‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissances (volume 3)Chapitre 45 sur 59 · DE L'IODE · texte numérisé non relu

DE L'IODE

L'iode n’a encore été trouvé que dans les eaux mères de la soude de varec. Cette substance fut découverte en 1813 par M. Courtois, salpétrier à Paris; mais c’est à M. Gay-Lussac qu’on doit la connaissance de la plupart de ses propriétés. Ilen a

en effet écrit, d’après ses expériences , l’histoire presque complète; et c’est lui qui a prouvé le premier que ce nouveau corps avait une grande analogie avec le chlore, et pouvait être regardé comme simple.

On peut se procurer l’iode par le procédé suivant , qui est celui que proposa le premier le docteur Wollaston. On met en digestion dans l’eau de la soude de varec réduite en poudre, et on ly laisse jusqu’à ce que l’eau se soit chargée de tout ce qu’elle contenait de soluble; on filtre ensuite la dissolution, et on l’évapore jusqu’à ce que tous les cristaux de muriate de soude qu’elle peut fournir en aient été séparés. On mêle alors l’eau mère avec de l’acide sulfurique; et après avoir fait bouillir pendant quelque temps ce mélange, on introduit dans une cornue de verre, en y ajoutant autant de peroxide de manganèse qu’on avait mis d'acide sulfurique dans le mélange; on chauffe ensuite doucement la cornue, à laquelle aura été adaptée une allonge, et à celle-ci un ballon ; 1l s’élève aussitôt une vapeur d’une belle couleur violette, qui se condense dans l’allonge et dans le récipient en une matière noire brillante : cette substance est l’icde. Au lieu d’une dissolution de soude de varec, on peut employer des résidus de lessive des savonniers, lorsqu’on s’est servi de cette espèce de soude pour la fabrication du savon.

L’iode, à l’état solide est, suivant M. Gay- Lussac, d’un gris noir; mais sa vapeur est d’un 15 beau violet, couleur qui a fait proposer à

. Gay-Lussac de lui donner le nom qu’il porte. Son odeur est exactement celle du chlore affaibli ; il se présente souvent en paillettes semblables à celles du fer micacé, quelquefois en lames rhomboïdales très larges et très brillantes. M. Gay-Lussac dit l'avoir obtenu en octaèdres allongés d’environ un centimètre de longueur. Sa cassure, quand il

est en masse, est lamelleuse et a un aspect gras; il est très tendre et très friable , et on peut le porphyriser : sa saveur est très âcre, quoique sa s0lubilité soit extrêmement faible; il tache profondément la peau en un jaune brun très foncé ; mais cette couleur se dissipe peu à peu. Comme le chlore, il détruit les couleurs bleues végétales, quoique avec beaucoup moins d'intensité; l’eau dissout environ un sept millièmÆ de son poids, et se colore en jaune orange. Sa dénsité à 17 degrés centigrades est égale à 4,948 ; il se fond à 107 de- grés Centigrades, et se volatilise sous la pression de 76 centimètres de mercure à 175 ou à 180 degrés centigrades , d’après le résultat de deux expériences faites à cet effet dans deux circonstances différentes. À la vapeur de 100°, la vapeur de l’iode se mêle à la vapeur de l’eau en quantité aussi considérable dans des espaces égaux que dans le vide, et elle est entrainée dans les récipiens, où elle se condense. On pourrait même distiller liode à une température plus basse. L’iode ne parait pas conduire le fluide électrique. M. Gay-Lussac annonce en avoir mis un très petit fragment dans une chaîne galvanique, et la décomposition de l’eau s’est arrêtée à l'instant. |

M. Gay-Lussace annonce que d’après toutes les propriétés qu’il a reconnues à l’iode, il le considère comme un corps simple, et il le place entre le soufre et le chlore, parce qu’il a des affinités plus fortes que le premier, et plus faibles que le dernier.

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