‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissancesChapitre 25 sur 69 · Soufre. — On trouve cet élément en grandes · texte numérisé non relu

Soufre. — On trouve cet élément en grandes

face commence à se congeler, on en fait promptement couler tout ce qui reste au-dessous à l’état liquide, on obtient des cristaux de soufre en aiguilles. Si l'expérience se fait dans un vaisseau de verre ou sur une plaque de fer, on verra que les cristaux commencent à se former lorsque la tempéraiure s’est abaissée à environ 104 degrés centigrades. |

Le soufre, chauffé à l’air, à la température de 293 degrés centigrades, s’allume spontanément, brüle avee une flamme d’un bleu pâle, en émettant une grande quantité de vapeurs d’une odeur très suffocante; si, étant fondu, on le tient pendant quelque temps dans un vaisseau ouvert à la chaleur d'environ 150 degrés centigrades, il s’épaissit et devient visqueux; et si on le jette alors dans une bassine contenant de l’eau, il paraît être rouge et ductile comme de la cire. On s’en sert dans cet état pour prendre des empreintes de cachets et de médailles; Sa pesanteur spécifique est, dit-on, augmentée de 1,99 à 2,025. Ce changement n’est pas dû à l’oxidation, car il a lieu en vaisseaux clos. La chaleur n’est pas seulement capable de fondre le soufre, elle peut encore le gazéifier. Si, en effet, après avoir rempli de soufre aux trois quarts une cornue de verre, on y adapte une allonge dont lextrémité plonge dans une capsule ou terrine pleine d’eau, on place cette cornue à feu nu sur un fourneau, et qu’on le chauffe peu à peu, le soufre, après s'être fondu d’abord , deviendra limpide, puis entrera en ébullition, et se réduira, bien au-dessous de la chaleur rouge , en un gaz qui se liquéfier a dans le col de la cornue, coulera dans l’allonge, et de là dans la capsule, où il se figera et cristallisera confusément.

10. Phosphore. Cet élément fut accidentellement découvert , en 1669, par Brandt, alchimiste de Hambourg , lorsqu'il s’occupait des moyens de trouver dans l'urine humaine un liquide capable

.de convertir l’argent en or. Il fut d’abord fait trafic de cette découverte, dont on eut soin de faire un secret, quelques essais qu’on eût fait, mais jusqu’alors sans succès, de produire le phosphore, jusqu’en 1737, époque à laquelle il vint à Paris un … étranger qui offrit de faire le phosphore. Le gouvernement français lui accorda une récompense pour la communication de son procédé, qu’il exé- Cuta avec succès en présence de Hellot, Dufay, Geoffroy et Duhamel, commissaires nommés à cet effet; et dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de la même année 1737, Hellot publia ce procédé dans le plus grand détail. Margraf, qui s’était livré vers la même époque à la recherche du , phosphore, proposa à ce procédé un perfectionnement qui consistait à mêler un sel de plomb à l’urine épaissie.

Ce fut en 1769 que Gahn, chimiste suédois, découvrit que le phosphore est contenu dans les os; et peu de temps après, Schéele trouva un procédé pour l’en obténir.

… Préparation. — On peut préparer le phosphore par le procédé suivant, qui est celui de Fourcroy et de M. Vauquelin:

On fait calciner des os, jusqu’à ce qu’ils cessent de donner de la fumée, et de répandre aucune odeur quelconque. Après les avoir réduits en poudre fine, on met dans une bassine de porcelaine ou de grès, 100 parties de cette poudre délayée dans quatre fois son poids d’eau; on y ajoute alors peu à pen, et en remuant bien chaque fois, 40 parties d’acide sulfurique. Le mélange s’échauffe, il s’y manifeste une vive effervescence ; on laisse le mé- Jange dans cet état pendant vingt-quatre heures, en ayant soin de le remuer de temps en temps avec une baguette de verre ou de porcelaine, afin de faciliter l’action de l'acide sulfurique sur la poudre d’os. Le tout est alors retiré de la bassine pour le mettre sur un filtre de toile, placé au-

dessus d’un vase de porcelaine, destiné à recevoir la liqueur qui passera à travers. On lave ensuite la poudre blanche restée sur le filtre avec de l’eau pure, à plusieurs reprises, et jusqu’à ce que le lavage n'ait plus de saveur sensible; on verse alors lentement dans la liqueur réunie dans la bassine et qui a une saveur très acide, du nitrate de plomb dissous dans l’eau; il se précipite immédiatement au fond du vaisseau une poudre blanche.

Il faut ajouter du nitrate de plomb pendant tout.

aussi long-temps que la précipitation de cette poudre continue d’avoir lieu; on filtre alors le tout; et après avoir bien lavé et séché la poudre blanche restée sur le filtre, on y ajoute environ un seizième de son poids de poussière de charbon. On met ce mélange dans une cornue de grès, qu’on place dans un fourneau, en faisant plonger le bec de la cornue dans un vase rempli d’eau, de manière qu’il se trouve toujours au-dessous de sa surface; on chauffe alors par degrés jusqu’à ce que la chaleur de la cornue soit portée au blanc. Il s’en dégage une grande quantité de bulles d’air, dont quelques unes prennent feu par le contact de l'air, et viennent crever à la surface de l’eau ; et lorsque la chaleur est assez forte, il en découle une substance ayant l’aspect de la cire fondue, qui fige dans l’eau en sortant du bec de la cornue qui y plonge: cette substance est le phosphore.

