AST. II
Le moyen-âge ètait-il aussi ignorant qvon te dit ?
1. Pour répondre à cette question, il faudrait disting:uer les siècles, les pays et les diverses classes de la société , ce qui nous mènerait trës-loio. Nous nous contenterons de dire d'une manière générale que daus le moyen-âge les grands seigneurs , uniquement occupés de la guerre , se faisaient gloire de ne pas savoir écrire. Charlemagne mit les
CI) Voje» VHistoire d'Angleterre, p«r LÏDgard i let Leltrei de Cobelt; l'Histoire de France , par Daniel on par Aitqaelili VHtatoite de la Révalutioii fraaçaitf ), pM
du moyen-âge. 3i3
étades en honneur; mais 5 bientôt après lui^ la noblesse redevint ignorante et regardait comme indigne d'elfe de savoir lire et écrire : on trouve beaucoup d'actes anciens où se lit cette formule : « Le noble et puissant seigneur ^* n'a pas signé pour ne le savoir 5 attendu sa qualité de noble, mais il a trempé ses doigts dans l'encre et a mis sa griffe » (i)*
II. Le peuple attaché aux travaux de la campagne ne savait également ni lire ni écrire. A l'exemple des anciennes familles patriarchales, il se contentait d'apprendre et de pratiquer la religion; il l'enseignait à ses enfans par ses exemples autant qne par ses leçons. Dans les longues soirées d'hiver il leur racontait l'histoire sainte et l'histoire du pays et leur transmettait par tradition les connaissances qu'il avait reçues de ses ancêtres
Bertrand de Moleville ; VHistoire du baron des Adrets , par Allard ; celle da duc d*A1be ; l'ariicle Tolède dans Feller ; \* Abrégé de VHistoire de la Hollande y par Ker-» ronxi tom. Il; VHistoire des Icbnoclastes , par Maimboorg. Voj, aassi la note de la page 164.
(I) C'est vraisemblablement à cause de cet ancien Bsage qu'on appelle griffe l'iDstranieni dont on se sert pour supplier à la signature des prinices. Cet instrument porte leur nom en relief: on le trempe dans l'encre et on l'applique sur l'acte.
Notiorti sur tes églises •ur tout ce qui pouvait inlùrcsscr l'agriculliii'c. Il existe encore des paroisses où le peuple conserve ces vieilles liabiliides et se croit aussi heureux que ceux dont l'i^ducalion a été plus soignée et leur a créé plus de besoins.
111. Les connaissances du moyen -âge étaient donc concentrées dans le clergé, les médecins, les hommes d'affaires et les artisans. Le clergé ne se conlenlait pas de conserver le diipût des connaissances acquises, mais c'était lui qui était chargé de les transmettre par renseignement, par lu Iranscriplion des livres, par la formation des bibliothèques. C'était d'abord dans les monastères et dans les chapitres que se tenaient les grandes écoles oii l'on enseignait la grammaire , l'arithmétique et toutes les sciences connues ; c'était parmi les moines que se trouvaient les professeurs les pliis distingués et les bibliothèques les plus nombreuses. A la fin du 8' siècle, Charlemagne établit dans son palais une école publique de toutes les ■ciences ; il attira les savans k sa cour, et notamment le moine Alcuiq , anglais de naissance. L'exemple de Charlcmagne fut suivi bientôt après et donna naissance à l'université de Paris, fondée en 787 ; à celles de Pavie , de Boulogne , de Alayencc et de plusieurs autres , toutes sous la protection et la direction des papes , des évêqucs et des ecclésiastiques les |)lus éclairés ijui en
du moyen- âge. 3 1 5
étaient ordin3drement professeurs. L'an 8885 Alfred^ le -Grand 5 roi d'Anglerre^ fît venir de France deux moines 9 Grimbald et Jean 9 pour relever les études dans ses états. Il établit des écoles 5 fonda l'Université d'Oxford et il s'adressa à Rome pour avoir des livres (1)9 etc.
lY . Nous pourrions prolonger ces détails ; mais nous nous hâtons de demander conunent on a eu le courage d'accuser le clergé et les moines d'avoir entretenu l'ignorance dans le moyen-âge 9 tandis que c'était dans le clergé et parmi les moines que se trouvaient presque tous les auteurs 9 les profes« seurs9 les légistes 9 et même les médecins (a). Que saurions - nous sur les premiers siècles de l'histoire de France et d'Angleterre 9 sans Grégoire de Tours 9 le vénérable Bède 9 et leurs continiiiiteurs? Que d'ouvrages anciens seraient perdus pour toujours s'ils n'avaient pas été copiés et conservés par des moines ? Il y a donc injustice
(1) Dans ce moment encore , et malgré rempre«sem|!ot qa'ont les sociétés savantes et les souyerains pour former des bibliothèques, celle du Vatican est la pins ricli£| sartoni en manuscrits dont le nombre s'élëv# à pips de quarante mille.
