British médical Journal. January 1872, p
naison chimique : 1° avec l'albumine des tissus; 2° avec l'albumine qui, d'après Blunt, entre pour lai majeure proportion dans la constitution des germes. Il agit donc d'une manière analogue au tannin, au sublimé , à l'acide chromique. Porté sur des plaies fraîches, l'acide phénique les dessèche et empêche ainsi la guérison. Or, plus les plaies guérissent rapidement, plus elles échappent au danger de l'infection. L'acide phénique est donc contre-indiqué pour les plaies fraîches.
Pour le pansement des plaies de mauvaise nature, on se sert d'une solution aqueuse au lj20 ou au ljm ou d'une émulsion huileuse au 4/io- Dans la proportion de 7100, ou 7600 ou même 71000, ainsi que quelques chirurgiens l'emploient, il perd tout action corrosive, ce qui justifierait une opinion récemment émise et contestant à l'acide phénique la propriété d'empêcher la production de champignons et la fonte gangréneuse. A ce degré de dilution, tous les caustiques et tous les désinfectants perdent leur effet.]
Méthode de Lister. — Cette méthode consiste à opérer et à panser à l'abri de l'air, sous un baldaquin imprégné d'acide phénique, sous une douchei en pluie de ce même acide, avec des doigts et des instruments trempés dans la solution, puis à couvrir1 la plaie avec des objets do pansement imbibés aussi d'acide phénique. D'après le rapport de Jüterbogk la statistique des résultats obtenus ne répond pas aus espérances qu'on avait fondées sur cette méthode!
Uhy permanganate de potasse appartient, d'après Robert, à la catégorie des désinfectants indirects, agis • sant, par destruction des germes, à la manière du; i
chlorure de chaux, des acides sulfurique et nitrique et de la température élevée. Le permanganate de potasse n'exerce d'une manière appréciable aucune action concomitante défavorable sur la plaie; il fait disparaître l'odeur d'une manière certaine et est luimême à peu près inodore; enfin lui seul, quand il s'agit de désinfecter sur toute la ligne, est applicable aux plaies fraîches.
L'argile acétique est recommandée par de Burow. Avec 8 parties de sucre de Saturne, 5 parties d'alun et 64 parties d'eau, il prépare une eau vulnéraire à l'acétate d'alumine. De Burow couvre toutes les plaies en suppuration d'un lambeau imprégné d'acétate d'alumine que l'on recouvre d'une pièce de caoutchouc laminé, dans le but d'empêcher la trop prompte dessiccation du lambeau. Par ce moyen, il supprime dans les plaies en suppuration la production de vibrions et d'odeurs putrides ; les plaies suppurent bien, se couvrent de granulations et guérissent rapidement et sans accident. Par le même procédé, Günther et A. Müller conservent les cadavres avec le plus grand succès.
L'ozone détruit les gaz méphitiques (Oettler), tue les petits organismes (Ebermeyer) et absorbe le miasme palustre; c'est un épurateur de l'air et du sang, il stimule les fonctions physiologiques et agit comme tonique sur la nutrition, sur les muscles et sur l'innervation. Par analogie, étant données ces propriétés, nous sommes amené à croire que l'ozone est un agent destructeur des germes animaux et végétaux, des miasmes et des virus, et, à ce titre, nous ne pouvons que recommander la préparation artifi-
cielle d'ozone dans les salles de malades et l'application directe d'eau ozonisée ou de courants d'ozone sur les plaies de mauvaise nature.
Récapitulation des maladies intercurrentes.
Dysenterie. — Typhus. — Variole et varioloïde. — Choléra. — Supplément : les moyens de désinfection.
Dans le cours de notre traité, nous avons, à chaque pas, été obligé d'appeler l'attention sur l'importance de l'installation des blessés. Installer immédiatement les blessés dans des établissements situés à proximité, c'est éviter les dangers du transport et du retard apporté à l'intervention médicale; par cette installation, définitive dès le début, on écarte l'influence fâcheuse des mutations successives; enfin, au moyen de locaux bien choisis et convenablement ventilés, on s'oppose à la production des maladies consécutives des plaies. On doit de plus ne pas perdre de vue, dans l'organisation des ambulances, la nécessité de sauvegarder le bien-être des malades, et de favoriser l'exécution du service médical, de l'administration et du contrôle militaire.
Partout où Ton en a le temps et les moyens, les baraques doivent être préférées à tout autre local pour l'installation des ambulances de seconde ligne du théâtre de la guerre et en général pour toutes
les ambulances de réserve ou d'associations dont les événements militaires pourraient nécessiter la préparation en quelque lieu que ce soit.
La tente, et surtout la grande tente d'ambulance, est ce qui convient le mieux quand il s'agit de suivre les mouvements de l'armée et d'être prêt à entrer en activité au premier signal.
Mais quand on vient subitement à être débordé, comme cela arrive à la suite de grandes batailles ou à l'arrivage de forts convois de malades, on a recours à tous les locaux, à tous les bâtiments disponibles pour y improviser des ambulances tant bien que mal. Pour le choix et l'aménagement de ces localités, on se basera sur les enseignements de l'expérience acquise et sur les données de la science.
Baraques.
On ne saurait guère admettre que des baraques puissent être construites sans le concours d'un architecte ou d'un homme de métier. Toutefois le médecin est trop directement intéressé à cette construction pour qu'il puisse se dispenser d'en connaître au moins les règles générales.
Sur un assolement sec, un peu élevé, si c'est possible, mais jamais sur un terrain bas, on établit, sur des piliers en terre ou en bois, de 2 à 6 pieds de hauteur au-dessus du sol, une charpente en poutres ou en planches, dont les façades principales regardent l'est et l'ouest, tandis que les petits côtés sont exposés au nord et au midi, et que les latrines et les conduits de déversement se trouvent au nord. D'une longueur variant de 30 à GO pieds, chaque
baraque constitue une salle de malades unique ou se subdivise en deux salles ; dans les deux cas, elle contient les dépendances nécessaires : cabinet d'infirmier, salle de bains et de toilette, tisanerie, latrines. Le toit, d'une élévation de 20 à 30 pieds, est ouvert longitudinal ement à la hauteur du faîte ; cette fente est couverte d'un petit toit d'abri ou toit cavalier, semblable à ceux qu'on voit habituellement aux tuileries, aux séchoirs, aux teintureries, etc. (fig. 34). Le cavalier sera disposé de manière que les ouvertures latérales puissent être fermées soit
Fig. 34.
au moyen de volets en bois, soit par des persiennes ou des croisées.