Propriétés. — Il a été fait, depuis 1722, beaucoup d'expériences sur le phosphore; des recherches importantes eurent lieu sur cette substance tout récemment par sir Humphry Davy, et par MM. Gay- Lussac et Thenard. MM. Thenard et Vogel ont examiné la poudre rouge qui reste après la combustion du phosphore, et les changemens que produit sur cette poudre l’action de la lumière, et MM. Dulong et Berzélius se sont occupés de la combinaison du phosphore avec l’oxigène.

Le phosphore est ordinairement d’une couleur

DE CHIMIE. 169 légèrement ambrée ; mais lorsqu'il a été préparé avec soin, il est à peu près incolore et transparent. Lorsqu'il a été conservé pendant quelque temps dans l'eau, il devient opaque à l’extérieur, et ressemble beaucoup alors à de la cire blanche, dont ila à peu près la consistance; on peut le couper avec un couteau ou le tordre avec les doigts ; il est insoluble dans l’eau, et sa pesanteur spécifique moyenne est de 1,770.

Le phosphore se fond à la température de 37 de- grés centigrades, et à une température de 42 degrés centigrades il est en fusion complète. Il faut avoir soin de tenir le phosphore sous l’eau quand on le fond ; car il est si combustible, qu’il ne pourrait être facilement fondu à l'air sans qu’il prit feu. Le phosphore nouvellement préparé est toujours sale, parce qu’il est mélé avec de la poussière de charbon et autres impuretés ; on l’en sépare en le fondant sous l’eau et en le faisant passer dans cet état à travers un morceau bien nettoyé de peau de chamois. On peut le former en bâtons ,enen mettant dans un entonnoir de verre à long tube et fermé à son extrémité par un bouchon de liége ; et en plongeant le tout dans l’eau chaude, le phosphore se fond et prend la forme du tube ; on l’en fait sortir aisément avec un morceau de bois, lorsqu’il est refroidi. Le phosphore s’'évapore à l’abri du contact de l’air, à la température de 104 degrés centigrades; il y entre en ébullition à celle de 290 degrés centigrades.

Le phosphore, brûlant avec tant de facilité ,ne doit point exister à l’état de pureté dans la nature : aussi, jusqu’à présent, ne l’a-t-on rencontré qu’en combinaison avec d’autres corps.

$. V.-— 16 ÉLÉMENS MÉTALLIQUES PRODUISANT DES OXIDES QUI SONT DES BASES SALIFIABLES NEUTRES.

1. Platine. — La connaissance de ce métal en Europe ne date guère que du milieu du dix-huitième siècle. Le platine brut vient d'Amérique, sous la forme de paillettes lenticulaires, ayant l'éclat de l'argent. Dans cet état, il est très impur, puisqu'il ne contient pas moins de neuf autres métaux, mécaniquement méêlés ou chimiquement combinés ; mais on peut l’obtenir à peu près pur de la manière suivante :

On fait dissoudre les grains de platine brut dans l'acide hydrochloronitrique concentré, en chauffant aussi peu que possible. Après avoir décanté la dissolution de dessus la matière noire qui résiste à l’action de l’acide , on y verse une dissolution d’hydrochlorate d’ammoniaque. Il se forme un précipité de couleur jaune orangé. On lave ce précipité, et lorsqu'il est sec, on le fait chauffer lentement jusqu’au rouge dans un creuset de porcelaine. La poudre qui reste dans le creuset est le platine presque pur:en le disselvant de nouveau dans l'acide hydrochloronitrique, et en le traitant de la même manière, on obtient le métal encore plus pur. En chauffant au rouge ces grains enveloppés dans une plaque mince de platine, et les soumettant avec précaution à l’action du marteau, ils s'unissent et le tout forme un lingot.

Le platine ainsi obtenu est d’une couleur semblable à celle de l'argent, mais d’un blanc moins clair; il n’a ni saveur ni odeur.

L’air et l’eau n’ont point d’action sur le platine, et aucun acide simplele plus concentré, même en ébullition ou par distillation , ne peut l’attaquer.

L’acide hÿdrochloronitrique qui convient le

DE CHIMIE. 171 mieux pour la dissolution du platine, est celui formé d’une partie d’acide nitrique et de trois partiés d'acide hydrochlorique.

Des morceaux de platine, chauffés au blanc, peuvent être soudés ensemble par l’action du marteau , de la même manière que le fer chaud; mais lé platine ne peut être fondu, quand il est pur, qu’au moyen d’un feu alimenté par le gaz oxigène.

Le platine s’allie à la plupart des autres métaux. Le platine, sous différentes formes , et particulièrement à l’état spongieux, possède la singulière propriété d’enflammer un mélange de gaz hydrogène et de gaz oxigène à la température ordinaire,

Le platine s’unit à l’oxigène , et l’on ne connaît jusqu'à présent que deux oxides de platine. Le protoxide est noir ; le peroxide est d’un brun foncé ou gris.