(2) £n 11^ , le concile de Gleimont (canon V) défendît aux diotnes et aux chanoines réguliers de faire 4t barreau les fonctfons d*aTocat et d'exercar la nvédeciBe.
3i6 Notions sur tes églises
et ingialituile de la part des savans de nos jourti
d'allriliuer au clergé l'ignorance du moycn-àge.
T. Mais celle ignorance était-elle aussi profondt! qu'on lo (Ut P Nous conviendrons sans peine qu'on était muiiis avancé que nous, dans le rooycn-âgc, «ur les sciences spéculatives; qu'on n'avait pas sncore iuvcnté autant de systèmes en astronomie, en pliysique , en chimie , en médecine , etc. , systèmes que le même siècle a souvent vu naitre el mourir ; mais en fait de sciences pratiques et nécessaires, en savons-nous beaucoup plus qu'eux?
C'est au moyen-âge que nous devons ces magnifiques églises dont nous avons parlé. Ne fallait-il pas des connaissances suffisantes en arcliiteclure et en mathématiques pour faii-e des combinaisons aussi gracieuses et aussi hardies , pour élever les tours de Cbartres, d'Amiens, de Strasbourg et SutresP Ne fallait-il pas des connaissances en •liimic pour exécuter ces vitraux peints, dont les couleurs si vives ont bravé les siècles, et que nos savans cbimistes modernes, après beaucoup de recherches et d'expériences, n'imitent que d'une manière imparfaite (i) ? C'est dans te moyen-âge
(I) Les viiran< de Rauterombe dont udds avons parlé ,. n'ont ni la iransparcDce ni la vivacité d«t anciens. No* grands cbimistpi cnovienneot que la couleur rouge lurhrnt eit difficile à obtenir.
du moyen-âge. Ziy
qu'ont été inventés les moulins à vent (l'an 65o) , les cloches (655), les orgues (65^), l'usage des vitres (662), le feu grégeois qui brûlait dans l'eau et dont heureusement le secret est perdu (670) ; on connaissait la précession des équinoxes (700), l'art de fabriquer les tapis (720) , le papier fait avec des chiffons (750) , les lettres de change qui donnent tant de facilité au commerce (750) , les horloges à roues ; le pape Paul I" en envoya une à Pepinle-Bref (760); les chiffres arabes qui ont tant contribué aux progrès des mathématiques (790) ; Charlemagne fit le projet d'un canal qui aurait uni le Rhin au Danube, et, par ce moyen, la mer Noire à l'Océan ; entreprise qui annonce de grandes vues et de grands mathématiciens (791) ; il établit l'uniformité des poids et mesures, il fit bâtir ^ Aix-la-Chapelle un magnifique palais , des bains très-vastes, une superbe église qui existe encore ; il fonda une chaire de langue grecque à Osnabrnk, etc. (1) ; on mesure un degré du méridien (81 4) ? on distille l'eau-de-vie, l'esprit de vin et d'autres liqueurs (824) : c'est vers ce temps qu'or.t été établies les universités ; c'est aussi dans les 9% 10% 11* siècles et suivans qu'ont été construites les cathédrales de Rheims, de Paris, de Chartres, etc.
(I) Voyez sa Vie par Gaillard, ou les Mémoires d'E-
ginhard.
3i8 TfotioTU tur Us igtises
Ccrbcrt, religieux bénédictin, di^pui» pape soui le nom de Sylvestre II , en j);>3 , était (;rand ma- Ibématicien et mécanicien ; Il inventa les horloge^ à balancier; il fit un globe céleste et des orgucî hydrauliques, c'est-à-dire <{ui allaient par le moyen de l'eau (i). C'est ait moyen-âge qu'on doit les notes de mn»que (1024) < l'éducation des yevK k soie , les fabriques d'étoiïes de Boîe ( 1 1 i^o) , la bonsaolc (i25o), un automate qui parlait et ouvrait la porte (laSS), l'invention des lunettes ordinaires et des télescopes , l'invention de la poudre à canon ( 1 278) , dus armes à feu , des fonderies de canon, des bombes et mortiers (i358), l'inveiilion de la gravure (i4io). de la pcinliire à l'huile ( i4>5) * de l'imprimerie avec des caractères mobiles (t44o)ï Ce-) elc.
En voilà bien assez, sans doute , pour prouver que le moyen-âge n'était pas aussi ignorant qu*OD fe plaît à le dire , et que s'il avait moins de connaissances frivoles , il en avait de très-utiles. Nous pouvons ajouter et prouver que presque toutes ces découvertes étaient dues à des ecclésiastiques ou à des moîneB.
