SU
Poids nouveaux.
I. C'est dans l'astronomie qu'on a cherché le mètre 9 imité principale des mesures. C'est dans l'eau qu'on a cherché le gramme , unité fondamentale des nouveaux poids. On a pensé que l'eau distillée , prise au moment du dégel , était de toutes les substances celle dont le poids variait le moins. On a donc pris un litre d^eau distillée , c'est-à-dire un décimètre cube. On a pris la millième partie de ce litre qu'on a appelée gramme , et on a rapporté à ce poids toutes les divisions ou multiplications par 10 5 de la manière suivante : ,
II. Le gramme (i) , unité principale du poids , représente une quantité d'eau dont le poids est d'environ 18 grains et 82,715/1 00,000"" de graio, c'est-à-dire environ 19 grains. C'est la i,ooo"* partie d'un litre.
Le dédgram^me est la 10"* partie du gramme , et pèse un peu moins de 2 grains.
Le centigramme est la dixième partie du décigramme , la centième du gramme , et pèse 188 millièmes d'un grain.
(I) Le mot de gramme est dérivé da mot grec gramma, ou gramonarion , qui signifie scrupule , espèce de poids ^i éqoivaat à 24 grains ; mais dans les nouveaux poids il ne renferme que 19 grains.
34 •5'wr tes poids anciens et nonveanx.
Le iniliigramtne serait la 1,000"* partie du gramme ; il n'est employé que dans la médecine et particulièrement dans riiomœopathie. ^
III. Les multiplications du gramme par 10^ progressivement , sont :
Le décagramnie qui est dix fois plus grand que le gramme : c'est à peu près le tiers d'une once ; c'est la loo"* partie d'un litre d'eau.
V hectogramme est 10 fois plus pesant que le décagramme , 100 fois plus que le gramme ; il équivaut à 3 onces et 2 gros de l'ancien poids de ' marc, et serait la 10'"'' partie du poids d'un litre d'eau»
Le kitogramme est 10 fois plus pesant que l'hectogramme ,100 fois plus que le décagramme , et 1,000 fois plus que le gramme; il équivaut à 2 livres 5 gros et 35 grains, poids de marc. C'est tout juste le poids d'un litre d'eau distillée. Le kilogi*amme est très-connu dans le commerce.
Le fnyriagram.m>e est un poids de 10 kilogrammes, 100 hectogrammes, 1,000 décagrammes, 10,000 grammes; il équivaut à 20 livres et demie , poids de marc : 5 myriagrammes forment à peu près le quintal. On ne se sert cependant pas de cette dénomination; on aime mieux dire 100 kilos pour exprimer 2 quintaux^ et 100 demi kilos pour désigner le quintal.
JV. Il est àpropos d'observer qu'il y a un rapport
Sur tes fùids anciens et nouveaux» S5
entre les nouveaux poids et les nouvelles mesures, puisque le litre est un décimètre cube y et que le gramme est la looo"* partie d'un litre d'eau 9 rhectogramme la loo** et le décagramme est la 10"' partie du litre ^ le kilogramme • est le litre lui-même.
D'après les notions que nous venons de donner, il n'est pas difficile de mettre en rapport les anciens poids de marc et les nouveaux. Quant aux poids qui sont difTérens du poids de marc y ils sont en trop grand nombre, même dans le département de l'Ain , pour que nous puissions en donner le détail. On pourra consulter pour cela les ouvrages faits ad hoc dans cbaque département. On trouvera ci-après, section IV, des tables qui font connaître le rapport des anciens poids avec les nouveaux et réciproquement.
Pesanteur spédfiqtiô de diverées substances diaprés les nouveaux poids.
On appelle pesanteur spécifique des substances, le poids qu'elles ont sous un volume déterminé. Par là on fait connaître en même temps leur pesanteiu: relative. Dans tous les anciens livres de chimie, on trouve la pesanteur spécifique des corps qui ont un pied cube de volume^ exprimée en ço\d»
36 Sur tcé poids anciens et nouveaux.
de marc (i). Nous allons indiquer ici la pesanteur spécifique de quelques substances d'après les nouveaux poids et les nouvelles mesures. Un décimètre cube d'eau pèse 1,000 grammes; l'eau nous servira d'objet de comparaison pour 1 décimètre de tous les autres corps.
Un décimètre cnbe. Gramraes.