Le platine s’unit au chlore, à l’iode, aû bore, au soufre , au phosphore; mais jusqu’à présent on a vainement essayé de le combiner avec l’hydrogène, l’azote et le carbone.

2. Or.— Cet élément, qui, de tous les métaux, semble avoir été le plus anciennement connu , en est aussi le plus rare et le plus précieux. Ce sont les mines de l’Amérique méridionale qui fournissent la plus grande partie de ce métal.

L'or est d’une couleur jaune particulière; il n’a ni odeur ni saveur ; il fond à 32° du pyromètre de Wedgewood , et devient, lorsqu'il est fondu, d’un vert bleuâtre clair.

L'or est inaltérable à l’air, qui ne lui fait même rien perdre de son éclat. L’eau n’a également aucune action sur lui.

- L’or n’est pas facilement attaqué par les acides, si ce n’est par l’acide hydrochloropitrique, et aussi, mais bien plus imparfaitement, par un mélange d'acide hydrochlorique et d’acide chromique. L’acide hydrochloronitrique, qui convient le mieux pour la dissolution de l'or, est formé d’une partie

d'acide nitrique et de quatre parties d'acide hydrechlorique.

L'or s’allie à la plupart des métaux. Par une forte décharge électrique , l’or se combine avec l’oxigène. On ne connaît jusqu’à présent que deux oxides d’or : le protoxide est de couleur verte, et le peroxide d’un brun rougeâtre. Plusieurs chimistes cependant contestent l'existence de ces oxides d’or. M. Thomson prépare le peroxide en le précipitant, à l’aide de la potasse, d’une dissolution d’or dans l’acide hydrochloronitrique, et le protoxide, en traitant le protochlorure d’or par la potasse.

L'or s’unit au chlore, à l’iode, au soufre, au phosphore; mais on a vainement essayé jusqu’à présent de le combiner avec l’hydrogène, l’azote, le carbone et le bore.

3. Argent. — Ce métal, qui semble avoir été connu presque en même temps que l’or, a perdu beaucoup de sa valeur depuis la découverte de l’Amérique et lexploitation des mines considérables d'argent que ce pays renferme. L’argent est d’une couleur blanche, brillante ; il n’a ni odeur ni saveur; il rougit avant de se fondre, fond à 22° du pyromètre de Wedgewood, et sa surface prend un aspect cristallisé quand on le laisse refroidir lentement.

L'argent, quoiqu'il soit difficilement altérable par l'air et par l’eau, perd par degrés de son éclat, et se ternit lorsqu'il reste long-temps exposé à l’air, et surtout dans le voisinage des vapeurs sulfureuses qui s’exhalent des matières animales en putréfaction.

L’acide sulfurique concentré et bouillant attaque et dissout l'argent, quand ce métal se trouve à l'état de division. L’acide nitrique, un peu étendu , dissout au-delà de la moitié de son poids d'argent.

L'argent s’allie à la plupart des métaux.

Par une forte décharge électrique l'argent se combine avec l’oxigène; on ne connaît. jusqu’à présent qu’un seul oxide d’argent, qui est d’une couleur olivâtre.

L'argent s’unit au chlore, à l’iode, au soufre et au phosphore ; mais on a vainement essayé de le combiner avec l’hydrogène , l’azote, le carbone et le bore.

3. Palladium. — Ce métal fut découvert en 1803 , par le docteur Wollaston , qui le séparait du platine brut, en dissolvant le platine brut dans acide hydrochloronitrique, chassant l’excès d’acide, et versant dans la dissolution du cyanure de mercure, goutte à goutte; il obtenait ainsi un précipité blanc, jaunâtre, pâle, qui, lavé, séché et exposé à une forte chaleur, laissait une matière blanche, qui est lie palladium. En chauffant ce palladium avec du soufre et du borate de soude, on peut l’obtenir en un bouton métallique capable de supporter l’action du marteau ou de passer au laminoir. k

Le palladium ainsi obtenu est d’une couleur

blanche , semblable à celle du platine. Ii est plus dur que le fer forgé, et n’a ni saveur ni odeur ; sa cassure est fibreuse. Lorsqu'on chauffe fortement ce palladium, sa surface prend une couleur bleue ; mais, par l’augmentation de la chaleur, il reprend son premier état. Il exige , pour se fondre, un beaucoup plus haut degré de chaleur que l’or ; mais si, pendant qu’il est chaud , on le touche avec un petit morceau de soufre , il coule comme du zinc. Le sulfure est plus blanc que le métal lui-même , et il est extrêmement cassant.

Le palladium s'allie à quelques autres métaux.

Le palladium s’unit à l’oxigène, et Von ne connait jusqu’à présent qu’un seul oxide de palla-

ium, qui est d’un brun châtain.

Le palladium s’unit au soufre; on ne connait point encore ses combinaisons avec le chlore

l'iode, le fluor, l'hydrogène, l’azote, le carbone, le bore et le phosphore.

5. Mercure. — La découverte de cet élément, qui diffère de tous les autres métaux par son état permanent de fluidité à la température ordinaire de l’atmosphère, remonte à la plus haute antiquité.

Le mercure est d’une couleur blanche très éclatante ; il n’a ni odeur ni saveur ; il se volatilise à 350° centigrades , et l’on tire ordinairement partie de cette volatilité du mercure pour le purifier par distillation.

