Algérie, Mexique, Chiva
2. L'auteur ne peut évidemment faire allusion ici qu'aux volontaires civils, (yote du traducteur.)
Transport à bras d'homme.
Avant de nous occuper des appareils mécaniques, il est nécessaire de parler de l'application rationnelle de la main et du bras de l'homme au relèvement et au transport des blessés. Ces manœuvres doivent être l'objet d'exercices spéciaux dans les corps de troupes de santé. Sur le champ de bataille., le médecin ne peut s'occuper de la direction du service du transport, il ne peut pas davantage y concourir personnellement. Un certain commandement, exercé par le médecin ou par un des membres de la compagnie de santé, est indispensable pour donner aux mouvements et aux manœuvres l'unité nécessaire. Lés termes de commandement doivent, autant que possible, être uniformes pour les troupes de santé et pour les aides volontaires des diverses armées.
Transport par un seul homme.
1° Transport a dos. Un homme seul peut transporter sur son dos, à une distance assez considérable, un blessé encore capable de le seconder par l'usage d'un bras au moins, en supposant qu'il n'y ait pas entre les deux individus disproportion de taille ou de force physique. Cette manière de porter à dos d'homme est universellement connue. Le porteur se place, un genou en terre, devant le blessé de manière à lui présenter le dos. Il se fait embrasser le cou par le blessé, saisit à son tour les genoux de
ce dernier, le hisse sur son clos et se relève. Quand le blessé est faible et incapable de s'aider, le porteur fera bien, en se relevant, de s'appuyer contre le sol, contre un mur, sur un bâton ou un fusil, afin de ne pas être renversé en avant ou de côté par son fardeau inerte.
2° Transport a bras. Il est plus difficile à un homme de porter un blessé à bras. Il faut, pour cela, ou bien que le blessé puisse embrasser le cou du porteur et y prendre point d'appui, ou bien que le porteur soutienne le corps du blessé au moyen d'une large écharpe qu'il fixe à son propre cou ; dans les deux cas, la charge incombe en grande partie à l'axe du corps et non plus exclusivement aux bras du porteur. Un drap ou une couverture, appliquée, dans toute sa largeur, autour de la partie moyenne, la plus lourde, du corps du blessé et passée ensuite autour du cou ou de la partie supérieure du tronc du porteur, remplit l'office. Mais ce qui vaudra mieux encore, c'est une sorte de long tablier fixé autour des reins du porteur, passé sous le blessé, puis ramené en haut autour du cou du porteur; ce dernier engageant sa tête à travers une fenêtre taillée vers le bord inférieur du tablier (fig. 7).
Une forte ceinture en cuir, munie de trois anneaux en fer, est passée autour des reins de l'homme. Par trois crochets en fer, un tablier de forte toile à voile, de deux aunes et demie de long, peut être appendu à cette ceinture. L'extrémité libre du tablier se termine en ovale et porte une ouverture, assez grande pour laisser passer la tête d'un homme, et dont le bord est doublement ourlé et bordé en toile à voile ou en
cuir. Quand le tablier ne sert pas, on le porte roulé autour du corps. Quand il s'agit de relever un blessé,
Fig. 7.
le porteur décroche son tablier, l'étalé sur le sol et y place le blessé perpendiculairement à l'axe longi-
tudinal du tablier, mais non exactement au milieu de cet axe. Puis il s'approche et met le genou en terre, à la hauteur de l'extrémité la plus large de la toile. Il attache le tablier à la ceinture, reploie l'extrémité libre, qui est la plus longue, par-dessus le tronc du patient, passe la tête à travers l'ouverture, saisit le blessé, puis se redresse, sur un genou d'abord, sur l'autre ensuite, et passe de la position courbée à la position verticale. Ce mode de transport est consacré par la coutume populaire. Les paysannes, quand elles ont un trajet un peu long à faire avec leur enfant sur le bras, le fixent, au moyen d'une écharpe triangulaire, à leur cou ou sur leur dos ; les femmes tartares boutonnent leurs enfants avec elles dans le manteau • les femmes de la Thuringe portent sur l'épaule un petit manteau spécialement destiné à être passé autour du corps de leur progéniture.
