III. Il est à désirer que la sacrbtie soit de plain
(I) VofCE aa ooTrage fort uvant sar cette matitre, ■utilalé : De Secrelarii't, par Fr. CaDcelUeri. Cet ODTrage fut fait â l'occasicin Ae la superbe sacrislie qiie Pie VI avait fait cunxiruire auprjrs de l'i^glise de Sa in I - Pierre àa Vatican C voy. page 345) i on y U'Ouie une descriptioa très-délai Itfe de celle lacristie avec de* gravures.
(3] On voit encore dans beaucnnp d'Églises de ttliages une snnoire creusée dans le mnr, derrïire l'autel on tar nn des càiéi; ctiie irmuire servait de tabernacle.
(3) Voy. Benoît XIV, de SynoHo, lib. I, cap. V, n' V, et l'oarrtge de CancelUeri , déjà cité.
Notions sur tes sacristies, 379
pied avec l'église , parce que s'il y avait des marches , les prêtres , eu sortant avec les habits sacerdotaux , seraient exposés à se laisser tomber^ surtout s'ils tenaient le calice en «main et s'ils étaient âgés.
IV. Les anciennes sacristies étaient ordinairement placées au midi, parce que c'était le côté ou se mettaient les hommes , et qu'alors le prêtre pouvait y entrer sans traycrser la nef des femmes ; mais une autre raison doit déterminer à choisir cette exposition , c'est qu'alors elles sont moins humides, et les objets qu'on y tient se conservent mieux.
y. Pour maintenir la salubrité de la sacristie ^ on y pratique deux fenêtres qui facilitent la circulation de l'air ; mais ces fenêtres doivent être garnies de barreaux en fer. Cette précaution est nécessaire pour empêcher les vols d'église qui sont devenus si fréquens; par la même raison > la porte doit être bonne , ainsi que la serrure.
VI. La sacristie doit avoir au moins 9 pieds de hauteur, et de 12 à i3 en longueur et largeur, afin de contenir les meubles et autres objets qu'on y renferme. On doit y ménager la place d'une cuvette pour se laver les mains; quand même on aurait fait cette opération le matin en se levant, on doit la réitérer par respect pour la rubrique et pour avoir occasion de dire la prière marquée dans le
S8o Tiotiotu et obtervatiom
UisKl ' c'est lu d'atUenrs nac occasion de pcnier 'i la pureté de ccear qa'on doit apporter dam h icélt^bralion des sainb mystères.
* Tll. Lorsqae le predtytère est un peu éloigné de l'église , il faut ménager- uoc cheminée dàiu la sacristie ponr le moment des grands froids , «oïl pour le soulagement du prêtre qui ferait de lon- I giics séances à l'église , soit pour empêcher les burettes de se geler, soit pour faire chauffer l'ean baptismale si elle était gelée , ou mèaie si elle ëlail trop froide et qu'il y eût quelque danger à la faire couler sur le front des enfans.
Tin. HH. letcoréidoiveiitmieure bMiteii «MttfS poor se procurer une sacristie lorsqu'ils ta'en ont pas; maiS) en attendant, c'est derrière l'autel ou i cAté sur une table qu'ils doivent prendre le* omemens ; il n'y a que les évêques qui aient droit de les prendre sur l'autel. On les place au milieu pour l'évêque diocésain , et du cftlé de l'évaugile pour les évêques étrangers.
SECTION III
Notion» et o6»ervation» sur te» ctocher»,
I. Tout le monde sait qu'on entend par clocher un bâtiment élevé dans lequel sont suspendues les cloches dont on se sert pour appeler les fidèles aux oftices divins.
sur les clochers. 58 1
Les clochers prennent différens noms qui leur viennent de la forme qu'ils ont : on les appelle TOURS quand ils sont terminés en terrasse d'une manière plate ; ainsi on dit les tours de Notre- Dame de Paris 5 des cathédrales de Reims, de Rouen y de Boui^es > etc.
On les appelle FLicBBs quand ils sont teraiinés en pointes plus ou moins élevées, qui ont la forme de pyramide à plusieurs pans ou la forme conique ; ainsi on dit la flèche de Strasbourg , de Saint- Denis, de Chartres, etc.
On les appelle campaniles quand ils sont isolés et séparés de l'église , séparation qui est rare en France , mais qui se rencontre souvent en Italie , ainsi on dît le campanile de Florence (i), de Crémone, de Bologne, de Pise, etc. (2).
II. On ne trouve aucun vestige de tour ou de clocher avant le 8' siècle, parce c'est seulement vers cette époque , ainsi que nous le dirons plus tard>
^am»^
(1) Le campanile de Crémone a 372 pieds de baoteur; celui de Florence est si beau et si chargé de colonnes en marbre et autres ornemens précieux, que Charles-Quint en le voyant disait qu'on devrait le faire mettre dans un étui.
(2) Cet deux derniers, faits en forme de tour» sont inclinés à l'horizon , le premier de 12 pieds et le second de 6 pieds 2 ponces.
38» NoHons ni observations
qui; les eloclies Tiircnl inventées ; c'est du moin» alors 9i:uleiucnt qu'on parvînt i faire fondre de grosses cloches et qu'on s'en servit ponr invitec les lidèles ù venir à roflicc ^vin. Aussi les basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul, de Sainl- Jeao de Latriin , le Panthéon ,à Home; Saint-Marc k Venise , Sainte-Soplûc à Conslanlinople , et les autres églises anciennes, n'avaient point de clocher. Anastase le bibliothécaire, dit, dans la vie du pape £lienne III, que ce pontife en 7^0 fit bâtir une tour sur l'église de Saîat-Pierre de Rome pour y placer trois cloches. Ce texte annonce qu'il n'y avait point de clocher dans la première église de la chrétienté , ce qui fait présumer qu'il n'y en avait point ailleurs.
ni. Dans les premiers temps, les clochers étaient placés sur le comble de l'église , au milieu du transeps; c'étaient des espèces de dômes carrés, garais de fenÊtres qui donnaient de l'air et du jour. Dans le 1 1' siècle on construisit deux touri ou clochers à côté de la grande porte d'entrée, sans supprimer le clocher de transeps; on en plaçait même quelquefois à l'extrémité des transeps; il y en avait quatre sur l'église de Cluny, comme nous l'avons dît page 2i3. Ces tours s'élevaient d'abord peu au-dessus des toits ; mais dans le la* siècle et les suivans , les architectes semblaient employer tout leur génie à donner aux clocher» le
sur tes ctoàhers, 385
plus haut degré d'élévation , joint à la plus grande légèreté et à la multiplicité des fenêtres et des ornemens. C'est à cette époque qu'il faut rapporter nos plus belles flèches d'église , comme on peut le voir dans l'énumération que nous en avons faite pages 25 1 et suivantes.
IV. Dans les petites paroisses, le clocher est ordinairement attenant à l'église ; quand il est simplement en charpente , on en combine la construction avec la charpente du comble , et c'est sur le chœur qu'on le place. Cette méthode a le grand inconvénient d'ébranler toute la charpente et d'occasioner des accidens , ou du moins de les faire craindre : pour les prévenir et rendre le clocher plus solide , il est arrivé assez souvent qu'on a établi une maçonnerie qui s'appuie sur les murs du sancituaire et s'élève à une hauteur plus ou moins grande. Cette manière de construire des clochers est très-coûteuse, parce qu'il faut alors leur donner une dimension trop grande ; il faut aussi que les murs du sanctuaire soient beaucoup plus épais ou soutenus par des contre-forts. Il y a d'ailleurs un bien grave inconvénient de sonner en présence du Saint-Sacrementetmême pendant les oflîces, parce qu'on s'accoutume à manquer de respect dans le sanctuaire et l'on donne des distractions aux personnes qui sont dans l'église.