Le mercure ne prend la forme solide que lorsqu’on l’a refroidi jusqu’à environ 40° centigrades au-dessous de zéro; 1l peut alors être soumis à l’action du marteau, sous lequél il peut s’étendre sans se rompre.

L'eau n’a aucune action sur le mercure; lorsqu’il est exposé à l'air sa surface se ternit peu à peu , et se couvre d’une poudre noire qui résulte de sa combinaison avec l’oxigène; mais cet effet, qui ne se produit ainsi que très lentement, est beaucoup plus prompt à l’aide de la chaleur ou par l'agitation dans de grands vaisséaux remplis d'air.

L’acide nitrique attaque et dissout rapidement lé mercure, qui d’ailleurs est attaqué par plusieurs autres acides. :

Le mercure s'allie à quelques métaux, et ces alliages sont connus sous le nom d’amalgames.

On ne connaît jusqu’à présent que deux oxides de mercure : le protoxide est d’une couleur notrâtre; le peroxide, d’un rouge très brillant, s'obtient en faisant évaporer à s’iccité la dissolution du mercure dans l’acide nitrique, et en exposant alors le résidu à une chaleur graduée, jusqu'à ce qu’il prenne une couleur écarlate brillante.

Le mercure se combine facilement avec le chlore , l’iode et le soufre, difficilement avec le

phosphore, et jusqu’à présent on n’a pu l’anir avec le fluor, l’hÿdrogène , l’azote, lé carbone et le bore.

6. Cuivre, — Cet élément paraît avoir été, après Vor et l’argent, le métal le plus anciennement connu; ses mines les plus abondantes sont en Sibérie.

Le cuivre est d’une couleur rouge jaunâtre particulière et très brillant ; sa saveur est stÿptique et nauséabonde ; lorsqu'il a été tenu et frotté pendant quelque temps dans les mains , elles acquièrent une odeur désagréable particulière.

À un degré de chaleur bien au-dessous de l’ignition, la surface d’un morceau de cuivre poli sé recouvre de diverses rangées dé couleurs prismatiques, dans lesquelles le rouge de chaque ordre se trouve le plus près de l’extrémité qui a été la plus chauffée. Un degré de chaleur plus élevé détermine à sa surface une poudre écailleusé épaisse que l’on peut en détacher aisément , et qui communique à la flamme du combustible uné belle couleur vert bleuâtre. Le cuivre fond à la température dé 27° du pyromètre dé Wedgevood ; sa surface , lorsqu'il est en fusion, paraît d’un vert bleuâtre; lorsque dans cet état on augmente la chaleur, il entre en ébullition , et il est volatilisé en partie à l’état métalliqué , et cependant en fumées visibles ; en refroidissant lentement il prend la forme cristalline.

Le cuivre n’est altéré par l’eau qu’avec le concours de l’air; la surface en contact avéc l’eau se recouvre alors d’une croûte verte connué sous le nom de vert-de-gris.

Le cuivre étant exposé à l’air, sa surface se ternit par degrés; il devient brün et finit par se couvrir d’une croûte d’un vért obseur. Cet ‘effet n’a lieu que très lentement à la température ordinaire de l’atmosphère; mais en chaüffant une lame de cuivre au rouge, sa surface se couvré en

peu de minutes d’une croûte qui s’en sépare spontanément en petites écailles, à mesure que la lame se refroidit. Par ce refroidissement, la lame de cuivre se contracte beaucoup plus que l’oxide; et par l'effet de cette plus grande contraction, la croûte est brisée en morceaux qui se détachent.

L’acide sulfurique concentré et bouillant dissout le cuivre; l’acide nitrique le dissout très rapidement, et il est d’ailleurs facilement attaqué par plusieurs autres acides.

Le cuivre s’allie à la plupart des métaux ; avec l’étain , dans la proportion de 100 de cuivre et de 8 à 12 d’étain , il forme le métal des canons; son alliage avec le fer ne s’opère qu'avec une grande difficulté ; il s’allie avec le zinc presque en toute proportion , et forme ainsi le Z/aiton et le pinch-bek.

Le cuivre s’unit avec l’oxigène , et l’on ne connaît jusqu’à présent que deux oxides de cuivre: le protoxide est d’une couleur rougeâtre ou orangé, et le peroxide est noir quoique dans sa combinaison il prenne les différentes nuances de bleu, de vert et de brun.

Le cuivre s’unit au chlore, à l’iode, au soufre et au phosphore; mais jusqu’à présent on n’a pu : le combiner avec le fluor, l'hydrogène, l'azote, le carbone et le bore.

7- Fer. — Cet élément, le plus abondant et le plus utile de tous les métaux , a été connu plus tard, et se travaille moins facilement que l'or, l’argent et le cuivre.

Le fer est d’un blanc bleuâtre, avec un grand éclat lorsqu'il est poli ; il a, lorsqu’on le frotte, une odeur particulière , et il laisse sur la langue une impression styptique très marquée; il est attirable à l’aimant, et il est lui-même la substance qui constitue l’aimant; mais lorsque le fer est parfaitement pur, il ne conserve que pendant très peu de temps sa vertu magnétique.

