IV
Observations relatives à V étaiiissement de la
religion chrétienne.
Ce qvLÏ nous reste à faire observer dans le moment 9 c'est l'injustice et la mauvaise foi des incrédules qui ont osé dire que la religion chrétienne s'était propagée à la faveur de l'ignorance et de la crédulité des peuples anciens. Les chefs-d'œuvre dans tous les genres d'architecture qui ont été construits dans le siècle d'Auguste et dans les trois siècles qui l'ont suivi ^ et qui sont précisément les siècles 011 la religion chrétienne s'est établie partout, prouvent matériellement à quel degré de perfection les arts avaient été poussés (i). Ces
(I) C'est pour donner plus de force à ce raisonnement qoe Dons avonff dît quelques mots rapidement sur les moDumen» cîtIIs qui paraissaient étrangers à la religion. Nous ajoutons par le même motif que les babitan» des campagnes se sont convertis plus tard et plus difficilement que les autres, et que c'est d'eux que Tient le nom de païens ( pagarùf habitans de Tîllages ) que nous donuons aux idolâtres. Si la religion s'était propagée à
sur t' archileelure romaine. i55
monora^is soat encore soiu dm yeuE, k Kone , ^ Italie , en France , et dtkBs l'Onent ; ik nous serveut de modèles, et c'est là ^e nos artiateB vont puiser des inspiratîoits. Ces édifices annoncent, dans ceux 4]ui les ovt construiti et dirigés, autant de raison , de capacité et ée génie qoe dans nos artistes et nos savans modernes , et par coaaé» quent autant de facilité pour examiner et discuter la religion nouvelle qui venait l'étafatir et contrarier toutes leurs traditions, toHfee leurs habitudes, leurs passions , et naêine leurs intérêts (i).
Ce raisonnement acquiert plus de force encore si l'on fait attention que c'e^ vers le mène temps que vivaient Cicéron , Hortcnsiiis, Jiiles-C(!sar, Âalluste , Varon , Titc-Live , Tacite, Virgile , Horace , Ovide , les deux Sénèque , les deux Pline , et taat d'autres écrivains supérieurs dunt les lumières , le goût, la force du jugement au le cédaient à aucun de nos écrivains modernes, qui mtïme les regardent comme leurs modèles. C'est alors encore que vécurent Lucrèce , Pétrone ,
la favenr de l'ignorance, \ea babitans de la Campagne auraient été les premiers à l'embrasser.
{I) NoDS croyoni deioir rappeler encore ici la sédi' tion qui eut lien i Epbèse, lorsciue saint fanl y prêcha l'Evan^le et fut acense d'alTaiblir la confiaoee à la déesse qu'on j adorait. (Actes des ApAlres, chap. XIK.}
ï56' Notions et observations^ etc.
Suétone, Juvénal, Martial^ Celse , Porphyre> Lucien 9 Hermogènes, Hiéroclès, J.ulien l'apostat, etc., et autres sophiste» ou écrivains incrédules, qui raisonnaient sur tout, demandaient la raison de tout , et dont quelques-uns étaient les ennemis déclarés du christianisme et firent toutes lés recherches possible&pour le trouver en défaut. C'est alors que vivaient des écrivains licencieux, 4ont les écrits supposent que la corruption des mœurs était à son comble. Cependant la relir gion a triomphé des savans, des libertins, des raisonneurs et de tous les ennemis qui s'opposaient à ses progrès. Elle a plus fait, elle a entraîné dans son char de triomphe les hommes les plus éminens par leurs talens dans tous les genres ; car il est impossible de nier que saint Pierre , saint Paul , saint Jean , saint Luc , saint£ tienne , saint Ignace , saint Justin, saint Cj^rien ,.Origène , Tertullien , et mille autres,. ne fussent des esprits supérieurs puisqu'ils ont opéré une révolution dans les idées, qui est sans exemple avant eux (i). Ajoutons que la religion s'est assujéti l'architecture et tous les arts qui en dépendent etque, pendant plus de i5
(i) Platon, avec son éloquence qu'on appelle divine,n'a pas converti un seul village, dit Bossuet, il en est de même de Cicéron et autres..
rfotionihistoriijuesetdeseripiiveStetc. i5f lièclea, tooB les moaun^Daquiont été érigea i^'odI scrri qu'à montrer l'empire qu'elle avaitsur tonales esprit» et sur tous le» cœurs.
SECTION VII
ISotions historiques et descriptives des Eglises ou lieux de réunion des chrcdens , de-puia te commencement de fère vutgcirc jusqu'aux croisades.
Nous embrassons d'abord celte louguc période ,parce que tout le temps- qu'elle a duré od a suivi dans les constructions d'ëg;lises les principes plus ou moins altérés de l'architecture romaine ) c'està-dire l'arcade à plein cintre pour les portes, les fenêtres et les entre-colonnes. Ce n'est que vers le temps des croisades qu'il s'est fait une espèce de révolution , et que l'architecture gothique ou ogivale dont nous parlerons dans la section suivante , s'est répandue dans l'Europe et l'a couverte de magnifiques monumens dont plusieurs subsistent encore.
Pour mettre de l'ordre dans nos idées, nom dirons queli|ues mots, i* sur les églises et les lieux de réunion des chrétiens dans les trois premiers siècles ; a° sur les- églises et basiliques construites par Constantin , sainte Hélène et autres en Orieut et Occident, jusqu'à diarUma^joev
iSS Notions kUtoriqna et tletenpUvea 5' inr la éfiUses construites âepais CfaatteBia^e î«ni)u'aux cmbadei ; 4* oous ajoutcrmts quelques aoliuns et oLservalious sur le» noms tlivcr» qu'oa a donnés à l'architecture de cette époque.
SI"
Notions sur tes églises et tes lieux de réunion des chi-étitins pendant tes trois ■premiers siècles.
La première église des chrétiens fui le cénacle où J.-C. célébra la Pâquc avec ses apOtres, et institua le sacrement adorable de l'Eucharistie. C'était une salle à mang<.r, eœnacutum (i), qui devait faire partie d'une grande maison et appartenir à un riche particulier, s'il faut en juger par les expressîonsde l'Evangile, ctenacu/uTii^ranf^, Stratum (2). Le propriétaire était un disciple bien
(I) C'était «asû ians ne salle i. nukger qnc S. Paul câébra les lainls mjittrea à Tntade. ( Actes XX. ) On choisissait de priiféreoce ces salles, soit parce que chez les anciens elles élaiest très-grandes , i raison de ce qu'on M tenait â table courhé sur des lils , soit parce que l'Eucbarisie avait été instituée en forme de nourritare , soit parce que la conmnDÏon était suivie d'un repiis 'appelé XGAP£.
m S. Marc, chap. XIV, t. 15. — S. Luc, chap. XXII,
des églises ou lieux de réunion, ete. iSg-
dévoué à Jésus-Christ , d'qprès la manière dont
le Sauveur compte sur lui : MoffisUr dieit
apud te fado Pascha cutn discipuliê fnew* ( S. Matth. , XXVI^ 22. ] C'est dans le cénacle que Jésus lava les pieds à ses apôtres, qu'il leur conféra l'ordination et qu'il leur adressa cet ad>mirabie discours dont chaque mot renferme des mystères si profonds et si touchans (i). C'est là^ d'après une ancienne tradition (2) 5 qu'il leur apparut après sa résurrection, qu'il fit des reproches à saint Thomas sur son incrédulité , qu'il choisit saint Pierre comme chef de l'Ëglîse et qu'il donna à tous la mission d'aller prêcher l'Evangile par toute la terre (5). C'est vraisemblablement dans la maison attenante au cénacle que Marie , n^re de Jésus , et les principaux disciples du Sauveur passèrent dix jours dans la retraite , et c'est peu* dant qu'ils étaient en prière réunis dans le cénacle que le Saint-Esprit descendit sur eux en forme de langues de feu. Bientôt aprè» on y fit l'élection de saint Mathias, on y tint le premier eoncîle général : saint Jacques, le premier évêque ée Jérusalem, y fut consacré, ainsi que les premiers diacres* On croit que le cénacle servit long^temps
(1) S. Jean, XH, XIV, XV, XVI, XVIL
(2) Voy. Adrîchome, pag» 150 , n° 6.