(t) Voy> YHiMoire de$ TJmthématiquet , pir Montacla, ofi l'on trouve beaucoup de dflailf lar Gerbert et ■atre* 'iii*th£inttiGiens et micanlcicns du moyen -Age.
du moyen-âgé. 3 19
Art. III.
Le moyen-âge était-il superstitieux?
Avant de répondre à cette question ^ il faut s'entendre et fixer l'idée qu'on attache au mot superstitieux dont on a de nos jours entièrement dénaturé le sens. Si l'on appelle superstitieux un peuple qui croit en Dieu et à ses perfections infinies , un peuple qui , par une suite de cette croyance, regardait comme son premier devoir d'adorer cet Etre suprême et de Tinvoquer dans ses besoins, d'obéir à ses commandemcns, de lui donner des preuves continuelles de son respect et de son amour, de travailler sans relâche à mériter le bonheur qu'il nous prépare dans l'autre vie , nous convenons que le moyen-âge fut superstitieux , c'est-à-dire sincèrement et profondément religieux. A cette époque, en effet, les pratiques de la religion étaient suivies plus exactement ; l'abstinence , le jeûne , le repos du illmanche , étaient mieux observés ; les offices divins «t les sacremens étaient plus fréquentés , les églises étaient plus magnifiques , les monastères plus nombreux , les sociétés religieuses plus florissantes : le peuple était éminemment catholique.
C'était donc par esprit de foi et non par supers* tition qu'on n'épargnait ni peine ^ ni dépense»^
3so !\'olions sur Us églises
ni sacrifices pour construirecearaagnifiqueséglîses qui nous (étonnent encore par leur nombre , leurs (limonsions et la somptiiosilé de leurs orncmcns. C'était par esprit de foi que les hoinuics riches el puissaiis consacraient ù la religion d'immenses forûls qui furent couver tes de monastères, autour desquels nos villages, nos bourgs, et mCme nos iïIli-8, se sont formés, C'tîlait par esprit de foi qu'une foule d'Iiommes et de femmes de lous les rangs , de tous les âges , se consacraient à la vie religieuse et donnaient l'exemple de toutes les vertus: les uns, pieux et fervens solitaires, assuraient leur salut par une séparation entiëie du monde, cl levaient sans cesse les mains vors le ciel, comme Moïse , pour attirer des bénédictions sur leur famille et sur leur patrie ; les autres partageaient leur temps entre la prière et l'agriculture ; ils défrichaient nos campagnes et ouvraient la source de nos prospérités ; d'autres se livraient à des travaux littéraires, copiaient des livres anciens, en composaient de nouveaux, recueillaient et conservaient les traditions et rédigeaient ces chroniques précieuses, sans lesquelles la plupart des événcmens passés nous seraient inconnus; il y en avait qui ri?m plissaient les fonctions du saint ministère , administraient les sacremeus , se livraient à la [ii'édication , et par leurs iustructiont éclairaient les populations laborieuses, les
du moy engage, 52 1
consolaient et leur aidaient à tirer profit de leurs travaux. Les plus habiles ouvraient des écoles et enseignaient aux jeunes gens intelligens le calcul , la grammaire , le droit et la médecine ; plusieurs, et les femmes surtout , se consacraient aux bonnes œuvres , au soin des pauvres, des malades et des enfans qu'on recueilUiit dans dos hospices, dss lazarets, des maladrcries et autres uiaisons de charité dont la création est toute catholique ; les hommes plus forts , plus courageux, allaient dans les régions infidèles pour racheter les esclaves, ou se réunissaient en chevalerie pour combattre les ennemis de la religion , et leur arracher les provinces qu'ils avaient envahies et les prisonniers qu'ils avaient faits.
Afm de se maintenir dans la piété, ceux et celles qui restaient dans le monde entreprenaient de longs pèlerinages pour visiter les lieux saints , l(^s tombeaux des martyrs, et uourris(saient ainsi le souvenir de leur courage et de leurs vertus. Quelques-uns formaient ces associations pieuses, ces confréries de maçons , de pontistes dont nous i.vons parlé , et une infinité d'autres où chacun s'édifiait mutuellement par des conseils et des ( xemples. C'est dans le même esprit , et afin de nourrir sans cesse le souvenir de la présence de Dieu et de leurs devoirs qu'on multipliais les chapelles rurales, les croix et les imagées des saints >
5aa Notions sur (es t'glises
en sorte qu'on pouvait fi peine faire un pas et lever les yeux , sans rencontrer un objet propre à rappeler tu divinité , la mort , te jugement de Dieu et les autres véril^a du salut.
Mais voilà , disent les incrijdulcs Ju jonr, voilà ce qui fait donner aux peuples du moyen-âge le nom de superstitieuï ; il était absorlitS par ta religion et vivait assujetti à une foule de pratiques religieuses qui au fond ne sont pas nécessaires, et aunquellcii il attachait beaucoup trop d'impoi'' tance, ce qui le rendait intoltSrant.