Le fer est un des métaux les plus difficiles à

fondre ; il exige un degré de chaleur correspondant à 158° de Wedgewood. Cette température étant à peu près la plus élevée qu’il soit possible de produire, on n’a eu aucun moyen de reconnaître le point où le métal fondu entre en ébullition, et commence à se Volatilisér; mais il est bien connu que sa texture est fibreuse, c’est-àdire que sa cassure présente un grand nombre de filamens réunis ensemble en faisceaux.

Chauffé au blanc, le fer semble être recouvert d’une espèce de vernis; et si, dans cet état, on applique l’un contre l’autre deux morceaux de ce métal, ils adhèrent ensemble, et ils peuvent être parfaitement réunis en les soumettant alors à l’action du marteau.

Lorsque le fer est exposé à l’air, sa surface se ternit promptement , et il se change peu à peuen une poudre d’un jaune brun, connu sous le nom de rouille. Cet effet a lieu plus rapidement si l’atmosphère est humide; il est dà à la combinaison graduelle du fer avec l’oxigène de l'atmosphère, pour lequel il a une très grande affinité.

L’acide sulfurique concentré attaque à peine le fer, à moins qu’il ne soit bouillant ; si l’acide ‘est étendu de deux ou trois parties d’eau, il dissout promptement le fer sans l’aide de la chaleur. L’acide nitrique concentré agit très énergiquement sur la limaille de fer, et en général le fer est facilement attaqué par un grand nombre d’acides, surtout quand ils sont étendus d’eau.

Le fer s’allie à quelques métaux.

Le fer s’unit à l’oxigène, et les oxides de fer sont au nombre de deux et peut-être de trois : le protoxide est noir, le deutoxide est rouge et le peroxide est violet. La rouille du fer n’est autre chose que le deutoxide combiné avec le gaz acide carbonique.

Le fluor, l'hydrogène et l'azote sont les seuls élémens non métalliques avec lesquels on ait

178 MANUEL pi, Jusqu'à présent, parvenir à combinér le fer.

La combinaison du fer et du carbone produit l’acier. |

8. Etain. — Cet élément est un des métaux les plus anciennement connus. Les Phéniciens le tiraient d’Espagne et d'Angleterre. Les mines d’étain les plus belles sont celles de l’Inde, de l’Angleterre, de l'Allemagne et de l'Espagne; la France n’en possède encore aucune qui soit exploitée. L’étain le plus pur que l’on trouve dans lé commerce , est celui de Malaca.

Pour obtenir létain à l’état de pureté, on fait bouillir ce métal dans l’acide nitrique, et l’on réduit oxide qui se précipite, en le chauffant en contact avec du charbon dans un creuset ouvert.

L'étain, lorsqu'il est pur, est d’une couleur blanche, presque aussi brillante que celle de l’argent ; il a une saveur sensible un peu désagréable, et produit, lorsqu’on le frotte, une odeur particulière. Plié en différens sens, il fait entendre un -craquement particulier que l’on a nommé le cri de l’étain.

L’étain fond à la température d’environ 228° centigrades; et quand il est fondu, il lui faut un très grand degré de chaleur pour lé réduire en vapeur. Si on le laisse refroidir lentement, et si, lorsque sa surface est figée, on décante en la versant, la portion du métal encore liquide, ce qui reste est cristallisé en prismes rhomboidaux.

L’étain exposé à l’air y perd promptement son éclat et prend une conleur noire grisâtre; mais il n Y EPTOUVeE aucun autre changement. Il n’agit pas ; au moins d’une manière sensible, sur l’eau à froid ; mais lorsqu’on fait passer un courant de Yapeursd’eau sur le métal chauffé ‘au rouge, il

la décompose, en absorbe l’oxigène , et en dégage l'hydrogène.

jé DE CHIMIE. 179 L’acide -Sulfurique ‘concentré dissout, à l’aide de la chaleur, la moitié de son poids d’étain. L’acide nitrique dissout rapidement, et avec une très grande énergie, l’étain même à froid.

L'étain est attaqué par plusieurs autres acides,

L’étain s’allie à la plupart des autres métaux.

Il y a deux combinaisons définies d’étain et d’oxigène : le protoxide est de couleur grise; le peroxide est blanc; ces couleurs varient en se nuançÇant de jaune par leurs combinaisons avec l’eau. Le protoxide s’obtient en tenant le métal exposé pendant quelque temps à une chaleur modérée; le peroxide se précipite de la dissolution d’étain à chaud dans l’acide nitrique concentré.

L’étain s’unit au chlore, à l’iode, au soufre et au phosphore; on n'a pu le combiner encore avec le fluor, l'hydrogène, l'azote, le carbone et le bore. |

9. Plomb. — Connu de toute antiquité, le plomb est facile à extraire de ses mines, qui sont abondamment répandues dans la nature.

Le plomb est d’un blanc bleuâtre, il a beaucoup d'éclat lorsqu'il est nouvellement fondu; mais il se ternit promptement à l'air. Il n’a presque pas de saveur, mais par le frottement il émet une odeur qui lui est particulière; il laisse une teinte bleuâtre sur le papier ou sur les doigts.

Le plomb entre en fusion à la température de 322° centigrades, et par une plus forte chaleur il bout et se volatilise; en refroidissant lentement il cristallise.