43) S. Math» XXVHI^ v. I8j — S. Marc,. XVI, v. 15.
(Go IVotions historiques et descriptives pour la réunion des fidélca. Sainte Htilène fit bâtiF une iSglise sur remplacement de la inaii«on , pour conserver le souVL-nir (les grands luysltres qui s'y Étaient opérés (i). Du temps de saint Jérôme, on GODScrvait dons cette église une portion de la colonne Il laquelle Jésus fut attaché pendant la flagellation {2).
Ciampini , dans un ouvrage plein de recherche» sur les églises des premiers siècles (5) , dit que la maison desaintJeanl'Evangéliste et celle de sainte Magdeleiuc furent converties en églises , c'est-àdire qu'on y célébra les saints mysltrcs, ce qui e^ très- vraisemblable. Ce même auteur parle de plusieurs autres églises construites à Jérusalem , à Autioclie , i'i Home , dans le reste de l'Italie , en France , en Espagne , en Asie. Nous choisirons parmi les renseignemtns qu'il donne ceux qui paraissent plus authentiques et plus analogues à Botre plan.
Saint Pierre ayant établi son siège épiscopal dans la ville d'Ântioche (vers l'an 07 } , il célébra les saints mystères chez Théopilc , chrétien riche et fervent de cette ville , qui céda sa maison pour la réunion des fidèles. Dès que la chose fut pos-
{[) Nîcéphore, Hist. ceci , llv..!!, chap. IH.
(2) Lettre XXVIl i EnstocbU.
&); Les ouvres de Ciampini soat «a 3 vol. in-foh
des églises ou ieux de réunion , etc. i6î
sible, on bâtit un^ église sur cet emplacement ^^ et cette église était regardée con^me un de» monumens les plus respectables de l'antiquité chrétienne (i). Quatfe fois elle fut démolie et reconstruite par une suite des souvenirs qui s'y attachaient. C'est à Antioche , dit saint Luc , que les disciples de J.-C. prirent le nom de chrétiens (Act. X, 26.), ce qui prouve que les fidèles y étaient déjà nombreux et que le nom de J.-C. y était en vénération ►
Vers l'an 42 9 saint Pierre transféra le siège de l'unité catholique à Rome y qui était aussi le siège de l'empire, et il célébra les saints mystères dans la maison de saint Pudent qui est appelé sénateur par quelques écrivains des premiers siècles et désigné comme le père de sainte Pu den tienne ; cette maison fut changée plus tard en église ; elle est connue aujourd'hui , sous le nom de Saint- Pierre-aux-Liens (2) et on en célèbre la dédicace annuellement comme faite par saint Pierre le t*' août.
Saint Irénée, Tertullieny Origène , Eusèbe 9 saint Jérôme , saint Chrysostôme , saint Augustin:
(1) S. Jérôme e» parte dans sa Chronique et S. Chrysostôme dans ses Homélies»
(2) Tillemoot, tom. I, pag. 164} — le cardinal Boiuu,. /}« rehus liturgiciSf lU)» I, cap. XVIILL.
ife IfHimÊê kUianqmes ei ikserifiiw€B
et fliSBe qod^pMS amteois paiais parlent des é^âa/Cê oà wt lénnwiaient les chiéticBS des pie- «icfs sièeks (i). Ces lieux de réuBMia n'étaient pour l'ordinaire qoe de vastes salks qui se troai^saieiit même quelquefois dans le lien le pins élevé de la maison, oomme nous le voyons dans les Actes 4es Apôtres ( ehap XX ), où il est dit que saint Paul étant â Troade 9 il réunit les fidèles poor la fracliofi da pain , et qu'an jeune homme appelé Eatychias s'endormit sur une fenêtre pendant l'instruction , qu'il se laissa tomber du haut d'un troisième étagfe et que l'apôtre le rendit à la vie. Cependant il est certain que , même avant Constantin i plusieurs églises furent bâties pour la cëlé- In'ation des saints mystères à Rome et ailleurs ; il en est même qui furent construites par l'empereur Adrien quoique idolâtre. Ce prince était d'abord très-mal dii^i^osé contre les chrétiens , il les persécuta fort rigoureusement pendant quelques années 9 il profana la grotte de Bethléem où Jésus avait pris naissance , et le calvaire où il était mort 9 en faisant adorer Adonis dans le premier lieu et Vénus dans l'autre ; mais saint Quadrat et saint Aristide lui ayant présenté chacun une apologie du christianisme 9 il fut si frappé des raison-
(I) Voy. le Rituel de Belleyi tom. II, sur les consécratioDS d'église.
des égliseê ou lieux de réunion , etc. i65
ffiemesset des faits qne renfermaient ces apologies, qne uon^-seulement il cessa de faire exécuior les arrêts de proscription contre les chrétiens , mais qu'il leur fit construire des églises qui conservaient le nom d^Àdrianée, comme nous l'avons dit plus haut (page i49)*
Âlexandre-Sévère (l'an 225) était mieux disposé encore en faveur des chrétiens (i) ; il conservait l'image dé J.-C. ainsi que celles de beaucoup d'autres grands personnages auxquels il rendait une espèce de culte* Des aubOTgbtes ayant voulu s^em* parer d'un local que les chrétiens réclaBotaieBty l'empereur donna gain de cause aux chrétiens > disant qu'il valait mieux que la divinité fût honorée en ce lieu que de le livrer à des vendeurs de vin y ce qui prouve que les chrétiens en avaient fait ou voulaient en faire une église.
Vers 244» l'empereur Philippe qui, dit- on > avait reçu le baptême , se montra favorable aux chrétiens , le nombre des églises augmenta encore sous son règne ; on en comptait plus de quarante à la fin du 5* siècle dans Rome.
Les successeurs d'ÂcIrien, d'Alexandre et de Philippe ne furent pas tous aussi bien disposés y
(I) On assnre qae m mhre Maniée était ehrétieaiie» Voyez Fleury, Histoire ecclésiastique ^ lîv. V, n» 48, et Mœurs des chrétiens , n° 14.
i04 Notions historiques et descriptives
plusieurs firent des édits sanglans contre les chré-» liens; d'autre» laissèrent exécuter les édits qui existaient déjà ^ en sorte que la paix régnait dans certaines provinces 9 tandis qu'ailleurs on faisait subir aux chrétiens les plus cruels tourmens ; on les condamnait en masse , sans autre motif que leur qualité de chrétiens ; on confisquait leurs biens 9 on démolissait leurs églises; il n'y avait aucune espèce de vexation et de supplice qu'on ne se permit contr'eûx* Tout dépendait des préfets ou des autres magistrats qui étaient à la tête des provinces (i). Au milieu de ces cruelles perse-
(I) On a beancoup de peine à se persaader que les empereurs romains, qui portaient la tolérance jusqu'à dresser des autels à tous les dieux étrangers, aient pu faire des lois si sévères contre les chrétiens, confisquer leurs biens, leur faire subir de cruels supplices sans forme de procès et démolir leurs édifices religieux. Il y a des incrédules qui , après avoir traité ces récits d'exagération, en tirent des objections contre la religion et les historiens ecclésiastiques , et cherchent à prouver que la tolérance régnait partout en prouvant qu'elle régnait dans quelques provinces.