Fût'il vrai qu'on peut attacher trop d'importance aux devoirs que l'on rend à la divinité, fût- il vrai qu'on peut avoir quelque tort en se laissant absorber par le souvenir de l'étcmitC; fût- il vrai que le moyen -âge était enclin à la superstition , à l'intolérance , à l'exagération sur les devoirs religieux, nos siècles modernes ont- ils le droit de lui en faire des reproches ? Quel est le plus raîsoDDable, ou de celui qui oublie tout pour s'occuper de Dieu et de son salut, ou de celui qui l'occupe de tout, excepté de Dieu et de l'éternité? Quel est le plus conséquent, ou de celui qui croit en Dieu et quiconforme sa conduite àsa croyance, ou de celui qui dit croire en Dieu et qui se contente d'une connaissance spéculative, sans penser à sa providence , sans lui adresser aucune prière ,. tans s'occuper des devoirs qu'jl nous impose , sans
du moyen-âge. 323
faire attention aux droits qu'il a sur nous en qualité de créateur» de bienfaiteur» de rémunérateur pour la vertu et de juge sévère contre le vice?
Quel est le peuple le plus sensé, ou de celui qui bâtit des églises magnifiques, ou de celui qui les démolit et qui emploie toutes ses richesses à construire des salles de spectacle » des bourses » de magnifiques palais» comme si l'ensemble de nos forces et de notre existence devait être employé au commerce, aux divertissemens et aux jouissances de la vie ?
Quel est le plus éclairé , ou de celui qui cultive les sciences pour les appliquer aux besoins réels, à l'agriculture, aux arts nécessaires, aux inventions utiles, ou de celui qui emploie toutes ses fecultes intellectuelles à faire de vaines spéculations sur l'astronomie, des expériences si souvent trompeuses, des calculs si souvent faux, des systèmes si souvent chimériques ?
Quel est le plus louable , ou de celui qui entreprend des pèlerinages pour devenir meilleur, ou de celui qui voyage pour contenter sa curiosité , et ne rougit pas de vénérer les restes d'un misan* thrope dont la vie et les écrits sont un tissu de contradictions , ou ceux d'un vieillard qui a souillé sa plume et ses cheveux blancs par les productions les plus liceneieuses et les plus dégoûtantes ?
5s4 Notions sur tes églises
Quel est le plus ami de Tordre et de la mérité ^ ou de celui qui fléchit le genou devant Tarbre de la croix en se rappelant les bontés de Dieu , sa justice , sa miséricorde f les vertus de J.-C. , sa patience , son humilité, sa charité , la nécessité de réprimer ses passions , de faire pénitence ^ dç pardonner à ses ennemis , de vivre soumis aux lois 9 aux puissances de la terre, ou celui qui fléchit le genou devant l'arbre de la liberté et proclame rinsnrrecti^n comme le plus saint des devoirs ?
Quel est le plus superstitieux , ou de celui qui honore les saints, admire leurs vertus, conserve le souvenir de leurs bonnes actions, les prend pour modèles , recommande à ses cnfans de les imiter, ou de celui qni honore des divinités chimériques et offre son encens à des prostituées ?
Quel est enfin le peuple le plus modéré et le plus tolérant, ou de celui qui se laisse enlever ses églises, ses liôpitaux, ses collèges, ou de celui qui s'empare de ces églises , les tourne à son profit ou les démolit, r< n verse les croix, mutile les statues, hi'iile les ornemens, les tableaux, les reliques, pioi'auo IcH vaines sacrés, viole les tombeaux ?
Les applications sont faciles à faire ; elles renferment des faits anciens et des faits réeens : eeux qui sont plus anciens ont des caractères de vérité irrécusabks; ils sont attestes, d'ailleurs, par les
du moyeti'âge, 3a5
ruines que nous avons sous les yeux 9 par les édiiices dont on a changé la destination 9 et qui certainement n'ont pas été envahis par tolérance. C'est donc à tort que nos siècles de lumières accusent les siècles du moyen -âge, et s'il fallait choiijir entre les siècles où la foi dominait et ceux où la raison 9 dirigée par l'incrédulité ^ exerçait son empire parmi nous 9 l'expérience que nous avons faite fixerait hientôt notre choix.
SECTION IX
factions sur te iG* siècle, époque dite du renou^ vciïemcnt des arts , et sur tes principaux monumens religieux qui ont été construits depuis lors.