384 Notionê et obêervationê
¥• Les mêmes inconvéniens se reproduisent quand on construit les clochers au milieu de l'église > comme cela arrive quelquefois; ces inconvéniens sont même plus graves > soit parce que réglise est souvent plus large que le sanctuaire et forcerait à donner de plus grandes dimensioni au clocher 9 soit parce que le sonneur étant aa milieu des fidèles leur occasionerait plus de diffractions.
. YI. Quelquefois on place les clochers à la porte de l'église, ce qui divise l'entrée en trois parties» dont l'une à gauche forme une chapelle pour ki fonts baptismaux , l'autre à droite sert pour mettre les chaises ou d'autres objets; celle du milieu sert de fondement au clocher et tient la place d*nn tambour ou vestibule. Ce sont là des avantages réels 9 auxquels il faut ajouter que le clocher alors est un ornement pour la façade. Les inconvéniens sont que le clocher est alors éloigné de la sacristie 9 que les passans peuvent sonner les cloches hors de propoâ 9 que le sonneur est embarrassé quand on entre dans l'église ou qu'on en sort. Dans ce cas encore 9 si le clocher n'est pas grand • l'entrée de l'église devient étroite et gênante; si le clocher est large y il devient très-dispendieux. On trouve cependant beaucoup d'églises de campagne où le clocher est placé de la sorte. Dans quelques autres 9 il est placé à la porte et en dehors sur trois
sur tes clochers. 58$
grandes arcades. Ce placement est moins favo^ rable que le précédent ^ soit parce que la corde est alors livrée au public et surtout aux enfans y soit parce que cette tour isolée a peu de grâce.
VII. Les clochers sont quelquefois placés à l'extrémité du sanctuaire et en dehors ; d'autres fois vis-à-vis la sacristie , du côté de l'évangile. Ces deux manières ont l'avantage de fournir un emplacement pour les objets dont on n'a besoin que de temps à autre , comme la représentation pour les morts 9 les candélabres ^ les autels de reposoir^ etc. Leur position est plus régulière et plus agréable à l'œil quand ils sont à l'extrémité orientale du sanctuaire. ( Voyez la planche I his. )
VIII. La manière la plus commode et la moins coûteuse de placer les clochers 5 est de les mettre au-dessus de la sacristie. Les cordes alors sont entièrement à la disposition du curé. On ménage une pièce au-dessus de la sacristie 9 où se mettent les objets mentionnés n** Vil dont on a besoin rarement; on pourrait même y mettre des armoires 9 où les linges et les ornemens seraient préservés de l'humidité. On aurait la liberté de faire descendre les cordes dans la sacristie ou de les retirer dans cette pièce supérieure ; les murs de la sacristie seraient alors nécessairement plus épais, ce qui la rendrait plus chaude et moins
Sàs Notions et o6êorvation$
hnmide. L'inconvénient le plus grave vfendr de la nécessité oii l'on serait de livrer la dé de iaeristie au sonneur ; mais on pourrait ménaj un escalier dont la porte s'ouvrirait en dehors qui conduirait dans la pièce qui est au-dessus la sacristie*
IX. Les clochers étant ordinairement Irès-él vésy les fondemens doivent être profonds et murs avoir environ trois pieds d'épaisseur. Pc qu'un clocher soit bien solide, il faut^ dit-c que la hauteur ne dépasse pas plus de quatre cinq fois la largeur : en parlant de la hauteur^ n'est question que de la maçonnerie et non da flèche.
X. Dans tous les clochers il y a un ééfroi^ c'c i-dire une charpente à laquelle les cloches S€ suspendues : cette charpente se compose de piè< de bois 9 dont quelques-unes sont placées horizc talement et les autres perpendiculairement. 1 architectes disent que pour prévenir les effets rëbranlement que pourrait occasioner à la m çonnerie le mouvement des cloches^ il faut doni peu de hauteur au béfroi^ l'isoler de la murai du clocher et ne faire reposer que Textrémité ( pièces de bois qui sont placées horizontalemei sur le mur ou sur une retraite pratiquée da l'épaisseur des murs ; alors le mouvement que '. cloches donnent au béfroi ne se communique {
sur les clochers, 387
à la maçonnerie (1). Dans un clocher de douze pieds carrés de vide 5 on peut facilement placer trois et même quatre cloches.
XI. La planche III , figure 2 , représente un clocher carré peu élevé qui est couvert en tuiles creuses ; c'est ce que l'on appelle un clocher bénédictin. Cette forme est la plus ancienne qui ait été usitée ; c'est aussi la plus aisée à exécuter ; elle ne présente pas plus de difficultés qu'un bâtiment ordinaire. La toiture , pour avoir meilleure grâce f doit prendre sa pente des quatre côtés f et faire ce qu'on appelle le point de diamant. Si ce clocher est adossé à l'église y on peut se servir^ pour l'un des côtés ^ de la muraille même de l'église; s'il était au-dessus de la sacristie ou de l'autre côté vis-à-vis, on n'aurait que deux murs à faire jusqu'au comble, comme il est aisé de le voir d'après la planche I ; mais il faudrait alors que les murs de l'église et de la chapelle fussent un peu plus forts dans cette partie.
(I) Il eiîste quelques clochers qni suivent le monvement des cloches , parce qu'on n'a pas pris la précaatioa que nous indiquons. Il y en a un de ce genre dans le département de PArdèclie » paroisse de Burzet ( c'est la patrie de saint Benezet dont nous avoiis parlé au sujet des confréries de pontistes); la partie supérieure de la maçonnerie penche alternativement à droite et A gaachc quand on sonne la cloche à la volet
388 Notions et observations
XII. Le clocher dont nous venonif de par pourrait être surmonté d'un dônie semblable celui qu'on voit planche II ijis ; mais alors il pourrait être couvert qu'avec des ardoises ou c tuiles plates. Il faut beaucoup de goût po donner à cette calotte une courbure agréab! Ces clochers sont ordinairement peu élevés ; ne les aperçoit pas de loin , ce qui ne fait \ plaisir aux habitans de la campagne qui aime que leur église et leur paroisse soient distingua des autres au milieu d'un vaste horison.
XIII. Si les deux clochers dont nous Venons < parler étaient terminés en pyramide ou en pa de sucre un peu alongé , on les appellerait cloche à flèche : ce sont Içs plus communs. On les voit < loin, ils font un superbe effet dan* un paj'^sage , flattent Taniour-propre des paroissiens; ils dise: même quelque chose à l'esprit et à la conscienci parce qu'en s'élevant vers le ciel ils sembleut noi rappeler nos glorieuses destinées. Dans le morne où les principes d'égalité avaient prévalu et eau une espèce de délire , on abattit la plupart d clochers dans certains départemens; celui de l'A fut malheureusement privilégié , tous ses cloche furent abattus.
XIV. On croit que les clochers à flèche attîrei la foudre , et il est vrai que, selon les règles de pbj^sique , les corps qui se terminent en pointe a
9ur tes clochers. 589
tirent l'électricité dont le tonnerre parait un des principaux effets. Est -il bien démontré que le tonnerre tombe plus souvent sur les clochers pointus que sur les autres ? Quelques personnes l'assurent avec une grande confiance. Cependant^ dit M. Quatremère de Quincy^ tes plus hautes flèches ont hravé jitsqu' à présent ie^ orages et tes siècles.
