III. Dyspepsie
!• Dyspepsie nervo-motrice (neurasthénie). — Pesanteur épigastrique ; ballonnement gastrique après les repas ; malaise général, céphalée, paresse intellectuelle ; constipation, distension gazeuse de l'intestin; pas d'hyperacidité par acides de fermentation ; pas d'hyperchlorhydrie ; quelquefois hypochlorhydrie.
2° Dyspepsie avec hyperchlorhydrie. — Crises douloureuses deux ou trois heures après le repas, calmées par les aliments, les boissons ou les alcalins ; quelquefois,
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en même temps vomissement; appétit exagéré; amaigrissement; irritabilité.
30 Dyspepsie avec fermentations acides et hypochtm*'hydrie. — Symptômes de la dyspepsie nervo-motrice avec pyrosis, aigreurs, vomissements, clapotage stomacal.
4° Dyspepsie nerveuse^ à forme de vomissement, — Les vomissements répétés constituent le seul symptôme.
Le diagnostic des dyspepsies nerveuses avec Me catarrhe gastrique se fait surtout par la connaissance des antécédents du malade, Tabsence de mucus dans les vomissements ou le contenu stomacal, l'analyse du contenu stomacal, la physionomie des symptômes, etc.
Ulcôre rond de restomac. — Sensation de pression épigastrique, accès de gastralgie térébranle, lancinante, à irradiation dans le dos ; douleurs localisées et quelquefois sensibilité à la pression en un endroit précis; vomissements alimentaires après le repas; vomissement de sang en caillots ordinairement foncés, mêlés d'aliments ou de mucus, de réaction acide (distinction avec la pneumorrhagie), ou bien melœna.
L'ulcère rond peut ne se manifester, pendant un certain temps, que par une gastralgie paroxystique, et le diagnostic avec la gastralgie nerveuse ou avec les crises gastriques tabétiques peut, dans certains cas, se poser; ou bien il s'accompagne de symptômes de catarrhe gastrique : tant qu'il n'y a pas eu d'hématémèse, le diagnostic peut rester en suspens; si l'ulcère rond ne se manifeste que par des hématémèses sans gastralgie, le diagnostic avec le carcinome repose sur les antécédents, la durée et la marche de l'affection. Quant à la gastrique chronique ulcéreuse (alcoolique)
elle se dis^tînguera par Tabsence des signes de la cachexie cancéreuse. De plus, dans Tulcère rond, l'hyperchlorhydrie est habituelle, tandis que dans le cancer, Tanachlorhydrie est presque constante.
Carcinome de l'estomac. — Troubles dyspeptiques vulgaires : perte d'appétit, pesanteur gastrique; quelquefois gastralgie, vomissements alimentaires ou muqueux, vomissements, quelquefois répétés, de sang altéré, en quantité plus ou moins grande, mêlé aux aliments (vomissements marc de café ou couleur chocolat; le sang peut être décelé par la réaction de Thémine que nous avons indiquée au livre II), ou mélœna. A Texamen objectif de Testomac par la palpation, on découvre quelquefois une tumeur gastrique, dure et inégale, ou diffuse, étendue en nappe, de siège variable. D'une façon constante^ troubles de la nutrition générale, amaigrissement progressif et rapide, anémie considérable, teint jaune gris de la peau, état cachectique ; durée de la maladie de un à deux ans ; terminaison toujours mortelle.
Dilatation de Festomac. — Appétit nul ou conservé, sensations gastriques douloureuses, variables comme intensité et comme apparition ; digestions longues et pénibles; vomissements souvent très abondants d'aliments non digérés ou mal digérés et en voie de fermentation ; haleine fétide ; constipation habituelle ; urines diminuées, souvent neutres ou alcalines ; symptômes généraux et nerveux accentués. En retirant le contenu stomacal avec la sonde, à des intervalles différents après le repas, on constate que la digestion est ralentie et prolongée bien au delà des limites habituelles, que le contenu stomacal renferme des
acides anormaux de fermentation et présente une odeur fétide, que Facide chlorhydrique est diminué; on constate de la voussure épigastrique, du clapotement stomacal; par les procédés indiqués au livre II on trouve les limites de l'estomac très agrandies.
La dilatation stomacale n^est qu'un symptôme, dont il faut rechercher la cause ; elle peut tenir :
1° A une sténose pylorique, résultat :
a. D'un néoplasme cancéreux (signes habituels du carcinome stomacal) ;
5. D'une rétraction cicatricielle, suite d'un ancien ulcère rond (signes antérieurs d'ulcère perforant);
c. D'une adhérence du pylore au. niveau du foie (rare, diagnostic difOcile) ;
d. D'une compression du pylore par un néoplasme extérieur à lui ou par un rein flottant (rare) ;
2^ D'influences mécaniques, telles qu'ingurgitation de quantité considérable d'aliments et surtout de li* quides ; .
3° D'une altération de la paroi de l'estomac consécutive au catarrhe chronique ;
4<> D'une laxité de la tunique musculeuse, secondaire à un état nerveux (dyspepsie nervo-motice, dyspepsie nerveuse avec hypochlorhydrie), à la chlorose.
Ne pas oublier que la dilatation stomacale n'est qu'un symptôme, et que diagnostiquer purement et simplement une dilatation est insuffisant.