Le iG" siècle est désigné comme l'époque du renouvellement des sciences et des arts. Mérite-t-il vraiment cette qualification ? Y a-t-il une grande différence entre les connaissances qu'on avait acquises depuis Içs croisades et les découvertes qui furent faites de i5oo à iGoo? Peut-cire serait-il facile de prouver le contraire : mais nous nous éloignerions de notre objet en faisant cet examen ; il nous suffira de dire que depuis le i5* siècle on s'éloignait de farchitecture gothique pour se rapprocher de celle des Grecs et des Romains ^ que dans le 16* cette tendance augmenta 9 comme on
326 Notions sur les principates églises
pourra le remarquer dans les notions que nous allons donner sur les principales églises modernes et sur la basilique de Saint- Pierre qui mérite un paragraphe à part.
SI*'
Notions sur les principales églises construites
depuis le 16* siècle.
Les grandes et belles églises construites depuis le 16* siècle sont en petit nombre. Les plus remarquables sont :
I. France. Les églises de Saint-Roch, de Saint- Eustache , de Saint-Sulpice, du Yal-de^Grâce, des Invalides, de la Sorbonne, de Sainte-Geneviève et de la Madeleine à Paris, sont très-remarquables. Les cinq premières ont des piliers et des arcades , comme les constructions romaines ou lombardes; leurs façades sont en style grec ; quelques-unes ont des dômes, apanage de l'architecture bysantine. Le dôme des Invalides et celui du Val-de- 6râce sont fort estimés. Sainte-Geneviève et la Madeleine sont en style grec, c'est-à-dire divisées au-dedans par des colonnes , au-dessus desquelles sont des plates- bandes et des entablemiens semblables à ceux des monumens grecs.
L'église de Sainte - Geneviève fut projetée à l'occasion d'un vœu fait par Louis XV, lors de sa
construites depuis le 16* siècle. 32^
maladie à Metz en 1744 > elle fut commencée en 1767 : SoufRot en fut l'architecte. Elle est cb forme de croix grecque 5 c'est* à-dire dont toute» les branches sont égales; elle est d'ordre ionique et à trois nefs. Un superbe dôme s'élève au milieu ; il paraissait d'abord soutenu d'une manière très-hardie 5 mais qui l'était trop , puisqu'on a été obligé de fortifier les piliers qui le supportaient 9 ce qui donne à l'édifice un air plus pesant. Cette église a coûté dix-sept millions (1). Louis XVI avait fait construire le péristyle qui est fort estimé. L'église a 54o pieds de long, en y comprenant le péristyle 9 et 25o pieds de large ; le dôme a 60 pieds 8 pouces de diamètre et 340 de hauteur. Ce monument superbe n'est pas fmi ; il a changé deux fois de destination : commencé à la mémoire de la puissante et virginale Patrone de Paris, sainte Geneviève 5 on Va profané en y mettant les restes impurs de Voltaire y de Rousseau et de beaucoup d'autres dont les ouvrages et les exemples ont contribué à rompre tous les liens qui attachent à l'ordre et à la vertu. Le moment viendra peut-être une trqisième fois où sainte Geneviève sera remise en
(I) Les GéDOvefins furent autorisés à établir une loterie dont le produit fut employé à la construction de cette église.
328 î^otions sur tes principales églises possession d'un édifice oii elle nous rappelait l'exemple de loules les vertus.
L'iiglisc (le la Madeleine élalL désirée depuis long-temps. Le plau de M. Constant d'Ivri fut arrêté , les fondemens en furent jetés le 5 avril 1764; elle devait être en forme de croix latine, à trois nefs, avuc un rang de cliapellcs de chaque Gûté. La révolution fit suspendre les travaux j ils furent même démolis parce que Napoléon eut l'intention quelques momens d'en faire un Temptù de ta Gloire et un Panthéon pour les mili- (airea français, ce qui fit changer le plan. On supprima te dOmc , et on L'enluura comme les temples païens d'une superbe galerie , formée par Sa colonnes d'ordre corinthien , qui ont 60 pieds de haut. L'intérieur est aussi du même ordre et sera fort beau comme monument d'architecture, mais peu approprié aux dispositions nécessaires pour une église, parce qu'on ne saura où mettre le sanctuaire , les autels, les confession a us , les fonts de baptême, la sacristie, les cloches, etc. Comme il n'y a ni dùme ni fenêtres, on est obligé de l'éclairer par une couverture en verre ^cadré dans du cuivre ; mais en hiver la neige séjournera sur le toit parce qu'il a peu d'inclinaison, et il faudra, ou rester dans l'obscurité , ou faire balayer à chaque instant. Ce bâtiment est une imitation du Panthéon d'Athincs, mai*
construites depuis le \6* siècle. Ssg
dans de plus grandes dimensions; il a 3oo pieds de long. Le fronton représente le jugement dernier^ et porte une inscription qui en indique la destination^ ce qui était nécessaire 5 car sans cela rien ne la ferait connaître.