XV. La couverture des clochers à flèche est or* dinairement un peu plus chère que les autres^ parce qu'il entre plus de bois dans la charpente. Le prix augmenterait encore si on voulait construire la flèche en brique ou en maçonnerie^ parce qu'alors il faudrait des fondemens et des murs plus forts pour soutenir ce nouveau poids. Les flèches peuvent être carrées ^ octogones ou rondes ; celles qui sont octogones ont plus de grâce, mais il faut que toutes reposent sur une corniche.
XVI. Les clochers divers dont nous venons de parler pourraient n'être pas couverts et se terminer en terrasse ; mais on rencontre beaucoup de difïicultés pour empêcher les eaux de pluie ou de neige fondue de pénétrer à travers les voûtes. On emploie plusieurs moyens pour parer à cet inconvénient; le premier et le plus essentiel est de donner une pente aux briques ou aux dalles qui forment le pavé de la terrasse ; mais cela ne suffit pas toujours et on emploie un second moyen pour
590 Notions et observations
empêcher les eaux de filtrer^ c'est de couvrir la terrasse avec des feuilles de plomb. Par là on se préserve des eaux ^ mais il faut éviter d'aller se promener sur ce belvéder pour jouir du paysage environnant 5 parce que le plomb'étant fort mince il serait bientôt usé et même percé si on portait des souliers un peu forts. Quelquefois^ au lieu d^ plomb on met des feuilles de zinc ; n^ais lé zinc se tourmente beaucoup à l'occasion du froid et de la chaleur^ ce qui rompt les soudures et oçca>sionne des ouvertures qui laissent passer l'eau. Le quatrièn^e moyen qu'on emploie depui$ cpielques années est l'asphalte de Seyssel. Ce moyen ne réussissait pas toujours; mais la manière -de s'en servir est aujourd'hui plus connue et plus sûre , en sorte qu'on emploie l'asphalte pour les bâtimens publics. Nous indiquerons bientôt la manière de s'en servir.
SECTION IV
Notions et observations sur tes matériaux qu' on emploie dans tes constructions et tes répara^ tions de clochers , etc.
Il n'est pas absolument nécessaire^ sans doute ^ que les ecclésiastiques aient une connaissance approfondie de tous les matériaux qui sont employés dans les constructions et réparations d'é-
sur les matériaux qu*on emploie. Sgi
Çlises 9 de clochers , de sacristies y de presbytères f de maisons d'école^ etc. Il y a cependant quelques circonstances oti ces notions peuvent leur être utiles 9 ne fût-ce que pour tenir les ouvriers en garde et les empêcher d'employer de mauvais matériaux ou de les compter à des prix exagérés. Nous dirpns quelques mots sur les pierres, l'argile i» les briques 9 le pisé, la cl^aux, le sable, le mortier, les cimens , le plâtre , l'asphalte , les bois de charpente, le £er, le cuivre, le bronze» le plomi> et le zinc.
SI"
Ii$tions et observations sur diverses espèces
de pierres.
On emploie dans les constructions les pierres calcaires, le gypse , le grès, les schistes, les pierres volcaniques et les cailloux.
I. Les piEBREs CÂLCÂiBES sout assez connues par les ouvriers et les personnes qui ont fait bâtir. Voici les caractères qui les distinguent : i* elles font effervescence avec les acides , c'est-à-dire qu'on les voit bouillonner quand on jette pardessus quelques gouttes d'eau forte ou d'huilç de vitriol; a* soumises à l'action d'un grand feu, elles se calcinent et se changent en chaux ; c'est même à cause de cela qu'on les appelle calcaires
1^93 Notiotta et oiservations
{du mot Calx) ; 5" elles ne fout pas feu quand
ou les frappe avec le briquet.
Les pierres calcaires sont trës-commuues en France : ce août celles iju'on emploie ordinairement daua les constructions de murs , paicu qu'elles se lient facilement avec le mortier. On s'en sert aussi comme pierres de taille pour les portes et fenStres, etc. , parce qu'il est facile de les tailler. Cela est vrai, surtout à l'égard de quelques carrières dont la pierre est fort tendre et a la propriété de se durcir à l'air. On en trouve de ce genre k Seyssel , à Ramasse , à Ponld'Ain, etc.; c'est en grande partie avec ces dernières qu'a été construite l'église de Brou, tes carrières de Villebois fournissent des pierres calcaires fort estimées par les entrepreneurs de Lyon.
Tous les marbres sont regardés comme pierres calcaires, et en ont les trois caractères; niais le grain en est plus lin , les couleurs en sont plos belles et plus variées ; elles sont susceptibles d'mi plus beau poli, ce qui fait qu'on les emploie comme ornemens pluldt que comme matériaux de construction. ( Voyez sur les diverses espèces de marbre le Dictionnaire de Valmont de Bomare et celui des Sciences naturelles, et mieux encore le Traité théorique et pratique de t' art de éâtir, par M. Rondelet, tom. I"). On trouve près de Belley un qtarbre qui est rouge-pâle , tacheté de
sur les matériaux qu*on emploie. SqS
blanc ; il y en a dans le Jura de quatre qualités différentes. Les plus beaux vienilent de l'Italie et de la Grèce.
Le TUf est aussi calcaire : c'est une pierre spongieuse, très- légère ^ qui se taille avec facilité, dont on fait grand usage pour les voûtes et les cloisons. On en trouve beaucoup dans les environs de Beiley, et notamment dans la paroisse de Labur« banche.
IL Le GTPSE est une pierre tendre qui ne fermente pas avec les acides 5 qui ne fait pas feu avec le briquet 5 qui ne se change pas en chaux quand oUe est soumise à l'action du feu ; elle se change en plâtre 9 dont l'usage est si fréquent pour faire des cloisons y des plafonds > pour mouler des statues^ etc. Cette pierre est moins commune que la pierre calcaire ^ ce qui rend le plâtre fort cher dans les pays éloignés des carrières qui en fournissent. On en trouve aux environs de Grenoble. Les plus belles carrières sont celles de Paris et des environs. Cette pierre n'est pas bonne pour les constructions^ parce qu'elle se décompose à l'air et qu'elle s'écrase sous le fardeau quand les murs sont élevés : on ne pourrait donc s'en servir que pour des murs de clôture.
III. Le GRÈS est une pierre très-dure qui çst formée avec de petits grains liés les uns aux autres par un gluten Ou ciment naturel. Le ^k.%, we
^4 Noliom et oiservatùms
temenie pas avec les acides ; l'action du fea ne te changé ni en chaux ni en plâtre , mais eDe le change en verre quand on le mêle avec un alcalL (jette pierre donne des étincelles lorsqu'on la frappé avec le briquet; elle sert à aiguiser les <U>uteaux et autres instrnmens eu fer : on en tire dfe i>onnes pierres meulières ; on peut s'en servir utilement pour bâtir, et surtout pour pierres de taille et pour les fondations des bâtimens 9 parce Qu'elle ne se décompose pas à l'humidité.
Les gbàhits ont lés mêmes propriétés que le grès et appartiennëkit à la même espèce de pierre ; àiais le grain eu est plus fin et plus susceptible de poli. Les Alpes , les Pyrénées 5 et en général les plus hautes montagnes^ sont en granit; c'est pour cela qu'on l'appelle pierre primitive. On eu trouve beaucoup dans l'Egypte 5 disposé en roches continues^ ce qui fait qu'on peut l'extraire en grandes masses. Tous les obélisques dont nous avons parlé page io5 sont en granit.
