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exprimant les mêmes principes. Pas de complications imprévues ; simplement exécution sur une beaucoup plus grande échelle. De là, pour l’écolier, gradation des difficultés, mais occasions nouvelles d’éprouver et de développer ses aptitudes.
I. Le premier cahier traite, d’abord, du tracé des lignes droites et de leur division, puis de l’appréciation des distances, et, ensuite, des figures géométriques planes, des patrons ou dessins géométriques pour tissus fabriqués ou surfaces à couvrir, pour bordures et moulures, puis des œuvres du potier, de l’orfèvre et autres artisans. Le cours primaire explique les principes du dessin dans leur application à ces sortes de travaux, mais pas aussi complétement que le second livre.
Dans ce cahier, il y a des exemples que l’élève devra reproduire de même grandeur, mais il y en a d’autres qu'on doit lui faire agrandir, afin de l’habituer à l’amplification proportionnelle.
Le Manuel contient, en outre, une foule d’autres exemples destinés aux leçons sous dictée ou au tableau noir. La dictée sert aux revues, elle développe l’imagination, elle habitue l’écolier à une attention soutenue ; les leçons au table-u noir permettent d'enseigner la réduction, car l’élève ne peut reproduire que sur une échelle bien plus petite les modèles qu’on y exécute. De temps en temps, on demande aussi à l’élève de dessiner de mémoire. Enfin, souvent on lui fait faire quelque dessin original fondé sur les principes qui lui ont été enseignés ; c’est là l’épreuve la plus concluante qu'on puisse lui faire subir pour savoir s’il comprend ces principes et si Les connaissances qu’il a acquises ont une valeur réelle.
Voilà donc cinq modes différents d'exercice. Ils se retrouvent d’un bout à l’autre des trois cahiers, et ils constituent une discipline qui joint au mérite de la variété celui d’une utilité de premier ordre.
Les pages blanches que l’on a ménagées dans chaque cahier fournissent le papier nécessaire à tous ces exercices. Chacune contient des instructions détaillées.
II. Le second cahier débute par expliquer plus complétement que ne le fait le cours primaire les formes conventionnelles et les principes de dessin tirés de la nature et appliqués à la décoration ; il aborde ensuite l’ornement historique, et cela, de manière à donner à l'étudiant une idée claire de ce qu’on entend par s/y4e, question de première importance en matière d’éducation artistique. On y donne des exemples des traits caractéristiques qui distinguent les trois anciens styles de l’art décoratif, l’égyptien, le grec et le romain. Il est aussi question du mauresque.
Il n’y a rien dans tout cela, pourvu que l’enseignement soit convenable, qui ne puisse être compris du premier coup par un jeune élève. Le fait est que les formes que revêt l’art antijue et la pensée ou les principes qui l’inspirent ne sont pas plus difficiles à apprendre que les mythes religieux, les légendes historiques et les exploits militaires des Anciens. Avec le peu même qu’on lui enseigne ici, l'élève pourra produire quelque composition originale, non pas, comme celles de certains dessinateurs pratiques, étrangères à toutes formes connues, mais portant bien le cachet distinctif de l’un des trois grands styles historiques.
C’est sur les styles égyptien, grec et romain que repose l’étude de tous les autres, soit de l’antiquité, soit du moyen-âge ou des temps modernes. À moins de connaître le passé et ses procédés de travail, on ne peut pas avec confiance s'engager dans une nouvelle voie et développer avec intelligence un style nouveau.
IT. Le /rorisième cahier est consacré principalement au dessin sur modèle et au dessin de choses. Jusqu'ici l'élève n’a étudié que deux dimensions, la longueur et la largeur : il va maintenant dessiner en perspective des modèles et des objets, c’est-à-dire qu’il les considérera sous le triple rapport de la longueur, de la largeur et de l’épaisseur.
Mais copier simplement les exemples du cahier, ce ne serait encore que du dessin plat, et non pas du dessin d’après les solides. Pour tirer bon parti de ces exemples, il faut s’en servir conjointement avec des modèles ou des objets appropriés. L'exemple montre quelle est l’apparence du modèle quand il est bien dessiné, et de la sorte l'élève saisit plus facilement, grâce à la gradation de difficultés que comporte ce système, les principes à suivre dans la représentation des solides.
