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III. ARSENIC

Symbole, As. — Poids atomique, 75. — Densité de vapeur, 150. — Volume de l'atome []• '

340. On rencontre l'arsenic, dans la nature , à l'état natif ou combiné avec d'autres métaux à l'état d'arséniures, par exemple avec le fer, le manganèse, le nickel et le cobalt. 11 remplace souvent, en outre, la moitié du soufre dans certains bisulfures naturels, dans la cobaltine et le mispickel, par exemple. Il existe également en combinaison avec le soufre, à l'état de bisulfure ou réalgar, et à l'état de trisulfure ou orpiment , et ces sulfures eux-mêmes sont fréquemment combinés à d'autres sulfures métalliques, à l'état de sulfarséniates qui forment une classe nombreuse de minéraux, parmi lesquels nous citerons le cuivre gris, la tennantite, la proustite, etc. On rencontre enfin des arséniates métalliques à l'état cristallisé, mais ces minéraux sont rares. L'arsenic est un corps extrêmement répandu dans la nature, le plus souvent en très-petites quantités ; il se rencontre à l'état d'impureté dans un grand nombre de minéraux, ainsi que dans les produits qu'on en extrait. Les minerais de fer, particulièrement, et les dépôts ferrugineux sont rarement exempts d'arsenic. Orfila avait avancé que l'arsenic existe normalement dans l'économie animale, mais il a été reconnu que cette opinion n'est pas fondée. On connaissait des combinaisons arséniées dans les temps les plus reculés ; Dioscorides en fait mention.

541 . a. On prépare l'arsenic métallique par la calcination du mispickel ou des pyrites arséniféres dans des tubes ou des cornues de terre. L'arsenic se dégage et va se condenser, sous forme d'une masse métallique grise, dans la partie antérieure de l'appareil, généralement formée de tôle de fer : FeAsS = FeS4-As. Ainsi obtenu, l'arsenic est livré au commerce ; pour le purifier, il suffit de le soumettre à de nouvelles distillations, en mettant de côté les portions les plus volatiles et qui sont en partie oxydées.

p. On prépare aussi l'arsenic métallique en réduisant l'arsenic blanc ou anhydride arsénieux par le charbon ou par le Aux noir : As*0'-|-C' = As* 4- SCO; de nouvelles distillations sont également nécessaires pour l'obtenir pur.

342. L'arsenic est un corps d'un gris d'acier, doué de l'éclat métallique, très-cassant, bon conducteur de l'électricité. 11 cristallise en rhomboèdres aigus et est isomorphe avec le tellure et l'antimoine. Sa densité varie entre 5,6 et 5,9. Il se volatilise sans fondre à 180* et audessus. Il se condense généralement à l'état cristallisé ; néanmoins, d'après Guy, l'arsenic subliméest distinctement sphéroïdal et mamelonné. La vapeur d'arsenic est incolore et est douée d'une odeur alliacée caractéristique. L'arsenic métallique ne perd pas son éclat par l'exposition à l'air sec; mais réduit en poudre et humecté d'eau, il s'oxyde peu à peu pour former le composé employé comme mort-aux-mouches. Néanmoins, à 70° et au-dessus, l'arsenic pulvérisé sec s'oxyde aussi rapidement. 11 brûle à la température rouge, avec une flamme bleuâtre et en répandant d'abondantes fumées blanches formées d'anhydride arsénieux. Il se combine directement au chlore, au brome et à l'iode, et cette combinaison est fréquemment accompagnée de production de lumière. L'arsenic se combine aussi au soufre, sous l'influence de la chaleur, en produisant du réalgar ou de l'orpiment. L'acide azotique et l'eau régale le transforment en acide arsénique , et lorsqu'on le fait déflagrer avec de l'azotate de potassium ou de sodium, il donne naissance à un arséniate. L'acide chlorhydrique n'a qu'une action trèsfaible sur l'arsenic métaUique. D'après Berzelius, l'arsenic existe sous deux modifications allotropiques; lune de ces modifications est d'un gris d'acier, facilement oxydîïble à l'air humide; Tautre, qui se forme par Faction d'une température élevée sur les arsénites métalliques ou lorsque l'arsenic se sublime à une température élevée, dans une atmosphère formée par sa propre vapeur, est brillante, d'un blanc d'étain, plus dense que la première et beaucoup moins oxydable. L'arsenic, tel qu'on le retire du mispickel, se présente généralement sous cette dernière variété, tandis que celui qui résulte de la réduction de l'arsenic blanc par le charbon, affecte de préférence la seconde forme.