IV^ Les SCHISTES ou pierres feuilletées ne fermentent pas avec les acides, ne donnent pas d'étincelles avec le briquet. Elles résistent à l'action du feu et y deviennent plus dures ; elles sont disposées par couches assez mjnces. On met dans cette classe , les ardoises qui servent à couvrir les maisons ; l'amiante avec laquelle on fait des toiles incombustibles > te UUl ^\x(i Us anciens em-
sur tes matériaux qu'on emploie. 3^5
ployaient comme vitres de fenêtres et qu'on em« ploie encore dans les vaisseaux ; le mica qui tfi compose de points brillans et fournit un sable qui parait d'or et dont on se sert pour sécher l'écri*ture ; on en trouve beaucoup du côté de Saint« Cbamond. Cette pierre est trop friable pour être employée dans les constructions , quand on peut s'en procurer d'autres.
V. Les pierres volcaniques sont le produit des montagnes qui recèlent dans leur sein ces feux terribles qui fout tant de ravages dans la Sicile , dans le royaume de Naples , en Islande > etc. , et qu'on appelle volcans. Ces pierres sont de deux espèces. Les unes sont spongieuses et légères ; on pourrait les appeler tufs volcaniques * on les emploie comme le tuf calcaire pour les voûtes. La seconde espèce s'appelle ifàsatte : elle est d'un gris foncé et de la plus grande dureté ; on s'en sert pour constructions dans les pays où se trouvent des volcans éteints p tels que l'Ardèche 5 la Haute-Loire^ le Cantal^ le Puy-de-Dôme, etc. (i).
(I) L'histoire ne fournit aucan renseignement sur Vépoq[ae où les éruptions de ces volcans avaient lieu. Cependant nous apprenons de Sidoine Apollinaire, liv. VII, que du temps de saint Mamert (vers l'ao 477)» la ville de Vienne en Daiïphiné et ses environs furent agités par de fréqnens tremblemeus de v^tx^ ^ ^^vswh.-
Sg8 Noiionê et ohservaHanà
Ces pierres sont peu propres à faire des eonsliw* tiens f paroe qu'elles glissent les unes sur les sbtres* Pour prévenir cet inconvénient » on metaltemativement un rang de brique» oa de mottsii.
NoHoniêur f argile, tes ériques et tepuL
Dans les pays oii il n'y a pas de pierres» ooki remplace avec de l'argile changée en hriqne on en pisé.
I. L'argile est une terre pesante » c<m;^aetei de couleurs différentes , mais plus ordinairenwrt grise 5 tirant sur le bleu. Elle résiste au feu le plus ardent ; elle peut y acquérir un tel degré de dureté qu'elle fait feu avec le briquet ; elle est imperméable à l'eau 9 ce qui la rend stérile quand elle est pure , tandis qu'elle est féconde lorsqu'on y met du sable qui sépare ses parties et facilite rintroduction de Tcau^ de l'air et des engrais. L'argile est une des matières terreuses les plus répandues et les plus utiles ; on en rencontre presque partout sur la terre 9 et à différentes profondeurs. Ce sont les couches d'argile qui retiennent les eaux souterraines qui forment nos fon-
semble que ee langage soos sa plama a plus d'antorité. ( Voy. Bergîer, art. Déluge. )
SUT les matériaux qu'on emploie. Sgg
t aines et nos puits. Les étangs ne sont si mnltipliés dans la Bresse qu'à raison des couches d'aigle qui sont au-dessous des terres végétales.
L'argile 5 mêlée avec l'eau y se pétrit facilement et conserve les formes qu'on lui donne , ce qui la rend très*-propre à faire des vases 5 des statues , des tuiles 9 des briques 5 etc. 5 qu'on fait cuire dans un four pour les endurcir (1). On appelle l'argile terre glaise ou terre grasse; on lui donne aussi d'autres noms analogues aux usages auxquels on l'emploie et selon les substance^ avec lesquelles on la trouve mélangée : on l'appelle terre à creuset , terre à potier, terre à lyrique, terre à tuile, terre à foulon ou à dégraisser, etc.
II. Les briques sont faites avec de l'argile un peu sablonneuse ; on la mouille ^ on la pétrit 5 on la met dans des moules et on la fait cuire. L'usage des briques est très-ancien 5 puisque les enfans de Noé s'en servirent pour construire la tour de Babel. ( Voy. pag. 108.) Les tuiles creuses 5 les tuiles plates , les carreaux dont on se sert pour paver les chambres sont de la même pâte que les briques et sont cuits de la même manière. La brique s'attache fortement avec le mortier; beau-
— ' I ■ ■— — wmmmmmmmm m,
(1) Les écrivains sacrés font sonvent allasioD à cet usage qu'on fait de l'argile. (Voj. Isaïe , XLV, 7 ; Jéréin. , XVUI, 6 ; la Sagess., XV, 7; l'EpU* aux Rom* ,\XL A^^
fflo Nolioni et observations
coup de tours , de remparts et de vieux châleam
daaâ le département de l'Ain sont coastruiti en
briques,
Lca ancicus faisaient des briques crues , c'eilà-dire qui n'élaieut pas mises au feu ; c'était un mélaiigc de terre , de gravier et de paille qu'» pressait fortement dan» un moule pour le durcit. U parait que les Egyptiens en faisaient faire dt semblables aux Hébreux. ( Voy. pag. gg.} Kom connoissonsune maison construite avec ces pierm factices qui parait tri;s-soIidc. Au reste c'est à peu près de la sorte que se construisent les maisoni en pisc.
III. I,e pisé n'est autre chose qu'une argile un peu mouillée et fortement pressée, avec laquelle on fait des murs qui sont très -solides et trèsdurs (i). Four construire une maison en pisé, il faut jeter des fondemens eu pierres et en mortier; ou élève cette maçunuerie à ileur de terre ou à deux pieds environ au-dessus du sol. On met sar eë mur une espèce de caisse appelée hanche, formée par deux planches qui sont à la distance déterminée par l'épaisseur du mur qu'on veut
(E) M. Rondelet etsnr« qu'ayant iti cbargé de re«taarcr on vieux cliïieau fa pisé dans le déparlement de l'Ain , il fut obligé d'employer le martcaa i poialc pour ouvrir de nouvelles fenêtres.
sur tes matériaux qu'on emploie, C^oi
construire ; on jette entre ces planches une couche de terre à pisé qui n'a que deux ou trois pouces d'épaisse ur, et qu'on presse bien aveo un battoir ; on en met une seconde et successivement. Cette manière de construire les maisons est très- ancienne 5 puisqu'il en est question dans Pline {Hist. Nat.^ liv. XXXV, chap. XIV); eUe est peu coûteuse et fort expéditive ; elle est en usage dans la Bresse oii les pierres sont rares. Toutes les terres qui ne sont ni trop grasses, ni trop maigres, peuvent servir à faire du pisé; la meilleure est celle qui est un peu jaune ou rougeitre, un peu graveleuse et susceptible de compression quand on la serre dans la main. Il faut laisser sécher le pisé environ un an avant de le crépir avec du mortier, autrement l'humidité qui reste repousse le crépissage et le fait tomber.
s ni-
'Notions sur ta chaux.