Pour se former une idée de ce qui se passait alors dans l'empire romain, dans la Perse et ailleurs, il suffît de se rappeler ce que bous avons vu en France pendant les dernières années du 18* siècle. La révolution éclata
17S9» Le 5 mai, ouverture des Etats -Généraux. Le 2
des églises ou lieux de réunion, ete, i65
eutions^ les chrétiens cherchèrent un asile dans les catacombes dont il est si souvent parlé dans l'Histoire ecclésiastique , dans le Martyrologe et
novembre , décret pour envahir tous les biens ecclésiastiques. Le 12 jaillet 1790, l'Assemblée nationale fait la constitution civile du clergé qui bouleverse toute la dis.cipline ecclésiastique. Le 25 octobre , elle exige de tous les ecclésiastiques le serment de maintenir cette consti* tution anti- catholique. Le 19 août 1792 , tous les prêtres non assermentés sont condamnés en masse à être déportés hors du royaume. Le 2 septembre, massacre de trois évêques et de trois cents prêtres à Paris ; beaucoup d'autres sont insultés , dépouillés , mis à mort à Lyon , à Bordeaux, à Avignon, etc ; les religieux et les religieuses sont chasse's de leurs couvens , et l'on s'empare de leurs biens. Le 14 décembre, Jacob Dupont, député, se déclare j^thée dans la Convention nationale , sans qu'il soit donné un signe de désapprobation. Le 10 no* vembre 1793, fête idolâlrique de la Haison. Le 17, Anacharsis Glootz se déclare ^thée, et il eut est fait mention honorable. Le 28 , quatre-vingt-dix prêtres sont noyés à Nantes dans des bateaux à soppape faits ex"» près. £n 1794, peine de mort contre ceux qui recevront chez eux un prêtre insermenté; les pères et mères n'étaient point exceptés ; une mère et sa fille furent guillotinées sur de simples soupçons que leur fils et frère avait été reçu par elles. Même année , régime de la grande terreur. Vente des presbytères. Destruction de tous les clochers dans les départemens de l'Aîn «t du
i66 Notions hiêtoriqueê et desûHptives
dans le» Vies des Satnts, ce qui nous déteroodne à en donner une idée.
Les catacombes étaient des carrières de pierre ou de sable , qu'on avait exploitées pour la cons-
Mont-Blanc. 2B îai1let( 9 thermidor), mort de Bx)bes* pierre et commencement de calme. Dès janvier 1795, quelques églises ouvertes. Le 25 octobre , nouveau décret de déportation contre les prêtres. 4 novembre, gouvernement du Directoire. En 1796, quelques mois de calme. A la fin de Tannée, culte théophilantropique de Laréveillère-Lépean. Persécution du Directoire qui dura trois ans. Le 4 septembre 1796 ( 18 fructidor), déportation d'un grand nombre de prêtres à la Guyane ; plusieurs périssent à la Rochelle, à l'île de Rhé, etc. 2 février 1799, envahissement de Rome. Enlèvement du pape Pie VI ;' il meurt prisonnier à Valence le 29 août. 10 novembre (18 brumaire), abolition du Directoire; commencement de Bonaparte. Rentrée des prêtres déportés. Eglises ouvertes. Le 15 juillet I80I, concordat de, Bonaparte avec le souverain Pontife qui consolide la paix.
Quoique les lois de proscription fussent générales f)endant les 10 ans qui précédèrent le concordat , beaucoup de paroisses étaient tranquilles; les prêtres y circulaient pour administrer les sacremens. On célébrait la sainte messe dans les maisons particulières, et les fidèles s*y réunissaient même assez publiquement dans certains momens. Tel fut l'état du christianisme pendant les trois premiers siècles. Tel est -il encore dans la Chine, la Cochinehine et le Touquin.
des églises ou lieux de réunion, etc. 167
traction des maisons particulières 011 des édifices publics à Rome et ailleurs ( 1 ) .
Ces excavations souterraines forment des espèces de rues qui prennent diverses directions et se prolongent dans certains endroits à la distance de plusieurs lieues. On y voit des autels dreasés qui remontent à la plus haute antiquité. On les appelait catacombes^ parce qu'elles étaient pleines de tombeaux et de sarcophages qui étaient placés dans des niches pratiquées dans les parois.
Les chrétiens de Rome , surtout ^ ne manquaient pas d'y mettre les restes des martyrs qu'ils pouvaient recueillir ; mais pour éviter toute méprise » ils gravaient sur la pierre tumulaire le nom du martyr , le supplice qu'il avait enduré , la figure de l'instrument de son martyre 9 des palmes^ ou d'autres signes caractéristiques (2). Souvent on
(1) Go troave dans les environs de Paris et même soita les maisons de Paris des carrières de plâtre exploitées de la même manière qui forment nne espèce de ville souterraine. On troave aussi des catacombes à Florence , à Noie f à Naples , à Syracuse et ailleurs ; ces dernières sont plus larges et pins élevées que celles de Rome. Voyez le Dictionnaire de Bergier, art. Catacomhet ^ et Godescard i Vie de saint Calixte, le 14 octobre, note (à), où Ton trouve des choses très-intéressantes.
(2) Parmi les signes qui distinguent les tombeaux des chrétiens dans les catacombes , les plus ordinaires sont
i68 Notions historiques et descriptives
mettait dans le oercueil du linge trempé dans leur sang ; quelquefois on renfermait ce eoBg dans une petite bouteille en verre«
On ne découTre les tombeaux des martyrs dans les catacombes que successivement ^ soit parce qu'ils y sont mêlés avec un grand nombre d'autres , soit parce qu'ils sont quelquefois couverts par des éboulemens qu'il faut déblayer. C'est ainsi qu'on a découvert 9 il y a peu de temps ^ les reliques de
les deux lettres XP réunies en monogramme , ou un poisson. Les deux IHlret X P« en grec , sont les deux premières lettres du itfot CkrùtuSf et rappelaient ainsi la qualité de chrétien. Quant an poisson , il s'appelle en grec IXTHUS , dont les lettres sont en grec l'initiale des mots Jésus Christus , Dei Filius , salvator. Cette interprétation est de saint Optât. {De Schism. Donat., IIl, 2.) Le poisson était donc propre à rappeler la qualité de chrétien sous ce rapport ; mais il la rappelait encore , parce que le poisson vit dans l'eau avec laquelle on donne le baptême qui nous rend chrétien : Nos pisciculi secundum piscem ( ixthon ) , nostrum Jesum Christum in aquâ nos cismur. (TertuUien, De Baptismo,) Saint Clément d'Aleiandrie met le poisson au nombre des symboles qu'il est permis aux chrétiens de porter gravés sur leurs anneaux : Sunt autem nohis signacula columba , piscis , etc. ( Pédag. ; chap. III. ) Voyez une Dissertation fort intéressante de M. Belloc , directeur de l'enregistrement à Bourg , sur un tableau de Raphaël ; appelé : La Vierge au poisson»
des églises ou lieux de réunion, eta. iGq
saint Némèze, qui sont déposées dans l'église catholique de-^Xîenève, depuis l'an 1825, et celles de sainte Philomène , découvertes en l8o2, et par l'intercession de laquelle on a obtenu beaucoup de guérisous miraculeuses .9 dans ces dernières années , en Italie et en France*
Deux motifs engageaient les premiers chrétiens à se réunir dans les catacombes pendant les persécutions ; le premier était pour se mettre à l'abri de la surveillance des ennemis de la religion , et le second 9 parce que l'usage fut établi , dès les premiers temps 9 de oélébrer les saints mystères sur les tombeaux des martyrs (1). Ce dernier motif les engageait à visiter les catacombes et à s'y réunir, même quand la persécution avait cessé; mais les ennemis de la religion s'étant aperçus de ces réunions souterraines, ils les défendirent avec menace (2) ; il fallut alors chercher d^autres lieux moins connus, et on se retirait
(1) Saint Jean bous eu fournit une preuve frappanfee dans l'Apocalypse j chap. XVII , y. 6. Nous en trouvons une autre dans les Canons ^ qui prescrivent de mettre des reliques de saints sous les autels 6xes et dans les autels portatifs appelés pierres sacrées.
(2) Voy. le cardinal Bona, Rerum liturpcarum , lib* I, cap. XIX , n° III i le savant cardinal appelle ici les cata- 4!ombes , cryptes. D'autres auteura fout de même»
170 floiions historiques et descriptives
dans les cryptes dont oous allons aussi dire un mot.
