DE LA RÈGLE DE FOI
D. Peut-on se sauver sans une: foi divine ?— R, Non, dit l’apôtre: dans son Epitre aux Hé. breux, Se à M. il: est: impossible de plaire à Dieu sans la foi. | |
D. Quelles qualités doit avoir la foi pour être une foi divine ?-—R; Il faut, prem èrement qu'elle soit. ferme et: inébranlable: il faut en second lieu qu’elle soit prudente, ou: prudem: ment ferme, |
D. Pourquoi dites-vous que la foi doit être:
ferme et inébranlable ?—R C'est ‘que si elie: n'était pas.ferme: et: inébranlable, ce: ne serait: pas-une foi divine: ce. ne: serait-qu'une-opinion humaine. à
D, Combien: doit-elle être: forme JR; Si ferme, que l'on fût prêt à donner plutôt sà vie, que de révoquer le moindre:articlé en doute.
D. Pourquoi dites:vous:qu'il faut que la foi soit prudente; ou prudemment ferme ?=R. C'est que si. la foi était: ferme ei inébranlable- sans raison, Ce, ne:serait-plus une vertu, mais plutôt l'effet d’une opiniâtreté vicieuse. i
D. Où trouve-t-on ces deux conditions de la Di divine ?—R. Uniquement chez les Cathoiques.
D. Pourquoi. cela ?—R. Parce ul n'y a qu'eux.qui. aient. une: règle de foi qui puisse les
rassurer. narfoitomnnt
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D. Qu’appelez-vous ici règle de foi ?--R. Un
motif suffisant pour croire chaque article de foi avec une fermeté inébranlable.
D. Quelle est la règle de foi des Catholiques ? —R. Cest la parole de Dieu sûrement et infailliblement bien entendue.
- D. L'Ecriture sainte toute seule ne suffit-elle Pas! pour régler notre foi?=R. Non, elle ne suffit pas toute seule, car elle est ‘susceptible de différents sens, et il se peut faire qu’on l'ex plique mal. |
D. Que faut-il donc de plus ?—R. I] faut être -Sûr qu’on entend dans le véritable sens les Passages Sur les articles contestés. :
* Les Catholiques ontils sur cela quelque certitude ?-R, Oui, ils en ont une entière, parce qu’ils reçoivent de l'Eglise, qu'ils tiennent Pour infaillible, l'explication de l'Ecriture.
«D. Les Protestants ont-ils aussi de quoi rassurer leur foi ?—R. Non, car chacun explique l'Ecriture selon son sens particulier ; or, aucun Particulier n’est sûr de ne pas se tromper.
… D. Quel est l'avis que saint Pierre donne à
tous. les fidèles dans sa seconde Epitre ? (Ch. 1
0. 20.)—R. “Vous devez Savoir avant toutes ‘ choses que nulle prophétie de l’Ecriture n’a
‘lieu selon l'interprétation particulière.”
D. Dites-nous encore plus amplement pourquoi tous ceux qui ne sont Pas Catholiques ne \ Peuvent avoir qu'une foi chancelante ?—R
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C'est qu'il y@ trois points sur lesquels ils ne peuvent avoir aucune certitude. :
D. Quel est le premier ?-R. Premièrement
à 11s ne peuvent avoir aucune certitude touchant
le canon des livres saints.
D. Quel est le second ?=R. En second lieu, ils ne peuvent avoir aucune certitude touchant les versions. |
D. Quel est le troisième ?—R. En troisième lieu, ils ne peuvent avoir aucune certitude touchant l'interprétation des Ecritures. :
D. Pourquoi dites-vous que les Protestants ne peuvent pas connaître infailliblement quels sont les livres divins et canoniques ?——R. Parce qu'ils ne veulent rien croire que ce qui se trouve expressément dans l’Ecriture : or, l’Ecriture ne dit nulle part quels sont les livres Canoniques.
D. Ne pourraient-ils pas dire qu’on reconnaît les livres divins à la beauté et à la force des expressions, ainsi que l’on connaît le sucre et le miel à leur douceur ?—R. Si cela était ainsi,
tous les Protestants reconnaîtraient les mêmes
livres; mais il s’en faut bien qu'ils soient d'ac-
| cord entre eux.
: D Comment donc?—R. Les premiers Luthé-
riens ont rejeté l’Epître aux Hébreux et l’Apocalypse de saint Jean. Les Luthériens d'aujour-
D d'hui les reçoivent pour des livres divins. Cal. vin appelle l'Epître de saint Jacques une Epître
d'or, et Luther l'appelle une Epiître de paille. - D. Ne pourraient-ils pas dire qu’on reconnait
les livres canoniques à leur titre ?--R. S'il faut
recevoir l'Evangile de saint Maithieu, parce À
qu'il porte le nom de saint Matihieu, il faudra
aussi recevoir l'Evangile de saint Thomas et de |
saint. Barthélemi, parce qu'ils. portent le nom de ces apôtres; cependant ces. deux Lvangiles ont été rejetés comme apocryphes.
