ACIDE CHLORHYDRIQUE
l'eau sur certains chlorures. Ainsi, les deux chlorures du -phosphore sont immédiatement et complètement décomposés au contact d'un excès d'eau :
PCP H- 3H*0 = H'PO» H- 5HCI
Trichlorure.
PCI» ■+- 4H'0 = H»PO* -1- 5HC1
Pentachlorure.
Les deux chlorures d'antimoine sont également décomposés par Teau, mais moins brusquement. Le chlorure de bismuth exige une action prolongée de Teau en excès pour se décomposer totalement ; mais à Tébullition elle se fait plus rapidement. Le chlorure stannique n'est décomposé qu'incomplètement, même à Tébullition; les chlorures d'aluminium, de magnésium, etc., sont décomposés en grande partie par l'action de la vapeur d'eau au rouge :
(Al*)"Gl« -f- 3H«0 = (Al*)05 -+- 6HCI MgCl»-h H*0= Mg0 4-2HC1
Enfin, il se forme de l'acide chlorhydrique par l'action des chlorures de phosphore et d'antimoine sur la plupart des combinaisons renfermant de l'hydrogène et de l'oxygène au nombre de leurs éléments.
S. Nous avons vu qu'il y a toujours production d'acide chlorhydrique lorsque le chlore agit directement sur les combinaisons hydrogénées. L'action du chlore sur l'hydrogène sulfuré est intéressante, en ce sens qu'elle sert de type au mode déformation des acides bromhydrique et iodhydrique : H*S-|-Cl'=i2HCl-|-S. Cette réaction est, comme on le voit immédiatement, analogue à celle qui résulte de la décomposition de la solution aqueuse de chlore citée plus haut. L'acide chlorhydrique peut aussi prendre naissance par l'action de l'hydrogène sur certains chlorures : ainsi, lorsqu'on calcine du chlorure de nickel dans un courant d'hydrogène :
]ViCP4-H* = 2HCl4-]Vi
55. L'acide chlorhydrique est un gaz incolore, d'une odeur trèsirritante et d'une saveur extrêmement acide. Il forme à l'air d'épaisses fumées, résultant de sa combinaison avec l'humidité atmosphérique et de la condensation qui en résulte. Ces fumées ne se produisent pas dans un air sec. Il est extraordinairement soluble dans l'eau : lorsqu'on ouvre sous l'eau un flacon rempli de gaz acide chlorhydrique sec, tout le gaz est subitement absorbé et il arrive fréquem-
ment que r absorption du liquide est si brusque qu'elle occasionne la rupture du flacon. A la température ordinaire, 15°, Teau dissout 458 fois son volume de gaz chlorhydrique. A la température de iO** et sous une pression de 40 atmosphères, le gaz acide chlorhydrique se condense en un liquide incolore, d'une densité égale à 1 ,27 ; on n*est pas parvenu à le solidifier. L'acide chlorhydrique n'est pas combustible, et il éteint les corps en combustion. Mais lorsqu'on introduit, fixé à un fil de fer, un fragment de potassium dans une cloche courbe çempUe de ce gaz, sur le mercure, et qu'on chauffe le tube, le potassium s^enflamme, se combine au chlore et met l'hydrogène en liberté. Celui-ci occupe ' alors, après le refroidissement, exactement la moitié du volume du gaz primitif :
2HCH-K» = 2KCl-+-H*.
54. On prépare la solution d'acide chlorhydrique en décomposant le chlorure de sodium par de l'acide sulfurique étendu des deux tiers de son volume d'eau. On fait le mélange dans une cornue ou dans un ballon, et l'on chauffe doucement en faisant absorber le gaz par de l'eau distillée contenue dans un flacon ou dans une série de flacons de Woulfe. L'eau augmente notablement de volume et sa densité peut alors atteindre 1,21. Dans ce cas, la solution renferme une molécule d'acide HCl pour 3 molécules d'eau 311*0. Généralement, elle n a qu'une densité de 1,162 et renferme alors 4H*0 pour une molécule HCl. L'acide chlorhydrique du commerce est produit en grand par la décomposition, dans de grandes cornues cylindriques en fonte ou en grès, de 2 parties de chlorure de sodium par 1 partie d'acide sulfurique anglais H'SO* ou par une quantité équivalente d'acide étendu; on fait passer le gaz par une série de flacons dé Woulfe en grès ; on est obligé, pour achever la réaction, d'employer une température assez élevée ; la réaction est alors :
ffSO* -+- 2NaCl = Na^SO* -+- 2HCI.
On peut purifier l'acide chlorhydrique du commerce par distillation : cet acide est généralement souillé par la présence d'acide sulfureux, d'acide arsénieux, d'oxyde de fer, de chlorure d'étain, quelquefois de chlore. La solution d'acide chlorhydrique pure est incolore, ou légèrement jaunâtre lorsqu'elle est vue en grande masse; cette coloration est due à la présence soit de traces de chlore, soit de matières organiques ; tandis que la coloration très-marquée de l'acide commercial est due à la présence de chlorure ferrique. Cette solution fume à l'air lorsqu'elle est concentrée. Par l'ébullition, elle perd du gaz acide chlorhy-