaissit et ne visqueux ; et si on le jette alors dans une bèässine contenant de l’eau, il paraît être rouge et ductile comme de la cire. On s’en sert dans cet état pour prendre des empreintes de cachets et de médailles ; sa pesanteur spécifique est, dit-on, augmentée de 1,99 à 1,325. Ce changement n’est pas dû à l’oxidation , car il a lieu en vaisseaux clos. La chaleur n’est pas seulement capable de fondre le
soufre , elle peut encore le gazéifier. Si, en effet,
après avoir rempli de soufre aux trois quarts une cornue de verre, on y adapte une allonge dont l’extrémité plonge dans une capsule ou terrine pleine d’eau, on place cette cornue à feu nu sur ua fourneau muni de son laboratoire , et qu’on le chauffe peu à peu, le soufre après s'être fondu d’abord ;deviendra limpide, puis entrera en ébullition et se réduira bien au-dessous de la chaleur rouge, en un gaz qui se liquéfiera dans le col de la cornue, coulera dans l’allonge, et de là dans la capsule, où il se figera et cristallisera confusément,