Dans le plancher de la baraque sont ménagées plusieurs petites ouvertures excisées dans le parquet. Au moyen de plaques tournantes, on peut les ouvrir ou les fermer à volonté. Le toit ouvert d'une part, les ouvertures du parquet de l'autre, déterminent un courant continu et énergique, renouvelant
l'air de la baraque de telle manière que, ni dans la salle en général, ni autour de tel ou tel malade, il
f ne puisse se former une atmosphère viciée et que les ustensiles, le mobilier et les murs ne s'infectent
f que tardivement. Cependant, quelque énergique
I qu'elle soit, l'aération ne peut jamais, à la longue, prévenir l'infection des parois et du contenu de la salle ; il faut s'attendre, dans toute salle de malades, au bout de six mois, un an de service, à constater
jj des signes d'infection que l'on perçoit tant par l'odorat que parles symptômes particuliers observés dans la marche des maladies. On pénètre dans la baraque à travers une large porte à deux battants et par
! un large pont en forme de plan incliné, afin qu'il soit possible de transporter le malade au dehors avec toute sa literie sans aucune difficulté. La porte se trouve percée soit dans un des petits côtés, soit dans le milieu de la grande façade. Quant aux fenêtres, le meilleur serait de ne les pratiquer que
I sur l'un des côtés longitudinaux. Elles doivent mon-
| ter aussi haut que possible, mais ne doivent pas se terminer, en bas, juste au-dessus du niveau des lits, ainsi qu'on l'a fait pour les pavillons de l'hôpital du camp de Châlons. Les latrines, la salle de bains, la
î tisanerie, le cabinet de l'infirmier, doivent être relégués à l'une des extrémités, à moins que le service des bains se fasse dans un local distinct et que la tisanerie et la chambre du personnel de service soient installées dans l'espace central. Les latrines doivent constituer une annexe extérieure, mais directement adjacente, située au nord; le meilleur système est celui des fosses mobiles, journellement
changées et désinfectées, comme celles en usage au camp de Châlons.
Des latrines spéciales, disposées au nord, environnées de branchages, placées à une distance rationnellement calculée , aménagées avec les égards exigés par l'hygiène et la décence, sont destinées aux convalescents et à tout le personnel en service à l'ambulance. Elles doivent exister en nombre suffisant, avec compartiments séparés selon le sexe et le rang; elles seront tenues soigneusement propres, désinfectées, et, en cas de besoin, démolies et reconstruites plus loin.
Lé sous-sol, entre le plancher de la baraque et le sol, reste ouvert et peut servir à remiser les brancards et d'autre matériel. Dans les baraques spécialement aménagées pour l'hiver, on l'utilise avec succès pour le chauffage souterrain. C'est de l'air chauffé que font alors pénétrer dans les salles les ouvertures pratiquées dans le plancher pour servir à la ventilation.
Vestiaire. — Comme vestiaire pour la conservation des effets d'habillement apportés par les malades nous avions, dans notre baraquement à Neuwied, disposé avec quelques planches, sous l'une des baraques, un petit local fermé, occupant environ 1/8 du sous-sol et permettant le libre accès de l'air. Dans l'espace central compris entre les deux salles d'une baraque, on peut encore installer un petit cabinet pouvant recevoir des armoires avec les approvisionnements et les ustensiles nécessaires. Sans cet aménagement, il faudrait aller prendre le matériel au fur et à mesure des besoins dans un magasin
spécial et on serait obligé d'aller aussi tout y reporter après en avoir fait usage, non sans avoir soumis les objets à un nettoyage minutieux. Ce service de va-et-vient entre les baraques et le magasin peut être confié à des hommes désignés à cet effet ou à des hommes guéris que, pour une raison ou pour une autre, on voudrait garder sous la main.
Eau, éclairage, chauffage. — Les conduites d'eau froide et d'eau chaude constituent une utile installation. Quant au gaz, il doit être proscrit des salles, à cause des dangers d'incendie et de la viciation de l'air. Mais pour les cours et les passages, rien ne saurait le remplacer. L'ambulance sous baraques établie en 1870-1871 sur le champ de manœuvres de Bruxelles était complètement éclairée au gaz. Comme moyen d'éclairage dans l'intérieur des salles de malades, nous recommandons l'éclairage électrique (Ladygin) ou la pure et simple lampe Carcel comme préférable au pétrole, si dangereux à manier et souvent si nauséabond.
Dans les baraques d'hiver, on placera des poêles; les meilleurs sont les poêles en faïence ou les poêles danois hermétiques; ils sont chauffés dans l'intérieur des salles et concourent à la ventilation de celles-ci. Les petits poêles en fonte, qu'il est si facile de se procurer rapidement, quand il s'agit d'improviser le chauffage, ont le désavantage de dessécher l'air et d'être aussi vite portés au rouge que refroidis. Convenablement chauffés à la houille , c'est à eux qu'on recourra cependant le plus avantageusement, mais ils exigent la constante surveillance d'un homme compétent.
Les baraques peuvent être mises en communication entre elles par des couloirs plus ou moins couverts ou même par des rails. Quand elles sont au nombre de 10 à 30, ou davantage, on les disposera en V romain
Fig. 35.
(%. 35, a) ou en cercle, ou en demi-cercle (b et c), assez rapprochées pour que le service et les communications n'en soient pas entravées, assez éloignées pour qu'elles ne se privent pas mutuellement d'air
ni de lumière. Les plans relatifs à ces dispositions telles qu'elles furent arrêtées en Amérique pour les grandes ambulances créées pendant la guerre de sécession, se trouvent dans les Circulaires 6 et 9 du Surgeon gênerai' s Office, que l'on cite si fréquemment, et dans à peu près tous les écrits traitant de la matière. Quand les baraques ne sont pas en grand nombre , un dispositif avantageux consiste à les aligner alternativement en avant et en arrière d'une ligne déterminée (fig. 35, d); grâce à cette dis- ! position, elles ne s'enlèvent les unes aux autres ni l'air ni la lumière, et la communication directe reste possible. Le constructeur modifiera ces règles selon l'état des localités, la nature du sol, le nombre des il baraques à élever, la situation des environs, les ! besoins spéciaux du service \ au besoin, il en imaginera de nouvelles.