545. La facilité avec laquelle sont réduites les combinaisons arseni* cales et la volatilité de l'arsenic métallique sont utilisées pour la recherche de l'arsenic. Lorsqu'on mélange, avec quatre ou cinq fois leur poids de flux sodique sec (*), une combinaison quelconque de l'arsenic : anhydride arsénieux, orpiment, vert de Scheele, etc., et qu'on chauffe ce mélange sur une bonne lampe à alcool, dans un tube d'essai en verre réfractaire bien sec et préalablement chauffé, on obtient dans les parties froides du tube un sublimé d'arsenic réduit, sous forme d'un

(*) Mélange de carbonate de sodium et de charbon produit par la calcination de l'acétate de sodium.

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anneau doué de Téclat métallique. Cet anneau d*arsenic possède les caractères suivants :

a. Il est d'un gris d'acier clair; s*il est noir ou brun foncé, on peut lui communiquer sa couleur normale en le chauffant avec précaution : l'anneau caractéristique gris reste en place, tandis qu'il se sublime un peu plus loin une combinaison arséniée d'un brun foncé ; la face intérieure du sublimé métallique présente une structure cristalline facile à reconnaître à la loupe lorsqu'on brise le tube.

|S. Il est volatil : lorsqu'on le chauffe à une température qui est bien inférieure au rouge, on peut le faire voyager d'un endroit du tube à un autre.

y. On peut le transformer facilement en anhydride arsénieux : lorsque l'on a déplacé un certain nombre de fois l'anneau d'arsenic métallique, en le volatilisant, il se transforme en un anneau blanc, à reflets irisés , formé par un sublimé cristallin d'anhydride arsénieux qu'on reconnaît à la loupe être formé d'octaèdres et de tétraèdres. Lorsque l'on chauffe pendant quelque temps ces cristaux avec de l'eau, on obtient une solution d'acide arsénieux dont on reconnaît facilement la nature par l'emploi des réactifs liquides employés dans l'analyse.

S. L'anneau métallique peut être transformé en acide arsénique* Lorsqu'on traite à chaud l'anneau d^arsenic par une ou deux gouttes d'acide azotique, il disparaît, et lorsqu'on évapore la solution, il reste un résidu d'acide arsénique qui, dissous dans l'eau et traité par une solution d'azotate d'argent, donne un précipité rouge brique d'arséniate d'argent.

Arsénamine.

Symbole, H^As. — Poibs moléculaire, 78. — Densité de vapeur, 39. — Volume de la molécule | | | .

544. a. Ce gaz, plus généralement connu sous le nom d'hydrogène arsénié, peut être obtenu par l'action de l'eau ou des acides sur des arséniures métalliques. Entre l'eau etTarséniurede sodium, la réaction est : 3HK)4-Na5As = 5NaH0-f-H'As. La réaction a heu d'une manière analogue quand on fait agir l'acide cblorhydrique concentré ou l'acide sulfurique, étendu de trois parties d'eau, sur l'arséniure de zinc obtenu en fondant ensemble parties égales de zinc et d'ars^enic :

6H'S0*4- Zn»As« = 3ZnH»(S0*)« H- 2H'As.

j3. L'hydrogène arsénié paraît aussi se former en quantité plus ou moins considérable lorsque les acides arsénieux ou arsénique se trouvent soumis à l'action de l'hydrogène naissant : H'AsO* -f- H* =

H*As-f-5H*0. La méthode la plus aisée pour préparer Farsénamine consiste à traiter le zinc métallique par de Tacide chlorhydrique ordinaire tenant de l'acide arsénieux en dissolution. Mais le gaz obtenu de cette manière renferipe toujours une quantité considérable d'hydrogène libre. Le fer et Tétain agissent biens moins énergiquement que le zinc, dans la réaction précédente. M. Bloxam a fait voir que Thydrogène qui se dégage au pôle négatif d'une batterie voltaïque de plusieurs éléments provoque ainsi la réduction de l'acide arsénieux à l*état d'arsénamine; mais si le courant est faible, la réduction ne donne lieu qu'à un dépôt d'arsenic métallique.

