‹ Manuel de diagnostic médical et d'exploration clinique (volume 2)Chapitre 28 sur 94 · I. — Caractères physiques des urines · texte numérisé non relu

I. — Caractères physiques des urines

A rétat normal les urines sont claires, d'une teinte jaune paille. Après les repas elles sont parfois plus foncées; les libations copieuses en atténuent la teinte.

La saveur estamère et salée. Quand on agite Turine, il se forme une mousse qui disparaît rapidement par le repos : elle persiste pendant un temps plus ou moins long dans les urines albumîneuses et bilieuses. Les urines fortement sucrées ou chargées de viscosité coulent plus difficilement que les urines normales. Quand une urine alcaline contient beaucoup de pus, elle s'épaissît quelquefois par suite de la formation d'alcali albumines, et peut prendï*e la consistance d'une véritable gelée.

Quand on laisse reposer des urines normales pendant un certain temps, on observe à, la surface une pellicule irisée très mince formée de mucus et de cellules épithéliales, et, en suspension dans le liquide, de petits nuages formés parles mêmes éléments qui, en se déposant au fond du vase, forment un dép6t floconneux très mobile et de teinte blanchâtre.

Certaines urines pathologiques, notamment les urines fébriles, sont claires et transparentes au moment de leur émission ; mais par le refroidissement, ces urines, qui sont très acides, laissent assez rapidement déposer un sédiment rongeâtre d'urates qui se redissout par la chaleur à 40 degrés. Elles deviennent troubles^ blanchâtres dans certains états cachectiques, et déposent une matière blanche, saline ou graisseuse. Dans le premier cas, on observe au microscope des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, et le dépôt, non redissous quand on chauffe Turine qui est alcaline, est soluble dans les acides ; dans le second, on voit des gouttelettes d*huile qui surnagent comme dans le lait (chylurie).

1* Volume de rémission urinaire. — La quantité d^irîne sécrétée dans les vingt-quatre heures, par un individu sain, oscille entre i40<) et 4800 centimètres cubes. La moyenne est de 1600 centimètres par vingtquatre heures, et de 1 centimètre cube par kilogramme de poids du corps et par heure. Le genre de vie, d'alimentation, la température extérieure, ont une grande influence sur la quantité d*urine émise.

La quantité des urines est augmentée dans les cas suivants :

i° Lésions du quatrième ventricule accoâipagnées

de polyurie ; lésions cérébrales de sièges divers ; état névropathique, hystérie;

- 2^^ Diabète insipide, alcaptonnrie et diabète sucré : on sait que, dans ce dernier cas surtout, la quantité dhirine émise peut atteindre jusqu'à dix et même quinze litres dans les vingt-quatre heure (polydypsie primitive) ;

3<^ Augmentation de pression dans le système artériel, après remploi de la digitale et de quelques diurétiques médicamenteux ou alimentaires, sous Tinfluence de l'hypertrophie du ventricule gauche qui accompagne la néphrite interstitielle, après Tiugestion de boissons abondantes ;

i^ Convalescence de maladies graves, surtout à la suite de la fièvre typhoïde et de la pneumonie.

La quantité des urines est diminuée dans les cas suivants :

i^ Diminution de la pression sanguine, stase vasculaire et rénale ;

2® Déperdition de grandes quantités de liquide. Cette déperdition se produit dans la période aiguë de toutes les maladies fébriles, par suite de la perspiration cutanée augmentée par la fièvre. Les sueurs profuses, sans augmentation de température, produisent un résultat identique. La quantité des urines diminue également après des vomissements répétés. Une diarrhée profuse entraîne souvent aussi de Tanurie (choléra) ;

3<^ Néphrite par enchy mate use aiguë et chronique;

4<> Fin de la plupart des maladies mortelles aiguës ou chroniques;

K<* Obstruction des conduits excréteurs de Furine.

La diminution ou Fabolition complète de rémission de Turine est, dans ce cas, le résultat d'un phénomène purement mécanique (obstruction des uretères par une tumeur comprimant ces conduits ou par des calculs).