On appelait et on appelle enicore ciiTPTes, lieux cachés (1)9 des églises ou chapelles souterraines 9 différentes des catacombes ^ où les premiers chrétiens célébraient les saints mystères pendant les persécutions^ Quelquefois elles étaient construites exprès^ dans des cimetières 9 en forme de tombeau; d'autres fois on faisait servir pour cela des lieux souterrains destinés à d'autres usages, comme des caves (2) , des crypto^portiques (3). On les appelle aussi confessons , en mémoire des confesseurs de la foi 9 c'est-à-dire des martyrs, dont on y plaçait les reliques. Il est souvent parlé dans l'Histoire ecclésiastique de la confession de Saint-Pierre , c'est-à-dire de la chapelle qui est
(1) Jérémie emploie ce mot daus le même sens , chap. XLIII , V. 9,
(2) Pendant la révolutioq de France en 1793, 1794, etc., on disait la sainte messe dans des caves , dans des galetas, daps de vieilles masares.
(3) I^es crypto-portiques étaient des galeries souter** raines qui étaient ménagées dans toutes les grandes maisons , pour y jouir de la fraîcheur pendant l'été et d'une température plus douce pendant l'hiver. Il y avait ordinairement peu de fenêtres et le jour n'y pénétrait qu'avec peine,, ce qui rendait les réunions (^ui s'y faisaient beaucoup plus secrets*
des églises ou lieux de réunion, etc. 171
sous l'autel de l'église de Saint-Pierre^ et où l'on conserve une partie des reliques des apôtres saint Pierre et saint Paul, qui sont l'objet d'un des plus anciens et des plus fameux pèlerinages qui existent dans l'église catholique (i).
On trouve de ces chapelles souterraines dans beaucoup d'anciennes églises^ dans celles de Saint- Irénée, d'Ainay, de Saint - Nizier , de Tournus> diocèse de Lyon , dans celles de Saint-Denis près de Paris 9 de Saint -Victor à Marseille 9 dans les cathédrales de Bourges 9 d'Auch 9 de Chartres ^ de Baye 11X5 etc. (2).
(1) Les trois pèlerinages les plus célèbres sont celui de Rome , celui de Jérusalem et celui de Saint-Jacques de Gompostelle en Espagne. Quand on a fait vœu d'au de ces péleriuages , on ne peut en être relevé que par te souverain pontife, même dans le temps du jubilé; tant TEglise attache d'importance à ces pratiques de piét^ t traitées aujourd'hui si légèrement 1 quelquefois même par ceux qui devraient les apprécier davantage ! Le pèlerinage de Rome consiste surtout à visiter l'église de Saint-Pierre et le tombeau des apôtres.
(2) Ou a pratiqué des cryptes dans quelques nouvelles églises , p^r exemple dans celles de Saint-Stilpice et de Sainte-Geneviève à Paris , dans celle de Sainte-Croix à Orléaos, etc.
Dans les églises paroissiales de la Bresse et des enviroDS , on aperçoit souvent au fond da chceut \xik^ "^OcyX^
ija Notions historiques et descriptives
C'était donc dans des cryptes^ dans les cata* combes 9 dans les maisons particulières ^ et dans quelques églises destinées à jcet usage ^ que s'exerçait le culte catholique pendant les trois premiers aiëcles. Il ne faut pas demander quelle était l'architecture de ces églises^ parce qu'il ne nous reste aucun monument qui puisse nous en donner une idée précise ^ Dioclétien ayant donné les ordres les plus sévères en 5o5 pour qu'elles fussent toutes démolies. Cette cruelle persécution dura environ dix ans sous les collègues et les successeurs de Dioclétien ; mais Constantin ayant pris les rênes ' de l'empire, il rendit la pai$ aux chrétiens, et son premier soin fut de donner des ordres pour que les églises fussent rétablies ; ce qui suppose évidemment qu'il en existait auparavant. On doit présumer que la plupart furent reconstruites sur le premier plan qui était adapté aux cérémonies dé la liturgie catholique et dont le souvenir pou-r vait encore être conservé. D'ailleurs , malgré les ordres barbares de Dioclétien , quelques anciennes églises échappèrent à sa fureur; on met de ce nombre celle qu'avait fait construire saint Grégoire-Thaumaturge à Néocézarée , l'an 244* Ainsi ,
armoire grillée, dans laquelle on mettait des retiques; quelquefois même on y plaçait le Saint- Sacrement; oi} jdonnc à cette armoire le nom de crypte.
des égiises ou heux de réunion , etc. iy% d'un Gâté , dans dix ans, la tradition sur la formu des églises De pouvait pas être perdue , et de l'autre,cellcsqui existaient encore avaient di'i servir de modèle aux monumens de Coustanliii.
Sn.
liotionssvrlestasiti^uesetteségtiaeêcoitstrvitei par Constantin, sainte Hitine et autres jv»' qu'à Chartemagne^
Art. I" Notiojts sur tes basiliques en générât^
Les basiliques (i) chez les Romains étaient de vastes cmplacesicns couverts , dans lesquels on plaidait et^ugeait les proeès et où l'on se réunissait soit pour entendre lire des pièces de vers et des harangues , soit pour traiter des affaires de commerce les [ours de foire et de marché. Cette enceinte était ordinairement {i) entourée de mu-
(I) Le mut de basilique, tiré du grcC , Bignifie maisoa royale, et od les appelait ainai, sait parce que tes ha«iliqnes étaient souvent attenantes aui palais des roin et qu'ils y rendaient eux- mêmes la jualice, soit parce qu'elle s'y rendait en lenr nom.
(2] Nous disons ordinairement , parce qa'il arrivait quelquefois que les lieux où se lendail U vMtl«« itiûK^t.
171 Notions fiistoiigucs et descriptive»
raîUes; la longueur (jtail double de la largeur : le loit était soutenu par dciis rangs de colonnes qui fomiaÏEnl trois galeries dilTércntcs, auxquelles nous donnerions le nom de nef. Une des extrémilés de la basilique se terminait en demi-rond , el s'appelait abside ; c'était là que se plaçaient les juges ; les avocats étaieitt en face et une balustrade les séparait de tous les assistans.
Quand Les chrétiens eurent la liberté de construire des églises , ils leur donnèrent la forme de Itasiliquc dont elles conservèrent le nom dans les prcmierstenips.L'évëqiie était au milieu du demicercle ou abside ,■ sur un sîège plus élevé , qn'oi» appelait trône ou chaire. Le clergé, placé à sa droite et à sa gauche , entourait l'autel , c'està-dire une tabk de bois ou de pierre^ ou même quelquefois d'argent ou d'or, soutenue par quatre colonnes, sur laquelle on célébrait les saints mystères. Sous l'autel était la crypte ou la chapelle souterraine, dans laquelle on conservait les reliques d'un martyr. L'autel était entouré d'une balustrade appelée canccsl; au-delà et en face de
simplement courcris par un to]t qui reposait sur dii colonnes : il eiisuit un tnonumcDl de ce genre â Vienne en Daupliinf , qui aiaii été converti en église sons le vocable de Noire-Dame de i^ VtE. Aujonrd'liut c'est une eipice de ■masit.
des églises ou tîeux de réunion, etc. i-$ t'autel étaient les chantre», derrière les chantres était l'ambou, c'est- à- dire une tribune dans laquelle on montait de deux cûlcs diirércns pour lire l'épitrc et l'évaDgllc (i). Quolqnefuis l'ambon était divisé en deux parties, l'une à gauche pour lire l'évangile et l'autre à droite pour lire l'épitrc. Les HdËlcs étaient dans la nef, les houimev du cùlé de l'épitre , les femmes du côté de L'évangile : séparation qui se fait encore p^rmi les GrcCS) dans plusieurs églises d'Italie , et dans quelques églises de France. Lescatéchumènes, les pénitens publics et inëmc les païens se tenaient dans la nef du milieu pendant le» instructions ; mais on les faisait sortir à l'Orale fratres (a).
