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dépasser les deux articulations voisines et présentant des entailles pour les saillies osseuses. Le long de leur ligue médiane, ces deux pièces de toile sont
cousues l'une sur l'autre par deux coutures distantes l'une de l'autre de trois quarts de pouce (m-n) • on les mouille et on les glisse sous le membre, de manière que la ligne des coutures corresponde à l'axe du membre; puis les deux côtés de la pièce intérieure sont appliqués autour du membre, bien lissés sur celui-ci, èt cousus ensemble au ras du membre, sur la ligne médiane antérieure, de manière à y former comme une crête (ficj. 28, I, o-p). Cela fait, toute cette enveloppe est enduite d'une épaisse bouillie de plâtre, et la seconde enveloppe est appliquée sur la première. En arrière, la partie (m-n) comprise entre les deux coutures est restée exempte de plâtre, de sorte qu'elle constitue une charnière et que l'appareil, une fois la couture de la licme médiane antérieure défaite, s'ouvre comme une valve (fig. 28, II).
A la place des bandes plâtrées longitudinales de Van der Loo, d'autres chirurgiens ont eu recours à d'autres moyens de renforcement. Vœlkers emploie le papier ligneux, Neudœrfer les planures de cordonnier, Fauteur les attelles de carton et les copeaux de pin. Comme pièce de renforcement, on peut comprendre dans un appareil plâtré des gouttières en fil de fer ou des attelles antérieures de Smith. Ce procédé est surtout applicable au membre inférieur. ( .
Pour soutenir le bassin, surtout quand il s agit d'appliquer des appareils plâtrés et amidonnés montant jusqu'au bassin ou embrassant plus ou moins celui-ci, on peut se servir des appareils contentifs pelviens de Bardeleben ou de Neudœrfer, ou de
l'appareil contentif et extenseur de Bruns, connu sous le nom de croix-de-fer.
Les bandes que l'on emploie pour la confection des appareils plâtrés sont en gaze, en toile, en coton ou en flanelle. Ces dernières, les plus coûteuses, sont aussi les meilleures ; ce sont celles qui s'appliquent le plus uniformément, qui compriment et coupent le moins les tissus et qui s'imprègnent le mieux de plâtre. Des bandes en gaze à larges mailles retiennent difficilement le plâtre et ne deviennent pas assez résistantes. Dans la dernière guerre, les Hollandais envoyaient sur le théâtre des opérations des appareils complètement garnis contenant du plâtre, des bandes plâtrées, des ciseaux ou couteaux à plâtre, le tout renfermé dans des boîtes en fer-blanc étroites et hautes, scellées et par suite hermétiquement fermées. Cette pratique mériterait d'être imitée.
Van der Loo, Wywudzof et Bruns ont imaginé des appareils fort pratiques pour plâtrjer rapidement les bandes. Tous ces appareils consistent en un mécanisme qui, d'une part, déroule les bandes, et, d'autre part, les saupoudre de plâtre, puis les enroule de nouveau.
On peut hâter la consolidation des appareils en ajoutant un peu d'alun pulvérisé ou de dextrine à la bouillie de plâtre ; on préserve la surface de l'appareil au moyen d'un enduit de laque ultérieurement appliqué.
Pour inciser les appareils, on peut se servir de pinces ou de cisailles tranchantes, courbées sur le tranchant et pourvues d'un ressort, d'après les sys-
tèmes de Setttin, Scynianovsky et d'autres, ou encore d'un couteau à plâtre d'après le système d'Esniarch, ou enfin du premier couteau venu, au besoin. Quand, lors de l'application, on a négligé de marquer le sillon longitudinal d'après lequel on doit fendre l'appareil, on produit d'abord ce sillon en imprégnant le plâtre avec de l'acide nitrique ou en l'usant par le grattage, puis on incise de dehors en dedans ou .de dedans en dehors. Quand on lève définitivement l'appareil, on fait bien de le mouiller. Je me suis fort bien trouvé, pour enlever de grands appareils plâtrés, de l'immersion dans un grand bain.
Les appareils plâtrés ont besoin de temps à autre, notamment après tout transport ou dans les cas de forte suppuration de la plaie, d'être visités, raconimodés ou renouvelés. A Lille, après une résection du péroné dans la continuité, à Neuwied, après une résection du fémur, j'ai dû renouveler cinq et sept fois l'application de l'appareil plâtré.
En ce qui concerne l'étendue des parties à contenir, l'appareil plâtré ne connaît presque pas de bornes. Comprendre le bassin ou le thorax dans l'appareil, est une pratique journalière. A Grand- Essignv, près de Saint-Quentin, je vis un capitaine prussien emprisonné dans le plâtre depuis les orteils jusqu'au-dessus de la ceinture, pour un coup de feu cle l'articulation coxo-fémorale ; il est vrai qu'on avait agi ainsi en vue de l'évacuation du blessé. Mais au moins put-il ainsi arriver sans encombre jusque chez lui, où il guérit.
L'appareil plâtré présente sur tous les autres appareils analogues l'avantage de sa dureté et de la
presque instantanéité de sa consolidation. Cela n'empêche pas l'appareil amidonné, l'immortelle invention de Seutin, ni les appareils gélatinés, silicates, à la gutta-percha, d'avoir également leurs avantages; il n'est donc pas permis de les négliger.
L'application des appareils est en général soumise, à la suite des coups de feu, aux mêmes règles chirurgicales qu'après toute autre fracture. On ne doit jamais négliger la vieille règle classique qui prescrit de faire dépasser à l'appareil contentif les deux articulations voisines ; de même lorsqu'un appareil provoque des douleurs insupportables ou qu'il étrangle les tissus, on doit immédiatement l'enlever. Quant au moment de la levée définitive de l'appareil, on se basera sur les données fournies par les auteurs classiques sur la marche de la formation du cal, mais en laissant, pour la décision à prendre, une large part aux indications résultant de l'inspection des parties et des circonstances spéciales. Ce sera une très-bonne chose d'inscrire sur les appareils la date de l'application. Tous les appareils plâtrés construits pendant la dernière guerre par les médecins militaires prussiens, et que j'ai eu l'occasion de voir, portaient cette indication gravée dans le plâtre ou écrite à l'encre.