PRIX DES HALTÈRES
Qu’on n’objecte pas que cette acquisition des haltères pour tous les hommes de notre armée va encore augmenter ou grever lourdement le budget de la guerre.
Il n’est pas d’appareil de gymnastique aussi bon marché que l’haltère. Sa simplicité robuste le fait presque éternel ; il ne redoute pas les chutes, les bris, à peine craint-il la rouille... On le vend dans le commerce au prix de la fonte ; à 0 fr. 20 le kilogramme, on peut s’en procurer autant qu’on veut. Qu’on ne vienne donc pas dire : « Vous allez épuiser la caisse du régiment » ; car, pour 1.000 hommes à pourvoir d’haltères de 2 kilos, soit 4 kilos par homme, la dépense serait de (0 fr. 20 x 4) x 1.000 = 800 francs. Huit cents francs! Une dépense qu’on n’aura plus jamais à faire, un matériel qui ne demande pas d’entretien. Que voilà donc de la santé à bon marché !...
L’haltère est à peu près l’instrument idéal de gymnastique. Il n’est pas encom-
brant, il permet de faire travailler tous les muscles, il se prête à la progression de l’entraînement.
Avec l’haltère, on localise exactement l'exercice ; c’est-à-dire qu’on impose à chaque groupe musculaire un travail déterminé ; lour à tour on localise l’effort dans l’avant-bras, le bras, l’épaule, les muscles du dos et de la poitrine.
Avec l’haltère on répète l’exercice localisé jusqu’à ce qu’on obtienne, des muscles en jeu, un travail suffisant pour déterminer leur développement en force et en volume.
Ajoutez toutes ces vertus à la modicité de son prix et vous reconnaîtrez que ce modeste et simple engin jouit d’une perfection à peu près absolue.