‹ Manuel de dessin industriel à l'usage des maîtres d'écoles primaires d'après la méthode de Walter Smith. [microforme]Chapitre 55 sur 58 · III—LEÇONS DE VUE · texte numérisé non relu

III—LEÇONS DE VUE

Vous pouvez rendre le dessin de modèles et de choses beaucoup plus simple et plus facile pour vos élèves en leur donnant quelques leçons préliminaires de vue ou de choses, qui les familiariseront avec les caractères généraux des solides qu’ils doivent dessiner. Ces leçons de vue prépareront vos élèves à voir, à saisir et à décrire oralement les objets placés devant eux, et elles sont surtout précieuses en ce qu'elles les aideront à les dessiner, ainsi que tous les objets semblables On l’a d’ailleurs répété maintes et maintes fois, il ne peut pas y avoir de bon dessin qui ne soit précédé d’une connaissance définie. Conséquemment, ces leçons de vue ou de choses économiseront, en fin de compte, beaucoup de temps.

Vous trouverez que la meilleure marche à suivre, c'est de familiariser ainsi vos élèves avec tous les soiides géométriques que contient ce livre, avant de leur en faire dessiner aucun. Deux ou trois leçons suffiront pour cela, vu qu'on ne donne que peu de solides. Par là vos élèves auront occasion de comparer les solides l’un avec l’autre, et l’on ne doit pas oublier qu’on apprend avec beaucoup plus de facilité lorsqu'on a le moyen de voir en quoi les choses diffèrent ou se ressemblent. Dans les cas où deux ou trois choses ont du rapport entre elles, on a souvent moins de peine à les apprendre toutes ensemble qu’à n’en apprendre qu’une

seule. Le maître d’ailleurs a surtout pour tâche de développer dans ses élèves la faculté de comparaison. Après ces leçons de vue générales, on doit soumettre chaque solide ou chaque objet à une analyse préliminaire, suivantle mode décrit à la page 67, avant que les élèves commencent à le dessiner.

Les instructions qui suivent indiqueront d’une manière générale comment conduire les leçons de vue:

1. Demandez à vos élèves de donner des descriptions des solides tels qu’ils sont, puis tels qu’ils paraissent lorsque vous les placez dans différentes positions. Cette dernière sorte de description les obligera à observer avec soin et à établir une distinction entre ce qu’ils voient et ce dont ils se souviennent.

2. Demandez à vos élèves de placer les solides dans différentes positions, selon que vous le prescrivez. Au furet à mesure que vous avancerez dans les exercices, bien des choses qu’il est à propos de faire se présenteront d’elles-mêmes. Ne suivez aucune routine purement mécanique.

Pour illustrer, prenons une sphère, une boule ou une pomme ronde, par exemple. Par des questions appropriées, faites voir à votre classe que le solide a une seule surface sans fin, qu'on ne peut en voir plus de la moitié en même temps, que si les élèves avaient à tirer une ligne qui marquât la séparation de la partie visible d'avec la partie invisible, ce serait un cercle, et qu’une sphère dessinée en contour ne peut être représentée que par un cercle.

Maintenant, si l'on prend un cône, la leçon de vue montrera à vos élèves que le solide a deux surfaces, une surface plane et une surface courbe ; que la surface

plane qui forme la base du cône est un cercle ; que la surface courbe est limitée par la circonférence de la base et par un point qui se nomme le sommet du cône ; que l’aspect du cône, dans telle position, est un cercle parfait ; dans telle autre, une ellipse ; dans une autre, un triangle isocèle ; et dans une autre encore, quelque chose de tout différent. On peut aussi enseigner diverses autres choses.

Le peu qu'on vient de dire doit être suffisant pour montrer la manière dont on doit traiter les solides dans les leçons de vue. On doit analyser ainsi et étudier, avant d’en tenter la représentation, non-seulement les solides simples, mais n’importe quels objets plus compliqués que les élèves peuvent avoir occasion de dessiner.

Page 1