La chaux, comme nous l'avons dit § I*, n* i y n'est autre chose que de la pierre calcaire calcinée au feu qui la dessèche et lui fait perdre une partie de son poids. Les chaux d'Italie sont en général très -bonnes, parce qu'elles sont faites avec des marbres qui sont très^communs dans cette contrée. £n France , les meilleuce^ «avl^
4o2 ?,'otioTis et oiservatian»^^^^^^
celles de la picire de Saint-Cyr près de Lyon celles de Metz, de Mclun , de Vivien dans l'Ar- (lèche , de Muuléliinart dans U DrCme , etc.
Les ecclésiastiques seront peut-être agréabkloent surpris d'apprendre de saint Augustin « tgae c'est (jus la chaux vite et ta cliaux éteinte :
u Nous appelons la chaux vive , dit ce Mini «Père, comme si le feu qu'elle contienl ( apri» n avoir été calcinée ) était l'âme invisiUe d'm » corps visible ; mais ce qu'il y a d'étonnaot , c'e«
■ qu'elle s'échaufl'c quand on l'ëteint I car pour *lui ôtcr c(? feu cach^, ou la fait infuser dam
• l'eau ou bien on l'arrose avec de l'eau, et Je
■ froide qu'elle était auparavant f elle deviest
■ obaude; tandis que tous les corps enflammé) ■sont refroidis par le mÊme procédé ; et lorsque
■ cette chaux se décompose) son tau caché se nmanifcste en la quittant, et ensuite, comme un n corps privé de la vie , vile devient si froide qu'en
• y ajoutant de l'eau elle ne peut plus s'écfaaulTert xalors au lieu de la nommer vive, nous l'appe-
■ lons éteinle. 11 semblerait qu'on ne pourrait rien
■ ajouter à ces cllets merveilleux, et cependant «on y ajoute eucore, car si au lieu d'eau vous )■ prenez de l'huile, qui est te principal aljmcnt
■ du feu, vainement la chaux y sera trempée ou
■ iDfuséC) elle ne s'échaull'cra pas. ■ (Saint Augtutin , de la Cili de Diev, liv. WI. }
sur tes matériaux qu'on emploie, ^o'S
On appelle donc chaux éteinte celle qui a été pénétrée par l'eau» et chaux vive cellç qui ne l'a point encore été. L'humidité de l'air sui&t pour éteindre la chaux; mais d'où peut venir cette chaleur dont parle saint Augustin et dont l'expérience nous rend tdd» les lours témoins? Les chimistes disent qu'elle vient de ce que la pierre calcinée ayant été . privée de toute sa partie aqueuse par l'action du feu 5 elle absorbe l'eaa avec avidité quand elle en a l'occasion , ce qui produit un frottement assez considérable entre les parties , frottement qui fait sortir les parties ignées (1). Ce qu'il y a de certain ; c'est que cette chaleur est si forte 9 que non>»seulement elle peut suffire pour faire cuire un œuf 9 mais qu'elle a mis le feu à des battcaux dans lesquels la chaux était renfermée.
Les ouvriers distinguent encore deux espèces de chaux 9 celle qu'ils appellent ^r^r^^e^ et celle qu'ils appellent maigre ou hydraulique. La chaux grasse est la chaux commune qu'on emploie ordinairement 9 et qu'on fabrique partout où il se trouve de la pierre calcaire. Pour la chaux mai*
(I) Le phospore de Homberg, qui est fait •▼€« de l'aluQ et (lu miel calcinés ensemble , s'allume égalefloeiit par l'effet de l'humidité. On donne la même raison pour expll'iuer ce phénomène.
4o4 Notions et observations
gre, il faul une pierre un peu grise, plus légère,
dont le grain est mêle d'argile (i). On l'appelle
hydraulique, parce qu'elle est Irùs-propi
du ciment ou du mortier qui dans l'eau devient
plus dur, qualiliS précieuse pour les bassins, \ei
citernes, les aqueducs, etc. La chaux maigre tst
plus légtre que l'autre ; elle se durcit dans l'eau
et augmente peu de volume quand elle est éteinte,
tandis que la chauK grasse augmeiite du doiille
en volume (a),
Les pierres dont OD se sert pour la Ittliographie sont calcaires , le grain en est très- fin ; cal- «tnées, elles produisent une excellente cliaui:. On eu trouve en quantité dans les paroisses de Marchand et de Lompnas, canton de Lhuis; od la croit même meilleure pour la lithographie que celle qui vient d'Allemagne. Il y eu a aussi à Foirin près de Belley
» Bf"
(!) Pour distinguer la pierre propre à faire de la chnni
mligre, ilfauiEa me.tre un more
eau dana l'acide mn-
rialiiiiie ; si loutc la pierre se diss qu'il n'y a poini d'argile , et alors i donner de la cl.aui maigre.
ut, c'est une preote elle n'eat pas propre
(2) Pour bien disirngner la cha
I maigre de la ehani
grM«e, il suffit de jeter un morce
au de cbom dans un
vase plein d'eau; la choui maigre dore et la cliani grasse en lait.
se changera en piem
sur les matériaux qu'on emploie, 4^5
La chaux vive est employée pour désinfecter l'air ; on en met une certaine quantité dans les salles de malades , dans les chambres de vers-àsoie y etc. C'est de la chaux faite avec des os calcinés qu'on tire le chlorure dont les effets sont si vantés et si utiles aujourd'hui pour neutraliser les miasmes putrides , et empêcher les chairs de se corrompre.
Notions sur te sahle ^ ta pouzzolane et te
tuileau.
I. Le sable est une réunion de petits grains de pierre de diverses grosseurs, de diverses couleurs, de diverses formes, de diverses natures, qui paraissent être les débris de pierres décomposées ou roulées par les eaux. Le sable proprement 'dit, celui qui sert pour la maçonnerie, est de la nature des grès et des granits ; il se compose de grains fort durs , un peu transparens, fusibles au feu et propres à se changer en verre. On trouve du sable dans les rivières et dans des carrières : oe dernier est appelé saille fossile; il parait devoir son origine au bouleversement occasioné par le déluge universel : aussi on en trouve dans presque tous les pays, à diverses profondeurs. C'est dan« l'intervalle que laissent entr'eux les grains de
4ô6 Notions ei otservationM
sable que se logent les eaux souterraines qoi forment nos puits; ainsi l'eau de plaie est éh sorbée par les terres végétales , elle est placée dans le sable et retenue à une certaine profondeur par l'argile. Economie admirable de la ProYidence qui nous a ainsi préparé de vastes magasins pour contenir l'élément dont nous avons le plus besolal Le sable de rivière est très-souvent mêlé avec et l'argQe et de la terre calcaire , surtout quand os le prend sur les bords ; on y trouve aiême quelquefois de l'étain , du plomb ^ du fer, du cuiviC} et même des paillettes d'or. Les maçons recon- BOAudent de le prendre vers le milieu de la rivièMi afin qu'il soit plus pur. Le sable mêlé avec la ehaux forme le mortier ordinaire. Le sable dont le grain est un peu plus gros s'appelle gravier; c'est celui qu'on met sur les grands chemins.
