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nombre de parties égales, dix, quinze, dix-huit, vingtquatre. C’est là un bon exercice d’arithmétique, aussi bien que de dessin.
$ 3. EXERCICE III— Lignes obliques
Une ligne oblique est une ligne droite qui tncline plus ou moins. Toutes les horizontales et les verticales tirées sur le tableau noir suivent la même direction; mais il n’en est pas de même des obliques, dont les degrés d’inclinaison sont innombrables. |
Toutes les lignes droites tracées sur les cahiers et qui ne sont pas parallèles à l’une des marges, doivent être considérées comme des obliques,
Instructions — Pour tirer ces onze lignes obliques, marquez d’abord sept points à égale distance les uns des autres, sur le côté gauche de l’espace laissé en blanc dans le cahier, et six autres points au bas, pour indiquer le comméncement des lignes. Tirez de bas en haut vos lignes d’essai en partant de ces points, la plus longue d’abord, et ensuite toutes les autres parallèles à celle-ci.
Ceci fait comme il faut, finissez les lignes, en commençant par le coin gauche supérieur ; si vous commenciez par le coin droit inférieur, vous pourriez par mégarde passer la main sur les premières lignes finies et ainsi salir le papier. Etant donné l’espace laissé en blanc, ces lignes n’exigent que le mouvement des doigts et de la main, excepté de la part des tout petits élèves, qui devront mouvoir un peu l'avant-bras pour tirer avec facilité les plus longues lignes,
En finissant une ligne, c’est-à-dire en repassant le crayon dessus après l’avoir tracée très-légèrement, observez cette règle générale: Allez de gauche à droite, à moins que vous ne dessiniez de la main gauche, auquel cas le contraire vaudrait mieux, et commencez par le haut plutôt que par le bas.
En traçant des obliques qui inclinent à droite comme dans le présent exercice, écartez le coude, tournez un peu la main, et commencez par les extrémités inférieures des lignes. En tirant des lignes qui inclinent à gauche, écartez encore plus le coude, tournez la main, tournez aussi le corps, s’il le faut, pour vous mettre plus à l’aise, et commencez aux extrémités supérieures des lignes. Inutile de tourner le cahier, car on apprend vite à dessiner sans cela, et l’on sauve ainsi du temps plus tard. Cependant, si vous constatez, après un essai convenable, que certains de vos élèves ne parviennent pas à tirer bien et vite les différentes lignes droites sans tourner le cahier, permettez-leur de le faire, pourvu qu’ils puissent ainsi mieux réussir. Ce n’est qu'une question de temps et de commodité.
II TRACÉ EN TOUS SENS $ r. Délicatesse de touche —Uniformité de mouvement
L'exercice suivant sur l’ardoise est excellent pour les élèves les plus jeunes et les plus novices. Voyez à ce que les crayons soient longs et bien affilés. L’ardoise doit être maintenue horizontalement dans le sens de sa longueur, et l’on ne doit pas la changer de position durant tout l'exercice.
{nstructions — Toute la classe étant prête pour le travail simultané, faites d’abord marquer un point indiquant le milieu de l'extrémité gauche de l’ardoise, puis un second point indiquant Île milieu ce l'extrémité droite.
Indiquez de même le mi- SE 7 lieu du côté supérieur et le XD milieu du côté inférieur, Ensuite, les élèves placeront le crayon sur le point de gauche, et resteront dans cette position jusqu’à ce que le maître dise Uwe. Alors, sans toucher l’ardoise, ils dirigeront d’un mouvement ferme et régulier le crayon jusqu’au point de droite. Faites-leur poser le crayon sur le point de droite,
et lorsque vous direz Deux, ils mèneront une ligne de la même manière au point gauche, sans toucher encore l’ardoise, Faitesleur répéter ce mouvement une demi-douzaine de fois, plus ou moins, en leur recommandant de rapprocher de l’ardoise le crayon un peu chaque fois, sans néanmoins toucher à l’ardoise, Lorsque vous jugerez qu’ils sont bien sûrs de la direction que la ligne doit suivre, dites 77rez, A ce mot, ils toucheront l’ardoise légèrement, et dirigeront le crayon d’un point à l’autre d'un mouvement uniforme,
Faites tirer de la même manière une verticale du point supérieur au point inférieur; puis une obliqne reliant le sommet de l’angle supérieur de gauche au sommet de l'angle inférieur de droite, et une autre oblique reliant les sommets des deux autres angles opposés, Finalement faites-leur tirer les lignes dans n’importe quel ordre, sous votre dictée, aussi vite que possible, pour qu'ils apprennent à distinguer avec facilité une jigne d’une autre, et à changer de position crayon, main et bras, selon que l'exige chaque ligne,
! Après quelques répétitions de cet exercice, ajoutez-y quelque chose, Les lignes tirées comme ci-haut, faites diviser les moitiés de chaque extrémité et de chaque côté de l'ardoise par des points
indiquant le centre de ces moitiés, puis faites relier ces points par des lignes, de manière à couvrir l’ardoise de parallèles horizontales, verticales et obliques. La gravure ci-haut montre le résultat de cette combinaison,
On peut avec profit répéter cet exercice à de fréquents intervalles, jusqu’à ce que les élèves aient acquis une qualité précieuse, nécessaire dans le dessin sur papier : la délicatesse de touche. Ils y arriveront vite si le maître insiste sur le procédé indiqué plus haut, qui consiste, avant de tracer une ligne, à promener maintes fois le crayon d’un bout à l’autre de l’ardoise sans toucher à l’ardoise.