Dans tous ces systèmes de transport, quand on parvient à donner au blessé une position élevée, ou quand il peut s'aider dans une certaine mesure, ou encore quand le porteur trouve pour se relever un point d'appui ou le secours d'une main d'homme, la manœuvre gagne beaucoup en rapidité et en sécurité.
Transport par deux hommes.
3° Deux hommes peuvent porter un blessé dans la position couchée ou assise, d'une manière bien plus rationnelle.
a) L'un des hommes saisit le blessé, comme nous l'avons vu plus haut, à bras, l'autre soutenant la
partie blessée, la tête ou le membre inférieur, par exemple. Cette position est intermédiaire entre l'attitude assise et le décubitus.
b) Transport dans la position couchée, le malade saisi par les cotés. La nature de la blessure et l'absence de brancard, etc., peuvent exiger que le blessé soit transporté à bras dans la position horizontale. A cet effet, on commence par coucher le patient sur la face ou le côté intact, la face ou le côté lésé regardant en haut. La partie lésée échappe ainsi à la pression des mains et des bras qui relèvent le blessé, et elle trouve sur le tronc ou sur le membre sain un soutien et un appui ; un bras fracturé viendrait ainsi à reposer sur le thorax, le membre inférieur brisé sur l'autre membre^inférieur. Le blessé ainsi disposé, les deux porteurs se placent aux deux côtés/lu patient, se baissent ou mettent le genou en terre et se passent les mains par-dessous son corps, de manière à fournir toujours un appui à la partie la plus lourde, le bassin. Cela fait, aux commandements : Attention ! » et « Debout ! » prononcés successivement par l'un des porteurs, ils se lèvent simultanément, puis, au commandement : « Marche ! » ils avancent latéralement en partant l'un du pied droit, l'autre du pied gauche.
c) Un autre procédé de transport consiste à saisir le malade par les deux extrémités du corps. L'un des porteurs se place ou s'agenouille près de la tête du blessé et embrasse, de derrière, le haut du tronc du patient, de manière que la tête de ce dernier vienne à reposer contre la poitrine du porteur. Le second se place entre les jambes du malade, le dos tourné
vers le premier porteur, dans une position également courbée, et passe ses deux bras sous les jarrets fléchis du blessé. Le premier porteur commande alors : « Attention ! debout ! » tous deux se dressent simultanément, puis, au commandement : « Marche ! » ils partent tous deux du même pied (fig. 8).
Tous ces procédés ne sont applicables que pour de courts trajets, à moins de changer la position des porteurs ou de relever ces derniers. Le transport dans la position assise est bien plus commode et plus facile; il est vrai qu'il suppose chez le blessé plus de forces* et d'aide.
d) Transport par deux hommes, dans la position assise, sur deux mains. Le procédé de transport sur deux mains, qui est le plus usuel parmi les procédés de transport par deux hommes, est absolument analogue au procédé décrit pour les malades transportés dans la position couchée et saisis par les côtés, en ce qui concerne les manœuvres qui consistent à se placer près du malade, à le saisir et à le soulever. Seulement le blessé se redresse, prend la position assise et passe ses bras autour des épaules des porteurs, tandis que ces derniers, chacun avec le bras le plus voisin de la tête du blessé , fournissent un appui au dos du blessé assis sur les deux autres bras.
e) Le transport sur quatre mains s'effectue de la manière suivante : Les deux porteurs mettent chacun un genou en terre derrière le blessé et, au moyen de leurs quatre mains entrelacées, constituent une sellette. A cet effet, le porteur A, de sa main gauche, empoigne de haut en bas son poignet droit,
et de sa main droite le poignet gauche du porteur B. Le porteur B, de son côté, saisit de sa main
gauche le poignet de sa droite, et de sa droite ferme
la chaîne en saisissant le poignet gauche du porteur A
Fig.
Les quatre mains entrelacées peuvent être avantageusement remplacées par un fort simple appareil : f) La couronne de cordes tressées. A l'aide d'un bout de corde assez gros et d'autres bouts plus minces, on tresse une couronne d'un diamètre tel qu'un homme puisse s'y asseoir. Deux porteurs saisissent cet anneau, l'un de la main droite, l'autre de la gauche ; ils le passent sous le siège du blessé, et de leurs mains libres ils font un dossier au malade qui se retient à leurs épaules avec ses deux bras (fig. 10).
