‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissancesChapitre 26 sur 69 · Coball. — On employait, depuis le quin · texte numérisé non relu

Coball. — On employait, depuis le quin

zième siècle, dans plusieurs contrées de l’Europe,

our donner au verre une couleur bleue, un minéral gris et très pesant, sans en connaître la nature, lorsque Brandt, l'ayant examiné , y découvrit un métal nouveau, auquel il donna le nom de cobalt.

Le cobalt est d’un gris un peu rosé et sans aucun éclat. Il est ou lamelleux, ou grenu, ou fibreux , suivant le degré de feu qu’on a employÿé pour le fondre. Il n’a ni odeur ni saveur sensible.

Le cobalt est magnétique, mais à un plus faible degré que l’acier et le nickel.

T1 fond à 130° de Wedgewood; mais il ne se volatilise à aucun degré de chaleur que nous puissions produire.

Le cobalt n’éprouve aucune altération à l'air, ni lorsqu'il est gardé sous l’eau.

Le cobalt est attaqué et dissous par plusieurs acides.

Le cobalt s’allie avec plusieurs métaux.

On connaît deux combinaisons définies d’oxigène et de cobalt. Le protoxide est bleu, azur foncé, et le peroxide est noir-bleu.

Ce protoxide se dissout dans les acides sans effervescence. Sa dissolution dans l’acide hydrochlorique est verte, lorsque l’acide est concentré; s’il est étendu d’eau, elle est rose. Sa dissolution dans les acides sulfurique et nitrique est toujours rose.

Le peroxide se dissout avec effervescence dans Vacide hydrochlorique.

Le cobalt s’unit au chlore , au soufre et au phosphore; on ne l'a point encore combiné avec l’iode, le fluor, l'hydrogène, l'azote, le carbone et le bore.

$. VI. — 7 ÉLÉMENS MÉTALLIQUES SUSCEP- S 2h r f TIBLES D’ÂTRE ACIDIFIÉS EN S'UNISSANT AVEC

? \ 3 L OXIGENEF. |

Me Tellure. — La découverte de cet élément, . faite, en 1782, par M. Muller de Reichenstein, dans une mine du mont Fatzhavy, en Transylvanie, ne

fat pleinement confirmée qu’en 1798, par Klaproth, qui reconnut ce nouveau métal dans quelques autres mines de la Transylvanie.

Le tellure, à l’état de pureté, est d’un blanc bleuâtre tenant le milieu entre la couleur du zinc et celle du plomb, avec un grand éclat métallique. Il est très cassant et sa cassure est lamelleuse.

Il fond, avant d’être à l’état d’ignition, et à une température un peu supérieure à celle nécessaire pour la fusion du plomb, mais inférieure à celle nécessaire pour la fusion de l’antimoine. En augmentant la chaleur, il bout, s’évapore et s’attache en gouttes brillantes à la partie supérieure de la cornue dans laquelle on le chauffe. Lorsqu'il est refroidi lentement , il cristallise.

Le tellure est attaqué et dissous par plusieurs acides. Il colore l'acide sulfurique en un pourpre foncé ; l’eau l’en sépare en flocons noirs, et par la chaleur il en est précipité en blanc.

Le tellure s'allie facilement à la plapart des métaux.

On ne connaît encore qu’une seule combinaison définie d’oxigène et de tellure. Get oxide jonit des

ropriétés acides : on peut l’obtenir en chauffant [A tellure au chalumeau sur un charbon; il brûle avec une flamme d’un bleu vif, verdâtre sur les bords, et il se dissipe complétement en vapeurs d’un blanc grisâtre, d’une odeurpénétrante qui, suivant Klaproth, ressemble à celle des raves; ces vapeurs, condensées, sont l’oxide blanc de tellure qu’on se procure en le précipitant , par une addition d’eau, de la dissolution du métal dans l’acide hydrochloronitrique.

Le tellure s’unit au chlore, à l’iode, à lhydrogène, au soufre et au phosphore; on ne l’a point encore combiné avec le fluor, l’azote , le carbone et le bore.