Les basiliques chrétiennes étaient précédées ordinairement par une vaste cour entourée de portiques. Au milieu de la cour était souvent
(I) iia dit <iae ceue tribune s'appetaîi amboa, i cause du double usage aaqael elle servait. On l'appelle aussi fUBÉ, parce que le diacre, avant de chauler l'cvangile , demandail la béiiédklion k l'évi^'jDe, en disant : Jubé domini benidicere. C'est encore l'usage que le diacre demande la bénédiction à l'oEEciant eu se servant de* marnes paroles.
(2] On trouvera de pins longs détails sur celte matière dans les Mievrt des c/u-éiicns , par Fleury, n° 33. Nous consciltcins à tous tes ecclésiasliques de relire cet unvrag*;
i7(î IVotions historiques et descriptives une fontaine où l'on avait soin de se laver Ie> mains et le visage, pour se souvenir de la pureté de cœiii' qu'il faut porter dans le lieu saint. Nos bénitiers rappoUenl la même idée. Le lieu où l'on eonférait le baptême , appelé haptistaire , était toujours hors de l'église (i) , ce qui explique pourquoi quand on a donné l'eau aux enfans on leur adresse ces paroles : Ingredere in tem- ■plutn, etc. C'est ici un reste de l'ancienne discipline , et c'est par la même raison qu'on met encore les fiints de baptême à la porte de l'église. Avant et après finstruction , c'était dans les galeriesque se tenaient ceux qui étaient en pénitence publique (2), Outre la cour qui était devant l'église , il y avait un vestibule plus ou moins grand où se tenaient les pauvres (3). On voit encore de
(t) II était plac£ qiielqneFoU aa mitien de la cnur, et quelquefois il élaît adossé â l'église avee dea sacristies, des salles de conseil, des^ Ingemeos pour l'évoque et les prêtres ; d'autres fois il était entiÈremeot séparé de l'église et faisait un corps de bltimeos à part, comme celui de OonslBDlia prta de l'église de Lalran , celui de Florence , et celui d'Aïs en Provence , qui sont de superbes édifices.
(2) Voyez Godescard , le 9 novembre , note (o).
(3) Saint Chrysostôme fait souvent allusion au langage et à la posture des pauvres qui sont à la porte de l'église-, pouf rappeler les dispositions qu'il faut apporter à la.
des églises ou lieux de réunion, etc. 177
ces ancien&vestibulesou porches devant de grandes églises.
Quand les évêques eurent établi la vie commune dans le clergé qui les entourait (1) j^et quand les établissemens des corps religieux te multiplièrent (2) , les monastères furent accolés aux cathé-^ drales et aux grandes églises. La cour et les galeries qui les précédaient furent souvent changées en cloître. Il est beaucoup d'anciennes églises où l'on trouve des vestiges de cloitres et de monastères (3).
Les petites églises de la campagne n'étaient pas précédées par une cour, mais elles étaient construites au milieu des cimetières qui servaient de cour, et donnaient aux vivans de touchantes leçons sur la fragilité humaine et sur la nécessité de penser à l'avenir. L'incrédulité qui a grand intérêt de ne pas y penser pour vivre plus tran-
(1) Voj. dans Godescard , la Vie de saint Bazile , de saint Augustin, de saint Martin et de saint GhroJegand.
(2) Voy. surtout la Vie de saint Benoit.
(3) Ces vestiges sont conservés quelquefois par des ruines , quelquefois par des noihs de mes et de quartiers. On peut citer dans nos contrées la cathédrale de Bell'ey, les églises d'Ambronay, de Nantua, de Perouges, de Chézery, etc., dans* notre diocèse; Saint-Jean-, Ainay, Fourvières , etc., à Lyon ; la cathédrale de Grenoble; de . Viviers , de Valence , etc.
i;8 IS'ocions hisioriqvcs et iteseri[)tiecs quille , travaille iLcpuis quelques années à éloignée les cinistièi-cs du tous leii lieux habiltjs , sons prëresle de HalubritiS pulilique ; mais on ne \oit pas i}ae les maladies soient moins fréquentes depuis qCie ces lois philosophiques sont mises à exécution, et la piété ainsi que le respect envers les morts y ont perdu.
Abt. II.
potions sur tes principale» églises tdties par Constantin à Rome et ailleurs.
C'est en forme de basilique que les premières églises furent eonstmites; il est h présumer que cette forme était déjà adoptée avant la conversion de Constantin et qu'où ne fit alors qu'exécuter en grand ce qui se faisait auparavant dans de plus petites dimensions. Constantin fit construire A Home sept basiliques, l'une dans son palais de Latrau , qui subsiste encore , mais avec des modifications qui Ini ont fait perdre son caractère antique. Il a été tenu quatre conciles généraux dans la basilique de Latran. C'est dans cette basilique que se fait le couronnement du souverain Fontife. C'est son église cathédrale et sa paroisse ; c'est une des quatre églises ([u'on est obligé de visiter pour gagner le jubilé (i).
(I) Ces quatre fg[i««s f laieot autrefuii Saînl-Kerre,
des églises ou lieux de réunion ^ etc. i^^'g
La seconde basilique bâtie par Cons^Lntiu est celle de Saint-Pierre sur le mont Yat^S&Mi; elle n'existe plus , parce qu'elle a été remplacée par la basilique actuelle de Saint- Pierre qui est regardée comme une des merveilles du monde et dont nous parlerons plus tard.
La troisième basilique de Constantin est celle de Saint-Paul , hors des murs, qui fut consumée par les flammes le i5 juillet iSa5 et dont la restauration commencée par Léon XII est continuée par ses successeurs sur le même plan. La destruction de cet antique monument étant récente ^ nous en avons des descriptions fort détaillées , dont nous ferons une courte analyse , pour donner une idée des basiliques en général'^ et spécialement de celle de Saint-Jean de Latran et de l'ancienne basilique de Saint- Pierre, car elles étaient construites toutes les trois sur le même plan. ,
La basilique de Saint- Paul 9 hors des mnrs de la ville de Rome y était un grand vaisseau divisé dans sa longueur par quatre rangs de colonnes qui le partageaient en cinq nefs. Vingt-quatre de
■ . Il ri, I ■ I r ^
Saint-Jean de Latran, Saifife-Marie-Maîeure et Saint- Paul. Cette dernière ayant été la proie des flammes en 1823 , Léon XII désigna en remplacement celle de Sainte" Marie aa-delà du Tibre.
i8o Nouons historiques et (lescnpl*vet ces colonucs étaient d'ordre corintMeii du plus beau Biarbrc , elles avaient été tirées du tombeau d'ïVdrien ; les autres étaient aussi eu marbre de difTércn» ordres; les colonnes qtii formaient la' grande nef du milieu avaient trente pieds de ha,uteur; elles supportaient des arcades au-dessus desquelles était une galerie ou tribune de chaque côté , en sorte que les petites nefs étaient bien moins élevées que celle du milieu. Ces tribunes se remarquent dans presque toutes les anciennes basiliques et c'était là que se retiraient les vierges et les veuves qui se consacraient au service de Dieu et menaient une vie plus parfaite.
Entre les nefs et le chœur, la basilique de Saint- Paul s'élargissait à droite et à gauctie, et prenait la forme d'ujie croix ou d'un T. On assure que Constantin avait adopté ce plan pour les basiliques qu'il faisait construire en mémoire de la croi\ qui lui apparut quelque temps avant la victoire qu'il remporta sur Alaxence (ij. Il n'y avait point de voûte sous le toit, mais un plancher en bois de cèdre. Pendant plusieurs siècles les basi-
(!) Voyez sur cette apparilloo Vllistoire ecclésiastique de Fieury. liï. IX, n" 43; Bérault-Bercaslel j VHistoire du Bat-Empire , par M. Le Beau ;. maïs surtout la Dii' ,erlati„n de M. DuïoUin, I To!. ■m-I2.
des églises ou lieux de réunion, etc. i9f
liqaes étaient de même , sans voûte , mais avec w» plancher souvent doré ou peint.