Le plomb exposé à l’air ÿ perd promptement son éclat ; 1l prend d’abord une couleur d’un gris sale, et à la fin sa surface devient presque blanche. Ce changement est dû à sa combinaison par degrés avec l’oxigène, et à sa conversion en oxide; mais cette Conversion est extrêmement lente; la couche extérieure d’oxide, qui se forme d’abord,

préservant très long-temps le reste du métal de l’action de l'air.

L’eau n’a point d’action directe sur le plomb, mais elle facilite celle de l’air sur ce métal.

Les acides attaquent, pour la plupart, le plomb ; l'acide sulfurique n’a point d'action sur ce métal à à moins qu'il ne soit concentré et bouillant.

Le plomb, qui s’allie avec un grand nombre de métaux, s’unit difficilement par fusion avec ‘le nickel.

On connaît certainement deux et peut-être trois combinaisons définies de plomb et d’oxigène : le protoxide est jaune, le deutoxide est brun, et le peroxide est rouge.

Le protoxide de plomb, uni à l’acide carbonique, forme le blanc de plomb.

Le plomb s’unit facilement au chlore , à l’iode : au soufre et au phosphore; mais jusqu’à présent on n’a pu le combiner avec le fluor, l'hydrogène , l’azote, le carbone et le bore.

10. Vickel. — La découverte de cet élément, faite en 1751 par Cronstedt, ne fut confirmée et généralement admise par les chimistes que d’après les expériences de Bergman, publiées en 1775. Ce minerai, d’un bran rougeâtre, a de la ressemblance avec le cuivre.

En traitant ce minerai impur, connu dans le commerce sous le nom de speis, par l'acide sulfurique mêlé d’acide nitrique, on obtient le nickel dans un très grand état de pureté. On concentre la dissolution et on l’abandonne à elle-même; il s’y forme de beaux cristaux verts de sulfate de nickel, qu’on fait dissoudre dans l’eau et cristalliser de nouveau. On les dissout encore dans Veau , et l’on décompose cette dissolution par la potasse ; l’oxide de nickel se précipite : on le mêle avec irO1$ pour cent de résine ; on en fait une pâte avec de l’huile » €t on les soumet , dans un creuset brasqué, au feu de forge le plus violent : on ob-

DE CHIMIE. 181t

tient un culot métallique qui est le nickel pur.

Le nickel ainsi préparé est d’une belle couleur blanche, qui tient le milieu entre l’argent et l’étain ; il est attirable à l’aimant, mais moins que le fer; son énergie magnétique, suivant Lampodius ; est à celle du fer comme 35 est à 55.

Lorsqu'on chauffe modérément le nickel , il se ternit promptement , et il paraît éprouver à peu près les mêmes changemens que l'acier lorsqu’on le trempe; il devient d’abord légèrement jau-

nâtre, puis jaune foncé, ensuite bleu-violet léger, et enfin tout-à-fait bleu grisâtre.

Le nickel exige pour sa fusion une température au moins équivalente à 160° de Wedgewood , et cependant, quand on le réduit, il s’en volatilise une quantité assez sensible, puisqu'on en trouve des grains attachés au couvercle du creuset. Le nickel n’est point altéré par son exposition à l’air ni par son contact avec l’eau.

L’acide nitrique et l'acide hydrochloronitirque sont les meilleurs dissolvans du nickel, qui n’est que faiblement attaqué par les acides sulfurique et hydrochlorique.

On ne connaît jusqu’à présent que deux combinaisons définies de nickel et d’oxigène, le protoxide est d’un gris cendré noirâtre, et le peroxide est noir.

Le nickel se combine assez facilement avec le chlore, l’iode, le soufre et le phosphore, mais on n’a pu l’unir jusqu’à présent au fluor, à l’hydrogène, à l’azote, au carbone et au bore.

11. Cadmium. — Cet élément fut découvert en 1817 par M. Stromeyer, qui obtint la séparation du cadmium de l’oxide de zinc avec lequel il se trouvait mêlé, de la manière suivante. Après avoir fait dissoudre l’oxide de zinc dans l’acide sulfurique , et avoir ajouté un excès d’acide à cette dissolution, il y faisait passer un courant de gaz acide hydrosulfurique, jusqu’à ce que tout le

cadmium fût précipité ; ce précipité est redissous dans l’acide hydrochlorique concentré, et on se débarrasse de l’excès d’acide par évaporation. Le liquide est alors mêlé avec du carbonate d’ammoniaque en excès, et le carbonate de cadmium est précipité sous forme pulvérulente. En chauffant ce carbonate au rouge, il est converti en oxide pur de cadmium; en exposant ensuite un mélange de cet oxide et de noir de fumée à une chaleur modérément rouge, dans une cornue de. terre ou de verre, le cadmium est réduit à l’état métallique.

Le cadmium ainsi obtenu est d’un beau bleu, avec une nuance légère de gris bleuâtre, ce qui rapproche beaucoup sa couleur de celle de l’étain, métal auquel il ressemble par son éclat et sa propriété d’être susceptible de prendre le poli. Il n’a ni odeur, ni saveur; et, comme l’étain, il tache le papier ou les doigts.