II. La pouzzolane est une espèce de terre rougeâtre qui originairement a été fondue par le feu des volcans dont nous avons parlé plus haut. 5 1*'» n' VI, et qui après avoir resté quelque tempi sous la forme de pierre, s'est décomposée peu à pei et a pris la forme de terre. Il y en a beaucoo] dans les environs du Vésuve ; c'est même là qu'cUi a pris son nom , de la petite ville de Pouzzol, dan la terre de Labour, à trois lieues de Naples. L pouzzolane , mêlée avec la chaux , forme un ci ment très-dur et très -propre à foire des construc
sur tes matériaux qu'on emploie. 4^7
tions sous les eaux. On trouve de la pouzzolane dans le département de l'Ardèche et dans tous ceux où il y a des volcans éteints ; mais elle n'est pas de bonne qualité , ou l'on n'a pas trouvé en France le moyen de l'employer utilement.
III. Le tuileau n'est autre chose que le résultat de tuiles et de briques pilées. Quelques auteurs donnent au tuileau le nom de cim,ent, mais il est seulement la base d'un bon ciment. Le tuileau est meilleur quand il est fait avec des tuiles ou des briques vieilles ^ qui ont été exposées au grand air et qui sont bien cuites. Les débris de pûts de terre cuite peuvent entrer dans le tuileau.
Notions sur le mortier, le héion et diverses
espèces de cimens.
Quand on construit un mur à pierre sècht , c'est-à«-dire avec des pierres placées simplement les unes sûr les autres^ sans aucun lien 5 il dure peu de temps 5 comme il est aisé de le prévoir (i).
(I) Les anciens construisaient quelquefois des maisons et des temples avec des pierres seulement, sans ciment ni crampon. Ils prenaient pour celade grands quarlieri de pierre auxquels ils donnaient par la taille one forme carrée bien régulière, et dont les faces étaient tris-po-
4o8 Notions et observations '
Il faat donc lier ces pierres ensemble , ou pai des craïupoiiSr ou par le moyen d'un ciment qui s'attache fortement à elles et finisse par se durcir et faire corps avec elles. On a inventé plusieun espèces de cimens ; le plus commun et le ploi connu est le mortier.
I. Le mortier se fait avec un mélange de.cham et de sable dont les proportions varient selon la qualité des premiers élémens qui le composent. Quand le sable est pur et la chaux de bonne qualité , on met une partie de cliauit sur quatre parties de sable ; quelquefois une sur trois. Il n'y i
lies. Ces pierres rapprochées Its ur beaucoup de soin e( luises d'aplairitj.
place par leur propre puicla. Il riisie iin resie de temple • Aii-les -Uuius , qui a ili coastrait ûe cette aiaaihrs artc de grosses pierres saos ciineol. Nous avoiis lu quelque part qu'au mettait de l'eau eptre les pierres polies tl posées de la sorte , qu'on les traînait l'une sur l'autre qiKlques momens pour les user et Us polir darantagc, que celle eau en faisait sortir l'air, et qu'alors les pierres étaient retenues non .seulement par leur poids, maii par la pression de l'air extérieur; comme il arrive à deoi morceaux de verre qu'on met l'an sur l'autre après les aroir mouillés , le poids de l'air les lient collés l'an i l'autra ; la même etiuse arrive à la molette dont od le sert pour broyer les couleurs, aux hémisphères de Magdcbourg et au réd;)t<;nt de la maebine pneumatique.
sur les inatériaux qu'on emploie. 4^9
que les ouvriers expérimentés qui puissent bien discerner les justes proportions qu'on doit observer dans les cas particuliers ; mais comme la chaux est plus chère que le sable, on doit craindre que les entrepreneurs ne choisissent des proportions conformes à leur intérêt 9 en mettant plus de sable qu'il ne faudrait. On croit que le sable tiré fraîchement des carrières vaut mieux que celui qui a été exposé au grand air et celui qu'on trouve dans les rivières. On dit que le sable un peu gros prend plus de chaux y mais qu'il produit un mortier plus fort et qui acquiert plus de dureté.
II. Si au lieu de sable on se sert de gravier j mêlé avec de la chaux , il en résulte un mortier appelé BÉTON y qui est de tous le plus fort et le plus solide. On met du béton dans les fondemens des murs qui sont très-élevés et doivent supporter un grand poids; on en met au fond des bassins et des citernes , quelquefois même tout au tour.
III. Le ciment le plus facile à faire et le plus dur, surtout pour les constructions qui renferment de l'eau, se compose simplement d'un mélange de chaux et de tuileau. Quelques personnes y ajoutent du sable ; il est alors plus économique , mais moins bon. Les Romains, pour les bassins » les aqueducs , les citernes, mettaient trois couches de cimens différens : la première était en.
^10 Notions et observations
b<!toii (l'ciiviroii troU pouces d'épaisseur; la xconilc , romposéc de chaus et de tuileau concassé seulement , épaisitc d'environ un pouce ; In troiaième , plus mince , était compoRÛc de chaux (I de tuileau eu poudre. Quelquefois ils baltaienl chaque couche successivement pour en faire sortir l'huiiiidité et les durcir davantage. On évitait de laisser aucune gerçure ; on arrondissait les angles rcntran.s, pour être plus as9ur<! de la continuité parfaite des enduits. On passait ensuite par-dessiu du marc d'huile, ou de l'Iiiiile de lin bouillante, ou une composition appelée miitla, dont FUne parle liv. XXXVl.chap. XXÏV. C'était an mélange de sain-doux y de (îgues et de chaux qu'on avait éteinte avec du vin. Les trois sortes d'onctions dont nous venons de parler ont la propriété de rendre le ciment plus dur et plus imperméable à l'eau.
S VI
Notions sur te plâtre, te stvc et le carton-pierre.
I. Le plâtre provient du gypse calciné , comme nous l'avons dit § l'Vn° II , pag. Splî ; il forme un ciment sans être mêlé à autre chose , et se lie indilTéremment avec les pierres, les briques et le bois, ue qui en rend l'usage fort commode pour les cloisons et autres ouvrais internes ; it ne peut
sur tes matériaux qu'on emploie. ^i i
pas servir pour les mars extérieurs , parce que l'humidité le décompose : il y a des précautions à prendre quand on s'en sert pour des voûtes^ parce qu'il se gonfle en séchant et pousse fortement les murs.
Pour l'employer, il faut le gâcher, c'est-à-dire le mêler avec l'eau peu à peu , le remuer à mesure 5 et l'employer de suite , autrement il perd sa force. L'adhésion du plâtre avec les briques est si prompte et si grande , qu'on voit des ouvriers en faisait des voûtes placer des briques presque horizontalement à la suite les unes dés autres , et marcher par- dessus quelques instans après. Cette adhésion cependant diminue avec le temps, tandis que celle du mortier va toujours en augmentant. Le plâtre résiste à l'action du feu, ce qui le rend propre à construire des cheminées et des poêles. Il sert à consolider les barreaux de fer, les arcsboutans, les crampons et autres objets àttenans aux murs et aux pierres de taille ; il sert aussi pour faire des moulures, des orncmens de toute espèce et même de belles statues. Le plâtre se vend en poudre et il est expédié dans des tonneaux pour empêcher l'action de l'humidité et du soleil qui en diminuent les propriétés.