Si quelques-uns de vos élèves sont enclins à dessiner trop vite, et d’autres trop lentement, faites-les travailler au commandement, Par exemple, qu’ils tirent une ligne pendant que vous compterez wne, deux, trois, quatre.
$ 2. Hachures
Instructions — Tirez deux parallèles comme 1 et 1, à quelque distance l’une de l’autre.
Divisez l’espace qui les sépare en deux parties égales par une troisième parallèle, comme 2, et divisez ces deux parties en moitiés par d'autres parallèles comme 3 et 3. Divisez ensuite en moitiés ces quatre espaces par d’autres parallèles, Continuez ainsi. Lorsque l’espace entre les lignes ne sera plus que de la largeur d’une ligne, vous aurez ce qu’on appelle une ‘“ demiteinte.” Si vous tirez de la même manière en travers de ces lignes p’autres lignes obliqués, vous aurez ce qu’on appelle ‘“ hachure.”
On fait souvent les ombres d’un dessin de cette manière, mais c’est une tâche laborieuse que l’on remplace le plus souvent par une méthode plus facile. Cependant, à plus d’un titre, les hachures sont un excellent exercice, s’il est bien conduit ; il donne du coup d’œil et à la main de la fermeté, car il faut que les lignes soient exactement parallèles et très rapprochées, sans pourtant se toucher.
Cet exercice, non plus que les autres, ne doit durer plus de quelques minutes chaque fois, car ce dessin, ne représentant aucune idée, pourrait fatiguer les élèves. Il faut y revenir seulement par occasion.
$ 3. Histoire des trois lignes
Apelles, qui vivait il y a plus de deux mille ans, fut le plus distingué des peintres grecs. Protogènes, qui vivait à la même époque, fut aussi un peintre grec célèbre. Tous deux étaient grands amis. Un jour, Apelles fit une visite à Protogènes, qui habitait alors Rhodes, et en entrant dans l'étude de son ami, il y trouva seulement scan domestique. Il prit un pinceau, et avisant un canevas placé sur un chevalet, il y traça une ligne droite. En partant, il dit au domestique : ‘ Dites à votre maître, lorsqu'il rentrera, que cethommelà (ici il indique la ligne qu’il vient de tirer) désire le voir.” Protogènes étant revenu, .le domestique lui rapporta la chose. En voyant cette ligne, Protogènes comprit que son ami Apelles était venu le voir, car il savait qu’il n’y avait personne autre en Grèce qui pût faire une ligne si belle. Alors il prend son pinceau, trace une seconde ligne droite à côté de celle-là, et,
s’en allant, dit à son domestique: ‘‘Dites à cet homme (et il montre la ligne d’Apelles), lorsqu'il reviendra, que cet homme-là (il montre la ligne tirée par lui-même) sera très-heureux de le voir.” Apelles revient, et le domestique fait ce qu’on lui a recommandé. Apelles se voit surpassé, il reprend le pinceau, et trace une troisième ligne, en y mettant tout l’effort de son génie. Lorsque Protogènes vit cette dernière ligne, ilsentit qu’il était inutile d'essayer à faire mieux.
L'histoire ajoute que le canevas contenant ces trois lignes d’une si merveilleuse beauté, fut conservé à Rome pendant des siècles.
On ne doit pas inférer de cette anecdote, dit le professeur Smith, qu’il faille employer son temps à tracer des lignes arbitraires, sans signification, et prendre une heure, par exemple, comme le veulent certains maîtres, pour dessiner à main levée un simple carré; ce serait un effrayant gaspillage de temps et de travail, car pour faire un carré parfait, il faut un
instrument. Quand il s’agit surtout de développer
l’esprit et le goût, pourquoi s’attarder dans des minuties >, On ne peut, bien entendu, être fort en dessin si l’on n'est fort dans le tracé des lignes; mais ce qu’il importe de comprendre, c’est qu’il y a une qualité supérieure au fini du travail. Apelles l’entendait ainsi lorsqu'il disait: ‘Mon'ami Protogènes me surpasse en toutes choses, hormis une; il ne sait jamais
| quand déposer le pinceau.”?
Le professeur Smith rapporte qu’il a fait partie d’une association d'étudiants qui avait pour devise :
Nulla dies sine line&. Mais il a soin d'expliquer que le
füt-il grand comme l’ongle. La règle est qu’il faut exercer et la main et l’esprit.