(/) Un rond de paille tressée, semblable à ceux que les chimistes placent sous leurs matras, remplit le même office. Pour confectionner ce rond, on commence par mouiller la paille, puis, à l'aide d'un fil
enroulé autour, on prépare un certain nombre de tresses qu'on entrelace de manière à constituer une corde ; cette corde est roulée en un anneau qui, à
Fig. 10.
son tour, est solidement ficelé de manière à constituer un rond bien fermé (fig. 10).
h) Sellette en cuir et en toile. La courroie ou lanière de porteur répond au même but. Les deux extrémités terminales d'une pièce rectangulaire de toile
à voile ou de cuir sont cousues autour de deux cylindres en bois. A la hauteur de la partie moyenne de
ces cylindres , une ouverture est taillée dans la pièce de toile de manière à permettre le passage des mains du porteur. Le tout a l'apparence d'un pliant sans pieds ; la sellette se rapproche tout à fait, par son mode d'emploi, des appareils décrits plus haut
(fia- ")•
Le transport sur la main ou à bras, par un ou deux hommes, ainsi que cela ressort de tout ce que nous avons dit plus haut, n'est praticable, que pour des blessés peu grièvement atteints. Quand il s'agit de transporter, sans brancard, à une distance notable, un homme grièvement blessé , l'opération exige le concours de trois, quatre ou cinq personnes.
Quand, par exemple, l'une des extrémités inférieures est sérieusement lésée, le blessé peut être relevé et transporté par deux hommes opérant ainsi que nous l'avons exposé dans les alinéas b, d, e, f} g, h, tandis qu'un troisième, avec ses deux bras, soutient et porte le membre atteint (fig. 12).
Dans le cas dune plaie de tête, le blessé est porté de la manière décrite sous les rubriques b, d ou h, et le troisième porteur passe derrière lui et embrasse la tête à l'aide de ses deux mains ou de ses deux avant-bras, ou encore l'appuie contre sa poitrine.
Quand l'homme est très-grièvement blessé et qu il ne peut s'aider en rien, il faut cinq hommes pour le transporter : deux porteurs le saisissent de la manière décrite sous la rubrique b, le troisième supporte le haut du corps et la tête, les deux autres se placent chacun en dehors de l'une des extrémités inférieures
Fig. 12.
et la soutiennent. Celui qui supporte la tête prononce les commandements: « Attention! debout ! » puis « Marche ! » et tous cinq, après s'être relevés avec leur fardeau, se mettent en marche, en partant du même pied, mais en fléchissant sur le jarret à chaque pas.
Transport au moyen de brancards à bras et de brancards à roues.
Les brancards employés pour le premier transport ont subi de grands perfectionnements , mais sont devenus trop compliqués et trop coûteux. Tout matériel destiné à servir sur le champ de bataille doit présenter un certain degré de simplicité dans la construction et dans les matériaux, car il faut qu'il soit facile à manier et facile à réparer promptement et qu'il puisse être usé ou même détruit sans qu'il en résulte une perte appréciable.
Le personnel sanitaire doit être exercé à improviser un brancard au moyen de branches d'arbres, de bâtons, d'armes et d'une pièce de toile ou d'un manteau étendu par-dessus et fixé sur ces hampes d'occasion. La manœuvre, qui consiste à coucher les malades sur les brancards, ressemble fort à celle qui consiste à donner provisoirement, sur le terrain même, aux blessés une bonne position; l'une et l'autre doivent être l'objet de sérieux exercices.
Couchage des blessés sur le brancard.
Pour l'opération du couchage d'un blessé sur le brancard, on peut procéder de deux manières : deux hommes soulèvent le blessé, comme nous l'avons vu
plus haut (ou trois hommes, le dernier soutenant la * tête et le haut du corps), et le portent vers le brancard placé tout près; ou bien deux hommes soulèvent le blessé à bras, tandis que le troisième pousse le brancard sous lui.
