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lesquels, dans la formule générale, z = 0, sont des acides binaires, on les désignait autrefois sous le nom d'hydracides.

17. Sel». — Si l'analogie conduit à envisager la plupart des combinaisons hydrogénées comme des acides, elle doit assimiler à des sels la plupart des combinaisons métalliques. Mais on est arrivé à ne regarder comme des sels que les combinaisons métalliques dans lesquelles le métal existe comme remplaçant par substitution Thydrogéne d'un composé regardé comme acide. C'est ainsi que Tacide chlorhydrique HCl donne naissance au chlorure de potassium KCl. Cette manière d'envisager un sel est la contre-partie de la définition que Gerhardt donne d'un acide : « Un acide est un sel dont la base est de l'hydroj^éne. » Quelques sels néanmoins, les sels ammoniacaux ou leurs analogues, se forment directement par l'addition de certains composés azotés ou phosphores à un acide. L'ammoniaque, par exemple, s'unit directement à l'acide chlorhydrique pour former du chlorhydrate d'ammoniaque AzH'HCl. Mais de semblables sels peuvent aussi se produire comme s'ils renfermaient un métal composé substitué à l'hydrogène de l'acide. Ainsi le sel ammoniac, AzH^HCl, peut être envisagé comme un chlorure particulier (AzH*)Cl, le chlorure d'ammonium, l'ammonium, AzH*, étant un pseudo-métal ou un groupe moléculaire, jouant le rôle d'un métal, ayant les plus grandes analogies avec le potassium ; il ten est de même dans d'autres cas.

18. Sel» acides. — Les acides qui ne contiennent qu'un atome d'hydrogène, sont nécessairement monobasiqties, c'est-à-dire ne peuvent prendre que 1 équivalent de métal à la place de l'hydrogène. Les acides renfermant 2 atomes d'hydrogène sont, en général, bibasiques c'est-àdire qu'ils peuvent échanger 1 ou 2 atomes d'hydrogène contre leur équivalent de métal, pour donner des sels acides ou des sels neutres. Ainsi l'acide sulfurique, H*SO*, peut donner un sulfate acide, UKSO*, et un sulfate neutre de potassium, K*SO*. De même les acides à 5 ou 4 atomes d'hydrogène sont tribasiques ou tétrabasiques; indépendamment des sels neutres, il peuvent donner les uns deux, les autres trois classes de sels acides. L^acide arsénique, par exemple, H'AsO*, donne, outre Farséniate neutre ou normal, Na'AsO*, deux arséniates acides, Na*HAsO* et NaH'AsO*. Les sels acides forment, dans le fait, des variétés particulières d'acides; leurs réactions vis-à-vis des matières colorantes, des alcalis et des carbonates alcalins sont, en général, celles d'un acide ordinaire, quoique les exceptions à ce sujet soient nombreuses.

19. Basicité des acides. — Mais le nombre d'atomes d'hydrogène que contient un acide, surtout lorsque celui-ci en contient plus de deux,

ne donne pas nécessairement la mesure de sa basicité. Ainsi Tacide formique, CH*OS n'est pas bibasique, pas plus que Tacide phosphoreux, PHK)', n'est tribasique ou l'acide acétique, C*H*0*, tétrabasique. On ne peut pas toujours, en substituant simplement'un métal à Thydrogène, déterminer avec certitude la basicité d un acide. Ainsi, il arrive quelquefois que certain métal, le potassium, par exemple, ne peut pas remplacer un deuxième ou un troisième atome d'hydrogène, tandis que cette substitution peut s'effectuer par un autre métal, le plomb, par exemple, surtout d'une manière indirecte. Parmi les nombreux moyens qui permettent d'établir la basicité d'un acide, la réaction de celui-ci sur les alcools est surtout caractéristique, parce qu'elle permet de déterminer exactement si cet acide fait la réaction avec 1 , 2, 3 ou 4 molécules de résidu alcoolique pour donner naissance à un éther neutre; ce procédé, quoique n'étant pas d'une application tout à fait générale, est un des plus sûrs pour fixer la basicité d'un acide. Pour les acides renfermant plus de 2 atomes d'hydrogène, le degré de basicité n'est souvent que conventionnel, sans avoir un caractère bien défini; beaucoup d'entre eux, par exemple, donnent des éthers plus complexes que les sels correspondants, tandis |que d'autres donnent, par des moyens indirects, des sels plus compliqués que leurs éthers. Souvent, dans les acides de plus de 2 atomes d*hydrogène, le degré de basicité, c'est-àdire le nombre d'atomes d'hydrogène remplaçables par un métal, est subordonné au degré d'oxydation. Les acides du phosphore en sont un exemple frappant :

KH«PO« \ , , I , A HsPO* Hypophosphoreux.

sont les sels que forment ^,^^3 vlosLvent,

K«HP05 et KH'POS °""'' '^ ^ " "^'T '"^"*^"'' ; RSPO' Phosphoreux. K*PO*,K«HPO* et KH*PO* ) *®^ ^^^^^^ ( H'PO* PhosphoriqUe.

