‹ Manuel de dessin industriel à l'usage des maîtres d'écoles primaires d'après la méthode de Walter Smith. [microforme]Chapitre 7 sur 58 · PRÉLIMINAIRES I—MÉTHODE D’INSTRUCTION · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES I—MÉTHODE D’INSTRUCTION

Le premier axiome de la méthode de Walter Smith, . c’est qu’il vaut mieux former l'esprit que la main, que » l'étude doit primer l’exécution. Le maître dont les » élèves n’ont à montrer que des lignes finement tirées, À est un pauvre éducateur. La dextérité est chose secon- * daire; ce qu’il faut avant tout, c’est une connaissance : raisonnée des principes. Le bon instituteur sera celui 1} dont les élèves pourront soutenir un examen sérieux

: “1 vigueur et en hardiesse ce qu'ils gagnent en fini et en délicatesse. Cette règle est essentielle pour former des | artistes ou des ouvriers vifs au travail et qui aient Mauelque originalité.

I. Le tâbleau noir—On conseille à bon droit l’usage du tableau noir pour donner aux élèves des exemples à reproduire sur leur: cahiers. Néanmoins, il y a trois objections à ce mode d’enseignement. Premièrement, étant donné que l’on ne peut former le goût des enfants qu’à l’aide de beaux modèles, si le maître s'en tient à ceux qu’il peut exécuter sur le tableau, cela suppose qu’il est un dessinateur de bonne force. Dans ce cas, il fait exception aux instituteurs ordinaires, dont la plupart n’ont pas suivi un cours régulier de dessin, et cependant le dessin doit être enseigné, dans les écoles primaires, par l’instituteur ordinaire, ou ne pas l'être du tout. Il est donc nécessaire de combiner, avec les exemples tracés sur le tableau noir, l'usage des exemples, exécutés d’une façon irréprochable, que contiennent les cahiers. Par ce moyen, l’élève fera facilement un travail excellent.

Deuxièmement, en supposant que le maître soit un dessinateur expert, cela ne suffit pas encore. Car,

sans parler du temps et de la force qui lui feront défaut

pour exécuter tous les exemples nécessaires, ces exemples, fussent-ils parfaits, ne peuvent être vus sous un jour convenable que par les élèves qui sont assis bien en face ; tous Les autres les verront plus ou moins obliquement, et ainsi ces modèles leur paraîtraient difformes, gâteraient, par conséquent, leur goût, au lieu de le former. C’est pour cette raison que, dans les écoles bien dirigées, on rejette l'usage et du tableau noir et des cartes murales, lorsqu'il ne s’agit de fournir aux élèves que des modèles à copier.

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Troisièmement, le maître ne doit pas consacrer aux 4"

explications et aux esquisses sur le tableau -noir plus

} d’un dixième de tout le tenps qu’il donne à la leçon. Î Les neuf dixièmes restants doivent être employés à À l'instruction individuelle des élèves. Cette division À du temps place le maître dans l’impossibilité de faire À de beaux modèles sur le tableau, ce qui, du reste, À comme on vient de le dire, n’est pas nécessaire lorsque | les élèves ont sous les yeux, dans leurs cahiers, des À exemples bien dessinés. On ne saurait trop le répéter, » Je tableau noir ne doit servir qu’à expliquer les prin- À cipes et à démontrer les bonnes et les mauvaises mé- À thodes de travail.

» Dans tous les cas, quiconque entend ce que c’est . qu'une méthode verra du premier coup qu’il est imh possible de bien graduer l’enseignement du dessin et À d'en assurer l'efficacité sans une série de cahiers appro- F priés. A défaut de ces cahiers, il y aura perte de à labeur pour le maître, perte de temps pour l'élève, et b l’on n'obtiendra de bons résultats que de loin en loin

Ë et seulement par hasard.

n II. Enseignement simultané—Tout bien considéré,

h le meilleur mode d’enseigner le dessin à une classe est le mode simultané. Lorsque les élèves ne sont pas «tous de même force, et c’est toujours le fait, cette mé- M thode offre certains inconvénients ; mais à moins d’une “trop grande disproportion entre le degré d'avancement MM des uns et des autres, il est possible d'enseigner à tous Là la fois, et cela sauve beaucoup de temps. Il faut, bien entendu, assez souvent s'occuper plus ou moins “de chacun en particulier ; c’est au maître à en juger ; mais lorsqu'on fait exécuter un dessin, on doit exiger “non-seulement que tous fassent ensemble la même

figure, mais, de plus, lorsqu'il s’agit d’une dictée, qu’ils fassent simultanément chacun la même partie.

Il y a un point sur lequel chaque élève doit être l'objet d’une attention personnelle : chacun doit être appelé à son tour à dessiner au tableau noir. C’est par cette pratique que l’enfant acquerra cette liberté d’allure, indispensable dans le dessin à main levée.

Certains élèves dessineront mal peut-être ; le travail sera trop rapide pour eux: mais n’importe, l’essentiel est d’aller vite dès les débuts, afin de les habituer pour plus tard, dans les arts ou dans les métiers, à travailler vite, car alors pour eux le temps sera de l’argent.

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