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I. — Caractères physiques des urines

A rétat normal les urines sont claires, d'une teinte jaune-paille. Après le repas elles sont parfois plus foncées ; les libations copieuses en atténuent la teinte.

La saveur est amère et salée. Quand on agite Turine, il se forme une mousse incolore qui disparaît rapidement par le repos : elle persiste pendant un temps plus ou moins long dans les urines albumineuses et bilieuses (coloration jaune de la mousse). Quand une urine alcaline contient beaucoup de pus, elle s'épaissit quelquefois par suite de la formation d'alcalialbumine, et peut prendre la consistance d'une véritable gelée.

EXAMEN DBS URINES. 61

Quand on laisse reposer des urines normales pen- .dant un certain temps, on observe à la surface une pellicule irisée très mince formée de mucus et de cellules épithéliales, et, en suspension dans le liquide, de petits nuages formés par les mêmes éléments qui, en se déposant au fond du vase, forment un dépôt floconneux très mobile et de teinte blanchâtre.

Certaines urines pathologiques, notamment les urines fébriles, sont claires et transparentes au moment de leur émission ; mais par le refroidissement et surtout en hiver, ces urines, qui sont très acides, laissent assez rapidement déposer un sédiment rougeàtre d'urates qui se redissout par la chaleur à 40 degrés. Elles deviennent troubles, blanchâtres dans certains étals cachectiques, et déposent une matière blanche, saline ou graisseuse. Dans le premier cas, Turine est ammoniacale et le dépôt, soluble seulement dans les acides, montre au microscope des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien ; dans le second, extrêmement rare et spécial aux pays chauds, on voit des gouttelettes d'huile qui surnagent comme dans le lait (chylurie).

lo Volume de rémission urinaire. — La quantité d'urine sécrétée dans les vingt-quatre heures par un individu sain oscille entre 1200 et 1 400 centimètres cubes. La moyenne est de 1300 centimètres cubes par vingtquatre heures, et de 1 centimètre cube par kilogramme de poids du corps et par heure. Le genre de vie, d'alimentation, la température extérieure, ont une grande influence sur la quantité d'urine émise.

La quantité des urines est augmentée dans les cas

suivants :

1° Lésions du quatrième ventricule accompagnées

de polyurie ; lésions cérébrales de sièges divers ; état

névropathique, hystérie ; 29 Diabète insipide, alcaptonurie et diabète' sucré :

on sait que, dans ce dernier cas surtout, la quantité

d'urine émise peut atteindre jusqu'à dix et même

quinze litres dans les vingt-quatre heures (polydipsie primitive) ;

3<* Augmentation de pression dans le système artériel du rein, après l'emploi de la digitale et de quelques diurétiques médicamenteux ou alimentaires, dans la myocardite au début de Tinsuffisance mitrale, sous rinfluence de l'hypertrophie du ventricule gauche qui accompagne la néphrite interstitielle, dans la cirrhose hypertrophique du foie et après l'ingestion de boissons abondantes ;

4° Défervescence des maladies fébriles, après la crise, surtout à la suite de la fièvre typhoïde et de la pneumonie.

La quantité des urines est diminuée dans les cas suivants :

l** Diminution de la pression sanguine, stase yasculaire et rénale dans les maladies chroniques accompagnées d'anémie artérielle avec hyperémie veineuse : anémie grave, anémie posthémorragique surtout après le choléra, myocardite, cirrhose atrophique et atrophie jaune aiguë du foie, thrombose de la veine cave inférieure et de la veine rénale, etc. ;

2° Déperdition de grandes quantités de liquide. Cette déperdition se produit dans la période aiguë de toutes les maladies fébriles, par suite de la perspiration cutanée augmentée par la fièvre. Les sueurs profuses, sans augmentation de température, produisent un résultat identique. La quantité des urines diminue également après des vomissements répétés. Une diarrhée profuse entraîne souvent aussi de l'anurie (choléra) ;

30 Néphrite parenchymateuse (et non interstitielle), aiguë et chronique ;

40 Fin de la plupart des maladies mortelles aiguës ou chroniques ;

00 Obstruction des conduits excréteurs de l'urine. La diminution ou l'abolition complète de l'émission de l'urine est, dans ce cas, le résultat d'un phéno-

mène purement mécanique (obstruction des uretères par une tumeur comprimant ces conduits ou par des calculs).

20 Coloration des urines. — La coloration des urines présente des variétés très grandes, tant à Tétat normal qu'à l'état pathologique. Ces variations dépendent de la concentration de l'urine, de Talimentation, de la nature de la maladie, du traitement employé, et peuvent aller du jaune le plus clair au brun le plus foncé. La couleur de l'urine limpide (sinon, on doit la filtrer) est appréciée par réfraction sous une épaisseur de 12 à 15 centimètres, et comparée à l'une des neuf teintes de la table de Vogel qui divise les urines, au point de vue de leur coloration, en trois grands groupes :

1® Urines jaunes comprenant les teintes :

1) jaune très pâle,

2) jaune clair,

3) jaune.