Le cadmium fond et se volatilise à une chaleur au-dessous de celle rouge. Sa vapeur, qui est inodore , peut se condenser en gouttes comme le mercure; et ces gouttes, en se refroidissant , offrent des traces distinctes de cristallisation.

Le cadmium exposé à l’air s’y altère peu, quoique à la longue sa surface perde son éclat.

L’acide nitrique dissout facilement le cadmium à froid ; l’acide sulfurique étendu , l’acide hydrochlorique, et même l’acide acétique, l’attaquent fai- À blement avec dégagement d'hydrogène.

On ne connaît encore qu’une seule combinaison définie d’oxigène et de cadmium. Cet oxide, de Couleur jaune brunâtre, s’obtient en chauffant le métal à l'air; il y brûle avec lumière et produit oxide Œui varie en couleur, suivant les circonstances , du jaune brunâtre à un brun foncé et même au noiräire.

Le cadmium s'allie à la plupart des métaux.

Le cadimium se combine avec le chlore, l’iode,

le soufre et le phosphore; mais on n’a pu l’unir jusqu’à présent au fluor, à l'hydrogène, à l'azote, au carbone et au bore.

12. Zinc. — Ce métal, dont la découverte ne date que du seizième siècle, n’a pas encore été trouvé

en Europe à l’état de pureté. Sa mine (sulfure de zinc), après avoir été grillée, pulvérisée et mélée avec du charbon de bois, est exposée à une forte

Chaleur, dans de grands pots d’argile fermés. Le

\ zinc est réduit, il coule par gouttes dans un tube de fer adapté à l’extrémité inférieure du pot, et tombe dans un vaisseau qui contient de l’eau. Le zinc est ensuite fondu et coulé en lingots.

Le zinc est d’un blanc bleuâtre, dont la couleur est un peu plus vive que celle du plomb. Sa structure est lamelleuse. Lorsqu'on le frotte pendant quelque temps entre les doigts, il les noircit en leur communiquant un goût particulier, et il émet une odeur sensible.

Le zinc, chauffé à environ 100° centigrades, devient très malléable ; en le chauffant à environ 205° centigrades, on le rend assez cassant pour qu’il puisse être pulvérisé dans un mortier.

Le zinc fond à la température de 360° centigrades; et si on augmente la chaleur, il s’évapore. Quand on le laisse refroidir lentement après qu’il a été fondu, il cristallise en petits faisceaux de prismes quadrangulaires disposés dans tous les sens.

. Si on expose ces cristaux à l’air lorsqu'ils sont en-

? core chauds, ils y prennent une couleur bleue avec des nuances irisées.

Le zinc se ternit promptement à l'air; mais il y éprouve à peine aucun autre changement. Lorsqu’on le garde sous l’eau, sa surface se noircit aussitôt, l’eau est lentement décomposée; il y a émission de gaz hydrogène et combinaison de l’oxigène avec le métal. La décomposition a plus promptement lieu par l'élévation de la température, et

si l’on fait passer de l’eau en vapeur sur du zinc

chauffé à un très grand degré de chaleur, la dé-! composition de l’eau s’opère avec une rapidité et : une énergie étonnantes.

La plupart des acides attaquent le zinc et le dissolvent.

Le zinc s’allie à la plupart des métaux.

On ne connaît, jusqu’à présent, qu’une seule combinaison du zinc avec l’oxigène. Cet oxide est une poudre blanche, sans saveur, insoluble dans l’eau.

Le zinc s’unit au chlore, à l’iode, au soufre et au phosphore; mais, jusqu’à présent, on a vainement tenté de le combiner avec le fluor, l’hydrogène, l’azote, le carbone et le bore.

13. Bismuth. — Les mines de ce métal, dont la découverte ne date que du seizième siècle , sont très rares et ne se rencontrent qu’en Allemagne.

Le bismuth est d’une couleur blanche rougeâtre et presque entièrement dépourvu de saveur et d’odeur ; sa structure est lamelleuse.

Le bismuth entre en fusion à la températüre de 2b0° centigrades; et si aloïs la chaleur est augmentée, il s’élève en vapeur et peut être distillé à vaisseaux clos. Si, lorsqu'il est fondu, on le laisse refroidir lentement, et qu’aussitôt qu’il est figé à sa surface on fasse écouler la portion encore liquide du métal, le reste se trouve cristallisé en parallélipipèdes qui se croisent à angles droits.

Le bismuth se ternit promptement à l'air; mais il n’y éprouve pas d’autre altération sensible. Il n’a point d’action sur l’eau.

L’acide sulfurique concentré et bouillant n’a que très peu d’action sur le bismuth, que l'acide nitrique dissout avec rapidité et énergie.

Le bismuth s’allie avec la plupart des métaux.

k Huit Parties de bismuth, cinq de plomb et trois . d’étain, constituent un alliage qui se fond à la chaleur de l’eau bouillante, et on peut le tenir en

fusion , au-dessus de la flamme d’une bougie, dans une carte, sans qu’elle s’enflamme.

Il existe deux combinaisons définies d’oxigène et de bismuth : le protoxide est d’un brun jaunâtre; le peroxide est d’un beau blanc de perle;on obtient le protoxide en tenant le bismuth en fusion, avec le contact de l'air; on obtient le protoxide précipité en poudre blanche, en versant de l’eau dans une dissolution de bismuth dans lacide nitrique. ;

Le bismuth s’unit au chlore, à l’iode, au soufre et au phosphore; mais on n’a pu encore le combiner avec le fluor, l'hydrogène, l’azote, le carbone et le bore.