345. L'arsénamine est un gaz incolore, d'une odeur éminemment désagréable. Refroidi à — 40'*, il se condense en un liquide transparent qui ne se concrète pas à — 110**. L'eau, à la température ordinaire dissout environ cinq fois son volume de ce gaz qui, aussi bien que sa solution aqueuse, est sans action sur le papier rouge ou bleu de tournesol. L'hydrogène arsénié, môme lorsqu'il est étendu d'air, est extrêmement vénéneux, et son inspiration accidentelle a souvent amené les plus funestes résultats. Sous l'influence d'une température inférieure au rouge, ce gaz se décompose en arsenic métallique et hydrogène ; la lumière directe du soleil produit peu à peu la même décomposition. Un mélange d'oxygène et d'hydrogène arsénié détone s us l'influence de l'étincelle électrique en produisant de l'eau et de l'anhydride arsénieux, suivant l'équation : 2H'As-|-O" = As*0'-|-5H*0. Si l'oxygène existe dans le mélange en quantité insuffisante, l'hydrogène seul est brûlé et l'arsenic se dépose à l'état métallique. L'hydrogène arsénié brûle à l'air avec une flamme blanc bleuâtre en produisant de la vapeur d'eau et d'épaisses fumées blanches d'anhydride arsénieux. Lorsqu'on intercepte partiellement l'accès de Tair, par exemple en écrasant la flamme avec une capsule de porcelaine, l'hydrogène seul est brûlé tandis que l'arsenic forme sur la porcelaine un miroir métallique noir qui peut facilement être volatilisé par la chaleur. Lorsqu'on expose aux rayons solaires un mélange d'hydrogène arsénié et d'oxygène, la décomposition a lieu de même : il se forme de l'eau et un dépôt d'arsenic ; la même chose s'observe quand on expose à l'air une solution aqueuse d'hydrogène arsénié.

L'acide hypochloreux, l'acide azotique, l'eau régale, et, en général, tous les acides oxydants, y compris l'acide sulfurique concentré, décomposent l'arsénamine. Le chlore en excès agit avec violence sur ce gaz, en produisant du trichlorure d'arsenic et de l'acide chlorhydrique. Mais si on laisse arriver le chlore bulle par bulle, dans un flacon renfermant de l'arsénamine , chaque bulle produit une flamme et il se

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forme de Tarsenic métallique et de l'acide chlorhydrique. Le brome et l'îode réagissent comme le chlore, mais avec beaucoup moins d'énergie. Lorsqu'on chauffe du soufre dans de l'hydrogène arsénié, il se produit de l'hydrogène sulfuré, et, suivant les circonstances, de l'arsenic métallique ou du sulfure d'arsenic* Le phosphore le transforme de même en hydrogène phosphore et phosphure d'arsenic. Le sodium et le zinc décomposent l'arsénamine à une température modérée, en s'emparant de Tarsenic et en mettant l'hydrogène en liberté. Lorsqu'on fait passer un courant d'hydrogène arsénié sur de l'hydrate de potassium ou de sodium, à chaud, il est décomposé ; il se forme un mélange darsénite et d'arséniure alcalins, tandis que de l'hydrogène, provenant du gaz et de l'hydrate, est mis en liberté. L'hydrogène arsénié décompose les solutions de la plupart des sels des métaux pesants, en produisant de l'eau, et, suivant les circonstances, de l'arséniure métallique ou de l'acide arsénieux et du métal réduit, d'après les équations :

6CuS0*-h 4H5As = 6H«S0*4- 2Cu'As« 6AgAzO'4-3H«0-4- H5As=6HAz054-H5AsO^-f-Ag«.

La solution aqueuse d'hydrogène arsénié produit des précipités foncés avec la plupart des sels des métaux pesants. L'essence de térébenthine absorbe l'hydrogène arsénié en produisant un composé cristallin.

346. 11 existe beaucoup de combinaisons formées d'après le type arsénamine simple ou condensé. Nous connaissons, par exemple, un grand nombre d'arséniures métalliques naturels ou artificiels parmi lesquels nous citerons les arséniures de cuivre et de nickel qui ont pour formule Cu^As- et Ni^As*. Les combinaisons haloïdes de l'arsenic, le trifluorure Fi^As, le trichlorure Cl'As, le tribromure Br^As et le triiodure PAs appartiennent également à ce type. En outre, l'hydrogène de l'arsénamine peut être remplacé par les radicaux alcooHques, méthyle, éthyle, elc. ; et l'on connaît des combinaisons dans lesquelles l'hydrogène de l'arsénamine est remplacé en partie par un élément halogène, en partie par un radical d'alcool, par exemple :

(C*H*)'As triéthylarsine

(CH^)5As triméthylarsine

Cl(CH5)*As chlorure de diméthylarsine(ou de cacodyle)

Cl' (C H*) As bichlorure de méthylarsine

Cl^As trichlorure d'arsenic.