Eau distillée pèse 1 ,000
Eau de mer 1,026
Eau glacée. gSo
Lait .............. 1,020
Vin de Bourgogne 992 (2)
(1) Do pied cabe d'eau pèse 70 livres , poids de marc; un pied cube de plomb pèse 794 livres 10 onces 4 gros 44 grains ; un pied cube d'air pèse une once 4 gros, l'eau est de 7 à 800 fois plus pesante qne l'air. GeUe indication suffit pour juger, d'après les anciens poids , la pesanteur relative des corps dont nous donnons la liste. On peut l'obtenir d'une manière plus précise en faisant attention qu'un décimètre cube équivaut à 50 pouces cubes, et que 1,000 grammes équivalent à 2 livres 5 gros 35 grains , poids de marc.
(2) La pesanteur spécifique de tous les vins roule autour de 990 et 995 ; celui de B9rdeaui est de 994. La différence qu'il y a entre la pesanteur spécifique du vin et celle de l'eau est, comme on voit, très- petite; elle est cependant assez grande pour que le via reste audesius de l'cliu quand on met une croûte de pain ou un
SvT tes poids anciens et nouveaux. Zy
L'alcool ou l'esprit de vin pur . 792 (1)
Huile d'olive 9i5
Huile de noix gaS
Or fin fondu ig^aôS
Platine • 19,500
Argent fondu . . i 10^474
Cuivre fondu 8,788
Fer forgé 7,788
Etain 75^9^
Plomb 11,352
Mercure 15,598
Marbre (2) 2,696
Granit du Dauphiné 2,643
Cire jaune 965
Beurre usuel 94^
Bois de chêne 1^170
Le buis 912
Le noyer 674
Le frêne 845
Le sapin 657
Le peuplier 383
Borceau de liège dans l'eau , et qa'on fait tomber le vin ar dessus.
(1) L'eaa-de-vie n'étant que de l'alcool mêlé avec de eaa , on conçoit que moins il y aura d'eau plus l'eaue-Tîe sera légère.
(2) Tontes les pierrçs calcaires ont à peu prèd la léme pesanteur.
38 Sur les poids anciens et nouveaux.
Un décimètre cube d'air pèse un gramme et 5i5 milligrammes 9 c'est-à-dire un tiers de gramme 5 en tout 25 grains.
Si au lieu d'un décimètre cube d'eau on avait voulu savoir la pesanteur spécifique d'an mètre 9 les»mêmcs nombres pourraient servir; mais alors au lieu des grammes on aurait des kilogrammes. Ainsi un mètre cube d'eau pèse i ^ookilogrammes, un mètre cube de vin pèserait 992 kilogrammes^ un mètre cube d'huile 915 kilogrammes, et ainsi des autres* Un mètre cube d'air pèse un kilogramme et 3]5 millièmes de kilogramme, c'est-à-dire un tiers de kilogramme.
D'après cette table, un décimètre cube de plomb ne pesant que ii.,552 grammes, et le mercure pesant 15,598 y il s'ensuit que le .plomb doit surnager dans le mercure. Par la même raison, le bois de chêne doit aller au fond de l'eau , tandis que le buis et tous les autres bois doivent surnager.
S IV
Notions sur le haromètre et les pompes
aspirantes,
I. La théorie des variations du baromètre est fondée sur les diverses pesanteurs spécifiques de l'air et du mercure. Pour mieux entendre cette théorie, il faut avoir deux tubes communicans qui reê-
Sur tes poids anciens et nouveaux. 59
semblent à un siphon renversé ( 1). Si voas y versez de l'eau , elle se met de niveau dans les deux tqbes. Si vous mettez de l'eau d'un côté et du mercure de l'antre^ l'eau étant i5 fois et demie plus légère que ie mercure 9 pour faire équilibre il faut que la colonne d'eau soit i5 fois et demie plus élevée que ccUe du mercure. Or^ voilà ce qui se passe dans le baromètre : le tube a 5o pouces de longueur; il est formé d'un côté y il est ouvert et recourbé de Tautre ; on le remplit de mercure ^ et ce fluide des* cend d'environ 2 pouces; le reste du mercure est reteoa parle poids de l'air; d'où l'on conclut qu'il faat une colonne de mercure de 28 pouces pour &ire équilibre à une colonne d'air atmosphérique. II. Le mercure étant environ 10,000 fois plus pesant que l'air , pour qu'il y ait équilibre entre l'air et le mercure 9 il faut que la colonne d'air atmosphérique soit 1O9O00 fois plus longue que la colonne de mercure (2) ; mais^ sur une montagne^
^^^—^■^■^——11^—— Il I ■ I a^— >— —— ^—
(1) Le DÎreàQ dont se seirent les arpenteurs est com- Pué de deox tubes commuDicaDS.
