‹ Manuel de chimie théorique et pratiqueChapitre 81 sur 178 · p H- ô«ôd -h m -h Ô · texte numérisé non relu

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M. Brodie a fait voir que, dans la troisième et la quatrième réaction, la quantité d'oxygène dégagée est exactement celle qui est exprimée par les équations. Dans les deux autres, la quantité d'oxygène est un peu plus forte, par suite d'une décomposition catalytiqne du peroxyde d'hydrogène ; l'argent métallique, en effet, a la propriété de décomposer ce peroxyde par sa seule présence, et il en résulte que l'oxygène dégagé de l'oxyde d'argent n'est que les 49 centièmes au lieu de 50 de l'oxygène total mis en liberté. Dans aucun cas, la quantité d'oxygène fournie par le peroxyde d'hydrogène n'est inférieure à la moitié de tout l'oxygène mis en liberté. Les équations ci-dessus sont tout à fait comparables à quelques autres qui expriment la mise en liberté d'hydrogène ou de radicaux composés :

CuH -f- HCi = CuCl 4- HH ( Wurtz).

Znim^y + 2(C¥)Î = ZnP + 2(C#)(C#)

M. Schœnbein qui évidemment n'avait pas eu connaissance des recherches de M. Brodie, a également attiré l'attention sur les phénomènes de désoxydation produits par le peroxyde d'hydrogène, et a fait voir que ce composé rend l'ozone inactif. 11 envisage l'ozone comme de

PEROXYDE D'HYDROGÈNK. 15!

l'oxygène essentiellement négatif Ô, formant les oxydes, ozonides, d'argent, de manganèse, etc., et qui, dans les réactions mentionnées plus haut est neutralisé par l'oxygène essentiellement positif, ou antozone contenu dans le peroxyde d'hydrogène. M. Brodie au contraire envisage la polarité de l'oxygène comme dépendant de la nature du corps avec lequel il est combiné, et comme ne se produisant qu'au moment même où l'oxygène est mis en liberté.

M. Schœnbein a confirmé l'observation de MM. Meidinger et autres relative à la formation de peroxyde d'hydrogène dans l'électrolyse de Teau. 11 a également montré, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il se forme des traces de peroxyde d'hydrogène dans une foule d'oxydations lentes en présence de l'eau, telles que celles du phosphore, del'éther, du zinc, etc. , et il envisage cette formation comme déterminée par l'autre réaction, ou comme la provoquant. Lorsque le zinc s'oxyde au contact de l'air humide, il se forme en même temps une certaine quantité de peroxyde d'hydrogène qui reste dissous dans l'eau et dont on peut reconnaître la présence par des réactions chimiques ; l'équation suivante rend compte de cette formation :

Zn -+- fi«Ô 4- m -f- ÔÔ = ZnHH> 4- H*ÔÔ

On peut reconnaître la présence de quantités même très-faibles de peroxyde d'hydrogène, par ses propriétés oxydantes ou réductrices. C'est ainsi qu'une dissolution très-étendue de peroxyde d'hydrogène décolore l'indigo, surtout en présence de sulfate ferreux qui ne paraît agir dans ce cas que comme transport de l'oxygène du peroxyde d'hydrogène sur l'indigo ; l'iodure de potassium est également décomposé, avec mise en hberté d'iode, en faisant intervenir le sulfate ferreux ; on peut ainsi découvrir de très-faibles traces de peroxyde d'hydrogène, en profitant de Faction qu'exerce l'iode libre sur l'empois d'amidon. On peut aussi reconnaître sa présence par l'emploi du permanganate de potassium qui est instantanément décoloré; le peroxyde d'hydrogène ajouté à un mélange de chlorure ferrique et de ferricyanure rouge de potassium y produit un précipité bleu. Il réduit l'acide chromique à l'état de sesquioxyde de chrome, en produisant d'abord un phénomène d'oxydation qui se manifeste par la production d'acide perchromique très; instable ; cette combinaison est d'un bleu très-intense, elle est soluble dans l'éther et cette solution présente une certaine stabilité, de sorte que si l'on veut retrouver du peroxyde d'hydrogène dans une liqueur, on y verse une couche d'éther, puis une goutte d'une solution étendue d'acide chromique et l'on agite ; l'éther prend alors une belle teinte bleue.

Le radical composé du peroxyde d'hydrogène, HO, est équivalent à un atome de Télément chlore, Cl, ou des autres halogènes, qu'il peut remplacer dans un grand nombre de réactions. Une des méthodes les plus avantageuses d'oxydation, et qui estd'un emploi général, consiste à enlever d'abord l'hydrogène d'un composé, en tout ou en partie, et à y substituer un corps halogène, puis, par l'emploi de l'eau, à remplacer à son tour cet élément halogène par le radical HO du peroxyde d'hydrogène. Nous obtenons, par exemple, l'acide bromacétique par l'action du brome sur l'acide acétique,

C«H*0«H-Br* = C*H^BrO' -f- HBr

puis, cet acide bromacétique se transforme en acide glycolique ou oxacétique par l'action de l'eau :

CWBrO» H- H.HO = CW(HO)0« ou G'HHP + HBr

On peut évidemment envisager l'eau comme un dérivé de l'acide chlorhydrique dans lequel le radical simple Cl est remplacé par le radical composé HO :

Acide chlorhydrique. . . H.Cl

Chlore Cl.Cl

Chlorure d'éthyle. . . . G*Hs.Cl

Chlorure de benzoïle. . . G^HSCCl

Chlorure de sulfuryle. . (SO^l^-Cl»

Chlorure de phosphoryle. (P0)'".G15

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