2<>Goloratioii des urines. — La coloration des urines présente des variétés très grandes, tant à Fétat normal qu'à Tétat pathologique. Ces variations dépendent de la concentration de Turine, de Talimentation, de la nature de la maladie, du traitement employé, et peuvent aller du jaune le plus clair au brun le plus foncé. La couleur de 1* urine limpide (sinon on doit la (lltrer) est appréciée par réfraction sous une épaisseur de 12 à 15 centimètres, et comparée à Tune des neuf teintes de la table de Vogel qui divise les urines, au point de vue de leur coloration, en trois grands groupes :

1° Urines jaunes comprenant les teintes :

1) jaune pâle,

2) jaune clair,

3) jaune.

2^ Urines rougeàtres comprenant les teintes :

4) jaune rougeàtre,

5) rouge jaunâtre,

6) rouge.

3® Urines brunes ou très foncées, comprenant les teintes :

7) rouge brunâtre,

8) brun rougeàtre,

9) brun noir.

La coloration des urines normales est due à la présence de matières colorantes diverses, urobiliue

(qui paraît identique à Turochrome et àThémaphéine), uroérythrine, indican ou uroxanthine et ses produits de décomposition : Turrhodine (rouge d'indigo) et Toroglaucine (bleu d'indigo). L'urobiline seule, ainsi que rindiean, ont été bien étudiés.

Vurobiline, identique à Thydrobilirabihe de Maly, se forme dans Furine par Foxydation à Tair d'une substanee chromogène particulière, surtout au contact d'acides minéraux, de sorte que l'urine, pâle et claire au moment de la miction, se fonce peu à peu. L'augmentation anormale de ce pigment (ou urobilinorie) se produit dans les fièvres et les affections chroniques du foie, et l'urine possède alors une teinte foncée brunâtre et quelquefois d'un rouge sang; elle se manifeste encore a la suite d'hémorrhagies internes, mais quelques jours seulement après l'accident, quand l'hémoglobine du sang extravasé a subi la réduction nécessaire.

Vuroxanthine existe à l'état normal dans l'urine et provient de la résorption de Tindol produit pendant la putréfaction intestinale des matières albuminoîdes, comme le prouve l'augmentation de Tindican dans les urines à la suite d'injections sous-cutanées d'indol.

Aussi son excrétion est-elle accrue chaque fois que, pour une raison quelconque, l'excrétion des matières fécales est empêchée, que l'obstacle siège dans l'intestin ou dans le gros intestin ; par exemple dans les cas de péritonite, de volvules, de hernie étranglée, de constipation opiniâtre. L'augmentation de l'indican urinaire se produit encore dans le choléra, la diarrhée cholériforme, le cancer de l'estomac et du foie, maladie d'Addison^ dan^ cerlàines affections de la moelle; dans les maladies aiguës et chroniques des reins, enfin

ËXi^MEN DES URINES. 73

dans les premiers jours qui suivent les fractures, les amputations ou les résections, et dans Tanémie pernicieuse.

L'accroissement de Tindican est toujours accompagné d'une augmentation correspondante des dérivés phénoliques, bien que Tin verse ne soit pas obligatoire.

Par suite d'une décomposition partielle dans la vessie, l'uroxanthine peut communiquer à Turine des teintes vertes, bleues, violettes.

Pour rechercher rindican, on mélange dans un verre des volumes égaux d'urine et d'acide chlorhydrique, on ajoute quelques centimètres cubes de chloroforme, puis l'on verse dans le liquide, goutte à goutte, une solution concentrée d'hypochlorite de chaux en agitant fortement. Le chloroforme se colore peu à peu en bleu. Un excès trop considérable d'hypochlorite transforme l'indigo en isatine jaunâtre et empêche la coloration bleue dîapparaltre.

L'urine albumineuse doit être au préalable privée d'albumine par la coetion pour y rechercher l'indican ; une urine trop foncée sera débarrassée de pigments étrangers par l'acétate de plomb.