L'ancienne basilique de Saint-Pierre avait une cour 5 des galerie» et un baptistaire tels que nous les avons décrits dans l'article précédent. La nouvelle basilique est précédée par une vaste place entourée de galeries ^ avec un obélisque au milieu et deux fontaines superbes sur les côtés. L'église de Saint- Paul; hors des murs^ et celle de Saint- Clément 9 sont encore précédées par une cour et des galeries qu'on retrouve également dans la plupart des autres anciennes basiliques (i).
On peut voir dans Fleury , livre X , n" 3 , la description des belles églises qui furent construites et consacrées à Tyr et à Nazianze. Bérauld-Ber-
(I) L'église Ambrosienne , à Milan , conserve encore sa cour et ses portiques , ce qui nous explique comment le peuple de Milan put rester dans cette église â plusieurs reprises pendant la nuit pour empêcher que la basilique ne fût envahie par les ariens, ou que saint Ambroise n« fût arrêté par ordre de Timpératrice Justine. Ce n'était pas seulement dans l'église que le peuple était, mais dans lc& galeries et les bâtimens qui rentouraient. (Voj. Godescard, Vie de saint Ambroise , 7 décembre.) C'est encore de cette manière que l'on explique comment lescoupables pouvaient demeurer plusieurs jours dans une église pour éviter d'être pris , le droit d'asile s'étendant à tous les bâtimens attenaus»
i8a Notions historiifues et descriptives castcl, à la liu du Uvrc Vil, et Fleory, livre XI, II" 56 et ^1 j , Tunt l'tinumùi'iitjon des autres églises liàfiespar Coiistiialin,:i Ilonic,à Albc,à€apoue, à Ostic , à NaplES , à iVicomédie , à Antioche y à Conslantinoplc. On assure qu'il en fit construire une i^ Clermont en Auvergne (i) , et que Sainte- HéU'ne contribua à la construction de celle de Saint- Jean à Bcsanço[i; il ne serait pas même étonnant qu'ils en eussent fait construire d'autres dans les Gaules ou Constantin et Constance Clore t •on père; avaient séjourné quelque temps.
akt. m.
tfolionaaur tes églises de Jérusalem, de BethtéeTn et (fueU/ves autres de (a Palestine, construites par sainte Hétène.
Sainte Hélène était fort âgée, lorsque l'empereur son llls se convertit. On croit qu'elle était chrétienne depuis long -temps, et qu'elle contribua par ses prières, ses leçons et ses exemples à cette conversion , et aux suites heureuses qui en résultèrent ; en effet , cette princesse montra un zèle admirable pour la reconstruction des églises, d'abord ùllome, ensuite en Palestine.
(I) Voyei M. de Cauinoiit, meiUates, 4* purlie.
des églises ou lieux de réunion , etc. iWSf
Klle se rendit à Jérusalem l'an 326. Sachant par tradition que la croix de J.-^C. avait été enterrée sur le calvaire près du sépulcre , de concert avec* saint Macaire ^ évêque de Jérusalem, elle fit faire de ferventes prières pour obtenir la grâce de ki découvrir, et ses vœux furent exaucés (i). Après beaucoup de travaux, la croix de J.-C. fut trouvée^ ainsi que les clous qui l'y avaient attaché , la couronne d'épines qu'on avait mise sur sa tête , Is» lance dont il fut percé et la planche sur laquelle était l'inscription que Pilate avait fait écrire en trois langues différentes : Jésus de Nazareth , rot des Juifs, L'impératrice envoya une partie du bois de la vraie croix à Constantin , avec recommandation de faire construire une église pour renfermer cette précieuse relique. Cette église subsiste encore sous le nom de la Sainte-Croix de Je-rusalem.
La princesse elle-même s'occupa aussi à faire bâtir à Jérusalem une église assez vaste pour renfermer le lieu où J.-C^. était mort et celui où ii était ressuscité. Constantin , pour seconder ce pieux dessein , désigna un nommé £ustathe qui fit
(I) Il faut lire dans Godcscard , le 3 mai et le 18 août) la manière dont la croix de J.»G. fut trouvée, et la manière dont elle fut discernée de celles des dec» larrons.
iSii Notions hUtoriqiics et descriptives le plan de l'éJificc et dirigea les travaux (i). Cette basilique fut détruite en partie par les Perse» eo 6i4 , et reconstruite par les soins de l'abbé Modeste et de saint Jean l'Aumônier : détruite de nouveau par les Turcs en loog, elle fut rebâtie telle qu'on la mit encore aujourd'hui et que nous allons la décrire (a).
L'église du Saint - Sépulcre , appelée Ânastasts ou de ^ Résurrection , se compose de plus
La plus grande a la forme d'une croix. La
(1) La ducripliOD de cette églîie et de sa consécratioD
est détaillée dans TilIcmoDt, lom. VII, Vie de sainte Hélène. Celle descriplion eat aussi faite d'une manière im^ressaote dans Bérault - Bereastel , tiv. VII ) dans Fleur^, liv. XI. On vuit que celle basilique était dans le goût de celles de Rome , précédée d'une coar, de porli>
(2) Voj-. Moreri, art. Calvaire; l'Itinéraire de M. de Chiteaabriand , ou un petit outrage nonvi^an assez intéressant, iutiiulé 1 La Terre-Sainte ou Description det lieux les plus célèbres de la Palestine, aiec quelques grat-ures. Il y a une représeiilation de l'église du Saint- Sépulcre en bois d'olifier. enuvert en nacre dans l'hospiee des praires âgés ou infirmes du diocèse de Bclley, établi à Pont -d'Ain. Ce croquis a été fait à Jérusalem même ; il nous a servi pour préciser les rcoseigneineDS nae nous dooaoas.
des églises ou lieux de réunion, €te. >8^
branche qui est dirigée du levaiit au couchant a^ environ 4oo pieds de long y celle cjui est dirigée du nord au midi a environ. 210 pieds; c'est par l'extrémité méridionale de celle-ci qu'on entre dans l'église. Il y avait autrefois deux portes; les Turcs en ont fait murer une.
La façade de l'église est ornée de plusieurs belles colonnes en marbre qui sont surmont(ées d'une frise très-bien travaillée. Cette façade donne su» une place trè»- propre qui a environ 40 pas carrés. A côté de la porte d'entrée , et en dehors, se trouve le clocher qui est fort bien , et d'architecture bysantine. Il a été presqu'entiërement détruit par le* flammes en 1811. Près du clocher est le corpsde-gardc des Turcs qui ne laissent entrer les pèlerins qu'à prix d'argent; il en coûte à chacun dix écus ordinairement (1).
(I) Le pèlerinage de Jérusalem est celai de tonsaaqael les souverains pontifes ont attaché le plus d'indnlgeDeesv Mais pour les gagner, il ne suffit pas de visiter l'église du Saint -Sépulcre, il faut aller dans tous les lieux où se sont opérés les grands mystères de la religion , depuis Nazareth où l'archange Gabriel apparut à Marie jusqu'au mont des Oliviers où le Sauveur bénit 9ts apôtres et monta au ciel. Par une faveur insigne qui mérite toute notre attention et toute notre reconnaissance, on gagne les mêmes indulgences en faisant le Chemin de la Groii.- Voyez le Rituel de Bellej, nouvelle édltiou y tooi* VL^
i86 tfoUons historique» et descriptives
Le milieu de l'église est éclairé par un superbe dôme ^ entouré de fenêtres et de colonnes fort élégantes. Ce dôme distribue aussi le jour dans les quatre extrémités de la croix et aux chapelles en* Vironnantes^ Il est soutenu par des arcs très-élevés qui sont en ogives, c'est-à-dire pointus et allongés vers le milieu , ce qu'il est essentiel d'observer. On remarque plusieurs arcades du même genre dans cette église.