La salle d'opérations exige une baraque spéciale ; ! quand la chose n'est pas possible et qu'on est obligé | de la comprendre dans une autre baraque, celle-ci devra être une baraque d'administration et nom de ; malades. Une salle à manger et une salle de récréa- I tions constituent un complément fort utile quand le i baraquement a une certaine importance.
La cuisine sera installée dans une baraque située au centre du baraquement. L'administration, le logement du médecin et celui du personnel auxiliaire ont j aussi leurs locaux distincts. Les latrines pour les gens valides, la salle des morts, la buanderie, les j écuries et remises sont reléguées dans une zone plus éloignée, à l'écart, mais cependant à portée du reste du baraquement.
Les chemins et les carrés conduisant aux baraques ou reliant celles-ci entre elles seront empierrés au moyen de gravier, de scories, de déchets de tan ou de sable ; ils seront entretenus en bon état et mis en communication directe avec les chaussées, les grandes routes ou les voies ferrées. Quand on peut embrancher sur celles-ci une voie de raccordement
Fig. 36.
conduisant jusque clans le baraquement, on réalise une notable économie de temps, on augmente puissamment le confort et on épargne aux blessés mainte souffrance et maint danger par la suppression des manœuvres de transbordement.
Sur une ou plusieurs de ses faces, la baraque est bordée d'un balcon en bois (fîg. 36), couvert par une
(avancée du toit et protégée par des stores ou au moyen d'une marquise contre l'action trop énergique du soleil, du vent ou de la pluie; on augmente ainsi l'espace de la baraque d'une annexe considérable ; on procure à ses hôtes un lieu de séjour et de promenade par le mauvais temps ; au besoin on peut y porter des malades avec leur lit. Partout où faire se [pouvait, j'ai toujours tenu la main à ce que tous les jmalades, pour un temps aussi court que ce fût, fussent retirés de leurs salles et que celles-ci, pendant :;cet intervalle d'une ou plusieurs heures, restassent [complètement vides.
Les manœuvres du transport au dehors des malades avec leur lit et de leur réintégration sont bien plus faciles quand il existe des portes à deux battants et quand les ponts reliant le plancher de la baraque au sol de la cour sont peu élevés.
Le toit de la baraque est couvert en carton-pierre, yen asphalte ou en planches ; dans les pays où les tuiles ou les ardoises sont en usage, ces matériaux «seront d'un utile emploi. Nous en dirons autant des feuilles métalliques laminées. Les dimensions du baraquement entier et de chaque baraque en particulier doivent être modérées, et si l'on peut se permettre quelque luxe, il vaut mieux l'appliquer à l'aménagement intérieur qu'à la construction ; on aura ainsi moins de peine et moins de dépenses inutiles quand il s'agira, au bout de quelque temps, de démolir le baraquement.
Les baraques conviennent surtout aux blessés et aux typhiques; en été, elles peuvent être également (utilisées pour les fièvres éruptives, la tuberculose et
les affections pulmonaires ; leur emploi est contre- j 1 indiqué pour les rhumatisants, les goutteux et, en | 1 hiver, pour les maladies des organes respiratoires.
Pour donner une idée de la rapidité de la cons- ; i truction, nous dirons qu'à Coblentz on mit de 2 à 6 | semaines pour construire, pour le camp des prison- j niers, à la Peter-Schanze, des baraques destinées à recevoir 19,000 hommes. Les cinq premières purent j être mises en service au bout des premiers quinze jours.
Baraques d'hiver. — Malgré la durée relativement courte des guerres de la période contemporaine, on est obligé de conserver les baraques pour l'hiver. On peut, ainsi que cela se pratique à Neu-! wied, à Coblentz, à Berlin, etc., transformer pour le service d'hiver des baraques primitivement construites pour la saison d'été. Mais cette transformation coûte beaucoup de peine et de grosses dépenses; sans que l'on arrive à atteindre complètement le but. Aussi vaut-il mieux, dès le principe, construire les baraques en vue de l'hivernage. Les baraques sédentaires des hôpitaux Saint-Jacques à Leipzig et Roshdestwensky à Saint-Pétersbourg peuvent servir de modèles à cet égard. Dans les baraques d'été transformées pour l'hiver, les cloisons en bois reçoivent un revêtement en briques, en bitume ou en tuiles (Neuwied), ou bien on y cloue des plaques de carton-pierre (Berlin), ou encore on établit une seconde cloison en planches, on tend des couvertures, on condamne les fenêtres d'un côté, on place desj poêles ou on organise le chauffage par le sous-sol, on établit des paravents autour des portes, on étend unj
plafond' de toile entre la salle et l'espace circonscrit par le toit. Quand on obtient l'occlusion hermétique, la salle se chauffe trop et l'air se vicie ; quand on ménage une certaine ventilation, l'atmosphère reste pure, mais il règne dans les salles un froid qui gêne le service et est dangereux pour les malades. Quand, au contraire, la baraque est destinée d'emblée au service d'hiver, les murs sont construits en charpente et en briques (baraque n° 3 de Neuwied) ou consistent en une cloison de planches double (Coblentz), dont l'interstice est bourré de tourbes, de scories de houille, de mousse, de paille, etc. ; extérieurement on tapisse le mur de petites planchettes clouées, ou bien on se contente de clouer les lattes sur les fissures; on passe une couche de couleur à l'huile, et dès l'élaboration du plan, on tient compte des dispositions nécessaires pour le chauffage.
En raison des dangers d'incendie, tout baraquement de quelque importance doit être pourvu d'un service de secours et de conduites d'eau desservant toutes les baraques (incendie du baraquement de Minden). Pour améliorer la composition de l'atmosphère, un peu pour l'agrément de la vue et surtout afin d'obtenir de l'ombrage (au fort de l'été, les chaleurs peuvent devenir intolérables dans les baraques en bois), on choisira autant que possible des emplacements garnis d'arbres. Ceux-ci, du reste, confèrent • une certaine protection contre la propagation d'un incendie.