Pendant qu'ils soulèvent et couchent le blessé, les porteurs ne doivent pas perdre de vue les préceptes généraux suivants :
1° Épargner au malade tout dommage, en évitant de tirer sur la partie lésée, de la serrer, de la laisser pendre sans soutien ;
2° Lui épargner toute douleur, en évitant de le saisir rudement ou maladroitement, et en opérant avec ensemble pour le soulever du sol et pour le déposer sur le brancard ;
3° Les porteurs doivent saisir le malade solidement et tout en se mettant à leur aise, afin de pouvoir garder leur attitude pendant un certain temps et de ne pas se voir exposés à lâcher prise brusquement. Aussi est-il bon, préalablement, d'enlever tous les objets gênants, de choisir une bonne place et de se ménager des points d'appui. La compagnie sanitaire devrait être exercée à ces manœuvres au gymnase, et les médecins y devraient participer dans une certaine mesure.
1) Position à donner aux blessés dans le cas de plaies de la face ou du sommet de la tête.
Le blessé est couché sur le dos, la tête appuie sur le dossier du brancard et repose sur un coussin; à défaut de coussin, on se sert du manteau du blessé, que l'on plie en. deux par le milieu et que l'on roule
à ses deux extrémités en gouttière. L'occiput et le haut du dos sont placés entre les deux parties roulées en cylindre,, et le tout est fixé autour de la tête au moyen d'une pièce d'étoffe ou d'une ficelle.
2) Position dans les plaies de la région antérieure du cou.
Tandis que, dans le cas précédent, les épaules sont relevées, ici le corps tout entier est placé horizontalement dans le décubitus dorsal ; la tête seule n'est élevée, au moyen du dossier ou d'un coussin, qu'autant qu'il est nécessaire pour rapprocher plus ou moins le menton de la poitrine quand la plaie est transversale. Dans les plaies des parties latérales, on incline légèrement la tête vers le côté lésé.
3) Position dans les plaies de poitrine.
Décubitus dorsal, le haut du tronc étant quelque peu élevé par l'interposition d'un corps mollet ; légère inclinaison ou incurvation vers le côté blessé, excepté dans les cas de fracture de côte, où le malade doit reposer sur le côté opposé à la fracture, celle-ci regardant librement en haut. Pour rendre plus supportable ce décubitus partiellement latéral, on cale le malade, à l'aide du manteau plié ou roulé, ou à l'aide d'un autre objet d'équipement.
4) Position dans les plaies de l'abdomen.
Décubitus dorsal ou latéral, les cuisses dans la flexion; en cas de décubitus dorsal, les cuisses sont soutenues au moyen du sac, du manteau, de la cartouchière glissés sous le creux du jarret.
5) Position dans les plaies de la face postérieure de la tête, du cou et du thorax.
Decubitus latéral avec soutien dans le dos, le manteau plié passé sous les jambes légèrement fléchies.
8) Position dans les plaies de la colonne vertébrale, de la face postérieure du bassin et du périnée.
Le blessé est couché sur le ventre, le dossier du brancard abattu, la face tournée latéralement de manière à laisser le nez et la bouche sur le bord du coussin passé sous la joue et sous l'oreille. Quand il y a fracture de la colonne vertébrale, le patient doit être soulevé et transporté avec des précautions toutes particulières, toujours sur un brancard, car si le tronc n'était pas soutenu, on augmenterait le poids qui pèse sur la moelle et on pourrait ainsi déterminer une solution complète de la continuité de celle-ci.
7) Position dans les plaies de l'extrémité supérieure.
Decubitus dorsal, le bras blessé reposant sur le corps ou sur le manteau plié et placé sur les côtés du thorax ; ou encore decubitus latéral sur le côté sain, avec appui du côté du dos, le membre soutenu comme précédemment.
8) Position dans les plaies de l'extrémité inférieure.
Décubitus dorsal, la jambe blessée étendue et fixée dans cette position, la jambe saine fléchie ou arcboutée en bas. Indépendamment des appareils réguliers ou improvisés qui peuvent être appliqués, on peut utiliser le manteau roulé comme pour les plaies de tête, en plaçant simplement le membre entre les cylindres comme entre deux fanons et en fixant* le
tout au moyen de deux ou trois cravates ou bouts de bande (fig. 13).
Brancards.