19. Arsenic. — La découverte de cet élément fut faite par Brandt, en 1733, et ne date réellement

LS

que de cette époque , quoique le minerai arsenical fût très antérieurement connu et qu’Avicennes en eüt fait mention dès lé onzième siècle. L’arsenic pur s'obtient, suivant M. Thenard, par la calcination de l’arsenic qu’on trouve dans le commerce en masse cristallisée et noirâtre ; on met deux ou trois cents grammes d’arsenic du commerce dans une cornue de grès à long col; on la dispose dans un fourneau à réverbère, de manière que tout le col soit presque hors du fourneau; on la ferme avec un bouchon légèrement troué et on la chauffe peu à peu jusqu’au rouge; l’arsenic se sublime, se condense et se moule dans le gol, tandis que les matières étrangères restent au fond de la cornue. Lorsque la cornue est refroïdie, on en casse le col, on en retire l’arsenic, et on le conserve dans des flacons pleins d’eau privés d'air, à larges ouvertures et bouchés à l’émeri; s'ils étaient bouchés avec du liége , l’arsenic se ternirait, parce que Pair pénétrerait à travers le bouchon.

L’arsenic est d’une couleur blanche bleuâtre, semblable à celle de l’acier, et très brillante, mais susceptible de se ternir par son exposition à l'air; elle y devient jaunâtre d’abord, et passe ensuite au noir. L’arsenic n’a ni saveur, ni odeur sensible quand il est froid; mais quand on le chauffe, il développe une forte odeur d’ail qui est très caractéristique. Il est très fragile, et sa cassure est lamelleuse. On le réduit facilement en poudre très fine en le triturant dans un mortier.

On ne connaît pas précisément le degré de chaleur auquel l’arsenic fond, parce qu’il se sublime avant d’entrer en fusion, lorsqu'on l’expose dans des vaisseaux fermés à une chaleur de 180° centigrades.

L’arsenic peut être gardé sous l’eau sans y éprouver d’altération , Mais il se ternit promptement à l'air; 1l y devient noir et pulvérulent.

l'acide sulfurique et l’acide hydrocklorique ont très peu d'action à froid sur l’arsenic ; mais ces

DE CHIMIE. re 191 acides bouillans l’attaquent facilement, et lacide nitrique agit toujours très vivement sur lui.

L’arsenic s’allie à la plupart des métaux.

On connaît deux combinaisons définies d’arsenic et d’oxigène, et toutes deux jouissent des pro- ‘ priétés acides. | Le protoxide ou l'acide arsenieux s'obtient en chauffant l’arsenic et en le sublimant avec le contact de Pair. C’est une poudre blanche, friable, d'apparence vitreuse, et d’une odeur d’ail : elle a une saveur très âpre qui finit par produire une impression douceâtre. C’est un poison extrêmement violent.

Le peroxide ou Vacide arsenique s'obtient en dissolvant huit parties d’acide arsenieux dans un mélange de deux parties seulement d’acide hydrochlorique et de vingt-quatre parties d’acide nitrique. Après avoir introduit ce mélange dans une cornue , on distille jusqu’à siccité, on fait chauffer au rouge le résidu bien sec, et on le laisse refroidir. C’est l’acide arsenique solide dont la saveur n’est pas très forte, mais qui devient excessivement aigre quand il a été dissous dans l’eau, et il reste alors à l’état liquide, lors même que l’on évapore la dissolution jusqu’à consistance de gelée. C’est un poison aussi violent que l’acide arsenieux, et en général toutes les préparations arsenicales sont tellement délétères qu’on ne saurait user de trop de précautions quand on les prépare.

L’arseuic s’unit au chlore, à l’iode, à l’hydrogène, au soufre et au phosphore; mais on ne l’a pas encore combiné avec le fluor, l'azote, le carbone et le bore.

19. Chrome. — La découverte de cet élément est due à M. Vauquelin, qui la fit en 1795.

Le chrôme est d’un blanc qui tient le milieu entre la couleur de létain et celle de l’acier. Il jouit des propriétés magnétiques, mais à un plus faible degré que le fer, le nickel et le cobalt.

Pt PNR

Le chrôme exige pour se fondre une température irès élevée ; maïs on n’en a pas précisément déterminé le degré.

Il résiste à l’action de tous les acides, excepté à celle de l’acide hydrochloronitrique , qui, à la chaleur de l’eau bouillante, le dissout complétement.

Le chrôme n’a encore été allié qu’à un très petit nombre de métaux.

On connaît trois combinaisons définies de chrôme et d’oxigène ; le protoxide est vert, infusible et indécomposable par la chaleur; le deutoxide est brun , et le peroxide , ou acide chromique, est jaune.

Le chrôme s’unit au chlore, au soufre et au phosphore; on ne l’a point encore combiné avec l’iode, le fluor, l'hydrogène, l’azote, le carbone et le bore.

20. Molybdène. — Hielm obtint, en 1782, ce métal, dont Schèele et Bergman avaient soupçonné l’existence.

On n’a pu jusqu’à présent se procurer le molybdène qu’en petits grains, ou en petits morceaux imparfaitement agglutinés dans une masse noirâtre brillante, et qui se brisent facilement par la percussion.