14. Antimoine. — La découverte de ce métal semble appartenir à Basile Valentin , qui le premier fit connaître le moyen de l’extraire de sa mine (sulfure d’antimoine }, dans son ouvrage intitulé Cursus triumphalis antimonii, et publié vers la fin du quinzième siècle.

L’antimoine est un métal d’un blanc grisâtre, avec grand éclat; sa texture lamelleuse est composée de plaques qui se croisent dans tous les sens, et qui ont quelquefois l’apparence de cristaux imparfaits.

L’antimoine a une saveur et une odeur très sensibles, et qu’on reconnaît particulièrement lorsqu’on en a tenu et frotté pendant quelque temps des morceaux entre les doigts.

L’antimoine fond à 432° centigrades, ou lorsqu'il est à peine chauffé au rouge. Si alors la chaleur est continuée, il s’élève en vapeur; il prend, en refroidissant, la forme de cristaux oblongs, perpendiculaires à la surface intérieure du vaisseau dans lequel il refroidit. C’est à ce mode de cristalsation qu’est due Ja structure lamelleuse que l’antimoine prerd toujours.

Iln’éprouve d'autre altération à l'air que la perte de son éclat métallique. L’eau n’a point d'action

sur lui à froid; mais, lorsqu’on fait passer un courant de vapeur d’eau sur le métal rouge de feu, elle est si rapidement et si énergiquement décomposée, qu’il en résulte une détonation violente.

L’acide hydrochlorique attaque et dissout l’antimoine qui est attaqué par plusieurs autres acides.

L’antimoine s’allie avec la plupart des métaux.

Il'existe certainement trois et probablement quatre combinaisons distinctes d’antimoine et d’oxigène. Le protoxide de M. Berzelius est une poudre grise noirâtre, qui s'obtient au pôle positif de l'appareil voltaïique, quand on en fait toucher le conducteur avec un mélange d’antimoine en poudre et d’eau.

Le deutoxide est une poudre d’un blanc sale qui se fond à une chaleur rouge médiocre, et cristallise en refroidissant. Le tritoxide est le produit immédiat de la combustion du métal. Il est d’une belle couleur blanche, et on peut encore l'obtenir en faisant agir à chaud l’acide nitrique sur le métal. Le peroxide se produit quand on chauffe le métal en poudre fine, avec trois fois son poids de nitrate de potasse dans un creuset d’argent. Après avoir séparé par l’eau chaude l’excès de potasse et de nitre, on décompose l’antimoniate de potasse par l’acide hyÿdrochlorique, et l’on obtient alors de l’acide antimonique , insoluble, de couleur paille. |

Le tritoxide et le peroxide font les fonctions d'acide, en neutralisant les bases, et constituant des antimonites et des antimoniates.

L'antimoine s’unit au chlore, à l’iode, au soufre et au phosphore; mais on ne l’a pas encore combiné avec le fluor, l'hydrogène, l'azote, le carbone et le bore.

19. Manganèse. __ [a découverte de ce métal date de 1774, époque de la dissertation de Schéele sur le minéral appelé alors manganèse et qu’il prouva être un oxide métallique. Le docteur Gahn réduisit

le métal par le procédé suivant : il enduisit lin térieur d’un creuset de poussier de charbon hu- . mecté d’eau; il mit dans ce creuset un peu du minéral dont il forma une boule avec de l'huile, et il le remplit de poussier de charbon. Il luta un autre creuset sur celui-ci et exposa le tout pendant environ une heure à une chaleur très intense ; il trouva , au fond du creuset, un bouton métallique, où plutôt un certain nombre de globules métalliques, de manganèse réduit. |

Le manganèse, lorsqu'il est pur, est d’un blanc tirant sur le gris, ressemblant à la fonte de fer, et il a un grand éclat. Sa texture est grenue. Il n’a ni saveur ni odeur.

Le manganèse est si difficile à fondre, qu’on n’est pas encore parvenu à produire assez de chaleur pour le couler en masse un peu considérable,

Le manganèse est altéré par son exposition à l'air; il ÿ perd promptement son éclat et devient successivement gris, violet, brun et noir. Cette altération dans sa couleur a lieu plus promptement encore quand on chauffe le métal avec le contact de l’air. L’eau le décompose avec énergie et rapidité.

L’acide sulfurique concentré attaque le manganèse ; l’acide sulfurique étendu d’eau le dissout ; il se dissout avec effervescence dans l'acide nitrique. L’acide hydrochlorique l'attaque et le dissout.

Le manganèse se fond et s’allie aisément avec la plupart des métaux, mais il ne sunit pas au mercure. |

On n’est point d’accord sur le nombre des com- “binaisons définies d’oxigène et de manganèse; suivant sir H. Davy il n’en existe que deux; le protoxide est olive, et le peroxide est noir.

Le manganèse s’unit au chlore, à lPiode, au soufre et au phosphore ; mais on ne l’a point encore combiné avec le fluor, l'hydrogène , l’azote ; le carbone et le bore. s

Page 1