EXPLORATION DES REFLEXES
L^intensité des mouvements réflexes à Tétat normal n'est pas le même chez tous les individus et à tous les âges ; d'une façon générale ils sont développés chez Tenfant et atténués chez le vieillard.
L'étude des réflexes comprend l'étude des réflexes cutanés et celle des réflexes profonds.
Les réflexes superficiels sont provoqués par l'excitation de la peau, le toucher, une égratignure, une piqûre; cette simple excitation peut provoquer une rétraction des muscles qui sont situés sous la peau ; contraction de plusieurs muscles du membre inférieur par excitation de la plante du pied; contraction des muscles de la paroi abdominale par excitation de la peau qui la recouvre, soulèvement brusque des testicules par excitation brusque de la partie interne de la cuisse; constriction du sphincter de l'anus par l'excitation de la peau environnante.
La présence des différents réflexes cutanés prouve que le trajet médullaire de ces réflexes est normal. Mais on n'est pas en droit de conclure de leur absence que la moelle est lésée.
Les réflexes cutanés peuvent être augmentés (tétanos, empoisonnement par strychnine) ou diminués (tabès, apoplexie, etc.).
Les réflexes profonds que le clinicien explore sont les réflexes tendineux (réflexe du genou, réflexe massétérin, phénomène du pied, de la main).
Le réflexe du tendon rotulien est connu également, sous le nom de phénomène du genou ou de réflexe du genou. Si, le genou étant fléchi de manière ({ue la
Diagnostic, 3« édit. 13
jambe paisse se mouvoir librement, le triceps crural se trouvant légèrement étendu, on frappe à l'aide du bord de la main ou d'un marteau à percussion le tendon rotulien, le triceps se contracte : la jamlie et le
pied sont par le fait même projetés en avant. La position la plus commode pour obtenir ce phénomène est de faire croiser les jambes l'une sur l'autre comme l'indique la figure 49 ; la jambe doit pouvoir se mon> voir librement, autrement un mouvement réflexe léger
SYSTÉHIi: NERVEUX.
pourrait passer inaperçu ; on peut également soutenir la jambe en plaçant un bras dans le creux du jarret. Quand on veut observer le phénomène chez des enfants, on peut les faire asseoir sur le rebord d'une chaise; mais dans cette position les jambes tombent verticalement et il faut alors distinguer avec soin le balancement naturel du mouvement réflexe en frap-
Fig. M. - Eijilomlic
poignet (Bloeq).
pant le tendon rotulien h travers les vAtements. La jambe étant dans l'extension, on peut, dans le décubitns, amener de même la contraction du quadriceps en déplaçant brusquement la rotule de haut en bas.
Le réflexe rotulien s'observe chez presque tons les individus sains ; il fait & peine défaut chez une personne sur 100 : en produisant le réflexe du genou, on note s'il est intact, aboli, diminué ou exagéré.
Quand, chez un individu sain, on frappa le tendon d'Achille, les muscles du mollet se coutraetent et on produit une extension du pied {réflexe du pitd, phino-
EXAHE» DES MALADES.
mène du pied); de même la projecUoD rapide de la pointe du pied vers la jambe provoque la contraclion des mnscles du leadon d'Achille; pour constater si ce phénomène est exagéré, on place un bras au-desaons du malade de manière à fléchir léf;èrement la jambe;
Fig SI — Muuïn d
le plitowuène du pwd
saisissant ensuite la plante du pied à pleine main, on l'étend puis on le ramène brusquement dans nne flexion forcée : si le réflexe du pied est accru, on provoque une «érie de contractions spasmodiques doniques nnifonnes qui peuvent se produire cinq h sept fois par seconde (clonusdu pied, trépidation spinale du pied).
Dans certains cas d'irritabilité réflexe très prononcée, il suffit de presser le pied contre la jambe et de percuter les muscles antagonistes situés à la face antérieure du tibia pour provoquer le réflexe.
Pour rechercher le réflexe des muscles antérieurs de Tavant-bras, on percute les tendons des fléchisseurs au niveau du poignet, la main étant légèrement fléchie : on peut observer un clonus de la main analogue au clonus du pied.
On peut provoquer aussi des réflexes en percutant les tendons du triceps ou du biceps au bras.
Pour obtenir le réflexe massétérin, on place sur l'arcade dentaire inférieure le manche du marteau À percussion ; un choc sur ce manche, la bouche étant entr*ouverte, provoque le soulèvement de la mâchoire (réflexe massé térin).
Les réflexes tendineux peuvent être accrus, diminués ou abolis.
EXPLORATION DE l'eXCITABILITÉ MéCANIQnB DES NEKFS