L'arsénamine elle-même ne se combine pas aux acides, mais ses dé-

rivés alcooliques donnent des sels qui correspondent aux combinaisons ammoniacales ; tel est le brométhylale de triéthylarsineEl^As.EtBr ou bromure de létréthylarsonium, qui correspond au bromure de télréthylammonium. M. Hofmann a obtenu, en outre, des combinaisons se rapportant au type double H"As' et «aux types mixtes aminarsines et phospharsines, H'AsAz et HTAs.

347. La facilité avec laquelle se produit l'hydrogène arsénié et avec laquelle ce gaz abandonne de Tarsenicsous Finfluence d'une température élevée ou d'une combustion incomplète a servi de point de départ à la méthode dite de Marsh pour la recherche de l'arsenic. La disposition la plus commode pour opérer ces essais est l'appareil primitif de Marsh qui consiste en un tube coudé AB (fîg. 9) auquel on ajoute deux

boules c, dy l'une à la partie supérieure de la longue branche qui reste ouverte, l'autre à la partie inférieure de la branche la plus courte, qui est munie à sa partie supé^ rieurc d'un robinet r auquel s'adapte un tube droit destiné à donner issue au gaz qui doit se dégager et à servir de brûleur ou un tube recourbé à angle droit si l'on veut décomposer le gaz parla chaleur. L'appareil étant disposé, *§i l'on veut praduire des taches d'arsenic par la combustion incomplète de l'hydrogène arsénié, on procède de la manière suivante : on enlève le robinet de l'appareil et l'on introduit dans la plus courte branche une baguette de verre as- ^ sez longue pour ne pas passer dans la

seconde branche et assez courte pour occuper une partie de la courbure; un bouchon de verre remplit assez bien cet office. Puis on laisse tomber sur cette tige de verre quelques fragments de zinc et l'on adapte de nouveau le robinet. On verse alors par la longue branche, qui reste ouverte, de l'acide sulfurique étendu de 6 ou 7 parties d*eau et refroidi, jusqu'à ce que, étant à la même hauteur dans les deux branches du tube, il arrive un peu audessous du robinet; on laisse dégager le gaz pendant quelques instants puis on ferme le robinet : le gaz, continuant à se dégager, remplit peu à peu la petite branche en refoulant le liquide dans la plus longue branche. On ouvre ensuite le robinet et l'on enflamme rapidement le jet d'hydrogène qui en sort, le gaz doit brûler avec une flamme à peine visible et ne pas déposer de taches sur une plaque de porcelaine qu'on lui

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présente; quand toutle gaz est sorti du tube, on referme lerobinetpour recommencer le même essai après que la petite branche s'est de nouveau remplie de gaz ; on s'assure ainsi de la pureté du gaz et, par suite, de celle du zinc et de Tacide sulfurique employés ; on ajoute enfin la liqueur arsenicale dans l'appareil et on renouvelle les ^expériences.

A partir de ce moment, le gaz hydrogène qui se dégage est plus ou moins mélangé d'hydrogène arsénié ; il fait apparaître une tache métallique sur un papier imprégné d'azotate d'argent que l'on tient audessus du jet ; il brûle avec une flamme allongée, bleuâtre et livide, donnant lieu à des fumées blanches formées d'anhydride arsénieux, comme on peut s'en assurer en plaçant au-dessus de la flamme uneplaque de porcelaine mouillée par une solution ammoniacale d'azotate d'argent : celle-ci se colore en jaune par suite de la formation d'arsénite d'argent ;ou bien en disposant au-dessus de la flamme un ou plusieurs tubes mouillés intérieurement : on obtient ainsi une solution faible d'acide arsénieux dont on peut reconnaître la nature par l'emploi de l'hydrogène sulfuré ou d'un autre réactif. Si l'on coupe la flamme au tiers environ de sa hauteur avec un fragment de verre, de porcelaine ou de talc, il s'y forme une tache ou un dépôt foncé. Ce dépôt' n'est pas homogène ; il renferme trois produits différents ; la partie centrale est formée d'arsenic métallique, le bord extérieur est de l'anhydride arsénieux et la portion intermédiaire est une combinaison que l'on regarde comme un sous-oxyde d'arsenic. Les caractères suivants montrent que ce dépôt est réellement un dépôt arsenical :

a. 11 est doué de l'éclat métallique ; la meilleure manière d'observer cet aspect brillant estde considérer sa surface libre, mais on peut aussi le constater à travers le verre.