Le prix moyen des baraques, telles qu'on les construit pour la durée d'une guerre, se monte, pour 26 à 30 malades, de 7,500 à 8,500 francs ; la trans-
formation pour l'hivernage coûte de 1,300 à 1,700 M"'1 francs par baraque (Neuwied; Virchow : Ambulances j ^ et baraques, 1871), de sorte que la place de chaque si; malade revient de 350 à 375 francs, et, après addi- *1 tion des dépenses pour les conduites d'eau, de gaz, ® les travaux de terrassement, de jardinage, etc., à m 560 francs. fi
Une pratique à recommander pour des guerres ü futures consisterait à construire à l'avance des bara- j it< ques en bois, très-légères, doublées en toile, démon- j i< tables et susceptibles d'être envoyées par bateaux ine ou par voies ferrées jusqu'à l'emplacement où on les j a se monterait. Cela paraît au moins aussi praticable que » les maisons portatives américaines. La proposition et le plan détaillé de ces baraques ont été faits par un k constructeur russe. m
La transition entre la baraque et la tente est la j Ht tente-baraque. C'est une baraque, d'après sa cons- n truction générale, avec cette seule différence qu'une ou plusieurs de ses parois, au lieu d'être en bois, j sont en toile. Ces parois en toile sont simples oui me doubles, disposées de manière à pouvoir être rele-j m vées par des boucles ou roulées, et à permettre, dans ? ce cas, le libre accès de Pair. (Tente-baraque de Stromeyer; ambulance de la Grande-Gerbe.)
Tentes. ^
La tente d'ambulance est loin d'être répandue et j ta appréciée comme elle le mérite. Pourtant, dans la I dernière guerre, on y recourut, tant chez les Fran- j m çais que chez les Allemands ; importée d'ailleurs : à aussi par la Russie, l'Angleterre et la Hollande, elle j la
[ut d'un usage fort répandu ; il est juste de dire que ■e fut par nécessité plutôt que par engouement. Mais best précisément dans les cas de nécessité subite Le l'emploi de la tente est indiqué, par exemple llans l'ambulance volante, dans les hôpitaux temporaires mobiles et dans les annexes d'ambulances. Rien ne saurait mieux démontrer la transportabilité de la tente , et partant les avantages qu'elle a far toute construction, que ce fait qu'à Neuwied, i huand notre ambulance vint à être encombrée, nous jfïïmes en mesure de faire dresser, occuper et mettre |en service des tentes russes avec tous leurs accessoires, huit jours après que nous en eûmes adressé télégraphiquement la demande à Saint-Pétersbourg. iUne de ces tentes me fut expédiée en France, par lia voie belge, et reçut des blessés français dès la fin de février, alors que le 1er février elle avait encore été occupée à Neuwied, sans qu'on eût prévu la nécessité de l'envoyer. D'ailleurs, par chemin de fer, par bateau, par voiture ou par bête de bât, on transporte iune tente aussi vite qu'un particulier peut voyager; ainsi, dans tous les cas, aussi vite qu'une armée peut marcher.
Quatre pieux enfoncés en terre jusqu'à hauteur d'homme, quatre lattes ou perches convergeant deux à deux pour dessiner le toit, des pièces de toile ou de couvertures tendues sur le tout, et voilà une | tente improvisée qui offre aux blessés un abri contre : les intempéries de l'air. Quelques arbres reliés entre | eux par une toile tendue constituent également un abri en forme de tente et qui a même sur la tente 1 l'avantage d'une plus grande stabilité, tandis que
par l'irrégularité de la forme et l'inexactitude de l'occlusion cet abri est inférieur à la tente. De pareilles tentes peuvent être improvisées à peu près partout et toujours. Historiquement, du reste, ces abris constituent le prototype de la tente telle qu'elle est en usage actuel Jement pour le service de guerre et le service hospitalier. Les tentes varient à l'infini comme forme et comme dimensions ; quel que soit le type auquel elles appartiennent, elles sont également précieuses quand il s'agit d'abriter promptement les blessés. Cependant, quand on a le choix, on préférera les tentes de forme rectangulaire ou octogonale, moyennement spacieuses (10 à 20 lits), aux modèles circulaires ou ovales, attendu que c'est perdre de l'espace que de placer des lits le long de parois courbes.
La tente de malades octogonale du modele anglais possède une charpente en fer et a la forme d'un rectangle à angles coupés. Elle est destinée à recevoir 12 lits, >mais avec ce nombre de malades elle serait encombrée ; quand on y place huit couchettes, il reste l'espace nécessaire pour disposer une cantine d'ustensiles, une table, un porte-manteau et un fauteuil ou une chaise percée. Réglementairement, les lits doivent converger vers le centre; mais quand on en réduit le nombre de manière à pouvoir placer sur chacun des deux côtés longs du rectangle deux lits disposés parallèlement à l'axe de la tente, on gagne au centre un espace fort précieux pour le médecin, qui se trouve plus à l'aise pour l'exécution de son service.
Latente d'ambulance prussienne est une simple tente
en toile de forme rectangulaire, destinée à recevoir 12 à 16 lits, avec un compartiment séparé pour la garde-robe et le matériel, et un autre pour l'infir-
Jmier, quand ce dernier ne couche pas avec le reste
!.du personnel sous une tente spéciale. La charpente est en bois; la toile se tend au moyen de piquets;
[une ouverture ménagée dans le faîte et couverte
[favorise la ventilation.
| La tente d'isolement prussienne est carrée, petite, destinée à recevoir un seul lit et a pour charpente
[quatre pieux en fer, pour squelette du toit un cintre en fer également ; la toile est tendue au moven de piquets.
La tente de malades du modèle américain est carrée, mesure 4m,27 de côté, 3m,27 de hauteur, etestrégle-
I mentairement destinée à 8 hommes. La toile consiste en un tissu de coton imperméable, mais dont la couleur
[ blanche a le désavantage de réverbérer la lumière.
; Le toit consiste en deux doubles directement appliqués l'un sur l'autre ; la charpente est en bois. Les cordes ne sont pas fixées contre des piquets, mais
I attachées par l'un des côtés sur une planche percée de trous.
Les Américains se servent encore de la tente en I parapluie, qui a 11 pieds de haut, 13 j de diamètre, est pourvue d'une fenêtre et reçoit 2 lits. Cette tente est solide*, peu volumineuse et facilement transportable, f La teilte- abri française est une petite tente, basse, de forme prismatique triangulaire ; ce n'est pour ainsi dire qu'un toit en toile tendu par-dessus l'homme | couché; elle ne sert jamais d'une manière durable,
mais peut être utilisée momentanément pour couvrir les malades et blessés.
La grande tente doublée, modele russe1, à 20 ou 40 lits, consiste en une toile extérieure en toile à voile et en une doublure en drap; elle est de forme rectangulaire.
Fig. 37.
a. Entrée. — &. Marquise avec rideaux. — c. c. c. Piliers. — m. Fenêtre. n. Clapet à ventilation. — o. Tuyaux des fourneaux.
