‹ Manuel de chirurgie de guerre [electronic resource]Chapitre 6 sur 35 · LE TRANSPORT DES BLESSES EN ARRIERE DU CHAMP DE BATAILLE · texte numérisé non relu

LE TRANSPORT DES BLESSES EN ARRIERE DU CHAMP DE BATAILLE

Pour soustraire les blessés à la pluie des balles et, après le combat, pour les ramener du champ de bataille à la station de pansement, on emploie de pré-

férence les porteurs. Des voitures d'une certaine dimension, à deux ou à quatre chevaux, ne peuvent approcher qu'à une certaine distance du terrain où l'on se bat; une voiture étroite, à un cheval, est déjà plus en mesure de se rapprocher du centre de Faction, quoique un véhicule, quel qu'il soit, rencontre toujours de grands obstacles pendant la fusillade et sur le terrain couvert de cadavres et de débris. Les cacolets, les chevaux, mulets, chameaux et en général tous les animaux de selle ou de bât, affectés au transport des blessés, restent une spécialité propre aux pays montagneux peu frayés et aux déserts1. L'homme portant un brancard ou poussant une charrette peut seul surmonter les obstacles moraux et matériels du champ de bataille proprement dit.

Les porteurs, les aides, les médecins doivent-ils, pendant l'action, s'avancer sur le terrain battu et en soustraire les blessés ? C'est une question dont la réponse ne doit dépendre que de leur propre résolution (2) ; on ne peut pas les y envoyer par un ordre. Quant au point sur lequel ils doivent se rendre, quant au moment où ils doivent s'y diriger, quant à la protection sous laquelle ils peuvent et doivent le faire, cela dépend des dispositions arrêtées par le chef médical ou militaire du détachement sanitaire. Il serait absolument irrationnel que les gens qui doivent secourir et sauver les gens qui combattent fussent exposés ni plus ni moins que ces derniers.

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