Au milieu et à l'extrémité orientale de la croix se trouvent le chœur et l'autel principal qui est occupé par les Grecs schismatiques qui y font l'office. Derrière le chœur sont des chapelles et un escalier de 29 marches qui conduit dans une église souterraine, appelée Chapelle de Sainte^Hélène , où l'on trouve un autel fort propre. Cette chapelle est petite, et n'est éclairée que par un dôme. Un peu plus bas, on trouve un autel dédié à la sainte croix, qui est placé dans l'endroit même où fut trouvé l'instrument de notre salut.
£n remontant dans la grande église, on trouve à droite et à gauche des chapelles et des autels particuliers dont nous ne donnons pas le détail , pour nous occuper de la troisième église , appelée
pag. 240) et tom. III, pag. 412. Des indalgences pié^ cieoses sont aussi altachces aux chapelets , croix et médailles qui ont touché les saints lieux. Voy. ibid, pag. 508.
des églises ou lieux de réunion, tic* 187
(U la Résurrection, qui a retenu le nom de Y Eglise du Saint - Sépulcre, Cette église est k i'exl^émité occidentale de la croix qui forme la grande église du Calvaire ; elle est ronde comme le Panthéon de Rome, Le pavé est en marbre ^ son diamètre est d'environ 90 pieds; un double rang de colonnes en marbre entoure cette vénérable enceinte 9 et forme une galerie dont le^ arcades soutiennent une tribune ou galerie Sur laquelle on en trouve une seconde. Ces deux tribunes sont divisées en plusieurs parties^ où le» pères latins catholiques (1) et les religieux grecs de diverses communions (2) disent l'office. Là
■ H m ■■ I' ■■■ ■' ' .....■—■ .■■■Il,
(1) Ce fut en 1342 que Robert, roi deNaples, ol^tinf da sultan d'Egypte que 12 frères mioeurs pussent demeurer cantinuellement dans une partie des bâtimen» attenans au saint sépulcre pour y faire l'office divin , comme il paratt par deux bulles de Clément VI , du dth novembre 1342.
(2) Ce n'est pas sans étoonement et sans quelque peine qu'on voit les saints lieux entre les mains des infidèles^ et des hérétiques. Mais sans vouloir sonder les desseîof de la Providence, nous pouvons penser que l'intérêt matériel que les Turcs attachent à ces bàlimens f à cause des^ sommes énormes qu'ils retirent des pèlerins , 8<mt peut* être le moyen le plus efficace pour les conserver et y maintenir la paix. Il est assez remarquable que les protestans , quoique chrétiens y ne sont point reçrésett%4»
f 88 ffotions historiques et descriptive^
^ibune la plus élevée est presqu'entièrement occupée par le» pères latins. Les grecs se sont partagés le reste (i)r
' L'église du Saint- Sépulcre e^ couverte par un dôme très-élevé qui n'a point de fenêtres ; il est ouvert seulement au milieu pour laisser passer le four et la fumée d'un grand nombre de lampes qui brûlent nuit et jour dans ce vénérable sanctuaire^ au milieu duquel est le tombeau de J.-C. Cet auguste monument est en marbre^ orné à l'extérieur d'arceaux en ogive. Il a environ 6 pieds en carré et 9 pieds de hauteur : 44 lampes brûlent continuellement dans l'intérieur ; c'est pourquoi on a fait des trous à la voûte pour laisser sortir la fumée. Ces trous sont surmontés d'un petit dôme fort élégant. Il y a dans le tombeau un autel sur lequel on dit la sainte messe , mais non sans éprouver une chaleur brûlante. La porte par
dans les saints lîeax. Il y a cependant beaucoup d*An-> glaîs qui les visitent.
(I) Cette partie de Téglise est toute enf^urée de bâti^ mens où demeurent les divers religieux qui ea font le service , et qui sont 1° les franciscains catholiques ; 2^ les Grecs ; 3<> les Abyssins; 4** lesCophtes; 5*^ les Arméniens; 6<> les Nestoriens ; 7° les Géorgiens ; 8<> les Maronites. Ces derniers sont catholiques. Les chapelles et les autels sont divisés entre ces divers religieux pour éviter les ^oodits»
des églises outieux deréUnion, ete. 189
laquelle on entre dans le tombeau est très-basse et très-étroite. Elle est précédée par la Chapelle de l'Ange , appelée ainsi parce qu'elle renferme ia pierre sur laquelle l'ange était assis lorsqu'il parla aux saintes femmes (1). Yoy. saint Matth. , chap. XXYIII, V. 2^ et les autres évangélistes.
<i) C'est dans le tombeau de J^-G. que le patriarche grec schismatique fait Le feu s^acré le samedi-saÎDt « cérémonie qui est accompagnée de circonstances qui méritent attention , parce que les incrédules et surtout les protestans en ont beaucoup parlé. Dans TËglise grecque comme dans r£glise romaine , d'apr/ès un usage fort ancien et fort respectable , lie samedi -saint on doit battre le briquet et allumer les cierges avec un feu nouveau , pour représenter la vie nouvelle de Jésus ressuscité. Ce ^eu doit être bénit , ce qi^i lui a fait donner le nom de fen sacré. Le, peuple grec attache une grande importapce à cette bénédiction et désire emporter chez lui des lampes ou des cierges allumés ce jour-là avec le feu qui sort du tombeau de J.^G. Le patriarche grec s'enferme donc dans le tombeau à une heure déterminée. Quand son flambeaji^ est allumé % il communique d'abord le feu au patflarche armépien et aux évoques cophte , abyssin et sjrijen <|u.i sont plâ^cés dans la cbap/elle de l'^ge dont uous venons de p^rljso Ces quatre éyêqqes communiquenjt le (eu ^ùl ^ssistaus qui ét;aient réunis d^ps la grandie églisje. 4^u moment où le feu parait , tout le m<»id.6 se précipite vers la chapelle, ce qui occasione des agitations 1 des cris, e% .<|uel^uefo)s vj^èa^Q de^ .ri:^es fo^t ip^éceoiçSt PU9ic4 %
«90 Nations historiques et^scriptives
Ces trois églises sont richement ornées ; les pavés 9 les colonnes , les autels sont en marbre précieux ; on y montre successivement l'endroit 0(1 J.-C • fut crucifié , celui où la croix était dressée, le rocher qui se fendît au moment de sa mort 5 la pierre sur laquelle il fut embaumé , les lieux où il apparut à sa sainte mère et à sainte Magdeleine après sa résurrection , etc. On montre aussi l'endroit où sainte Marie Egyptienne ayant été arrêtée par une main invisible , rentra en elle - mome , pleura ses péchés et se convertit (1).
représenté cette cérémonie d'une manière un peu chargée dans le grand ouvrage des Cérémonies religieuses, etc. — Les protestans disent qu'on trompe le peuple en lui enseignant ^ue ce feu est miraculeux et descend du ciel à la suite des prières. Si cela est, les schismatiques ont un »tort gt'ave. Il est cependant possible que cette accusation soit injuste. Un voyageur respectable et connu, déclare qu'ayant interrogé le patriarche grec sur le feu sacré , il lui avait raconté la manière dont il le faisait, qui est la même qu'on emploie dans le rit romain ; il ajouta que les prêtres de sa commnnion ne croyaient pas et n'enseignaient pas que le feu sacré vint du ciel. On voit en France le samedi-saint dans nos églises un tumulte qui ressemble un peu à celui dont nous venons de parler, an moment où se fait la bénédiction des fonts. Tout le monde veut avoir de l'eau bénite ce jour-là; on se presse, on crie, on casse des vases , etc.