(2) La pesanteur de )*aîr étant sujette à beaucoup de ^tfiatioDSy à cause de la pluie, du Tent, etc., le baro- 'oitre doit eo éprouver aussi et monter et descendre <cIoD que Taîr est plus ou moins pesant. Nous parlerons fleurs des variations du baromètre occasionnées par I> ploie et le beau temps. 11 nous suffit d'en avoir indiqué ki la cause d'ane manière générale.
4o Sur les poids anciens et nouveaux*
la colonne d'air atmosphérique est nécessairement moins longue que dans la plaine et sur les bords de la mer : la colonne de mercure doit donc être moins élevée sur une montagne que dans la plaine. C'est d'après cette observation qu'on est parvenu à constater que le mercure descend d'une ligne quand on s'élève de 12 à i5 toises dans une tour ou sur une montagne. Si le mercure descend de 10 lignes 9 il faut en conclure qu'on s'est élevé de 120 à i5o toises. C'est ainsi qu'on mesure la hauteur des montagnes par le moyen du baromètre. Cette opération est délicate y et il faut l'étudier dans les auteurs qui indiquent les précautions à prendre et fournissent des tables qui en facilitent l'exécution (1).
m. C'est encore par une suite de la différence qu'il y a entre la pesanteur spécifique de l'eau et de l'air qu'on explique l'effet des pompes aspirantes. Quand on tire le piston d'une pompe, on fait un vide que l'eau se hâte de remplir, par la raison que toute sa surface est pressée par l'air, excepté vis-à-vis le piston. Mais si vous tirez le piston à plus de 5o pieds de hauteur, l'eau cesse de monter, parce que l'air est alors en équilibre avec l'eau ,
(I) Voyez le Mantiel pratiijuc des poids et mesures déjà cité y par M. Jarrin. Voyez aussi les Traités de pbysiqae par Biot , Beudan ; etc.
Sur les poids anciens et nouveaux. 4'
c'est-à-dire qu'une colonne de 5o pieds de hauteur fait contre-poids à la colonne d'air atmosphérique (i).
De même que le mercure du baromètre s'élève moins sur une montagne que sur les bords de la mer^ l'eau doit monter moins haut dans les pompes aspirantes qui sont placées sur une montagne , et c'est ce qui arrive (2).
SECTION III
Notions et observations sur tes monnaies (3).
En parlant des monnaies , nous prendrons pour unité principale le fbang et nous rapporterons à cette unité la valeur des monnaies anciennes et des nlonnaies étrangères.
(1) Le mercure éuot 13 fois et demie plus pesant qne l'eau, la colonne d'eau qui fait contre-poids à l'air doit Atre 13 fois et demie plus élevée que celle du mercure , et en effet, 28 ponces qui représentent la colonne de mercure , étant multipliés par 13 et demi , donnent 378 pouces qui, divisés par 12, donnent 31 pieds.
(2) Voyez les Traités de physique.
(3) Oo trouve daus la bible dite de Vence ou d'Avignon une dissertation sur les anciennes monnaies. On trouve aussi des , renseignemens curieux dans te livre intitulé : Métrolopes constitutionnelles et primitii^es»
4a Notions et observations
Observations générâtes sur les monnaies.
I. On distingue dané les monnaies la valeur nominale de la valeur intrinsèque. La valeur nominale est celle que désigne le nom même de la monnaie et pour laquelle on la reçoit dans le pays: ainsi une pièce de lo sous, de i5 sous 9 de 20 sous, etc., est reçue pour la valeur dont elle porte le nom. Quelquefois la valeur nominale désigné une pièce qui n'existe pas 9 eomme âouâ le verrons plus bas.
La valeur intrinsèque est celle <{ui prorient de là quantité de métal que la pièce contient: elle iert à dëtet*miner le pair du change avec les monnaies étrangères : ainsi, dans une pièce de 10 sous, il n*y a pas pour 10 sous d'argent; il faut en dire autant d'un écu de 5 francs , d'un louis y etc.
