‹ Manuel de chimie théorique et pratiqueChapitre 80 sur 178 · PEROXYDE D^HYDROGÈNE · texte numérisé non relu

PEROXYDE D^HYDROGÈNE

rer la décomposition, et recueillir l'oxygène sur le mercure, dans des tubes gradués.

Comme Ton devait s*y attendre, le peroxyde d'hydrogène est un puissant agent d'oxydation. Il transforme Tacide arsénieux en acide arsénique, le sulfure de plomb en sulfate ; les hydrates de protoxyde de manganèse, de fer, de cobalt, en hydrates de sesquioxydes, et même celui de manganèse, en peroxyde ; les hydrates barytique, strontique et calcique sont précipités à l'état de peroxydes correspondants insolubles. La solution concentrée de peroxyde d'hydrogène réagit très-énergiquement sur certains éléments, tels que Tarsenic, le sélénium, le molybdène, en les transformant en produits supérieurs d'oxydation.

Certains corps, le charbon de bois, quelques métaux, notamment le noir de platine, quelques oxydes et peroxydes déterminent, par leur simple contact, une décomposition plus ou moins vive de peroxyde d'hydrogène, sans qu'ils éprouvent eux-mêmes aucune modification. L'or, le platine, l'argent, surtout lorsqu'ils sont obtenus par précipitation, ou qu'ils sont à l'état spongieux, produisent cette décomposition avec le plus d'intensité et avec élévation de température. Les solutions de peroxyde d'hydrogène à réaction acide résistent plus à ces influences qu'une solution de peroxyde d'hydrogène pur ; la présence d'un alcali, au contraire, favorise ces réactions. L'action décoipposante de ces' corps est encore assez obscure ; ces actions sont dites catalytiques (voy. §116).

[Il se fixe directement sur certains métaux, tels que le fer, l'aluminium, l'argent, le thallium, le magnésium, en produisant des hydrates d'oxyde ou de sesquioxyde :

2Fe -+- 5H«0« = (Fe«)v'H«0« Hydrate ferrique. Mg H- H*0* = Mg^H'O* Hydrate de magnésie soluble.

2Ag -h H«0* = 2Ag'H0 Hydrate d'oxyde d'argent. (Weltzien.)]

[Suivant M. Carius, le peroxyde d'hydrogène peut également se fixer directement sur certains corps composés ; ainsi en agissant sur l'éthylène, il produit l'hydrate d'éthylène ou glycol.

Mais le caractère le plus singulier du peroxyde d'hydrogène est de produire des actions réductrices. Lorsque l'on ajoute du peroxyde d'hydrogène, ou son analogue le peroxyde debaryum, à certaines substances oxygénées, il se dégage de l'oxygène ; et cet oxygène provient non-seulement du peroxyde d'hydrogène, mais aussi de la substance oxygénée réagissante : tels sont les protoxydes d'argent et de mercure, les per-

oxydes de manganèse et de plomb, les chromâtes, manganates, permanganates et ferricyanures. Un certain nombre de ces réactions furent déjà observées en 1818 par Thenard, lorsqu'il découvrit le peroxyde d'hydrogène ; depuis, elles ont été examinées de plus près et expliquées par M. Brodie, en 1850.

D'après ce savant, le deuxième atome d'oxygène du peroxyde d'hydrogène se trouve non-seulement plus faiblement retenu, mais il éprouve aussi, par son association avec un élément électro-positif tel que l'hydrogène ou le baryum, une polarisation qui l'oriente contrairement à l'oxygène contenu dans lesprotoxydes instables ou faiblement retenu par les peroxydes à tendance plus ou moins acide. En conséquence, lorsque le peroxyde d'hydrogène ou de baryum se trouve en présence de ces oxydes, les atomes d'oxygène inversement polarisés se combinent et il en résulte une réduction mutuelle, dans le sens des équations suivants :

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