Trois piliers en bois supportent le ; tout. Les cordes qui retiennent le toit sont attachées à des piquets solides, enfoncés tout autour de la tente, un peu
1. J'ai donné une description détaillée de cette tente dans le Bulletin de V Académie de médecine, tome V, page 3, n° 3, 1871, et dans ma brochure : les Camps de Krassnoje-Selo et de Chaînas. Berlin, 1866.
Lbliquement, de manière à pencher vers l'extérieur, 3t munis, à cet effet, de forts 'anneaux en fer. Les parois latérales sont boutonnées contre le bord du toit et peuvent, par conséquent, quand il s'agit de donner de l'air, être roulées vers le haut ou totalement enlevées. Quand les parois latérales sont en place, la tente est chaude, obscure, la ventilation fait défaut, et il faut tout le grand espace de la tente pour qu'on y puisse respirer.
La tente d'hiver de Heyfelder [(fig. 37 et 38). Par
Fig.
lO
Plan du pavillon d'hiver de Eeyfelder.
a Entrée. - b. Marquise avec rideaux. - c. c. c. Piliers. - d. d. d. Lits. - e e l Tables de nuit.-/. Table.-«? Banc.-*. Poêle.-*. Armoire Je. Chaise percée. — l. Fauteuil.
sa configuration extérieure et sa composition, cette tente est identique à la précédente ; seulement, afin de pouvoir diminuer le nombre des piquets disposés tout autour de la tente et pour donnera celle-ci une forme plus gracieuse et une solidité
plus grande, j'eus soin, tant à Neuwied qu'à Lille, de faire construire une charpente à la fois légère et solide, de faire établir un parquet bien joint et légèrement exhaussé, de garnir l'ouverture d'entrée d'une marquise avec portières extérieures et intérieures, de pratiquer dans le pignon et dans le toit des châssis en fer-blanc destinés à recevoir des carreaux de vitre, d'adapter une soupape de ventilation,' de suspendre à l'intérieur des lampes à pétrole, d'y placer de 1 à 3 poêles en fonte ou foyers, et de faire communiquer les tentes entre elles au moyen de couloirs en toile. Les fentes existant entre le toit et les parois latérales furent recouvertes au moyen de couvertures de laine, et des nattes furent étendues sur le plancher; les fenêtres, ainsi que les persiennes à ventilation du toit, furent alternativement tenues ouvertes et closes.
Je transformai d'une manière analogue pour le service d'hiver les simples tentes en toile du modèle anglais. Seulement deux de ces tentes furent placées ensemble sous un large toit destiné à les abriter.
Nos tentes ainsi transformées furent en service depuis novembre 1870 jusqu'en avril 1871. Elles servirent à nos malades comme logement habituel, comme salle de récréation, comme salle à manger, etc. Elles furent plus chaudes que les baraques, et les malades les préféraient à celles-ci. . Tous ces modèles de tentes ont leur utilité en campagne. Mais cette utilité varie avec les matériaux dont elles sont constituées, avec la structure et aussi avec l'emplacement choisi et l'aménagement du terrain. Les charpentes en fer tiennent
! peu de place et sont surtout convenables pour les | petites tentes. Seulement elles ont l'inconvénient de se plier, de se fausser, de ne pas supporter le ! poids d'un toit tant soit peu lourd, et d'être bien plus difficiles à remplacer et à réparer qu'une char- [ pente en bois. Aussi la charpente en bois convient - I elle bien mieux à de grandes tentes -, elle peut d'ailleurs être perfectionnée, consolidée au besoin, et combinée avec des agencements en fer tels que les crampons, des anneaux, des crochets, ou même ; des portions de charpente en fer. La toile ou le coton américain que l'on emploie pour les tentes ne doit pas être de couleur trop claire, ni surtout uniformément blanche, à cause du reflet au dehors comme au dedans. Des tissus écrus, rayés, de couleur ou badigeonnés extérieurement en vert ou en j brun foncé (comme les tentes vertes de la famille | impériale en Russie), ou revêtus d'une doublure | foncée (tente d'ambulance russe, doublée en drap;
tente d'officier à toit doublé en toile cirée), atj ténuent la clarté de la lumière. Le badigeonnage à la couleur à l'huile, et la doublure en drap, ainsi que le revêtement du toit en toile cirée, ont en outre l'avantage de mettre à l'abri de la pénétration de la I pluie. Ce but est également atteint au moyen de I; certaines préparations chimiques dont il suffit d'im- | prégner la tente pour la rendre imperméable (la préparation de Schwabe \ par exemple). Mais comme l'un des avantages de l'emploi de la tente réside | précisément dans la perméabilité, qui permet le re-
1. Cfr. : le Camp de Krassnoje-Selo et celui de Châlons, j| Berlin, 1866, par le docteur O. Heyfelder,
nouvellement de l'air, ces moyens ne sauraient guère convenir que pour le toit de la tente.
Mode de fixation. — Quand la tente est fixée par des piquets, il est nécessaire de la consolider au moyen d'un talus élevé tout autour de la base et établi soit avec la terre rejetée lors du creusement des gouttières, soit avec du gazon ou des planches. Mais que la tente soit attachée au moyen de piquets ou fixée à l'aide de cordes partant du toit et s'attachant à des pieux fichés dans le sol, elle est d'un accès également difficile. Avec une solide charpente, les piquets peuvent être réduits à quatre, fichés dans le sol aux quatre angles de la tente; ils disparaissent complètement par l'emploi d'une pratique fort bonne, qui consiste à attacher la corde au moyen d'anneaux vissés dans des arbres des bâtiments voisins. Le sol devra être quelque peu exhaussé et aussi sec que possible. Il doit être rigoureusement interdit de le creuser à l'intérieur de la tente. Tout autour de la tente on établira une fosse destinée à servir à l'écoulement des eaux pluviales. Nous avons déjà vu que la terre rejetée lors de cette opération sert à établir un talus de renfort. J'ai vu dresser des tentes sur du gazon qui n'avait subi aucune préparation, sans qu'il en soit résulté d'inconvénients. Mais il vaut toujours mieux drainer le terrain, le fouler et le couvrir de gravier ou de sable. Comme les baraques, les tentes gagnent non-seulement en stabilité, mais aussi en agrément, en salubrité et en durée, quand on peut les disposer sous des arbres. La chaleur et la lumière sont insupportables dans une tente exposée sans protection au soleil. De plus,
en plein air et sans protection, les tentes courent le risque d'être enlevées par un ouragan. C'est ce qui advint à l'ambulance sous tentes du mont Saint-Roch, à Bingen, en 1870.