Le molybdène est d’un blanc jaunâtre; 1l n’est point altéré par l’eau, et il résiste au feu de nos meilleures forges.

L’acide nitrique et l’acide hydrochloronitrique sont les seuls acides qui agissent sur le molybdène.

Le molybdène s’unit à plusieurs métaux, et forme avec eux des alliages cassans ou friables.

On connaît trois combinaisons définies du molÿbdène et de l’oxigène. Le protoxide est brun , le deutoxide, ou acide molybdeux, est bleu; et le peroxide, ou acidewro/ybdique, est blanc.

Le protoxide s'obtient en chauffant à l'air le sulfure de molybdène jusqu’à ce que le soufre s’en soit séparé en brûlant, et que le métal ait été transformé en acide molybdique. On dissout cet

acide dans l’ammoniaque; et, après avoir évaporé jusqu’à siccité le molybdate d’ammoniaque, on chauffe au blanc le résidu sec dans un creuset en l’y recouvrant de poussier de charbon. L’oxide qu’on . trouve au fond du creuset est d’un brun cuivreux avec apparence cristalline. j Le deutoxide, ou acide molybdeux, s’obtient en triturant dans un mortier un mélange d’une partie . de molybdène en poudre et de deux parties d’acide molybdique. On met le mélange à l’état de bouillie, avec de l’eau chaude, jusqu’à ce qu’il devienne , bleu. On y ajoute alors 8 ou 10 parties d’eau, et on fait bouillir le tout pendant quelques minutes. On filtre fa dissolution, et on l’évapore à une température qui n’excède pas 49° centigrades. Le deutoxide reste à l’état d’une poudre fine de couleur bleue.

On obtient le peroxide ou acide molybdique en grillant le sulfure natif de molybdène et dissolvant le résidu gris dans ’ammoniaque ; on verse dans la liqueur de l'acide nitrique, et l’acide molybdique se précipite à l’état de pureté.

Le molybdène s'unit au chlore, au soufre et au phosphore; on ne l’a point encore combiné avec l’iode, le fluor, l'hydrogène, l’azote, le carbone et le bore.

21. Tungstène. — La découverte de cet élément ne date réellement que de 1786, et elle appartient à MM. Elhuyart, quoiqu’elle ait été pressentie antérieurement en 1781 par Schèele, et plus tard par Bergman. ;

Le tungstène est un métal d’un blanc grisâtre, très brillant, excessivement dur et assez cassant.

Le tungstène résiste au feu de nos meilleures

forges ; il exige pour sa fusion une température au

moins égale à 1700 de Wedgewood, et paraît, comme tous les autres métaux, susceptible de cristallisation par refroidissement.

Le tungstène s’allie à quelques métaux.

194 MANUEL Le tungstène est insoluble dans les acides. ? On connaît deux combinaisons définies du tungstène et de l’oxigène; le protoxide est brun et le perotide ou acide tungstique est jaune.

Le tungstène s’unit au chlore et difficilement au soufre ; on ne l’a point encore combiné avec l’iode, le fluor, l'hydrogène, l’azote, le carbone et le bore. k

22. Colombium.—Cet élément, découvert en 180 par M. Hatchett, dans un minéral venant d’Amé= rique, à été trouvé depuis par M. Ekeberg dans des minéraux de Suède. Lo:

Le colombium ou tantale est d’un gris foncé, ét lorsqu'on le râcle avec un couteau, ou qu’on le frotte sur une meule, il prend léclat métallique avec lapparence du fer. Le plus violent feu de forge ne fait que l’agglutiner, etces grains métalliques rayent le verre et se laissent aisément réduire en poudre.

T1 s'allie à quelques métaux.

IL est inattaquable par tous les acides, même par l'acide hydrochloronitrique.

On ne connaît qu’une seule proportion définie du colombium et de l’oxigène. On obtient cet oxide, ou acide colombique, en chauffant le colombium au rouge avec le contact de l'air; il prend. feu , brüle sans flamme, et s'éteint de lui-même s’il est retiré du feu; il se réduit par cette combustion en un oxide d’un blanc grisâtre qui jouit des propriétés acides.

On n’a point encore réussi à combiner le colombium avec le chlore, l’iode, le fluor, l’hydrogène, l'azote, le carbone, le bore , le soufre et le phosphore.

23. Selenium. — Cet élément, dont M. Berzelius fit la découverte en 1819, en traitant la pyrite de Fahlun, a depuis été trouvé dans deux autres minéraux de Suède.

Le selenium est d’un brun brillant ou terne, suivant qu'on le refroidit plus où moins prompte-

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