Il en existe des quantités appartenant aux formes et aux types les plus divers. Ils se subdivisent essentiellement en brancards à bras, ou brancards proprement dits, et en brancards roulants ou brancards à roues. Les premiers, qui traversent facilement les accidents de terrain, constituent le vrai brancard de bataille. Dans les compagnies de santé bavaroises (d'après Ch. Schiller, loc. cit.), on en a de deux modèles : le brancard de campagne et le brancard à roulettes. Ce dernier, comme son nom l'indique, porte, au bout de chacun de ses pieds, une roulette ; ces roulettes permettent de le faire glisser sur un terrain plan. Ce brancard appartient à la voiture de transport de blessés. Quant aux brancards de campagne, au contraire, ils sont démontés et portés chacun par trois hommes de la compagnie. L'un est chargé de la traverse de l'une des extrémités et d'une bretelle, un second porte les deux hampes et la toile qui sert à les enrouler, le troisième porte la traverse de l'autre extrémité et la seconde bretelle. De cette manière, un brancard peut franchir tous les. obstacles, passer par tous les chemins et être transporté n'importe où, pour être monté à côté du blessé.
Les brancards se divisent en démontables et non démontables. Leur charpente est en bois ou en fer, leur toile en toile à voile ou en toile cirée ; ils sont montés sur des pieds ou en sont dépourvus, ils sont couverts ou non. Un bon brancard doit être
doit avoir une largeur et une longueur suffisantes
sans être trop volumineux cependant ; il doit être à la fois solide et léger et être bien en main. Le bran-
Pig. 14
Brancard suisse complètement monté.
Attelles et pieds du brancard (partie où doit reposer la tête) prêts pour le montage.
Attelles et pieds (partie où doit reposer la tête) prêts pour l'emballage.
card suisse (fig. 14), celui de Fischer, de Heidelberg (fig. 15), le simple brancard d'hôpital russe, les bran-
Fig. 15.
cards anglais, américain (fig. 16) et le triclinum mobile de Mühlwenzl, sont très-recommandables (*).
Le DrMartrés, médecin militaire français, a montré comment on peut utiliser la tente-abri pour improviser à volonté un brancard ou presque tout autre appareil de transport.
1. L'auteur paraît ne pas avoir connaissance du brancard réglementaire de l'armée française ; ce brancard est généralement considéré comme étant à peu près le meilleur pour le service du champ de bataille. (Note du traducteur.)
On peut improviser facilement et à peu près partout un brancard pour blessés couchés, semblable aux civières en nattes, en usage en Russie pour transporter de la terre, de l'herbe, etc. Il suffit de prendre un sac en nattes, un sac à malt, une paillasse
Fig. 16.
Brancard articulé, d'après Holstead.
vidée, d'en couper les quatre coins (ou de découdre simplement les petits côtés du sac), et, par les quatre coins, le long des longs côtés du sac, de passer des perches, que l'on peut fixer à l'écartement voulu au
moyen de traverses en bois. 'Ce dernier perfectionnement n'est du reste pas indispensable pour que le brancard ainsi improvisé puisse être utilisé pour le transport d'un blessé couché (fig. 17).
Les brancards à roues sont pourvus d'une, deux ou trois roues, et n'exigent habituellement qu'un homme pour les pousser ou les traîner, ce qui présente le très-important avantage d'une économie de personnel. Ils peuvent de plus, sur un terrain uni, servir à transporter des blessés à une distance plus grande. Les mouvements sont plus doux quand le véhicule est traîné que quand il est poussé ; la traction doit donc être préférée quand le terrain est inégal ou le blessé grièvement atteint. Certains brancards sont à deux fins et peuvent à la fois servir au transport . à bras et au transport sur roues ; leur emploi nécessite deux hommes qui peuvent faire franchir à bras les obstacles que rencontre le brancard et qui, sur une route plane, le traînent à tour de rôle, ou le traînent et le poussent simultanément.
Au Mexique, le brancard à roues de Neudœrfer a rendu des services à son inventeur. Ceux de Neuss de Berlin, du Dr Gauvin , de Robert et. Collin, de Barbieri, de Lipowsky, de Castiglione, de Pirogoff (fig. 18), sont de construction analogue.