Il est absolument indispensable que le sol ne soit souillé d'aucune façon dans l'intérieur et tout autour de la tente ; on doit particulièrement le préserver contre l'imprégnation par les produits de déjection (Larrey, Goffre). Il est donc essentiel de préparer la nuit un nombre suffisant de baquets pour les malades valides, et de vases pour les malades couchés, et d'exercer la plus active surveillance et le contrôle le plus sévère à cet égard. Au camp de Châlons, les soldats français tenaient le sol et le pourtour de leurs tentes dans un état de propreté exemplaire. Partout où les tentes d'ambulance sont mises en service pour une certaine durée, on doit favoriser à l'entour la culture et l'entretien de verdure et de fleurs; quand une tente a été établie plus de deux mois sur le même emplacement, les raisons sanitaires en réclament le déplacement (Roth), ainsi que Font fait les Prussiens pour le camp de Lokstäd.
Les malades sont couchés sous la tente, dans le sens des rayons (Français) ou dans celui de la circonférence- à défaut de lits, on se contente provisoirement d'une couche de paille, ou de châssis de planches placés sur des bancs de gazon ou des blocs de bois, etc. Indépendamment de la ventilation qui s'établit par le faîte (Prussiens), par des lucarnes (Anglais), à travers le tissu même de la toile, il convient de tenir la porte ouverte aussi souvent que possible et de détacher^ temporairement une paroi
tout entière, attendu que sous la tente l'air s'altère et se vicie facilement, surtout quand la toile est imprégnée d'humidité.
Chauffage. — En hiver, le chauffage des tentes se fait au moyen de poêles en fonte ou en faïence dont les tuyaux, émergeant de la tente à travers une ouverture bordée de tôle, s'étendent aussi loin que possible au dehors; l'ouverture du tuyau est coiffée d'un petit chapiteau en tôle. C'est le système que j'ai employé. Les Américains se servent du dispositif que voici : la tente est traversée dans le sens de son grand axe par un canal souterrain, dont Tune des extrémités est extérieure à la tente. Devant cette extrémité on entretient un feu de charbon, tandis qu'à l'autre extrémité se trouve une cheminée élevée. La chaleur est ainsi conduite à travers tout le parquet de la tente. Les Américains déclarent que ce chauffage est suffisant; quant à nous, nous voulons bien concéder que cela vaut mieux que rien, mais nous doutons que ce procédé puisse convenir autrement que dans des climats très-doux et par des hivers courts.
Locaux de nécessité.
En temps de guerre, les établissements dont on dispose ne suffisent pas toujours aux besoins du moment et du lieu, et l'on se voit dans la nécessité de recourir aux expédients les plus variés. Le règlement sur le service de santé de l'armée française {Journal militaire officiel, 1871, page 626) dit sur ce point: «Lorsque l'administration n'est pas en mesure de construire des baraques dans de bonnes condi-
tions d'emplacement et de dimensions, on peut utiliser les constructions agricoles et les habitations particulières en réservant les petites chambres, soit pour les officiers, soit pour les hommes gravement atteints. » On prend ce qu'on trouve et l'on se tire d'affaire comme on peut. Mais tous les locaux, tous les bâtiments, toutes les maisons ne peuvent être également utilisés et, en admettant qu'on puisse les utiliser, tous ne présentent pas les mêmes avantages. L'expérience acquise dans la dernière guerre a permis d'apprécier la valeur des diverses constructions comme locaux d'ambulances et de déterminer quelles sont celles qui s'y prêtent le mieux, celles qui s'y prêtent moins bien et celles qui ne s'y prêtent pas du tout.
Hôpitaux civils. — Comme premier expédient, on recourt ordinairement aux hospices civils, où, à côté des installations nécessaires au service de santé, on rencontre un personnel tout exercé. Mais malgré ces avantages, les hospices civils conviennent peu à l'hospitalisation des blessés de la guerre, attendu que l'on y voit aussitôt éclater des maladies chirurgicales. Nous trouvons la preuve de ce que nous avançons dans ce qui se passa, particulièrement pendant la dernière guerre, dans les hospices civils de Saint- Quentin, Bonn, Cologne et Lille. A l'hôpital Saint- Sauveur de Lille , qui subsiste depuis plusieurs siècles déjà, aussitôt que l'on y eut placé des blessés, on vit éclater une épidémie de pourriture d'hôpital si intense, qu'il fallut immédiatement évacuer l'établissement et disperser les blessés chez les particuliers. La cause paraît résider dans une im-
prégnatiôn de Fair, des ustensiles, des murs, de tout le sol, par des effluves nosocomiaux. Les hôpitaux militaires présentent les mêmes inconvénients et les mêmes dangers. Exemples tirés de la dernière guerre : Lille, Metz, Coblence, Versailles, Strasbourg1.
Casernes. — On est bien naturellement conduit à affecter au service de santé les casernes devenues vacantes par l'entrée en campagne des troupes. Mais l'expérience s'est prononcée contre cette pratique. Pour les arguments nous renvoyons aux résultats obtenus par le service hospitalier dans la caserne des ulilans à Berlin, en 18G6, et dans les casernes de Wiesbaden, Metz, Bieberich, Mannheim, Trêves, Bouillon (Belgique;, en 1870 et 1871. Le danger consiste d'abord dans la saturation des locaux par les produits organiques de déjection, puis dans l'absence de toute installation spéciale pour les malades, dans l'absence totale de latrines pour les grands malades, et dans Féloignement des latrines destinées aux malades valides, lesquelles sont situées souvent dans un bâtiment tout à fait distinct. Quand on n'a pas le temps de procéder à un nettoyage à fond, d'organiser la ventilation et les installations spéciales nécessaires au service de santé, on ne doit jamais placer des blessés dans une caserne qui a déjà servi; on aurait plus d'avantages à y loger de petits malades. Les résultats obtenus en 1870 et 1871 dans
1. Edholm {Reseanteckningar af en Militärläkare, 1870) parle de la fréquence de la pyoémie et de la grande mortalité à l'hôpital militaire de Strasbourg. (Voir aussi : Heyfelder, Rapport sur mou activité en France et sur le Rhin en 1870-1871. Saint- Pétersbourg, 1870-1871.)
la caserne des uhlans de Berlin (Virchow, Goldhain- ' imer), sont une preuve de ce que peuvent, malgré tout, à cet égard, les soins de propreté, la ventilai jtion, la circulation d'eau, les réparations et un traitement rationnel.