{I) VoJm la Vie de cette sainte dans Godescard, le 9 avril.
det églises ou Uevx de Tévnion , etc. igii Sainte Hélène iît construire k la môme L';)oque plusieurs autres églises (i). Nous n'en citons que deux ; l'une sur le mont d^ Oliviers, pour honorer le mystère de l'Ascension ; l'autre sur la grotte de Bethléem, où Jésus vint au monde. La première était ronde , ou plutôt octogone ; elle avait environ 4^ pas de diamètre , et elle était richement ornée : il n'en reste plus que des vestiges, au milieu desquels se tiouve une petite chapelle , aussi octogone , qui renferme l'endroit sur lequel était notre divin Maître , lorsqu'il bénit ceux et celles qui l'avaient accompagné le jour de l'As-
L'église de Bethléem subsiste encore ; elle est à cinq nefs formées par quatre rangs de colonnes d'ordre corinthien (a) ; les entre-colonnes sont à plates ' bandes , à la manière des Grecs : audessus des petites nefs à droite et à gauche , on aperçoit des tribunes comme dans les basiliques
(1) Nicépborc en compte jasqu'à 30 qui lonl désîgnrics par Adrichome.
(2) On en tfouve le dessin iuiérieiir dan« le P. Guujon , Histoire et Voyage de la Tjrta-Sainte. M. de Châlcaubriand en donne nue belle descripiion que Dtxis couseîl- Inns de lire. Voyez l'ouvragu que nous avnns di^jj îudiqaé , la Terre-Sainte on Description des lieuj^ Ici plm celètret de la Paisitine,
tga I\'ûtions hiitoriqucs ei descriptives du Rome ; cl c'était là que se tenaient les viergei et les veuves qui iiabilaiunt les mouasitres cou»truits aupri^s de cette église , dans l'un desquels demeuraient sainte Paule et sa lillc Eiislochic (i)- - Ces nionaslËi'cs sont occupiis aujourU'hui par des religieux de Sainl - François , qui sont à gauche de l'église, cl par des Grecs et des ArméiiicnSi qui sont au Icvaut. Cette basilique est pri:cédée d'une grande cour et de bâtimens, parmi lesquels on montre vers la droite celui qu'occupa saint Jérôme , et la salle oii il donnait des leçons d'Ecrjture-Sainte (2). Au-dessous de celle église, se trouve une crypte ou église souterraine , où est la grotte dans laquelle naquit le Sauveur. Elle est assez richement ornée ; elle a 5? pieds et demi de long, 11 pieds? pouces de large, 9 pieds de haut n y a beaucoup de lampes, dont l'une en or fui donnée par Louis XIII. Celle église est allrîbuée à sainte Hélène, ainsi que beaucoup d'autres dans la Palestine, qui tuâtes conservent de précieux souvenirs.
(f) Voyez àam tiodescard la Vie &t ce* 1« 26 janvier et le 28 septembre.
(2) Voyei dans Gudescard la Vie de c «ptetnbte.
sur leê égliMÊ ix^ant Ckartemagnê. igZ
Ait. IV.
Notions sut V église de Sainte-Sophie, à Constantifwpte,
Avant de quRter l'Orient 5 nous croyons devoir dire quelques mots d'une des églises les plus célèbres de Constantinople qui subsiste , encore et dont le plan a servi de modèle dans la construction des plus belles églises qui existent aujourd'hui 9 c*est l'église de Sainte -Sophie. Cette basilique avait d'abord été bâtie par Constantin 5 à la gloire de J.-C. , la sagesse éternelle ( en grec : Sophia); mais un tremblement de terre la renversa sous Constance , fils et successeur de Constantin , qui la fit construire plus grande et plus belle. Réduite en cendres sous Ârcadius, pendant une sédition occasionée par l'exil de saint Chrysostôme (i)^ elle fut réparée et brûlée deux autres fob , l'une sous Théodose-le- Jeune ^ l'autre sous l'empereur Justinien ^ qui la fit reconstruire plus belle encore. Les fondemens en furent jetés l'an 55a 9 la dédicace en fut faite à la fin de 5Zy» On trouve une belle description de Sainte-Sophie dans l'His-
(I) Voyez dans Godes eard la Vie de ce aaiet , le 27 janvier.
194 Notions htiton^ves et rteâcrîptîves toire du Bas-Empire (i). Il nous siiQit de faire obsener. i° qu'elle est en forme de croix grecque , c'est-à-dire dont toutes les braBches sont iëgales comme dans la croix de St-Loiiis ; 3° qu'eUe est éclairée par un dôme placé au milieu et par quatre autres petits ddmes placés à chaque eslrémité de la croix. Le dôme est une construction de forme ronde ou ocbig;oDe , garnie de fenêtres, qui s'élive au-dessus des toits et semble chercher le jour dans le ciel. On l'appelle aussi coupoU. Cette idée hardie est due , dit-on , à l'architecte Anthémîus, qui donna le plan de l'église de Sainte - Sophie i Justînien (a}> A l'imitation de
(1) Vojez i'HUtoire du Bas-En^ire par IVf. Le Beau , tom. IX , Uv. XLIV, n" 60. C'est un ouvrage qne les eccUiiasiiques peaTcnt lire avec fruit. La Aeietiyiioa de Sain te -Sophie se traaie insii dam te Diclioonaire d'architectDre de M. Qiutremfre die Quincy, an. Coastantiaople , et dam l'ourrage de l'abbé Mey, îutiiulc : Temples ancieiu et moàtriKi, Celui-ci ea fait la ccitiqae «t en donne le plan par terre. M. Durand donoe le plan intérieur dans son grand otivrage , iniituU : Recueil et paraUiU des àd^/Scei ancieiu et moderna,
(2) D'après la description qn'Euscbe donoe de l'église des Saints-ApSires , bltie par Constantiu i Consiaotinople(voy. Flenry, HùtoireeecUiiast., Uv. XI, n''43), aa peut juger qu'il y avait un dSine. Ainsi , cette inveutioo serait plas ancienne ^'Aoib^mius. Il parait que
sur tes églises avant Chariemagne. iqS
Sainte - Sophie , l'église de Saint - Marc à Venise fut éclairée avec des dômes, et depuis lors |»eaucoup d'autres l'ont été delamême manière. Celle de Notre^Dame-des-Fleurs à Florence, et celle de Saint- Pierre à Rome , ont des dômes plus hardis et plus élevés que ceux de Sainte- Sophie et de Saint- Marc. A Paris on connaît les dômes de la Sorbonne, du Yal-de-Grâce , des Invalides et de Sainte - Geneviève ; celte dernière église çst en croix grecque comme Sainte-Sophie. L'église de SaintnBruno à Lyon a yn superbe dôme.
Aet. y.
Notions sur tes églises construites en France, en Angleterre , en Espagne, etc, , avant Charlemagne,
L Pendant les premiers siècles du christianisme, nous ne trouvons aucune église en France, en Espagne , en Angleterre et en Allemagne qui soit comparable à celles de Rome , de la Palestine , de Constantinople , etc. , dont nous venons de parler. U y en avait sans doute qui furent érigées
la première église do Saint* Sépnicre de Jérusalem avait aussi un dôme. ÇVoy.V Histoire du Bas^Empire , tom. I'^'' , liv. IV, n» 54.)
1^ Notions hhtoriques et deaeripiivt»
avanl Constanliii , à Lyon , à Vienne , à Vatence , ;) Narboiinc, à Toulouse, à Dijon, à Clennont, h Paris, à TourBj à Besancon , etc., puisque le christianisme y était professé dès te s* et le 3* siècles (i) : uiais il ne nom reste aucun vestige de ces antiques mouuntçng , ri ce n'est peul-être la crypte de Saînt-Ireiiée , & Lyon , qui remonte \ la plus hante anliquiltï. On désigne égalemetit Èbmme très-ancienne la crypte de Saint-tïet^Als âe Roueti, dans laquelle fut èiiXKtté saint Ht^on, premier évêque de cette ville , vers l'an aoo.
II. On cit? plusieurs église» bâties dans le 4' et le 5' siècles par des rois, des éf êques , des seigneurs, des religieux, mais sans donner aucun détail sur la manière dont elles étaient constmiles ; s'il faut même en juger par la facilité avec laquelle on y mettait le feu , on pourrait croire que la plupart étaient en bois (a). C'est ce que l'un dit en particulier de l'église de Strasbourg, bâtie en premier lieu par Clovis. C'est ce que l'on pourrait dire de plusieurs anciennes villes et même de Paris dans les premiers teijnps.