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HYDROTHÉRAPIE ET BALNÉOTHÉRAPIE NATATION

> Il n’est pas de régiment qui n’ait aujourd'imi ses douches. Dans tous les cas, s’il en existe qui en soient encore dépourvus, les chefs de corps doivent se hâter d’en faire immédiatement installer et solliciter les crédits nécessaires qu’on ne leur refusera certainement pas.

Mais, même dans les régiments où existent des installations hydrothérapiques pai faites, les hommes n’en font usage qu'à contre-cœur, et tous ceux qui peuvent y échapper ne s en font pas faute. La raison de celte répugnance est que le contact de 1 eau froide est désagréable pour quiconque n en a pas l’habitude. Un des plus heureux effets de la culture physique est précisément de rendre ce contact agréable, de faire aimer Veau froide , qui est un gage si précieux de santé et de vigueur.

Le principe de l’hydrothérapie et de la balnéothérapie se résume en cinq mots : usage rationnel de Veau froide.

L’eau froide est, en effet, l’adjuvant es- 1 sentiel de l’entraînement, tandis cjue 1 eau chaude déprime, l’eau froide tonifie. La médication par l’eau est vieille comme le monde et ce n’est pas le lieu de rappeler . les noms illustres qui s’en sont faits les j apôtres dans la thérapeutique, depuis Hippocrate et Celse jusqu’à Brand. Aussi bien, au reste, ce qui nous préoccupe ici, ce n’est que l’hydrothérapie appliquée aux exercices physiques.

Au régiment, il faut envisager l’hydrothérapie sous deux formes différentes : les ; ablutions et les douches. Les ablutions et affusions constituent les soins élémentaires de propreté auxquels le soldat devra être rigoureusement astreint. Ce n’est pour ainsi dire pas de l’hydrothérapie, mais un j simple minimum de propreté.

Les deux manières les plus généralement employées en sport pour prendre la dou- . che sont : la pluie et le jet.

Les hommes devront être conduits à la douche immédiatement après la course qui termine la leçon de culture physique. Il faut absolument éviter de les laisser se re- 1 froidir. Ne pas craindre l’état de transpiration active dans lequel on se trouve sou-

vent. On fait d'abord placer les hommes sous la pluie et on les fait passer ensuite au jet, puis l’on termine par une dernière douche en pluie et l’on procède alors à de vigoureuses frictions. Un seul homme peut ainsi donner la douche à une dizaine de ses camarades. Il y faut quelque précaution, éviter de flageller les parties génitales et aller des extrémités vers la région du cœur.

Les effets de la douche sont merveilleux. En dehors de la peau, qui est débarrassée des poussières et des corps étrangers qui peuvent la salir et en entraver le fonctionnement normal ; en dehors de l’accoutumance au froid qui en résulte, par conséquent de l'augmentation de résistance organique, il se produit une régularisation plus ou moins complète des grandes fonctions : circulation , hématose, nutrition.

Les hommes éprouveront, après la douche, une sensation générale de bien-être et de repos indéfinissable. Il semble que l’eau froide donne une sorte de longue caresse calmante.

Nous recommanderons donc aux officiers et aux sous-officiers de se montrer très sévères à ce sujet et de ne pas tolérer que

des hommes échappent à la douche sous de mauvais prétextes. C’est leur rendre un bien mauvais service. Ils s’y habitueront au reste très vite et la douche ne tardera pas à devenir pour tout le monde un véri- f table et salutaire plaisir.

Pendant la saison d’été, les hommes devront aussi être conduits au bain, non pas seulement pour des raisons physiologiques, mais parce qu’il est inadmissible qu’un soldat ne sache pas nager. La nota- ' tion doit faire partie de l’éducation athlétique du soldat. Pour n’importe qui, ne pas savoir nager devrait constituer une infirmité honteuse, puisque tout le monde est susceptible de tomber à l’eau ; pour un soldat, qui aura certainement, en campagne, à traverser des cours d’eau dans la précipitation d’une course, ne pas savoir nager constitue une indignité professionnelle véritable.

Aucun jeune homme ne devrait rentrer dans ses foyers sans savoir nager. La meilleure façon d’apprendre vite, c’est encore de se jeter à l’eau. Ceux qui savent initieront leurs camarades, sous la surveillance des instructeurs. C’est l’affaire de quelques leçons avec un peu d applica-

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tion. Le perfectionnement vient avec la pratique.

Dans chaque compagnie, aux jours de fêtes, des concours de natation devraient être organisés entre les hommes ; des prix, des récompenses accordés aux vainqueurs. Ce serait de la bonne et féconde émulation athlétique, qui pourrait trouver son application salvatrice au jour du danger.

Et, d’un autre côté, les bains ont une haute valeur physiologique. Us abaissent la température du corps, la réfrigération périphérique gagnant les organes profonds. Mais ce n’est pas leur seule action ; a côté de la réaction que le bain exerce sur le système nerveux, il agit puissamment sur la nutrition en augmentant le nombre des hématies et en facilitant la formation de l’oxyhémoglobine ; sur la circulation, en abaissant le nombre des pulsations cardiaques, qu’il rend plus fortes, et en ramenant la pression artérielle à la hauteur physiologique ; par là, il décongestionne le rein, facilite la diurèse et l’élimination des toxines ; sur la respiration enfin, en décongestionnant le poumon et en calmant ainsi la dyspnée.

Ces quelques considérations doivent suf

lire à montrer aux chefs 1 importance de l’eau froide dans l’éducation athlétique de leurs hommes. Il n’y a pas d’ athlétisme sans hydrothérapie. Mais il y aura une bien meilleure armée quand tous nos sol dats seront des athlètes.

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