L'église des Chartreux, à Lyon, est en style ^rec et une des plus élégantes qu'il y ait en province ; le plan du dôme est de Soufliot, et, selon lui, c'était sa meilleure production (1). L'église de Saint- Vincent, à Mâcon, est aussi en style grçc, elle a été bâtie par le gouvernement sous l'empire, elle a coûté fort cher et elle est peu appropriée au culte catholique , ce qui est assez ordinaire dans les constructions modernes qui sont dans ce style.
IL ANGLETERRE. L'égHsc modemc la plus remarquable de l'Angleterre est celle de Saint-Paul de Londres. Elle fut construite d'après le plan du chevalier "Wren, qui la commença l'an 1676, et eut le bonheur de l'achever dans l'espace de 55 ans , sans l'intervention d'aucun autre architecte. Elle est à trois nefs , en forme de croix qui n'est ni grecque ni latine (2) , mais la grande branche
([) Cet architecte a aussi dirigé la constcuction du grand hôpital de Lyon , dont la façade principale de 176 pieds se d<3yeloppe sur le qnaî du Rhône.
(2) Cette assertion est prise à la lettre, et on dirait qae les protestans ont voula constater ainsi la nouTeauté de leur réforme.
33o Notions sur les principales églises est exactement partagée au milieu, sur sa longueur qui est de !\aa pîuils dans œuvre, par une branche qui n'en a que ii3, Au point d'intersection, s'élève un dAnie très-beau de gS pieds de diamètre et de 5o8 pieds de haut. Les ucfs sont séparées par des piliers et des arcades comme dans le style lombard. La fai^ade est peu ornée et donne sui- un emplacement fort étroit. H. Quatremère dit qu'on entre dans cette église sans étonnement et qu'on en sort sans admiration (i). Les Anglais ont cependant la prétention de croire qu'on peut la mettre en parallèle avec Saint-Pierre de Rome; mais ils sont scuLt de leur avis, si toutefois il en est qui pensent ainsi sérieusement. X'église de Saint-Paul de Londres est la seule églbe bâtie par les protcstans qni ait quelque réputation. Presque toutes les églises dont ils joDissent en Angleterre , en Prusse , en Suède , en Danemarck , en Allemagne , en Suisse , ont été construites par les catholiques avant la prétendue réforme.
IIL Espagne. Le palais de l'Escurial , appelé San-Laurenzo, construit en i558 par Philippe II, se compose de plusieurs bâtimens disposés en forme de gril , pour rappeler le martyre de saint
e hiitorîqut <Farcliiteclure, srt. ffreO'
comtruiUê depuù U i6' tUcU. 33t LaarenI aui|nel l'église est dédiée. CcUe ëgUae qui a 3i3 pieds de long sur 198 de large dans œavre> est d'ordre dorique, en forme de croix grecque, et surmontée au milieu par ud superbe dôme. Le marbre et les tableaux qui la décorent sont d'une beauté et d'une richesse ioexpiimable (1). La statue de saint Laurent renferme 900 marcs d'argent et î)6 d'oi'. Le tabernacli; est en vermeil; il a 7 piedsSpouecsUc haut. Il est enriclii de figures
(I) Le lableau de la f iVrge au pohton. , peint par Baphal'l, se tiniire ù l'I^icnrial. M'°' de Genlis et beaucoup d'autres iliseni que la coin(iosili<ia àe ce lalileuaest ridicule, ce qui esl bien hardi quand il a'agil d'uu ouvrage de Rapliaël. Pour en juger, il faut savoir que ce tableau représcole uu jeune homme qui lient en main un poisson. Un ange présente ce jenoe homme à la sai Die Vierge qui jelle sur lui des regards de complaisanci? , tandis que
d'un respectable Tieillard. M"" de Gealis M d'autres •«vans voient dans ce tableaD l'ange RaphaCl qui préseMe . l'oble à la asiate Vierge, eiplicalion lingalière en eKl. M. Belloc, dans aue dissenation fort int^resiaote, prouve par des faits que le poiitoa est le symbole du cbritien (voy. plus haut pag. 168) , et pense que le jeune bomtile est un uéoplijte qui vit^nt de recevoir le baptême et que son ange gardien met sons I* proleclion de Marie, landis que l'enfant Jétiu lui montra l'Evangile comme devant âtrc déaimniis U règle d* ■■ c<mdnite.
332 Nations sur tes principales ét/Hscs aUiï^iiriqucs et de pierres précieuses. On y voit UDC énteraude grosso comme un œtif. De<i:( cenU hyéron omîtes chantent l'uiricc tous les jours dans cette cgiise et ont dos pupitres auperbes en bronze doré. Au-dessous do cette égli-se, il y en a une Hecondc souterraine où sont placés les cercueils en bronze des rois et des reines d'Espagne.
