ET ME
savent alors précisément ce qu’ils ont à faire, et ils en ont appris assez sur cette figure pour sauver en l’exécutant plus de temps que n’en ont exigé les instructions préalables. D'un autre côté, de cette manière on leur enseigne à réfléchir sur ce qu’ils vont faire, ce qui est la meilleure et la plus difficile des leçons à donner aux enfants, jeunes ou vieux.
Enfin, disons que ce Manuel est fait, non pour Îles dessinateurs de profession, à qui pourtant il ne laisse pas de pouvoir être utile, mais pour les instituteurs primaires. Car pour intioduire le dessin dans les écoles communes, c’est aux maîtres ordinaires qu'il faut en remettre l’enseignement. On n'a pas, dans ces écoles, un professeur spécial pour l’écriture, pour l’arithmétique, pour la grammaire, pour la géographie ; il n’en faut pas, non plus, pour le dessin : cela n’est pas nécessaire et, dans tous les cas, cela n’est pas praticable. Que l’on ait un professeur spécial pour former les instituteurs, fort bien ; mais c’est à ces derniers qu'il faut, de toute nécessité, confier les élèves. En réalité, cela vaut mieux. Le dessin ne demande un talent spécial ni chez l'élève ni chez le maître, non plus que l’arithmétique, qui s’apprend et s’enseigne sans un talent particulier de mathématicien. Il suffit à l'élève de s’adonner à l’étude du dessin au même titre qu’à celle, par exemple, de la grammaire, et au maître d’être, non pas un dessinateu: expert, mais un instituteur entendu. Si donc ce cours de dessin n’exige pas d’autres conditions, il y aurait tout à perdre, dans un sens, à le placer sous la direction exclusive des spécialistes ; ce serait en restreindre sans raison l’enseignement.
Espérons seulement que les instituteurs se donneront autant de peine pour cette matière que pour les autres qu’ils enseignent déjà. Ils y tro ;eront d'autant plus d'intérêt qu'ils verront leurs élèves s’y intéresser euxmêmes vivement. Je dessin élémentaire, dit le professeur W. Smith, traité d’une façon rationnelle et systématique, est une des matières les plus faciles et les plus attrayantes à enseigner aux enfants: c’est là le témoignage presque universel de ceux qui en ont fait un essai loyal.
Ensuite, l’importance du dessin, au point de vue de l’éducation et de la vie pratique, doit inspirer quelque zèle à l’instituteur, de même qu’elle à inspiré au législateur la pensée d’en rendre l’enseignement obligatoire dans toutes les écoles.