C'est à Vhémaphémey principe longtemps mal défini, mais qui aujourd'hui est considéré comme identique à l'urobiline, matière colorante de l'urine normale, que Ton attribue la coloration foncée des urines dans certaines affections organiques du foie (cirrhose, carcinome) et daus certains cas de pneumonie : les urines hémapbéiques très ressemblantes aux urines bilieuses, sont encore, dans les affections du foie, accompagnées d'un ictère très léger limité à la face et aux sclérotiques, et privé des démangeaisons vives et de la déco-

ioration des fèces qu'on observe dans rictère. Le pigment, qui donne souvent naissance à un sédiment acajou, est précipité par saturation de l'urine acidulée par le sulfate ammonique, et peut être recueilli sur un filtre ; sa solution alcoolique, colorée en rouge acajou, présente au spectroscope une large bande d*absorption dans le bleu, que Ton peut souvent observer dans Turine primitive examinée sous une épaisseur de 3 ou 4 centimètres. Les urines hémapbéiques donnent, avec l'acide nitrique, une coloration brun acajou ; un linge trempé dans ces urines prend une teinte couleur tranche de melon ou chair de saumon plus ou moins marquée.

L'intensité de la coloration de Turine dépend de la quantité de liquide émise, et de la proportion de matière colorante sécrétée. Les urines abondantes sont généralement claires, jaunâtres : les urines rares, par contre, sont rougeàtreset même brunes. En été, après une transpiration profuse, elles sont concentrées et fortement colorées. L'urine du matin est en général foncée et concentrée; celle de la journée est plus claire, surtout après les repas. L'urine des enfants, celle des nouveau-nés principalement, est presque incolore.

La coloration des urines a son importance à Tétat pathologique. Quand les urines sont très abondantes (diabète insipide, diabète sucré, néphrite interstitielle, anémie, névroses), elles sont claires et pâles. Au contraire, dans la stase rénale et les affections chroniques de Testomac, du cœur et du foie, les urines sont rares et fortement colorées.

La coloration des urines peut être modifiée par des substances anormales qui ont pour origine un état

pathologique ou qui ont pénétré dans Torganisme par les voies digestiv.es.

Premier groupe.

A. Hématurie. — Le sang mélangé en nature (globules et plasma) à Furine modifie profondément la couleur de celle-ci, qui peut varier du rouge au brun foncé. Il faut avoir soin de déterminer si le sang vient du rein ou des organes excréteurs.

Dans rhémorrhagie rénale, le sang, ordinairement perdu en faible quantité, est mélangé intimement et uniformément à Furine, qui présente la même coloration au début et à la fin de Fémission, et peut renfermer des cylindres fibrineux et des corpuscules de pus, s'il y a maladie de Bright primitive.

Dans Fhémorrhagie vésicale, Furine qui sMcoule au commencement de la miction est beaucoup moins colorée que celle qui s'écoule à la fin ; de plus elle renferme assez souventdes caillots fibrineux assez étendus.

Dans Fhémorrhagie des bassinets et des uretères, on rencontre parfois des caillots de fibrine décolorés» allongés, moulés dans les uretères, des corpuscules purulents, et des fragments de calculs ou graviers. Mais ces éléments de diagnostic font souvent défaut. Dans ces deux derniers cas, la quantité de sang est parfois très forte.

L'hémorrhagie uréthrale est généralement peu abondante. Dans ce cas Furine n'est pas colorée par lesang, les premières gouttes émises sont seules formées •de sang.

Dans tous les cas, Furine sanguinolente renferme de Falbumine.

On ne doit pas oublier que, chez la femme, le sang peut provenir des organes génitaux.

Quand ou veut rechercher histologiquement du sang dansTurine, on laisse déposer le liquide dans un verre conique : oh décante la partie limpide qui surnage, et Ton place une petite quantité du dépôt restant sur une lame porte-objet que Ton porte sous le microscope.

