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COMBUSTION

miques considérables, à la température ordinaire, mais moins fortes pourtant que celles des corps halogènes. On a pu le combiner à tous les corps simples connus, excepté au fluor. Certains phénomènes d'oxydation présentent un intérêt particuHer, parce qu'ils servent soit à reconnaître Voxygène, soit à en priver un mélange gazeux. Une solution alcaline d'indigo blanc, par exemple, absorbe rapidement l'oxygène et se colore en bleu ; les s lutions alcalines d'acide pyrogaUique l'absorbent également en donnant une hqueur noire opaque. L'oxyde azotique, gaz complètement incolore, se combine immédiatement à l'oxygène en produisant des vapeurs rouge orange. Le phosphore, le fer humide, le plomb grenaille humide, la sciure de bois humide, absorbent promptement l'oxygène ; il en est de même de quelques combinaisons métalliques telles que le chlorure cuivreux ammoniacal, les hydrates ferreux et manganeux, l'acide ferrocyanhydrique, etc. La plupart des métaux, à l'état compacte restent inaltérés dans l'oxygène ou dans l'air secs, tandis qu'ils s'oxydent plus ou moins vite en présence de l'air humide; souvent la couche d'oxyde formée à la surface protège le reste du métal, comme cela a lieu pour le plomb. Quelques métaux qui, dans les circonstances ordinaires, sont inaltérables à l'air se combinent énergiquement à l'oxygène, même avec incandescence, lorsqu'ils sont dans un grand état de division ; on dit alors qu'ils sont pyrophoriques ; tels sont le plomb obtenu par la décomposition de son tartrate, le fer obtenu en décomposant par la chaleur l'oxalate ferreux ou le bleu de Prusse. Certaines substances, présentant à l'oxygène ou à l'air une grande surface, s'échauffent peu à peu par une oxydation lente, au point qu'ils peuvent s'enflammer spontanément ; l'étoupe grassie, la laine, sont quelquefois dans ce cas.

108. Beaucoup de substances chauffées au rouge, au contact de l'oxygène, s'y combinent en produisant les phénomènes dits de combustion. La combustion du phosphore, du charbon, du soufre, du zinc, du magnésium, de la naphtaline, dans l'oxygène pur est extrêmement brillante: les produits de la combustion sont toujours des produits d'oxydation. 11 est inutile d'ajouter qu'il n'y a aucune perte de matière dans la destruction d'une substance par la combustion. Le poids des produits d'oxydation est exactement égal au poids du corps brûlé, plus celui de l'oxygène qui a servi à sa combustion. Lorsqu'on enflamme à l'air du papier, du bois, une bougie, que l'on plonge ensuite dans de l'oxygène, la combustion s'active considérablement. Si, avant de plonger ces corps dans l'oxygène, on les éteint d'ab rden ne laissant qu'un point en ignition, ils s'enflamment de nouveau avec vivacité au moment où on les plonge dans l'oxygènô. Cette propriété caractérise l'oxygène

pur ou Toxygèiie peu mélangé d'un autre gaz, elle n'est partagée que par l'oxyde azoteux (protoxyde d'azote). Un jet d'hydrogène brûle dans une atmosphère d'oxygène comme dans l'air, mais avec plus de vivacité. Ces deux gaz ne peuvent évidemment se combiner qu à leurs points de contact, et la flamme dans ce cas est circonscrite au jet de gaz hydrogène. On disait autrefois que l'hydrogène brûle et que l'oxygène entretient seulement la combustion. Mais lorsqu'on dirige un jet d'oxygène dans un flacon d'hydrogène et qu'on présente une allumette au jet de gaz au moment où on l'introduit dans le flacon, la combustion continue mais la flamme part réellement de l'oxygène, et c'est l'hydrogène qui entretient la combustion.

109. La combustion, c'est-à-dire la combinaison de Toxygène avec les autres substances, présente un haut intérêt. M. Graham a remarqué avec raison que, de toutes les actions chimiques, l'oxydation est la seule qu'on ne provoque pas pour la valeur des produits formés, mais seulement "pour les phénomènes accessoires qui accompagnent la combustion, c'est-à-dire la chaleur et la lumière.

L'action chimique est presque toujours accompagnée d'un changement, le plus souvent d'une élévation de température et lorsque cette élévation de température est assez forte pour produire de la lumière, on désigne l'action chimique qui en résulte sous le nom de combustion vive. Les combustions qui sont dues à la combinaison de l'oxygène produisent des phénomènes qui ne diffèrent pas de ceux qui accompagnent les combinaisons avec d'autres éléments; seulement, au point de vuQ économique, elles sont d'une importance bien plus considérable, attendu qu'elles constituent la source principale de la chaleur et de la lumière artificielles.

Il arrive très-fréquemment que, pour qu'une affinité chimique puisse se manifester avec assez d'énergie pour produire une combustion vive, il faut faire intervenir une haute température ; mais alors cette affinité, en s'exerçant, produit elle-même une température suffisante, et môme plus que suffisante, pour entretenir la combustion.

Tous nos combustibles usuels se trouvent dans ce cas, le charbon, les bougies, le gaz; à la température ordinaire, ils ne se combinent pas à l'oxygène, mais une fois enflammés, leur combustion se continue d'elle-même. D'un autre côté, si l'on présente à l'air une barre de fer chauffée au rouge, il y a une oxydation ou combustion superficielle, mais la quantité de chaleur produite par cette action chimique est insuffisante pour chauffer toute la masse métallique et en entretenir la combustion. Lorsque, au contraire, la surface du métal qui est exposée à l'action de l'air ou de l'oxygène, se trouve très-développée et la masse

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