II. Dans les monnaies d'or et d'argent, il y a peu de diflérence entre la valeur nominale et la valeur intrinsèque. Dans les monnaies de cuivre , la valeur intrinsèque n'est guère que la moitié ou le tiers de la valeur nominale. Si on avait voulu rapprocher la valeur intrinsèque de la valeur nominale, il aurait fallu augmenter considérablement leur poids , ce qui eût été fort incommode pour les objets de ménage auxquels ces monnaies sont employées. Il est aisé d'en avoir la preuve
ntr tes monnaies. 4^
quand on fait des paiemcns de quelque impertance : aussi la loi autorise à refuser la monnaie de cuivre, quand elle va au-delà du quarantième de la somme totale.
m. La livre tournois n'a qu'une valeur nominale ^ car il n'existait aucune pièce de monnaie •n argent qui valût 20 sous ; il n'existait en argent que des pièces de 6 sous, de 1 2 sous, de 24 sous, de 3 livres et de 6 livres. Les pièces de G sous, de i:i 90US et de 24 sous sont démonétisées et ne passent plus que pour la valeur de l'argent. Les pièces de 5 et de 6 livres sont maintenant démonétisées» Depuis long-temps les écus de 5 livres perdaient 5 sous et ceux de 6 livres 4 sous. On a besoin de conserver ce souvenir pour régler d'anciens comptes et pour fixer la valeur de certaines fondations qui sont faites d'aprèâ la valeur des anciennes monnaies.
IV. La pisiote est une monnaie nominale qui n'existe pas; elle équivaut à 10 livres. On trouve souvent dans les actes de fondation 100 pistoles> 200 pistoles, pour désigner 1,000 livres, 2,000 livres. Les personnes un peu âgées se servent encore de cette expression (1).
(I) La pistole est encore en usage en Espagne 1 dans les Etats ecclésiastiques, à Parme, en Sardaigne, en Savoie > en Suisse, à Venise, avec diverses valeurs.
44 Notions et observations
V. La livre tournois se divisait en 20 sous de cuivre ; chaque sou se divisait en 4 liards et chaque liard en 5 deniers ; mais dans les grands calculs on n'admettait que les livres, les sous et les deniers qui étaient comptés au nombre de 1 2 dans chaque sou. .
On distinguait autrefois la livre d'or, la livre d'argent et la livre de cuivre. La livre d'or et la liyre d'argent ne sont plus en usage dans les contrats ; il ne nous reste que la livre de cuivre qui (^st représentée par 20 sous de cuivre dont le poids n'est pas d'une livre pesant.
Monnaies françaises nouvelles.
I. Conune nous l'avons dit« le franc est l'unité principale du nouveau système des monnaies. Quand il est en argent ^ il pèse 5 grammes. Le poids des autres pièces qui sont en argent est proportionné à leur valeur nominale.
Deux francs pèsent 10 grammes.
L'écu de 5 francs pèse 26 grammes.
Le franc en argent se sous-divise en un demi^ franc qui pèse 2 'grammes et demi.
Un quart de franc qui pèse un gramme et quart.
Les pièces de 5o sous pesaient 10 grJammes ifZéS dix-millièmes de grammes ; celles de i5 sous
sur les monnaies, 4^
lài^itié moins. Ces pièces 9 dont il a été fabriqué un grand nombre de fausses , contenaient beaucoup d'alliage.
n. Le franc se divise en pièces de monnaie de cuivre appelées décimes et centimes.
Le décime est une pièce de monnaie en cuivre qni pèse 20 grammes et vaut 2 sous de l'ancienne monnaie française. Il y a des pièces de 10 centimes en billon qui sont fort minces 9 peu répandues et qui ne pèsent que deux granunes (1).
Le centime est une petite pièce de monnaie en cuivre qui pèse deux granunes et qu'on trouVe rarement dans le commerce ; mais elle entre dans tous les calculs comme autrefois le denier. Le centime est la centième partie du franc et la dixième du décime.
Les pièces de 5 centimes sont très-communes dans le commerce ; c'est l'équivalent de l'ancien «ou en cuivre. Cette pièce n'entre dans le commerce que sous le nom de centime ; ainsi 3 sous font i5 centimes, 5 sous font 25 centimes, etc. I<es pièces de 5 centimes pèsent 10 grammes.