Dans la plupart des cas dliématurie, on retrouve les globules rouges en plus ou moins grande quantité dans l'urine. Leurs contours sont souvent gonflés et crénelés ; ils ont perdu en partie leur coloration. Ce fait se produit surtout quand le sang vient des reins, et qu'il a séjourné pendant plus ou moins longtemps dans les tubes de Bellini.

On a décrit, dans ces dernières années, une forme spéciale d'hématurie, Vhémoglobinurie (scorbut ; fièvres typhoïdes, putride, intermittente, pernicieuse; empoisonnement par Thydrogène arsénié, \e phénol ; fortes brûlures ; transfusions du sang d'une autre espèce animale), dans laquelle on n'observe pas de globules au microscope. L'urine est simplement colorée en rouge ou en brun plus ou moins foncé par la matière colorante du sang mise en liberté éi l'intérieur môme des vaisseaux sanguins. Suivant Hoppe Seyler, la matière colorante en solution serait primitivement la méthémoglobine qui se transformerait ultérieurement en oxyhémoglobine ; éi côté de la méthémoglobine, le même autear a presque toujours rencontré de la bilirubine dans les urines.

La coloration d'une urine sanguinolente dépend évidemment de la quantité des globules rouges ou de la proportion de matière colorante dissoute qui s*y trouve

EXAMEN DBS URINES. 11

mélangée. Quand le sang est mélangé en abondance à Turine, cette dernière a une teinte d'un rouge foncé, et il se forme un dépôt plus ou moius volumineux au fond du vase.

On peut avoir parfois des doutes sur la présence du sang dans Turine. L'examen microscopique ou l'analyse chimique permettront toujours d'établir le diagnostic :

i^ On traite Turine à examiner par quelques gouttes d'une solution de potasse ou de carbonate de soude, jusqu a réaction alcaline; on porte à 100 degrés et on laisse refroidir ; les phosphates se précipitent, entraînant avec eux la matière colorante du sang, sous forme de flocons d'un rouge sang ou rouge brun par transmission, avec un reflet verdàtre par réflexion, qui donnent, avec Tacide acétique, une solution rouge qui se décolore peu à peu à l'air ; le précipité que donneraient, dans les mêmes conditions, les urines émises après usage interne de séné, santonine ou rhubarbe, se dissoudrait en jaune citron dans Tacide acétique, et virerait au violet au contact de lair.

2® L'urine, alcalinisée par un peu d'ammoniaque ou de potasse, est additionnée d'une petite quantité de tannin, puis d'un peu d'acide acétique jusqu'à réaction acide nette. Quand l'urine renferme du sang, il se produit un dépôt coloré de tannate d'hématine.

3** Le procédé de la coction, appliqué à l'urine sanguinolente, donne une coagulation albumineuse qui est plus ou moins colorée en brun par les produits d'altération de l'hémoglobine.

Les dépôts obtenus dans les trois réactions précédentes peuvent être consacrés à la préparation de cristaux

•78 PROCÉDÉS d'investigation ET D'EXPLORATION.

caractéristiques d*hémine, ou chlorhydrate d'hématine*

On peut également constater la présence du sang à Taide de l'analyse spectrale.

On a observé que, sous TinQuence du sulfonal prisà rintérieur, les urines peuvent acquérir une coloration rouge noirâtre qui disparait avec la suspension de la médication pour réapparaître avec une nouvelle ingestion. La coloration est due à Vhématoporphyrine dont le speclroscope permet la recherche qualitative directe dans Turine, qui montre les deux bandes d'absorption caractéristiques des solutions acides d'hématoporphyrine.

B. Urine ictérique. — L'urine peut renfermer des matières colorantes de la bile et des sels biliaires. La bilirubine apparaît dans les urines dans les cas d'ictère, et peut avoir deux origines : ou bien elle provient du foie, à la suite d'un trouble dans la sécrétion biliaire, et constitue Victère hépatogéne; ou bien, résultant de la transformation directe de l'hémoglobine mise en liberté dans le sang lui-même (injection d'une solution aqueuse de sang dans les veines, empoisonnement par le phosphore, l'hydrogène arsénié, les sels biliaires, l'arsenic, le chlorate de potasse, etc.), elle donne Victère hématogène, La présence ou l'absence de sels biliaires dans l'urine a été invoquée pour établir la distinction entre les deux variétés d'ictère, l'ictère hématique donnant des urines sans acides biliaires.