IV. Allejiaghe, On parle de l'église de Saint- Charles à Vienne en Autriche , de celles de Dresde , de Prague, de Munich, etc. ; mais nous u' avons pas assez de renscignemeus pour en faire la dcs-
V. L'ItALiB est couverte de belles églises moâfirnes avec des coupoles , enrichies de marbres , de fresques , de mosaïques , de lablcanx ; les plos distinguées sont celles de Venise : on cite particulièrement celle de Saint-Georges, où Pie VII fut élu en 1800, celle du RÉdctnpteur qui fut construite k l'occasion d'un vceu fait par le sénat pour obtenir la délivrance de la peste en iS^ô. vœu qui fut exaucé. Ces deux églises furent construites sur les dessins de Palladio qui trouva , dit M. Qualremère, « qu'il n'y avait pas plus de ■ rapport entre la forme du temple païen et celle » de l'église chrétienne, qu'entre les cérémonies 1 et les pratiques extérieures des deux religions. » Au lieu donc de faire violence aux usages ré- » cens, aux opinions consacrées, et dès-lors au
constrviUi dtpvig te iG' siicU. 333
• lyslëme de construction et d'clévallon voulu ■ par d'autres iustitu lions , il dut cherciier à se » modeler sur le premier tjpe des monumpim tl«
• christianisme : «c , ce type fut celui de la !ia- » silique, >> c'est-à-dire que Palladio se garde bien d'imiter les temjiles paîciia qui ne pouvaient pas coDTenir aux iisagps et aus cérémonies du christianisme. Cette idée , dictée par le bon sens , fut suivie pat beaucoup d'autres grands arr^hitectcs, et notamment par Alichel-Ange dans l'église de Saint-Pierre de Itome dont nous nous hâtons de parler.
su.
Notions sur ta itasilicjue de Saint- Pierre de
Il faudrait un volume pour faire une dcs«riplion exacte de ce temple magnilîque ; nous nous contsnterons de dooner quelques notions historiques et dcscriptivce , nous le comparerons ensuite avec quelques autres monuaiens du même scnre.
ÂBT. I".
Notions historiques sur la (lasitiqne de StÛM- Pierre de Rome.
Constantia-le-Grand, vers l'an Sao , c'eat-à-din quelque temps aprèi sa conTersion arriva* e«
354 Notions sur tes principales églises |
3i=, fit construire trois grandts églises, Sainl- Jean de Latran dans son propre palais, Saint-Paul hors des murs, dans l'emplacement où l'on croil que l'apfltre avait été décapité et enterré par son disciple Timotliée, et celle des Sainlâ-ApAlrcs. appelée plus ordinairement la basilique de Sainl- Pierrc. (lelle-ci fut construite sur le Monl-Valican , dans l'cnipiaceraenl où était le cirque de Néron. On croit même qu'une partie des fondemens de l'édifice avait appartenu à ce cirque. Cet emplacement étant entre les deux élévaliou! qui formunt le sommet du Mont-Vatican, di's eaux abondantes s'y précipitent et avaient alléiï les fondemcns de réalise qui avait besoin Ul' grandes réparations. Le pape Nicolas V, vers l'an 1457, formait le projet de la faire reconstruire magnifîquement ; mais ce projet n'eut pas de suite. Le pape Jules II , dont le caractère vif et entreprenant est assez connu , conçut le mémf projet; il lit dresser plusieurs plans et choisit celui de Bramante , arcliitecte italien, et la première pierre fut posée le 18 avril i5o6 (un an avant la pose de celle de Brou). La construction n'a été termTnée qu'en iC58. Voici la liste des principaux anchitectes qui ont dirigé le travail.
Le Bramante conçut le plan , qui était trèsva»te et d'après lequel l'église devait être en forme de croix latine, avoir trois nefs bien régulières,
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formées dans la grande branche de la croix par cinq arcades de chaque côté (1). Les nefs devaient être unies par une magnifique coupole d'une di* mension égale à l'église même du Panthéon. (Voy. page 14^9 note I.) Deux campanilles devaient Être à l'extrémité du vestibule. Le Bramante construisit les piliers de la coupole et mourut en iSia^ sans laisser de plan sur le papier. Jules II mourut aussi en i5i5.
La même année Léon X fut élu; il était de la maison de Médicis , si connue par son goût pour les arts^ dont lui-même est regardé comme le restaurateur. Héritier du zèle et des grandes vues de Jules II pour la reconstruction de la basilique de Saint-Pierre , il fit pour cela d'immenses pré* para tifs et voulut faire concourir à cette entretrcprise toute la chrétienté catholique (2). En
(1) On trempe ce pUo dans Tooirrage de Darand.qiie nous avons cîU , â^ns M« Leroy et antrea.