D. Ne pourraient-ils pas dire que c'est: la à tradition qui leur fait connaître quels sont les. livres saints appartenant à l’Ecriture ?--R. Des |
gens qui rejettent la tradition sur tous. les
autres points, n’ont aucun droit dese servir ici |
de la tradition.
D: N'avez-vous rien autre chose à ajouter à. | cette réponse ?--R. L'adverse partie soutient
qu'on ne peut établir aucune foi divine sur la tradition ; or, est-il qu'ils ne connaissent que pat la tradition quels sont les livres canoni. ques ; donc ils ne peuvent croire d'une foi divine aux livres canoniques.
; D. Dites-nousce qui estarrivé à Strasbourg ? —R. L'an 1598, les: Protestants de Strasbourg retranchèrent du canon. des Ecritures l’'Epître
aux Hébreux, l'Epître de saint Jacques et l’Apo- |
calypse de saint Jean, et soixante-quatorze ans après ils Les rétablirent.
D: Où cela se trouve-t-il —R. Dans. leur \
ancien rituel, au chapitre de la doctrine, et dans le nouveau, p. 7. | | D. Que concluez-vous de à2R. Qu'il faut
nécessairement qu'ils se soient irompés, la pre- #
mière ou la seconde fois.
D. Queconcluez-vous de plus ?-R. Que puis. 5 qu'ils se sont trompés dans un point si impor. |
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pés, la pre-
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tant, ils ne peuvent être sûrs s'ils ne se trompent pas encore dans d’autres, P. Quelle autre conclusion tirez-vous encore ?
R peut, être. prudemment
—R. Que leur foi ne ferme et inébranlable, et que par conséquent.
ce n’est point une foi divine.
IT
D. Pourquoi avez-vous dit que: ceux qui. ne sont pas. catholiques ne peuvent pas s'assurer de la fidélité de leurs versions ?—R. Parce que. la plupart n’entendent pas les langues originales, ils ne peuvent juger si les livres, saints sont fidèlement, traduits. :
Ne. pourraient-ils pas, dire, que leurs.
savants, ayant la connaissance des langues. grecque et hébraïque, peuvent donner là-dessus toutes les sûxetés nécessaires ?—R. Les savants.
| ne sont pas d'accord entre eux, et ont fait des.
versions très-différentes ; comment saura un homme sans étude à laquelle s’en tenir ?
D. Que disait Zuingle. de la traduction que Luther avait faite du Nouveau Testament ?— R. Il disait que Luther avait corrompu la parole de Dieu.
D. Que disait Luther de la version des Zuingliens ?—R. IL disait que ceux qui y avaient. travaillé étaient des ânes, des fous et des ante- Christ, -
, D. Que disait Bèze de la version. d'OEcolam-
ade faite à Bâle ?—R. IL disait qu'elle était
mm iMpie, et contraire à l'Esprit de Dieu.
D. Quel a été le sentiment des Anglais touchant la version de Genève ?—R. Ils ont dit que C'était la plus mauvaise et la plus infidèle qui eût encore paru.
D. Quel aveu Luther fait-il de lui-même ?— R. 11 avoue qu'il a ajouté cette parole...seule.:.. au texte de saint Paul.
D. A quel texte l’a-til ajoutée ?—R. Au texte du 28e verset, chap. 3 de l'Ep. aux Romains : * nous estimons que l’homme est justifié par la * foi,” il a ajouté. “ par la foi seule.”
D. Comment s'est-il justifié sur le reproche:
qu'on lui en a fait? (Tom. 3, édition de Jena, pages 141 et 144)—R,. ‘‘ Je sais bien. dit-il, que cette parole, seule, ne se trouve pas dans le ‘* texte de saint Paul; mais si un papiste vous ‘ importune à ce sujet, dites-lui sans hésiter : * Le docteur Martin Luther l'a ainsi voulu, et }* dit qu’un papiste et un âne sont la même ‘ chose.” n | +
D. Rapportez les paroles qu'il ajoute ensuite. —R. “Je suis fâché de n’y avoir pas encore “ajouté d’autres paroles ; c’est pourquoi la ‘parole séule restera dans mon nouveau Testa. ‘ ment, quand bien même tous les papistes em “ devraient perdré l'esprit de dépit.”
D. Que concluez-vous de tout cela ?=-R. Qu'un homme sage et prudent parmi les Protestants ne peut faire aucun fond sur une bible protestante.
.D. Pourquoi cela?—R,. A cause de l'incerti- À
tude où il est si elle est bien traduite.