Eglises. — Plus rarement de nos jours qu'autrefois, il arrive qu'on soit conduit à utiliser les églises ipour les blessés. Dépourvues de moyens de chaufifage et dallées en pierre, elles sont peu agréables et même dangereuses; elles peuvent donner lieu à des I maladies par refroidissement et, chose plus grave, au tétanos. Toutefois, des églises, telles qu'on les rencontre fréquemment en Russie, mais exception- = ! nellement partout ailleurs , des églises qui sont i exhaussées au-dessus du niveau du sol, qui ont des planchers en bois, qui sont sèches et peuvent être chauffées , conviennent parfaitement en raison de lleur notable cubage d'air et en raison de ce qu'elles ; ne -constituent pas des habitations habituelles et, par j suite, confèrent une grande immunité. A Saint-Wendel, on fit acte d'improvisation heureuse en plaçant des blessés dans l'église, et le traitement chirurgical ; donna les meilleurs résultats.
Maisons d'école. — Pourvus de pièces spacieuses, { installés pour un grand nombre de personnes, habités ! temporairement seulement, les écoles, séminaires, institutions, pensionnats, sont partout volontiers transformés en ambulances. Les écoles ne constituant pas, à proprement parler, des habitations, sont plus hygiéniques (exemples de 1870-1871 : Unkel sur le Rhin, Grand-Essigny dans l'Aisne, Mouzon dans les Ardennes) ; les séminaires et les pensionnats sont
plus commodes à cause du grand confort de leur installation; mais ils donnent d'autant plus facilement lieu aux accidents des plaies qu'ils ont servi pendant un plus long temps à l'habitation et au couchage. Quand ils sont de construction récente et conformes aux lois de l'hygiène, ou quand on a eu le temps de les désinfecter ou de les remettre à neuf, cet inconvénient est moindre. En 1870-1871, on y installa fréquemment des ambulances de nécessité et on y obtint les meilleurs résultats (exemples : "Neuwied, Nancy, Château-Thierry, Saint-Quentin).
Couvents. — En tant que constructions importantes installées pour abriter un grand nombre de personnes, placées dans une situation belle et salubre, entourées de nombreuses dépendances et de vastes jardins, constituant un tout fermé ou tout au moins facile à fermer, les couvents peuvent convenir à un service hospitalier. Mais les vieux monastères tortueux, comme ceux qui reçurent des blessés à Andernach, Marktbreitbach, Kœnigswinter, doivent être absolument rejetés. Placer les malades dans des cellules étroites, sombres, mal ventilées, serait agir en contradiction formelle avec les principes dé la science. D'ailleurs, la sévérité de la discipline monastique, le sombre recueillement et le silence solennel qui régnent forcément dans certains couvents, exercent une influence pernicieuse sur le moral des blessés et des convalescents. Ces influences fâcheuses, j'eus l'occasion de les observer chez les convalescents placés dans le couvent, d'ailleurs magnifique, de Laach. Puis, souvent aussi, on rencontre là cet esprit de domination propre au monde clérical et
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îertaines préventions qui, au grand détriment du
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Châteaux. — Les châteaux, surtout ceux qui ne ont pas habités d'une manière permanente, conlennent tout particulièrement pour servir d'ambuances de nécessité, en raison de la largeur des scaliers et couloirs, de la hauteur des pièces, de a bonne organisation des cuisines, qui sont spaieuses; en raison de l'existence de remises, de aves, de dépendances, de latrines bien dispoées, d'installations balnéaires, des moyens préentifs contre l'incendie, enfin en raison de leur xposition habituellement bonne et hygiénique, de a richesse de végétation qui les entoure et d'une ituation relativement isolée. Exemples : les châeaux d'Engers, Dierdorf, Schwetzingen, Uccle, La Sasse (Belgique), Ruitz, Versailles, etc.
A côté des châteaux et palais, nous rangeons tous 3s édifices publics contenant des salles spacieuses t qui ne sont pas habituellement habités, en sup-; iosant toutefois qu'il y existe des latrines en quanité suffisante et qu'on y trouve ou que tout au moins n puisse y installer une ventilation efficace. C'est insi qu'on employa avec succès, en 1870-1871, le îusée à Cambrai, le tribunal civil à Sedan, le palais e justice à Epernay.
Auberges, hôtels, salles de bal, — Les auberges, ôtels et salles de bal offrent de même des locaux t une installation qui conviennent pour les ambumces improvisées. Pendant la dernière guerre , les ailes de bal furent mises à contribution avec une
certaine prédilection et avec succès. Exemples : 1 1 Bordeaux, Paris, Lille, Neuwied, Andernach, Kreuz- 1 J nach, Saint- Wendel, Saint- Grilles, Ehrenbreitstein, I; etc.^, etc.
Etablissements thermaux. — On pourrait croire, a priori, que les établissements thermaux se prêtas- ! i sent à merveille à recevoir des blessés. Mais l'expérience n'a pas réalisé cette attente. Ems, par exemple, qui pourtant présentait tous les avantages possibles, vit au Panorama et à la Maison-de-Pierre sej produire un nombre relativement considérable de cas de pyoémie. A Kreuznach, le traitement chirur- \ gical eut des résultats défavorables, et même les: officiers placés dans les établissements balnéaires et dans les garnis n'échappèrent pas aux accidents des plaies. Wiesbaden, — les baraques exceptées, — ne peut pas se flatter de résultats remarquablement bons. La raison de ces mécomptes doit être cherchée dans deux causes de natures diverses : 1° les locaux avaient été préalablement et depuis longtemps occupés par des malades ; 2° l'esprit de lucre des propne-j | taires avait fait réduire l'espace des chambres, au point qu'elles n'avaient pas le cubage d'air réglementaire et la ventilation n'était pas organisée.