L'urine bilieuse possède une couleur jaune verdÂlre et même brune; elle mousse fortement par l'agitation, et l'écume conserve la coloration jaune, verte ou brune du liquide. Une coloration jaune brun plus ou moins foncée est due à la présence de la bilirubine; la colo-

ration verdâtre, qui est la plus habituelle, est due à la biliverdine ou à la biliprasine. Un fragment de papier à filtre blanc ou un morceau de toile blanche plongé dans Turine ictérique garde, après dessiccation, une teinte jaune plus ou moins verdàtre.

La recherche des matières colorantes de la bile dans Furine aune grande importance diagnostique, surtout dans les cas où les tissus ne sont pas encore imprégnés de matière colorante.

L'un des meilleurs procédés, et le plus simple, est celui de Gmelin. On verse de F urine dans un verre à pied, puis, en inclinant le vase, on laisse couler le long des. parois de Tacide azotique contenant des traces de composés rutilants, de manière à ne pas mélanger les deux liquides. L'acide plus dense va au fond du verre, et si Turine renferme de la bile, on voit se former, à la limite de séparation des deux liquides, et de bas en haut, une série d'anneaux colorés superposés, d'abord vert, puis au-dessous bleu, violet, rouge et jaune. La zone verte est seule caractéristique des pigments biliaires. Certaines urines chargées d'indican pourraient, en effet, fournir des anneaux colorés, à l'exception toutefois de l'anneau vert.

Quand l'urine ne renferme que des traces de bilirubine, et que la réaction de Gmelin ne réussit pas, on agite une grande quantité du liquide qui doit avoir une réaction acide, et que l'on additionne d'acide chlorhydrique s'il est alcalin, avec du chloroforme qui dissout les matières colorantes ; on laisse reposer, puis Ton décante avec une pipette; on verse ensuite de l'acide azotique un peu rutilant sur le chloroforme qui donne les anneaux indiqués précédemment, s'il renferme la

moindre trace de la matière colorante de la bile fraidie.

La recherche des acides biliaires est également très importante; on ne les rencontrerait jamais, en effet, dans rictère hématogène. Pour en décooTrir la présence, on ajoute une parcelle de sucre à iOO centimètres cubes d'urine et l'on y plonge une bande de papier à filtre blanc qu'on laisse ensuite sécher. Une gontte d'acide sulfurique concentré, étalée surle papier, donne naissance, après quelque temps, à une coloration d*un violet pourpre intense, qui se produit encore si Furine ne contient que des traces très faibles de sels biliaires.

Cette réaction n'est caractéristique des acides biliaires qu'en l'absence de toute trace d^albumine, qui donne aussi une coloration violette, et qu'il faudrait d'abord éliminer par la coction avec un peu d'acide acétique.

C. Chylurie. — La graisse n'apparaît que très rarement dans les urines; elle peut s'y trouver incorporée dans des cellules lymphathiques, épithéliales, etc., ou en liberté. Dans ce dernier cas, l'urine présente une coloration blanche rappelant celle du lait ou du chyle; par le repos, elle se recouvre d'une couche crémeuse qui, examinée au microscope, renferme beaucoup de globules gras sphériques et très réfringents, solubles dans Téther, et faciles à distinguer des globules de pus par leur grande réfringence, l'absence de noyau et la coloration noire que leur donne l'acide osmique au 1/iOO. Cette altération spéciale de l'urine, dont l'origine nous est encore inconnue, s'observe sous les tropiques ; on Ta rencontrée dans nos pays, mais seulement chez des individus ayant habité les pays chauds.

Page 1