Suivant toujours cette loi de gradation, l'élève ne se borne pas à reproduire, à l’aide de modèles ou d’objets, ces exemples à dessin plat: il doit, en outre, sur les pages blanches du cahier, dessiner les mêmes modèles dans des positions différentes, ou bien d’autres solides. C'est là du dessin d’après les solides, purement et simplement.
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1i III LES BLOCS-MODÈLES
En disant que tout ce cours de dessin est fondé sur la géométrie, on n’entend pas seulement que l’élève doit copier ou faire des figures géométriques ; on veut dire de plus qu'il doit rapporter tous ses travaux à des formes géométriques bien définies. Ces formes se retrouvent partout dans le grand édifice de l’univers, et l’homme, sciemment ou non, les suit plus ou moins toujours quand il construit. Elles sont la base de l’art industriel comme de l'esthétique, et connaître ces formes, dans leurs caractères principaux, est d’un puissant secours pour dessiner telle ou telle figure spéciale.
C’est à ce point de vue que l’on s’est placé pour conseiller l’usage des blocs géométriques. Ces modèles sont régulièrement géométriques, ou bien ils affectent une forme géométrique prononcée : nouvel exemple de la gradation que nous avons déjà signalée. Les figures à contour géométrique plus ou moins accusé succèdent aux figures géométriques pures, dans le dessin plat comme dans le dessin d’après les solides. Ainsi, dans l’un et dans l’autre cas, l’élève passe par le régulier avant d’atteindre à l’irrégulier. Que sert à l’enfant de bien dessiner certains détails irréguliers, si la forme principale qui leur ser! de base n'est pas bien exécutée ? Il faut d’abord savoir dessiner les solides géométriques réguliers ; c’est là la meilleure préparation possible au dessin d’après nature.
Le dessin d’après modèles, dans ce cours intermédiaire, n’est que du dessin d’esquisse à grands traits, qui ne donne que le contour des objets. On néglige l’ombre, car, à cette période du cours, cela ne pourrait
que faire perdre du temps ; on peut exécuter une douzaine d’esquisses contre un dessin ombré, et l'ombre, quelle qu’elle soit, ne saurait rendre bonne une composition défectueuse dans ses contours généraux. Le contour, voilà le principal. Avant de pouvoir décrire bien et vite les contours des solides, il est pire qu'inutile de faire essai de lumière et d'ombre. Ce fait est acquis à toute bonne méthodologie,
Mai le dessin à main levée d’après les solides demande une certaine connaissance des lois de la perspective. On a pris soin d’adoucir cette difficulté nouvelle ; on la présente, en quelque sorte, à petite dose, afin qu’elle ne puisse rebuter même les plus jeunes enfants. Remarquez que l’on traite les tigures rondes avant les rectangulaires, parce qu'elles offrent moins de perspective et qu’elles plaisent davantage aux enfants, Si l’on sait s’y prendre, on arrivera bien vite, par l’usage combiné des exemples à dessin plat et des blocs-modèles, à faire travailler les élèves avec intelligence et tout à la fois avec succès.
Une des fins que l’on se propose, au point de vue de la discipline intellectuelle, par le dessin des solides, c'est de développer l'imagination, c'est d’habituer l’élève à se représenter en esprit une image exacte et claire d’un solide, avec toutes ses lignes dans leur vraie position, c’est de l’accoutumer, comme on dit, ‘à voir dans l’espace.’ Cette aptitude est fort précieuse, personne n’en doute, et rien n'’aide plus à la cultiver que le dessin d’après modèles, pourvu que ces modèles soient de forme pure. La beauté des formes importe peu, il est vrai, pour l’exercice de l’imagination, mais il en est tout autrement du goût, c’est-à-dire
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de cette faculté qui permet de distinguer le beau du laid. Ilne faut jamais négliger cette faculté, et l’on comprend que l’on ne formera jamais le goût des élèves en leur mettant sous les yeux des objets sans beauté.
Les Blocs-modèles, exécutés en rapport avec ce Manuel et avec les Cahiers d’exercices, sont destinés à rester exposés en permanence dans la salle de classe. Un assortiment suffit pour chaque école.