III APPRÉCIATION DES DISTANCES
Voici une question bien importante. Vous devez souvent exercer vos ÉIÈpES sur l’ardoise, sur le papier ou sur le tableau noir, à diviser des lignes plus ou moins longues. Il y a deux manières de PEONEUSE La première fait juger des distances comparatives, c’est-àdire détermine une distance par comparaison avec une autre. L'exercice II en offre un exemple, puisqu’il consiste à diviser une ligne en parties égales en comparant celles-ci entre elles. La seconde manière demande d'apprécier les distances concrètes ou définies, c’est-à-dire de juger qu’une ligne a un pouce, trois pouces, un pied de long.
On commence par demander aux élèves de diviser les lignes au simple jugé de l’œil, puis on leur fait vérifier l’exactitude de cette division au moyen de l'équerre. Ce recours à l’équerre est nécessaire surtout pour l’appréciation des distances définies, car il est impossible de s’habituer à une juste appréciation sans s’en rapporter à un étalon fixe ; le mesurage fait vite l'éducation de l’œil. Bref, commencez par diviser à vue, et non pas à l’équerre. Z’équerre doit servir à vérifier el à corriger, pas à autre chose. S'il était essentiel pour les détails de votre dessin qu’une ligne en particulier fût d’une longueur définie, il faudrait se servir tout
| mot ligne devait s’entendre d’un dessin quelconque, de suite de l'échelle. Mais quant à l’instituteur, son no ul
premier devoir est d’apprécier une méthode au point de vue éducatif ou pédagogique. Or, il faut exercer l’œil à juger des distances et des proportions, et l’on ne devrait se servir de l'échelle gue Lorsqu'elle contridue à cet exercice de l'œil. Exercer l’œil est chose infiniment plus importante, au point de vue de l’école, que de faire vite un dessin bien régulier.
N'oublions pas que les lignes, selon leur position, peuvent donner lieu à des erreurs d’appréciation. Ainsi, d’une verticale et d’une horizontale de même longueur, la verticale paraîtra plus courte. Il faut se mettre en garde contre cette illusion d’optique.
Les procédés suivants sont très-propres à exercer l’œil. On peut d’ailleurs en imaginer d’autres.
Znstructions — 1. Tirez sur le tableau noir deux parallèles horizontales de la même longueur, Divisez, au jugé de l’œil, la ligne supérieure en un nombre quelconque de parties égales, deux, trois, quatre, huit, dix. Divisez la ligne inférieure, au moyen de l'échelle, en autant de parties égales. Vous pourrez ainsi comparer les deux divisions.
2. Tirez deux parallèles horizontales d'égale longueur. Divisez la supérieure en pieds, au jugé de l'œil, en commençant par la gauche, Puis, à l’aide d’une règle, partant encore de la gauche, divisez aussi la ligne inférieure en pieds. Comparez,
3. Tirez deux paral'èles horizontales d’égale longueur, De l'extrémité gauche de la supérieure, marquez à vue un pied, puis huit pouces, Continuez ainsi à marquer alternativement un pied, puis huit pouces, jusqu’à l’autre bout de la ligne. Divisez la ligne inférieure de la même manière à l’aide de l’échelle. Répétez cet exercice, en changeant de temps en temps les divisions,
4. Tirez une horizontale d’une longueur quelconque, Divisez-la par moitiés,. Du point de division, élevez une verticale égale à la moitié de l’horizontale ; abaiïissez-la d’autant. Dans chacun des quatre angles ainsi formés, à partir du point d'intersection, tirez deux obliques égale chacune à la moitié de l’horizontale, Vérifiezles avec l'échelle. Divisez-les à vue en demies et en tiers, puis vérifiez la division par le mesurage, Cet exercice habitue l'œil à juger des distances sur des lignes qui suivent des directions différentes.
Lorsque vous aurez montré à vos élèves ce dont il s'agit, en l’exécutant vous-même sur le tableau noir, demandez souvent à chacun d’eux d’en faire autant ; mais ne vous bornez pas au tableau noir, et employez aussi l’ardoise et le papier pour faire travailler toute la classe simultanément. Selon le cas, bien entendu, il faut varier la longueur des lignes ; sur l’ardoise ou le papier, les pouces pourront répondre aux pieds sur le tableau.