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CHAPITRE XVI DIAGNOSTIC DES PRINCIPALES INTOXICATIONS

Le diagnostic des différentes intoxications aiguës est souvent difficile lorsque la nature du toxique est inconnue : en face de symptômes gastro-intestinaux et nerveux, brusques et intenses, survenant en pleine santé, Tattention du médecin doit toujours être portée sur la possibilité d'un empoisonnement.

Quant au diagnostic des intoxications chroniques, dont le nombre est limité, il est en général assez fa-

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cile, même dans le cas où les renseignements étiologiques font défaut.

A. --^ Intoxications aiguës.

Les symptômes des intoxications aiguës se ressemblent par bien des points : lorsque le médecin a lieu de supposer un empoisonnement, il commence par s'enquérir :

1» Si le malade, au moment de l'apparition des accidents, était soumis à une médication quelconque dont il ait pu abuser (sublimé, arsenic, ergotine, etc.) ;

2® S'il a pris des aliments, des conserves, etc., de provenance douteuse ou en voie d'altération ;

3** Si, par mégarde ou par erreur, il a avalé des liquides ou des substances toxiques;

4^^ Si, pour les usages culinaires, il se servait d'ustensiles capables, par leur altération, de déterminer avec les aliments la formation de principes toxiques (casseroles mal étamées ou mal émaillées, etc.);

5° S'il a pu être soumis, par des vices de chauffage) à des vapeurs d'oxyde de carbone ;

6^ Si, dans un but de suicide, il a avalé un poison quelconque.

Lorsque cette enquête rapide n*a pas permis au médecin de découvrir là nature du toxique, il analyse soigneusement tous les symptômes qu'il a sous les yeux afin de Irouver^ s'il est possible, un caractère qui lui permette de reconnaître quel est le poison, cause des accidents.

L'empoisonnement par les acides Bulfurique, chtor^ hydrique f azotique^ oxalique ^ pArV ammoniaque ^ISipotasse^

la soude provoque des ulcérations et une inflammation érosive des premières voies digestives, une douleur intense à la déglutition, des phénomènes gastriques graves, du coliapsus et des symptômes nerveux.

Intoxication satnrnine aigfuë. — Symptômes de gastro- entérite aiguë, violente, avec coUapus et symptômes nerveux.

Empoisonnement aign par le cuivre. -- Vomisse^ ments verdàtres, coliques, ténesme, selles sanguinolentes, dyspnée, coliapsus (recherche des réactions du cuivre dans les vomissements).

Empoisonnement aigu par le sublimé. — Gorro« sion de la bouche, du gosier, de Tœsophage, de Testomac, vomissements, diarrhée avec ténesme, ischurie ou anurie, coliapsus (recherche des réactions du mer-^ cure dans les vomissements).

Empoisonnement aigu par le seigle ergoté. •— Nau-> sées, vomissements, coliques, diarrhée, vertiges, céphalalgie, affaiblissement musculaire, ralentissement du pouls.

Empoisonnement aigu par la morphine. -^ Céphalée^ lassitude, torpeur intellectuelle ou bien coma, relâchement musculaire, respiration et pouls ralentis et irréguliers ; rétrécissement pupillaire.

Empoisonnement par Tacide cyanhydrique. — Ha** leine et vomissement à odeur d'amandes amères, respiration spasmodique, exophthalmie, dilatation et immobilité des pupilles, cyanose^ trismus, secousses convulsives, perte de connaissance.

Empoisonnement par l'oxyde de carbone. — Vertigesj céphalée, bourdonnements d*oreilles, perte de connaissance, coloration rouge vermeil, puis ensuite Diagnostic, 3« édit. 3i

pâleur cyanique de la peau, hypothermie; albuminurie, glycosurie ; recherche spectrale de Toxyde de car> bone dans le sang.

Empoisonnement par l'atropine (belladone). — Secheresse de la bouche et du gosier, soif intense, vertiges, céphalée, hallucinations; dilatation pupillaire énorme; accélération du pouls ; convulsions.

Empoisonnement par la strychnine. -- Convulsions toniques, exagération des réflexes tendineux, trismus, opisthotonos, accélération du pouls, pas de perte de connaissance.

Empoisonnement aigu par le phosphore. — Douleurs violentes à Tépigastre, haleine à odeur alliacée; vomissement à odeur phosphorèe, quelquefois luisants dans Tobscurité; puis, ictère intense, douleurs à Thypochondre droit, augmentation de volume du foie, hémorrhagies multiples, albuminurie, coma terminal. Ne pas confondre Tempoisonnementaigu par le phosphore avec l'atrophie jaune aiguë du foie (ictère grave).

Empoisonnement par l'arsenic. — Gastro-entérite intense, cholénforme, vomissements violents, selles riziformes; douleurs abdominales violentes; quelquefois urticaire ou eczéma aigu ; albuminurie ; coUapsus (rechercher Tarsenic dans les vomissements).

Empoisonnement par la digitale. — Vomissements ; diarrhée ; ralentissement considérable du pouls, dyspnée, somnolence; collapsus.