D. Qüe concluez-vous de pius ?-R. Que la foi des Protestants n'étant fondée que sur des
à il «et AO 1 LE ‘5
nglais tou- [ls ont dit us infidèle
-même ?— >...SeUle.:.,
. Au texte Romains :
tifié par la 2]
> reproche:
\ de Jena, dit-il, que as dans le piste vous s hésiter :
voulu, et la même
e ensuite.
as encore irquoi la eau Testaapistes èn
-R. Qu'un estants ne otestante.
l'incerti- À
+. Que la > sur des
| pas les uns comme les autres ? : :
| des textes ambigus, il faut les expliquer par des E textes plus clairs? —R. Chaque partise flatte de.
versions incertaines, leur foi ne peut être ferme prudemment, ni par conséquent divine. ; D. Mais les Catholiques ont-ils de plus grandes E sûretés touchant le nombre des livres saints, et teurs traductions ?—R. Oui; ils ont une sûreté entière sur les deux points.
D. Qui est-ce qui les rassure ? —R. C'est l’'Eglise, qui leur marque quels sont les livres canoniques, et quelles sont les bonnes versions : or, le principe fondamental des Catholiques est, que l'Eglise ne peut se tromper, ni tromper personne. |
D. Pourquoi avez-vous dit que les Protestants ne peuvent avoir aucune süreté touchant le véritable sens des Ecritures ?—R. C'est que les passages, qui regardent les points coniroversés, ont pour l'ordinaire un double sens. Or, l'Ecriture ne dit pas lequel des deux il faut préférer à l’autre. Qi
D. La partie adverse ne pourrait-elle pas dire que l'esprit particulier inspire à chacun de qe manière il faut entendre un passage ?—
. Les Luthériens et les Calvinistes ont le même droit de s'arroger cet esprit particulier : | ils différent cependant très-fort entre eux en : À leur croyance. Pourquoi cet esprit n’instruit-il +
D. Ne pourrait-on pas dire que, quand ily a
trouver plus de clarté dans les textes, qu'il allègue pôur soutenir son sentiffent, is D, Donnez-nous des exemplés de cela! LR.
Les Ariens croyaient que ce Passage : ‘Mon “ Père est plus grand que moi ;” et cet autre : + Christ est le premier-né des créatures,” étaient très-clairs. ; | : Donnez-nous encore un autre exemple. — R, Les Calvinistes croient que ces paroles de Jésus-Christ : € La chair ne sert de tien, les “ paroles que je vous ai dites, sont espritet vie,”| sont très-claires, et les plus claires de toutes, D. Donnez-nous encore un autre exemple, — KR. Les Anabaptistes croient que ces paroles du’ auveur : ‘“ Enseignez et baptisez ; ” et ces au. tres... : “Celui qui croit et est baptisé sera gau-
vé : sont très-claires, et les plus claires de toutes.
D. Les Ariens, lés Calvinistes et les Anaba tistes ont-ils encore plusieurs autres passages ss citent en faveur de leur ‘doctrine ?=-R.
s le à
Quand on vent les écouter. | D. Quelle conclusion tirez-vous de tout te qui a été dit?=R. Qu'il faut nécessairement qu'il Y äit un juge qui termine ] es différends qui UVeNnt survenir en matière de religion, et qui xe Je ‘véritable sens de Ecriture. ù D. Eclaircissez la chose par une Comparai- S0n.R, De même que les procès ne finiraïient jamais, si les plaideurs se contentaient d'en
. &ppeler aux lois: de même les différends en matière de religion neso érmineratent jamais, n. : “On se contentait d'en. àppeler à PEcriture,
extes, qu'il
cela! < R.
ge: ‘Mon cet autre ; réatures,”
temple. — paroles de rien, les ritet vie”!
toutes.
emple. — aroles du’ et ces au-
sera sau-
de toutes.
Anabap- Passages ine ?=R.
mais fait
n, ét qui
parai niraient nt. d'en ends en
Ut
a | n'elt autre
D. Achevez la comparaison. —R. De même qu’il faut un juge pour terminer les affaires civiles, de même en faut-il un aussi pour décider. dés matières de religion, qui sont. d’une discussion encore plus difficile.
D. Et qui sera ce juge ?—R. C'est l'Eglise, qui est assistée de Dieu pour qu’elle ne puisse point se tromper dans ses jugements.
D. Qu’entendez-vous ici par l'Eglise ?*—R.
Par l'Eglise j'entends le Pape parlant ex cathedrà, ou le ‘corps des Evêques en communion avec le Pape. : “Ed se
D. Dites-nous les qualités de la règle de foi des ‘Catholiques. —R. La règle de la foi des Gätholiques est premièrement universelle, se. Condemeñnit certaine, troisièmement très-claire.
D. Pourquoi dites-vous que la règle de foi
| des Catholiques est universelle ?=R, Parce qu’elle:est également pour les savants! et pour | les ignorants. : | À
1 D. Dequelavantageest-elle pourles savants ? +R. Elle leur Ôôt: tout doute, et les tire de l'incertitude. | ane
D. De quel avantage esi-elle pour les igno:
rants ?—R. Elle leur épargne la peine d’un ‘examen difficile, dont ils ne sont pas capables. D. Pourquoi dites-vous qu'elle .est certaine ? “<h. Parceque la règle de foi des Catholiques chose que le parole de Dicu, dans
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