II. Le stuc en France se fait ordinairement avec du plâtre sur lequel on passe deux ou trois couches d'huiles de lin bouillante, afin de le durcir*
4ii Notions et otiaervations
on lui donne ensuite les coulijurs du marbre.™ le dore ini;me avec facilité. Si on fait glisser pa^ dessus un fer à repasser uu peu chaud , il deTicul luisant et poli comme le marbre, de manière J s'y méprendre, même en le touchant. Enltaiit, le stue se fait avec de laehaux et de la poussièreif marbre à égale dose ; il est plus dur et se consMie mieux qun celui qui est fait avec du plAlre.
ni. Le carton-pierre est «ne compositiou noavelic qui nous vient de la Suède ; on le fait avec une pite provenant de vieux papierN et de rognures de livre»; si on met une livre de cette pâte, il faut mettre demi livre de colle forte , une livre de craie, deux livres de terre bolaire, (c'est ï dire de la terre glaise ou argileuse un peu grasse) une livre d'huile de lin : on met tout cela eusemble successivement , on le broie dans un mortier, et on le bat fortement. Le carton-pierre tsl imperméable à l'eau et incombustible ; on en fait surtout des objets d'ornemens pour les salons el les églises qui sont d'une grande beauté et qui ont la blancheur, la fmesse el la délicatesse de l'albâtre sans en avoir la fragilité. On trouve en ce gH'urc des statues, des chandeliers, des tabernacles, des reliquaires, des cadres, etc. , et généralement tout ce qui peut décorer les autels.
sur les matériaux qu'on emploie^ 4^3
S VIL
Notions sur tes intumes, V asphalte et tes
mastics.
I. On appelle bitumes des substances hntteoses qu'on trouve dans le seia de la terre ou sur la surface des eaux ; quelquefois elles sont Séparées de tout antre matière , et quelquefois elles sont incrustées et incorporées dans des pierres, de di* verses espèces ; les bitumes braient aisément ^ et répandent en brûlant une odeur plus ou nièiris forte : on en trouve sous la forme liquide , sous la forme solide et sous une forme intermédiaire.
Le bitume fluide s'appelle na^hte ou pétrole^ PETROL BU», c'est-à-dire ivuilé de pierre, et en lui donne ce nom parce que cette huile minérale coule souvent dans des rochers. Le pétrole est rouge 9 brun et quelquefois noir ; on l'appelle huile de Gahian , à cause d'un village situé près de Béziers , appelé Gaifian, où l'on en trouve qui découle des fentes de rochers. Il y en a sur plu^ sieurs points des bords de l'Isère. Le naphte est plus clair 9 plus fluide, plus pur; on le trouve souvent sur la surface des eaux; il y en a dans la Perse , sur les bords de la mer Caspienne , en Calabre, en Sicile» dans les duchés de Modène^ de Parme et de Plaisance , etc.
4i6 Notions et observations 1
lan^e est soumis k l'action du feu , et ou le remue ^ndant l'espace de douze heures, aOn que l'aiphiilte ou le goudrou minéral qu'on a)oute k fonde et s'iiicurpore bien avec la piei're calcaire; eu fiiit couler eiisaltc ce mélange dans des moules pour former des pains qui pèsent de deux ii ttoij quinUux. et qu'on vend ainsi préparé pour êtrt mis en Œuvre par les ouvriers. II coûte de ■ 7 ï lo francs le quintal.
V. Quand on veut se servir du mastic asphaltiqiiu de Seysscl ou de Pyrimout pour une terrasse, il faut la couvrir d'abord en pierre , en brique, on mi«ux encore en bélon; on ajoute quelguefoî) une toile grossière; on place une règle en fer, de quatre ou cinq lignes d'épaisseur, à la dislance d'environ trois pieds du bord de la terrasse ; od fait couler dans cet espace du maslic bien chaud qu'on puise avec une poche eu fer ; le mastic s'étend de lui-mûme et forme une couche de trois ou quaire lignes d'épaisseur. Il faut se hâter de mettre par dessus du gravier nu peu chaud qu'on dissémine avec un crible en fer ou qu'on peut
pWéi:, on ajoute sept ou liuil liTres de goudron mininl 00 d'asphalle eilrail de la mollasse. La pierre calcaire ajant déjà sept à buit par cent d'asphalte aatarcl , celai qa^on ajoute donne an mastic cnriron quinze poair ctM d'atphalte snr un quintal de pierre calcaire.
SUT les matériaux qu'on empiaie. 4^7
arranger en compartîmens si l'on veut ; on frappe doucement ces petits cailloux pour les enfoncer d'une manière plus uniforme 9 et on balaye ceu± qui ne tiennent pas au ciment. Dans peu d'heures le mastic acquiert une consistance parfaite : on a soin 9 un peu avants de retirer la règle qui avait été ointe avec de l'huile ou de la graisse pour empêcher le mastic de s'y attacher. On peut couvrir de cette manière un vestibule ^ le trottoir d'un pont ou tout autre lieu de passage. Quand on ne met pas de gravier, le içortier reste mou et la chaleur du soleil le ramollit davantage encore ; ce défaut en avait restreint l'emploi et l'avait presque fait abandonner.
Lorsqu'il s'agit de couvrir une toiture on place sur les planches une toile , ou ce qui vaut mieux encore , on fait sur les planches un béton de 2 ou 5 pouces d'épaisseur; on fait couler par dessusle mastic, comme pour les terrasses; on met du gravier si on veut marcher sur le couvert , ce que l'on peut aisément, la pente n'étant que de 3 pouces par toise.
YI. On pourrait faire un mastic semblable à celui de Seyssel, en mêlant de la pierre calcaire ordinaire pulvérisée avec du goudron minéral ou dé l'asphalte ; mais au lieu de mettre sept ou huit par cent d'asphalte , il faudrait en mettre de quarante à quarante-cinq par cent. La raison eu e^\. Q;û«;\ak.
4ao Notion» et observations
I. Le cliëne doit être rais à la tête de tana les bois de construction , parce que c'est celui qui est le plus dur, le plus fort et le plus durable; il se conseivc à l'air et dans l'eau : les stries en sont fort serrées (i) ; elles le sont moins sous i'écorce, et cetto partie s'appelle l'auùier, qu'on a sois d'élaguer quand on met en œuvre l'arbre. On peut cependant procurer h l'anbier la même dureté qu'au TLSte , mais il faut alors âter I'écorce du chêne quelque temps avant de l'abattre^
Le dessèchement fait perdre an chêne le tiers de Bon poids, il est alors plus cassant ; il vaut mieux l'employer lorsqu'il a perdu seulement le 6' dr- son poids et qu'il pèse de 60 à 05 livres le pied cube. Si on était obligé de s'en servir peu de temps après l'avoir coupé , il faudrait le mettre quelque temps dans l'eau pour le dépouiller de sa sève et l'empêcher de se pourrir ou d'être ronfé par les vers. On pourrait aussi pratiquer quelque! trous aux deux extrémités, à quelques pouces en deçà du mur , afin que l'humidité puisse sortir
(I) On ïoteud par stries des ligne* de couleur va peu plus foncées qui sont rangées siicccssiienieal auloDr àa cenlre de tous les arbres; il s'en forme une toutes les anoées, en sorte qn'on peut connaître l'âge des arbres en comptant ces ligues concenlriques ; plus elles sont serrées et difficilus i distinguer, et plus le bois est dar.
sur les matériaux qu'on emploie. 42 1
par^là et ne se concentre pas dans la maraîlle , ce qui ferait ponrrir Pextrémité des poutres et exposerait à de grands dangers.
II. Après le chêne» le bois de sapin est cehii qu'on emploie plus fréquemment pour bois de charpente : à grosseur et longueur égales , il a un tiers plus de force que le chêne quand on le place debout en forme d'étais ; mais posé horizontale^ ment , il est moins fort dans la proportion de S à 9. Il se conserve très- long- temps dans le plâtre et le mortier, ce qui le rend propre à la construction des plafonds et des voûtes en bois.