Maisons particulières. — En principe, les habita; tions privées ne doivent pas être choisies pour l'installation durable des blessés de la guerre. Ce qu'or y gagne par la décentralisation, on le perd par le* difficultés apportées au service médical, par l'absenc< de tout contrôle hygiénique et militaire, par l'isole ment excessif des blessés : solamen miser o est socio habuisse malorüm. D'autre part, le défaut d'espace
l'absence des installations sanitaires, la vétusté, la situation rendent parfois les maisons particulières nuisibles ; les soins bien intentionnés, mais mal entendus des habitants peuvent les rendre absolument pernicieuses. Tout ce que j'ai vu des résultats du traitement des blessés chez les particuliers à Coblentz, (Wiesbaden, Kreuznach, Ems et Lille, est peu encourageant. Nulle part, tant s'en faut, les blessés n'ofifraient l'apparence de santé et de prospérité que (présentaient les hommes confiés à mes soins dans les baraques et sous les tentes de Neuwied et de Lille. [Aussi, le gouvernement prussien — il est vrai que c'était surtout pour des raisons administratives — prononça-t-il, pendant le cours de la guerre, l'interjdiction de mettre des blessés en traitement chez les particuliers. Mais tout cela ne veut pas dire qu'à la campagne, dans un jardin, sur un emplacement libre, une maison particulière construite selon les règles de |l'hygiène, proprement tenue, habitée par des personnes en petit nombre, ne puisse recevoir avantageusement, dans des pièces vastes et aérées, un nombre restreint de blessés et les tenir à l'abri de : tous les dangers de l'encombrement, notamment des épidémies et infections qui en sont la conséquence. iPirogofF appelle particulièrement l'attention sur ce (point. Après de grandes batailles, il arrive souvent qu'il .n'y a pas dans les environs une seule maison j qui ne contienne des blessés.
1 Les locaux des sociétés de gymnastique constituent | la transition entre les salles closes et les locaux ou- I verts ; par leur mode de construction, ils se rappro- I chent des baraques. En y plaçant des poêles, on peut
les utiliser en hiver. Mais il faut s'assurer que ces locaux sont suffisamment accessibles au soleil et à l'air. Dans ce cas, on y obtient d'assez bons résultats.
Granges. — En faisant la dépense de quelques rideaux de toile, on transforme une grange en une ambulance très-passable et parfaitement hygiénique, en raison du double avantage de l'aération et de l'absence d'humidité. En tout temps, avant qu'on connût les ressources dont on dispose aujourd'hui pour améliorer l'installation des malades et blessés, les granges servaient à cet effet.
Arsenaux. — Les arsenaux, manèges, cirques, peuvent, comme les locaux dont nous venons de parler, être employés comme ambulances de nécessité, et cela d'autant plus avantageusement que le sol est plus sec et l'air plus souvent renouvelé.
Wagons. — Aligner de longues séries de wagons sur un espace libre distrait de la voie ferrée, au centre d'une ville (Metz), et les utiliser comme hôpital, c'est là une idée qu'il était réservé au génie inventif des Français et à la détresse d'une place assiégée de mettre en pratique. C'est d'ailleurs une fort bonne installation pour les blessés légers.
Fabriques. — Certains établissements industriels, hangars, marchés, halles, corderies, magasins de fabriques, conviennent mieux que tout autre local pour une ambulance improvisée. Avec leurs salles élevées, leur ventilation active, leurs abords faciles, leur toit, leurs parois en vitrage, leur charpente en fer, ces locaux semblent faits tout exprès pour recevoir des malades et des blessés (Carlsruhe, Metz,
Nancy, Bruxelles, Saint-Quentin1). Naturellement I faut rejeter les bâtiments des industries insalubres, comme les usines de produits chimiques, les miroiteries, où l'on manie le mercure, les fabriques d'allumettes phosphorées, etc. Si l'immunité des manufactures de tabac à l'égard du choléra (Dr Marchai, à Strasbourg) venait à se confirmer, il y aurait indication à les employer le cas échéant.
Navires. — Parfaits comme moyens de transport, les navires soulèvent quelques objections quand on veut les utiliser comme ambulances. Les locaux pontés ne possèdent ni le cubage d'air, ni la ventilation nécessaires ; sur le pont, les malades ne peuvent pas séjourner en permanence. Quand les flots sont agités par la tempête, les mouvements du navire sont pénibles et nuisibles pour les fracturés et les opérés. Ce sont les circonstances de lieu qui commandent ou empêchent la transformation des navires en ambulances. Quatre vaisseaux-hôpitaux servirent aux Espagnols, pendant la guerre du Maroc (1854), à évacuer les blessés sur les ports de la péninsule. Un hôpital flottant de 300 lits, stationné dans le port de Geuta, eut une grande utilité comme annexe des hôpitaux installés dans la ville.
De tout ce qui précède, on peut déduire, en ce qui concerne le choix des locaux à affecter au service hospitalier, les données générales suivantes:
La première condition du choix consiste à deman-
1. Observations médico-chirurgicales pendant la guerre franco-allemande. Heyfelder, 1870-1871 ; Saint-Pétersbourg,
der aux locaux un abri contre le soleil, le vent, la I pluie et l'humidité du sol; en second lieu, il faut, d'une part, l'espace nécessaire pour placer les lits et le matériel, et pour l'exécution du service; d'autre part, le libre accès de l'air et de la lumière ; on doit considérer ensuite la situation, les environs, la proximité de l'eau et de quelque verdure, la facilité des abords, la possibilité d'isoler les malades et de les changer de pièces (locaux de rechange) ; enfin, selon le climat et la saison, il faut tenir compte des dispositifs pour se préserver contre le froid (fermeture hermétique, chauffage).
Il sera avantageux de choisir la proximité (mais non le centre) d'une grande ville, à cause des ressources plus grandes en moyens matériels et intellectuels, à cause du voisinage et du facile accès des grandes voies de communication. Avec l'extension donnée de nos jours aux chemins de fer et aux I lignes télégraphiques, il est indiqué de raccorder l'ambulance avec les uns et les autres ; d'ailleurs l'existence de la voie ferrée donne plus d'extension à l'idée de proximité d'une grande ville.
D'une manière générale, les locaux inhabités doivent être préférés aux bâtiments habités , les habitations temporaires aux habitations permanentes, les maisons habitées par des individus bien portants aux maisons logeant des malades.
Il est aussi important de combattre l'encombrement par une certaine décentralisation, que la dissémination excessive par une certaine concentration.
Les hangars, salles de gymnastique, granges, fabriques, ateliers, locaux vitrés, sont préférables
pour les blessés et les typhiques, pour la saison chaude et les climats méridionaux; les bâtiments bien clos, avec de grandes salles, valent mieux pour les autres malades, pour l'hiver et pour les pays septentrionaux.
Récapitulation de l'installation des malades.