^.11 est brun ; ce caractère appartient surtout aux dépôts faibles et aux portions intermédiaires des dépôts plus compactes ; dans ce dernier cas on l'observe le mieux par transparence*

7. Il est volatil, le dépôt d'arsenic disparaît facilement lorsqu'on le soumet à une température située au-dessous du rouge ; cette propriété est le plus facilement mise en évidence lorsqu'on produit le dépôt sur une lame mince de talc: pendant que l'anneau se volatilise, l'arsenic se transforme en anhydride arsénieux.

S. 11 se dissout dans le chlorure de chaux. Lorsqu'on ûrrose le dépôt avec quelques gouttes d'une solution de chlorure décolorant, ils disparaît très-rapidement et en totalité. Pour constater ce caractère, le mieux est de produire les taches sur la partie concave d'un verre de montre;

e. Il est insoluble dans le bisulfure d'ammonium. Lorsqu'on traite le dépôt arsenical par une goutte de bisulfure jaune d'ammonium, il n'est que faiblement attaqué; si Ton évapore à sec, il se produit un résidu jaune clair d'orpiment au centre duquel se trouve un noyau d'arsenic métallique inattaquable. (Guy.)

ç. On peut le transformer en acide arsénique. Si l'on chauffe la tache avec une ou deux gouttes d'acide azotique, elle se dissout en totalité ; après avoir évaporé la solution à sec, il reste un faible résidu d'acide arsénique reconnaissable par sa facile solubilité dans l'eau et parla coloration ouïe précipité rouge brique qu'il produit avec une solution d'azotate d'argent.

S'agit-il de décomposer l'hydrogène arsénié par la chaleur, on opère de la manière suivante. On choisit un tube étroit, en verre peu fusible, qu'on étire en pointe à une de ses extrémités ; à une certaine distance de cette extrémité, on recourbe le tube à angle droit et l'on souffle près de l'autre extrémité une boule que l'on remplit de fragments de chlorure de calcium ; on relie cette dernière extrémité avec l'appareil de Marsh, tandis qu'on fait plonger Textrémité effilée libre dans une solution d'azotate d'argent. L'appareil de Marsh étant prêt à marcher, si Ton ouvre le robinet avant d'y avoir introduit la liqueur arsenicale, le gaz hydrogène qui se dégage traverse le tube horizontal, en passant par la boule remplie de chlorure de calcium, et se rend de là, par la partie verticale du tube, dans la solution d'azotate d'argent. Pendant que l'hydrogène passe, on chauffe la partie horizontale du tube avec une bonne lampe, et si, après quelque t^mps, il ne s'est formé aucun dépôt dans le tube et aucun précipité dans la solution d'argent, onpeutconsidérer comme purs les matériaux employés pour dégager l'hydrogène ; on peut alors, pendant que le dégagement de gaz a lieu, verser la liqueur arsenicale dans l'appareil. L'hydrogène arsénié qui se produit alors, se décompose en traversant la partie chaude du tube et, à une certaine distance au delà de la flamme, il se produit un anneau gris d'acier d'arsenic métallique:La nature de cet anneau est mise en évidence par son éclat, par sa position relativement à la flamme, par sa volatilité et par sa transformation en anhydride arsénieux lorsqu'on le volatilise enprésencede l'air, enfin par sa transformation en acide arsénique par l'action de l'eau régale.

Si une portion de l'hydrogène arsénié échappe à l'action de la chaleur, il est retenu en passant dans la solution d'azotate d'argent où il produit un* précipité noir d'argent métallique. L'expérience terminée, on précipite par l'acide chlorhydrique l'argent resté en dissolution, et l'on évapore à sec la liqueur filtrée ; il reste ainsi un résidu d'acide

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arsénique dont on peut reconnaître la nature en le dissolvant dans Feau et le traitant par les réactifs appropriés.