III. L'orme , le châtaignier , le noyer , le peuplier, le cèdre , etc. , peuvent être employés dans la charpente, mais ils sont plus faibles, plus cassans que le chêne et le sapin; ils sont d'une moindre durée , excepté le cèdre , qui passe pour incorruptible ; il est de belle venue dans le Levant, dans la Syrie et la Palestine où il fournit de fréquentes comparaisons aux écrivains sacrés, et surtout à l'auteur des Psaumes. Toute la charpente et la menuiserie du temple de SalomoD étaient en cèdre. La toiture de l'église de Salut- Paul à Rome était aussi en cèdre et durait depuis i5 siècles , lorsqu'elle fut consumée par les flammes le i5 juillet 1823.
IV. Tout le monde sait qu'on appelle poutre une grande pièce de bois équarrie dont chaque
43S Kotianê et aburvatiofu
côté a de 8 a lo pouces ; cettes qui n'ont que de 4 à 6 ou 7 ponce» s'appellent soiiveê, {ngues, tror vous. La force des bois est en raison iuyerse de leur lonçaeur, c'est-à-direnqa'ayec la même grosseur^ plus les pièces sont longues^ moins elles ont de force: elle est en raison directe de leur largeur^ ainsi une pièce qui a 6 pouces de largeur est le double plus forte que celle qui n'en a que 5 ; elle est en raison double de leur épaisseur^ c'est-à-dire qu'une pièce qui aurait 'à pouces de largeur et 6 d'épais» seur, serait environ trois fois plus forte que celle qui n'aurait que 3 pouces de largeur et d'épaisseur I ou ce qui revient au même ^ la même pièce est beaucoup plus forte placée de champ , c'està-dire sur le petit côté , que si elle était placée sur le grand côté. Il suit de là qu'en coupant sur sa longueur une poutre de 12 pouces d'équarrissage y les deuiL pièces placées de champ auront à peu près autant de force que si on avait deux poutres de 12 pouces d'équarrissage dans tous les sens» Il en est de même à Tégard des solives. La poutre placée horizontalement d'une muraille à l'autre pour toiture ou pour plancher ^ conserve son nomv elle est appelée aussi sommier ou tiran. La poutre placée le long d'un mur pour soutenir d'autres poutres, s'appelle sahlière.
y. Ce n'est pas seulement en poulres et en solives que le bois est employé pour la charpente ^
sur tes matériaux qi/Con emploie. 4^ ^
il est employé en planches et en plateaux. Les planches ont environ de 9 à a^ ^g;nes d'épaisseur, et de 10 à 20 pouces de largeur; on les appelle planches ou ais; quand elles sont minces , on les appelle voliges, et lattis quand elles sont étroites et n'ont que 2 ou 3 pouces de largeur : elles sont ordinairement de bois blanc. Les plateaux de 2 à 3 pouces d'épaisseur s'emploient rarement sans être refendus et amincis. Les planches sont mises à côté les unes des autres, simplement après avoir été alignées; quelquefois elles sont réunies par deux languettes, l'une au-dessus et l'autre audessous; d'autres fois elles sont réunies par une seule languette pratiquée sur l'épaisseur d'une des planches qu'on fait entrer dans une rainure pratiquée dans l'épaisseur de la planche qui est à côté.
VI. On fait avec les poutres et les soliveaux divers assemblages qui regardent surtout les menuisiers. Ou appelle mortaise une ouverture plus longue que large , faite dans l'épaisseur du bois , et dans laquelle on fait entrer l'extrémité d'une autre pièce de bois qu'on a coupée et amincie exprès et qu'on appelle tenon. L'assemblage le plus important dans les constructions est celui de la toiture dont nous croyons devoir donner une idée et rappeler la nomenclature des pièces. Il faut surtout se faire une idée juste d'une ferme.
^a4 Notions el observations
On entend par ferme un assemblage de pièce de bois qui, avec la poulrc sur laquelle elles ceposent, forment un triangle. (Voy. la planche III. figure 3) vers le milieu de la toiture.) La poutre horizontale s'appelle tiran ou entrait; le point culminant P s'appelle failage; les pièces de hoia qui descendent à droite et à gauehe s'appellent ta arhaUslriers ; la pièce qui tombe purpendiculairement du laitage sur la jioutre s'appelle poinçon; les pièces qui vont obliquement de l 'a rb a le strier au poinçon s'appellent *)■«« de force; les pièces qui sont horizonlalesct vont d'une ferme à l'autre s'appellent fniniu-s (voyez la planche IV). Les chevrons ou soliveaux partent du failuge et reposent sur les pannes et les sablières (i) ; on mettes planches sur les chevrons , et successivement les tuiles plates ou les tuiles courbes : pour les tuiks plates, la bautuur du laitage doit être à peu pré» de la moitié de la longueur de la ferme ; pour les tuiles creuses , la hauteur du faitagc doit être la cinquième partie de fa longueur de la poutre. Par conséquent si la ferme a i o mètres, le poinçon doit avoir près de 5 mètres en longueur pour tuiles
(I) Les chevrons reposant sur tes sablières, og cloae vers l'eilrcmil^ de chacun des pièces de bois appelées coyaui, qui servent à prolonger la toiture an- deli du Anr pour faciliter l'écoaleaieat des eatu.
sur les matériaux qu'on emploie, ^25
plates, et 2 mètres seulement pour tuiles creuses.
Pour une ferme de 10 à i5 mètres de longueur, l'équarrissage de la poutre ou tiran doit être de 5o à 55 mètres , celui des autres pièces de 18 à 22 centimètres.
La ferme est entière lorsqu'elle a deux pente^ opposées , comme dans la planche III ; lorsqu'tt n'y a qu'une pente 9 ce n'est qu'une demi>ferme. Cette observation est essentielle pour les mesures que nous venons d'indiquer.
VU. On appelle poutre armée la réunion de deux poutres placées l'une sur l'autre et fortement serrées par un boulon en fer et vissé avee un écrou ; on fait à ces poutres deux entailles; ap^ pelées traits de Jupiter qui s'engrènent l'un^ dans l'autre , en sorte que si les poutres sont chargées elles ne peuvent pas plier. Ces poutre» ont nite telle force qu'on les voit soutenir des murailles et des toitures très- pesantes; elles remplacent des murs de refente qu'on serait obligé d'enlever» On augmente aussi la force des poutres en faisant une ou deux échancrures vers le milieu, dans chacune desquelles on introduit un coin qui em« pêche la poutre de plier.
YIII. £st-il indifférent de se servir du bois coupé en lune pleine ou en lune vieille ? C'est une question résolue aûirmativement par les savans du 18* siècle : les ouvriers , au contraire , sont persuadés
4i6 Notions et observations
que le bois coupé en lune vieille se conserve mieux; ils ont sur cela, disent- ils, de nonxbreuses expériences. Sont- elles opposées à la science et au raisonnement? Quand cela serait, il faudrait recourir au proverbe : Expérience passe science» Mab la science est peut-être un peu moins opposée aujourd'hui à ces sortes de traditions (i). La lune agissant sur la mer produit le flux et reflux ; il est à présumer qu'elle agit aussi sur l'atmosphère, qui elle-même doit réagir sur la végétation et d'une manière plus sensible sur les arbres. D'un autre côté , on croit avoir observé qu'il y a un mouvement dans la sève tous les mois en pleine lune, ce qui doit rendre le bois plus humide , plas sujet à se désorganiser. Quoi qu'il en soit , quand on le peut , nous conseillons de préférer le bois coupé en lune vieille et surtout en hiver.