(2) Noua avona déjà fait observer ploaieara liais qne depuis plusieurs siècles lea évoques et lea papea aecordatent ani fidèle» des indolgencra et d'autres faveurs apiritnellea , lorsqu'ils contribuaient à des conatroctions d'ég4iaea, de poota , d'hospicea , et autres établiaseiiMoa qal intéressent le hien public. Par uni! auile da cet Bsaga , Léon X fit publllrr des fndulgencea en faveur de cei^ qui CQptribneraia^t à la oonstrnctiSm da l'églias
'336 Notions sur les pvincipiXtes églises i5i7, il chargea RapliaOl, peintre ctiRliru, mai» qui litait aussi architecte, de tracer le plan de Bramantedontîlavait seul connaissance. Le pape, lui adjoignit pour l'exécution Sun Gallo et un frère dominicain, appelé Jocondo. Ct'S trois architectes ne firent que fortifier ks piliers construits par Le Bramante , et qui devaient supporter la coupole. llaphaCl mourut en i5iu, et Léon X en iSai.
En i534) le pape Paul III chargea San Gallo de rcctiricr le plan de Bramante et de Raphaël; cette rectifiuatiou coûta un an de travail et environ 3â,t)oo fr,, somme énurme pour ce tcmpslà, ce plan nouveau ne fut point exécuté. Vers i5.'|6. le pape choisit pour architecte de Saint-Pierre < par un bref spécial , Buonaroli , plus connu saui
de SflDl-Picire 1 il chargea les DomiuicaiDi île publier CM Indolgencei et de recueillir \f.» aumônes. Les AugWtlns qui étaient «ccnntuniés k recevoir cetie mission et cette marque de cnnfiance, forent muriififs de U préférence donoie aux DomiDÎcalna. Les buas religlcui cependant respectèrent la volonté du pape et si: aoaniireol avec résignation; mais Martin Lutlier, rcligîeui ■ngnstîn ijui s'éliiil déjà fait remariiuer par ses opinions hardies et son caractère fougneu, se mit 1 prêcher contre les Indulgences, contre le purgatoii'e, etc. (Voyei )• reste dans VMiit, ecclétiajtiifue , dans VBàtoire du u , OD mÏRie dans le Dictionnaire de PelUr.)
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le nom de Micfiei-Jnge; celui-ci ^ dans quinze jours 9 termina son plan, et ne voulut aucun émolument ni pour ce travail, ni pour en diriger l'exécution pendant 17 ans. Michel- Ange est regardé comme le véritable architecte de Saint- Pierre ; il réduisit le plan en forme de croix grecque , Ht exécuter en bois un modèle de la coupole ^ avec recommandation de n'y rien changer après sa mort qui arriva en 1 564 ( 0 > lorsqu'il eut achevé trois branches de la croix , toutes, les grandes voûtes des nefs , le tambour et les ornemens de la coupole dont la voûte et la lanterne restaient à faire , ainsi que le portique et les portes d'entrée de l'église.
Grégoire XIII, vers iSja , ne s'occupa que des ornemens intérieurs. Le i5 juillet i588, Sixte Y fit commencer la voûte de la coupole par Fontana^ son architecte de prédilection. Six cents ouvriers y furent employés jour et nuit. La dernière pierre fut bénite et placée le 14 mai iSgo, à la suite d'une messe solennelle, au bruit de l'artillerie
(I) Michel-Ange était architecte, peintre, sculpteur, graveur, et il eicellait dans tous ces genres de tafens ; il était aussi poète supérieur : mais ce qui est plus important pour lui maintenant, c'est qu'il avait une foi très-vive, des moeurs très-pures, et une tendre dévotion envers saint Pierre.
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du château Saint - Ange. Sixte Y mourut dans te mois d'août de la même année.
Paul y 9 en i6o5 , demanda le plan d'un portique. Plusieurs lui ayant été présentés , celui de Charles Maderne fut préféré ; mais il demandait l'addition de trois arcades à la branche orientale de la croix grecque , Ce qui transformait l'église en croix latine 5 comme le voulait Bramante.
€e plan fut exécuté : la première pierre fut posée le 8 mars 1607; les arcades, le vestibule et la façade, furent achevés en 161 4-
En 16389 Urbain yni chargea le chevalier Bemin de la construction du grand autel et de deux tours ou campaniles qui devaient être placés à l'extrémité du péristile. Ces deux tours furent commencées et démolies , parce que le sol n'était pas assez solide , à cause des eaux qui se jettent sur l'emplacement de l'édifice ; par la même raison , malgré toutes les précautions qu'on a prises pour affermir les fon démens des piliers 9 la coupole a travaillé, et, en 174^9 elle a été cerclée en fer. C'est aussi d'après les dessins du chevalier Berniu que fut construite la place de Saint- Pierre dont nous allons donner la description ainsi que de k basilique.
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