Une disposition, très-commode pour le malade, consisterait dans une capote en toile servant d'abri contre le soleil et la pluie. Mais le principal avantage des brancards à roues, de modèles déjà quelque peu compliqués, réside dans leur suspension sur des ressorts élastiques, qui amortissent, dans une certaine mesure, les secousses imprimées par un terrain inégal.
Nous mentionnerons encore les paniers à porteurs,
moyens de transport remarquables, mais comme des
permettent le transport à de grandes distances, mais fatiguent beaucoup {flg. 19). Pendant la campagne des Russes dans l'Asie centrale, des litières adaptées sur des chameaux étaient le moyen de transport le plus usité et presque le seul possible pour les blessés et les malades.
Pour l'étude approfondie de la construction des brancards et des brancards à roues, nous recommandons : V. Dommelen, Essai sur les moyens de transport et de secours en général aux malades en temps de guerre, avec atlas, La Haye, 1870; — Roth, Militairœrztliche Studien. Neue Folge, Berlin, 1868 ; — Cir* cularn0 6, Surgeon gênerai' s Office, Washington, 1866 5 — Wittershœfer, Sanitœtspavillon auf der Wiener Weltausstellung", Alb. photog., Vienne, 1874; — Longmoore, Treatise of ambulances, London, 1873; — Gurlt, Abbildungen zur Krankenpflege im Felde, etc., avec atlas, Berlin, 1868.
Récapitulation du transport des blessés en arrière du champ de bataille.
Transport à bras d'homme.
Par un homme : à dos.
à bras.
à bras, avec une écharpe.
Par deux hommes :
Dans la position j le malade saisi par les côtés.
couchée, ( le malade saisi par les extrémités. / sur deux mains.
Dans la position ) sur quatre mains.
assise, j sur un anneau de cordes, etc.
( sur une sellette en cuir, etc.
Par plusieurs j en position couchée, hommes, ( en position assise*
Transport par des moyens mécaniques.
Couchage des blessés sur le brancard.
Transport sur le brancard.
— sur le brancard à roues.
— sur les cacolets, litières, etc.
La station de pansement est établie par le personnel médical, après entente avec l'autorité militaire , sur un point relativement rapproché de la bataille imminente ou déjà engagée. Ce point doit être assez rapproché du terrain de l'action pour que le transport de ce terrain à la station de pansement puisse s'effectuer en peu de temps, et d'un autre côté assez éloigné pour ne pas être exposé à l'effet destructeur des projectiles. Ce dernier desideratum, avec la portée des fusils et des canons de notre époque, ne saurait guère plus être rempli. Le pavillon blanc à croix rouge et la convention de Genève seront la meilleure protection de la station. Quand on trouve une colline, une maison, un bois pour s'en couvrir, tant mieux. Au dire de Baudens, les Français, devant Sébastopol, avaient leur station de pansement dans les grottes rocheuses de la Carabelnaja. Les bâtiments choisis pour l'établissement de la station de pansement peuvent, à l'exemple de ce
que firent les chevaliers de Saint-Jean devant Düppel, être mis jusqu'à un certain point à l'épreuve de la bombe au moyen d'un blindage du toit avec du gazon ou d'un revêtement des murs avec des gabions et des fascines. L'organisation et le service doivent être réglés sur la station de pansement de manière à ce qu'on puisse, en toute hâte, en changer l'emplacement, soit pour se rapprocher du théâtre de l'action et en suivre les mouvements, soit pour se mettre à l'abri du danger. Au bombardement de Sweaborg, les premières bombes tombèrent sur le petit îlot où J. F. Heyfelder avait installé la station de pansement, de sorte qu'il dut immédiatement la transporter à un quart de mille en arrière, dans l'hôpital clinique de la ville d'Helsingfors.
Table d'opération.