Intoxication alcoolique aiguë . — Perte de conAaisance, anesthésie; pupilles dilatées ou rétrécies, immobiles ; pouls petit et ralenti, peau froide, poisseuse; respiration stertoreuse, haleine et vomissements à odeur alcoolique.

Empoisonnement par les champignons vénéneux.

— Nausées, vomissements, diarrhée, céphalalgie, convalsions, coma, et souvent hémoglobinurie et ictère hémaphéique.

Empoisonnement par viandes, poissons, conserves, fromages avariés on altérés. — Symptômes gastrointestinaux, quelquefois cholériformes; appareil morbide rappelant souvent celui du choléra; phénomènes nerveux : insomnie, délire, céphalée, modiOcations pupiliaires ; pouls petit, accéléré ; oppression thoracique ; éruptions diverses (roséole, papules, éry thème).

B. — Intoxications chroniques.

^ Les intoxications chroniques sont le résultat soit de certaines médications^prolongées, soit de certaines professions, soit d'habitudes hygiéniques spéciales; aussi les symptômes qu'elles provoquent seront-ils facilement rapportés par le médecin à leur véritable cause, si, dans son interrogatoire, il n'a pas omis de s'enquérir des habitudes professionnelles et du genre de vie de son malade, ainsi que des médicaments qu'il a coutume d'absorber.

lodisme chronique (Par Tiodure de potassium). — Coryza, conjonctivite, angine, troubles gastriques, vertiges, céphalée, acné, érythème.

Bromisme. •— Affaiblissement musculaire, apathie psychique, perte de mémoire, diminution des réflexes tendineux et de l'excitabilité réflexe du palais et du pharynx ; anoxerie, diarrhée, éruption acnéique.

Morphinisme chronique. — Ëmaciation, anémie, céphalée, vertiges, insomnie, troubles intellectuels

variés, trémulations musculaires; besoin irrésistible d'opium, production de phénomènes graves par la soustraction de la morphine.

Arséniscisme chronique. — Troubles digestifs, blépharo-conjonctivite ; rougeurs érythémateuses, éruptions papulo-vésiculeuses avec tendances à Tulôération; céphalée, fourmillements, névralgies, paralysies passagères, cachexie progressive.

Les ulcérations de Tarsénicisme chronique peuvent simuler Taspect de certaines syphilides ulcéreuses.

Satnmisme chronique. — Anémie, teinl jaune paie de la peau, liséré bleuâtre des gencives, gingivite chronique ; haleine fétide, dyspepsie; pouls petit, mou, ralenti; névralgies, arthralgies, trémulations ou tremblements musculaires, anesthésie fugace hémilatérale ou localisée (dos de la main)» troubles de la vue.

A côté de ces symptômes généraux s'observent des accidents passagers, qui peuvent dominer la scène et attirent seuls Fattention, tels sont :

La colique saturnine : douleur abdominale continue et obtuse avec paroxysmes aigus, avec rétraction du ventre, constipation, rétraction du foie, diminution de la diurèse, dureté et ralentissement du pouls;

La paralysie saturnine, ordinairement limitée à un groupe de muscles, surtout les extenseurs (ceux de Tavant-bras surtout, sauf le supinateur), accompagnée de perte de la contractilité électrique;

Vencéphalopathie saturnine^ caractérisée par de la céphalée, des vertiges, de la stupeur^ des troubles pupillaires, des troubles psychiques, puis par Tapparition de délire, de convulsions cloniques ou de coma^

Hydrarg3rrisme chronique. — Amaigrissement, anémie, irritabilité psychique, vertiges, quelquefois tremblement intentionnel (rappelant celui de la sclérose en plaques) ; incertitude de la parole ; sto* matite mercurielle avec ulcération gingivale, sali-* vation abondante, haleine fétide, catarrhe gastro-> intestinal.

Le tremblement mercuriel pourrait en imposer pour une sclérose en plaques, si la condition qui Ta produit était inconnue.

Alcoolisme chronique. — Anorexie, pyrosis, vomituritions (pituite) ; laryngo -bronchite chronique ; myalgies, arthralgies, névralgies; céphalée, hyperesthésie ou anesthésie localisée, troubles des sens (mouches volantes, hallucinations, visions efiTrayantes, amblyopie) ; crampes, tremblement musculaire intentionnel, troubles psychiques (émotivité, lypémanie, démence); accès passagers de delwnum tremens caractérisés par des accès de manie (délire incohérent ou professionnel), des hallucinations, du tremblement, quelquefois des convulsions généralisées.

Ne pas confondre Taccès de delirium tremens avec le délire de la méningite, des fièvres (température élevée), avec les accidents psychiques de l'urémie (albumine dans les urines), avec la manie aiguë (pas de tremblement, pas d'ataxie dans les mouvements).

L'accès de delirium étant reconnu par ses caractères et parles antécédents du malade, ne pas omettre de rechercher s'il n'a pas été provoqué par une maladie aiguë latente (pneumonie).

Tabagisme chronique. — Troubles digestifs, gastroentéralgie, palpitations avec arhythmie, oppression,

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angine de poitrine, troubles nerveux (nervosismey amaurose).

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