La production d* hydrogène arsénié par l'action de Thydrogène naissant sur les composés oxygénés de l'arsenic est plus ou moins empêchée pas la présence de matières organiques, d'agents oxydants, de certaines solutions métalliques. La présence de matières organiques est, en outre, souvent cause qu'il se forme dans l'appareil une mousse qui rend l'expérience incommode.

M. Bloxam remplace par l'électrolyse le zinc et l'acide sulfurique destinés à provoquer la formation de lliydrogène arsénié. 11 fait passer dans la solution arsénieuse acidulée le courant provenant de six éléments deGrove et soumet le gaz qui se dégage au pôle négatif aux différentes épreuves signalées plus haut.

[On remplace le plus souvent l'appareil primitif de Marsh par une disposition qui présente un maniement plus simple et plus facile. Voirl'ap-

Fig. 11.

pareil le plus fréquemment en usage (fig. 11 ). 11 consiste en un flacon de Woulfe muni d'un tube à entonnoir et d'un tube de dégagement qui s'engage dans un tube plus large rempli de coton destiné à retenir le liquide entraîné mécaniquement ; celui-ci est suivi d'un tube en verre peu fusible, reposant sur une grille à charbon et terminé en pointe. Le flacon de Woulfe reçoit le zinc pur et de l'eau. Pour faire marcher l'appareil, on verse de l'acide sulfurique parle tube à entonnoir, et, avant d'y ajouter la liqueur arsenicale, on s'assure, comme dans les expériences précédentes, de la pureté de l'hydrogène et par conséquent des matériaux employés à le produire. Puis, après avoir entouré le tube de char-

bons rouges (on peut également le chauffer avec une lampe à gaz) on ajoute la solution arsenicale ; aussitôt il se dégage de l'hydrogène arsénié qui, se décomposant dans le tube, va former à une certaine distancé du feu un anneau métallique. Si Ton veut produire des taches avec cet appareil, on ne chauffe pas le tube et Ton allume le jet d'hydrogène. Lestaches elles anneaux sont soumis aux épreuves mentionnées plus haut. On dispose aussi souvent l'appareil, comme le montre la figure, de manière à pouvoir produire une série d'anneaux avec un même tube ; pour cela on prend un tube beaucoup plus long qu'on étrangle de distance en distance et Ton chauffe successivement les différentes portions du tube. Pour ne pas perdre F hydrogène arsénié qui pourrait échapper à la décomposition, on fait généralement passer le gaz, à sa sortie de l'appareil, dans une solution d'azotate d'argent ; celle-ci décompose l'hydrogène arsénié en produisant de l'acide arsénieux qui reste en solution et dont on peut constater la présence après s'être débarrassé, par l'acide chlorhydrique, de l'excès d'azotate d'argent.]

348. Hydmred'ar»cnic solide. — Symbole, H*As(*). — Lorsqu'on élec. trolyse de l'eau àTaide d'un puissant courant électrique, et en employant comme électrode négative un barreau d'arsenic métallique, celui-ci se recouvre d'une poudre brune. On- obtient la même combinaison en quantité plus considérable lorsque l'on fait agir de l'eau sur Tarséniure de sodium ou de potassium. Chauffée à l'air, cette combinaison s'enflamme facilement, chauffée en vase clos, elle fournit de l'hydrogène. D'après Soubeiran, c'est un dihydrure d'arsenic.

[Lorsque l'on introduit une trace d'acide azotique dans l'appareil de Harshen activité, il ne se dégage pas d'hydrogène arsénié gs^eux, mais il se forme, d'après M. Blondlot des flocons bruns d'un hydrure solide As*H(?). Cet hydrure se forme également lorsqu'on dépose sur une lame de zinc, après y avoir ajouté quelques gouttes d'acide azotique, une solution d'azotate d'argent qui a été en partie réduite par l'hydrogène arsénié et débarrassée de l'excès d'argent par du chlorure de sodium.]

Arsénlores.

3^9; tes àrséniures métalliques présentent les caractères des al* liages. Beaiitoul[) d'entre eux se rencontrent dans la nature. On les obtient facileitient en fondant les métaux aVec de l'arsenic ; ils se forment aussi par la réduction des arsénites et des arséniates. Les àrséniures de potassium et de sodium sont des corps bruns décomposables par l'eau, avec formation de gaz hydrogène arsénié, d'hydrure d'arsenic solide et

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