Les appareils réglementaires d'instruments et d'objets de pansement et la troupe des aides sont réunis, soit à ciel ouvert, soit, et cela vaut mieux, sous une tente, sous un hangar, dans un bâtiment approprié, ou, en cas de siège, dans une casemate. Les moyens de transport sont tenus prêts à proximité. Un objet, qui est d'une utilité essentielle, c'est une table d'opération transportable, simple et solide. Les modèles les plus parfaits , ceux de Tobold , de Piltz, de Fischer de Heidelberg, celui de l'armée américaine, sont construits de manière à- pouvoir se replier. Mais le plus souvent on en est réduit à improviser sa table d'amputation au moyen d'une table ordinaire, de caisses, d'un lit, de bancs; quelquefois même il faut opérer par terre. Dans tous ces cas, on établit
une couchette au moyen de planches, de matelas et de coussins. Une chaise à opérations et, au besoin, la première chaise venue, pourvu qu'elle ait un dossier, vaut mieux que le lit pour des malades pas trop affaiblis et quand on opère, sans anesthésier, sur le membre supérieur. Quant à l'opérateur luimême, il faut bien qu'il soit prêt à opérer dans toutes les attitudes possibles et dans les plus mauvaises conditions; mais il facilite et simplifie singulièrement sa tâche quand il a soin de placer son sujet à une hauteur proportionnée à la sienne propre, et quand l'opéré est facilement accessible de toutes parts. Le temps et la peine consacrés à ces dispositions sont loin d'être perdus et sont plus que compensés par ce qu'on en gagne pendant le cours de l'opération.
Sur des tables ou des caisses, en laissant autant que possible tous ces objets dans les boîtes ou paniers dans lesquels ils sont chargés sur les voitures, on dispose les instruments, le matériel de pansement, les récipients d'eau (tonneau d'eau de Middeldorff), les boissons. Comme il importe que les boîtes à instruments, les appareils à pansement, les tiroirs de pharmacie soient placés à une certaine hauteur sans support particulier, je propose d'appliquer à la construction de toutes les caisses de ce genre, le système imaginé par Dumontier pour les caisses à pansement hollandaises (fig. 20 a). La caisse à pansement de Dumontier a 2 pieds de longueur, 1 pied de largeur, un quart de pied de hauteur, et est solidement construite en érable ou en noyer. Le couvercle est incisé en a, b, c, d, de telle manière
qu'il en résulte, d'un côté un, de l'autre deux segments constituant des pieds d'égale longueur.
Fi,?. 20 a.
Quand, en effet, on ouvre la caisse (fig. 20 b), on rabat à gauche l'une des moitiés du couvercle, jusqu'à ce que les deux pièces de bois qui constituent cette moitié touchent le sol en a et d et forment ainsi deux supports ; puis on rabat l'autre moitié du couvercle de la même manière et on a mis en place le troisième pied, qui repose sur le sol en c, b. Au moyen de deux boulons, en g et en h, on fixe les supports dans une position perpendiculaire au plancher de la caisse et celle-ci est ainsi transformée en une table qui, non-seulement met les objets de pansement à portée de la main, mais aussi permet de déposer d'autres objets, par exemple : un instrument, tine lumière. La caisse à pansement de Dumontier
m'a rendu de bons services pendant la guerre de 1870-1871, et les médecins hollandais en font grandement l'éloge. Les caisses à instruments et à
Fig. 20 i.
médicaments peuvent être aménagées de la même manière, ce qui sera surtout utile quand la station de pansement aura été installée sous des tentes ou sous des hangars dépourvus de meubles.
Distribution des rôles.
Il sera avantageux d'organiser à l'avance les groupes d'opérateurs, d'aides et de servants, et de
répartir entre ces groupes les différentes fonctions, telles que visite, opérations, pansement, sauf à alterner quand le travail se prolonge. Quand, après cette distribution, il restera quelqu'un pour le service des écritures, quelqu'un qui fera, pour chaque blessé, le résumé du diagnostic, de l'opération pratiquée, l'inscription de la date de la blessure et de celle de l'application de l'appareil, on aura épargné au malade bien des souffrances et bien des dangers pour l'avenir, et aux médecins des étapes et des hôpitaux d'évacuation bien des pertes de temps. Malheureusement cela n'est pas toujours possible.
Le rôle du médecin, sur la station de pansement, diffère d'une part de celle du médecin du champ de bataille, d'autre part de celle du médecin de l'ambulance. Il comprend trois missions*distinctes :
1° Visiter les blessés, établir le diagnostic, classer les blessés par catégories;
2° Entreprendre les opérations qui sauvent la vie, celles qui ne peuvent être ajournées et celles qu'il est plus avantageux de pratiquer immédiatement ;
3° Appliquer les appareils, charger et mettre en route les blessés.