En s'en rapportant donc à leurs sels, on voit que l'acide hypophosphoreux est monobasique; l'acide phosphoreux, bibasique; l'acide phosphorique, tribasique. Quant aux acides du carbone, on remarque, en général, que ceux qui renferment 2 atomes d'oxygène sont monobasiques, tandis que ceux qui en renferment 4 sontbibasiques; ceux qui en renferment 3 atomes, comme par exemple l'acide lactique, occupent une position intermédiaire, en ce sens qu'ils peuvent former un éther neutre et un éther acide, mais qu'ils ne produisent qu'une seule classe de sels ne renfermant, sauf quelques exceptions, qu'un atome de métal substitué à un atome d'hydrogène.

20. Acides dérivés. — Dans les acides oxygénés ou ternaires, ainsi que dans leurs sels, la totalité ou une partie de leur oxygène peut être remplacée par du soufre j et probablement par d'autres éléments du

même groupe, sélénium ou tellure. C'est ainsi que, à côté du carbonate, ou oxycarbonate, de sodium, Na*CO*, se place le sulfocarbonate, Na'CS'; à côté du phosphate, ou oxyphosphatey K'PO*, le sulfoxyphosphate de potassium, K'PO'S; de semblables composés sont nommés sulfacides ou sulfosels. On ne les obtient que rarement, pour ne pas dire jamais, par substitution directe du soufre à Toxygéne.

Les acides renfermant plusieurs atomes d*hydrogéne peuvent échanger, par substitution directe, plusieurs atomes d'hydrogène, non remplaçables par un métal, contre du chlore, du brome ou de Fiode ; c'est ainsi que Ton a obtenu, en partant de l'acide acétique, H*C*0*, ou de l'acétate de potassium, KH'(?0* :

L'acide chloracéUque H^CICO*.

L'acide bibromacétique H*Bi'*C*0*.

L'acide trichloracétique HC1'(?0*.

Le trichloracétate de potassium KC1'C*0*.

Ces acides chlorés et autres, ainsi que leurs sels, se rapprochent beaucoup, par leurs propriétés, du composé primitif. Certains acides, dont le caractère n'est pas bien tranché, peuvent échanger tout leur hydrogène contre du chlore, mais ces cas ne sont que des exceptions et les substitutions n'ont lieu que rarement par voie directe. Comme exemple, nous citerons l'hypochlorite de potassium, KCIO, ou l'acide hypochloreux, HCIO, qui peut donner Tanhydride hypochloreux C1*0.

Nous avons déjà remarqué que le chlore et ses congénères forment une série importante d'acides; mais comme tous ces composés renferment un seul atome d'hydrogène, et que les substitutions chlorées ne se font que sur des molécules renfermant plusieurs atomes d'hydrogène, il est, en général, facile de distinguer le chlore, comme radical d'acide, du chlore de substitution.

Indépendamment de tous ces exemples, nous ferons remarquer qu'il existe des acides infiniment plus complexes que ceux dont nous nous sommes occupés.

21 . Anhydride*. — Les acides oxygénés ou ternaires peuvent, directement ou indirectement, donner naissance, en perdant de Teau, à des corps particuhers qu'on a nommés anhydrides ou acides anhydres ; les exemples suivants d'acides monobasiques ou polybasiques feront comprendre cette réaction :

Acide hyperiodique. . . . 2H10*. — Il^^O = 1^0"^ \

Acide sulfurique 2H«SÔ* — 2H«0 = S^O» ou 2S0* f

Acide phosphorique. . . . 2H5P0 * — 3H«0 = P«0« | Anhydrides.

Acide silicique 2H*SiO* — 4il*0 = Si*0* ou 2SiO*)

ALDÉHYDES. 17

Pour les acides bi- et tétrabasiqiies, la réaction peut s'exprimer plus simplement et plus rigoureusement :

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