2* Urines rougeâtres comprenant les teintes :

4) jaune rougeâtre,

5) rouge jaunâtre,

6) rouge.

3® Urines brunes ou très foncées, comprenant les teintes :

7) rouge brunâtre,

8) brun rougeâtre,

9) brun noir.

La coloration des urines normales est due à la présence de matières colorantes diverses, urobiline normale (qui paraît identique à Turochrome), uroérythrine des sédiments uratiques, acide indoxylsulfurique et ses produits de décomposition : l'indirubine (rouge d'indigo) et l'indigotine (bleu d'indigo). L'urobiline seule, ainsi que l'acide indoxylsulfurique, ont été bien étudiés.

Vurobiline, identique à Thydrobilirubine de Maly et à la stercobiline des excréments, se forme dans l'urine

par Toxydation à Tair d'une substance chromogène particulière urobilinogène, surtout au contact d'acides minéraux, de sorte que l'urine, pâle et claire au moment de la miction, se fonce peu à peu. L'augmentation anormale de ce pigment (ou urobilinurie) se produit dans les fièvres et les affections chroniques du foie, et l'urine possède alors une teinte foncée brunâtre et quelquefois d'un rouge-sang ; elle se manifeste encore dans les maladies caractérisées par une forte destruction des hématies : fièvre typhoïde et septique, scorbut, purpura, et à la suite d'hémorragies internes, mais quelques jours seulement après l'accident, quand l'hémoglobine du sang extravasé a subi la réduction nécessaire.

L'urobiline diminue au contraire et l'urine est très pâle dans les affections caractérisées par un ralentissement de l'activité du foie ou de la nutrition générale : chlorose, anémie, hystérie, convalescence des fièvres graves, etc.

C'est à Vhémaphéine, principe longtemps mal défini, mais qui aujourd'hui est considéré comme à peu près identique à l'urobiline, matière colorante de l'urine normale, que l'on attribue la coloration foncée des urines dans certaines affections organiques du foie ^cirrhose, carcinome) et dans les intoxications chroniques par les sels de plomb ; dans certains cas de pneumonie, c'est l'urobiline fébrile de Mac Munn. Les urines hémaphéiques très ressemblantes aux urines bilieuses, mais à mousse blanche et non colorée en jaune, sont encore, dans les afifections du foie, accompagnées d'un ictère très léger limité à la face et aux sclérotiques et privé des démangeaisons vives et de la décoloration des fèces qu'on observe dans l'ictère. Le pigment qui, entraîné par l'acide urique, donne souvent naissance à un sédiment rouge ou acajou, est précipité par saturation de l'urine acidulée par le sulfate ammonique, et peut être recueilli sur un filtre; sa solution alcoolique, colorée en rouge acajou, présente au spectroscopc une large bande d'absorption dans le

bleu entre b et F (bande y) que Ton peut souvent observer dans Turine primitive examinée sous une épaisseur de 3 ou 4 centimètres. Les urines hémaphéiques donnent, avec Facide nitrique, une coloration brun acajou (zone hémaphéique de Gubler, dans la réaction de Heller) ; un linge trempé dans ces urines prend une teinte couleur tranche de melon ou chair de saumon plus ou moins marquée.

Vindican urinaire ou acide indoxylsulfurique existe à rétat normal dans Turine et provient de la résorption de rindol produit pendant la putréfaction intestinale des matières albuminoïdes, comme le prouve Taugmentation deTindican dans les urines à la suite d'injections sous-cutanées d'indol.

Aussi son excrétion est-elle accrue chaque fois que, pour une raison quelconque, Texcrétion des matières fécales est empêchée, que l'obstacle siège dans Tintestin grêle ou dans le gros intestin ; par exemple dans les cas de péritonite, de volvulus, de hernie étranglée, de constipation opiniâtre. L'augmentation de Tindican urinaire se produit encore dans le choléra, la diarrhée cholériforme, le cancer de Testomac, de Fintestin et du foie, la maladie d'Addison, dans certaines affections de la moelle, dans les maladies aiguës et chroniques des reins, enfin, dans les premiers jours qui suivent les fractures, les amputations ou les résections, et dans l'anémie pernicieuse.

L'accroissement de Tindican est toujours accompagné d'une augmentation correspondante des dérivés phénoliques, bien que l'inverse ne soit pas obligatoire.

Par suite d'une décomposition partielle dans la vessie, l'indican peut communiquer à l'urine des teintes verte, bleue, violette.

Pour rechercher l'acide indoxylsulfurique, on mélange dans un verre des volumes égaux d'urine et de réactif d'Obermayer, on ajoute quelques centimètres cubes de chloroforme, puis Ton agite fortement. Le chloroforme se colore peu à peu en bleu.

Diagnostic, \^ édit. 5

Le réactif d'Obermayer contient 2s',5 de chlorure ferrique sec dissous dans un litre d'acide chlorhydrique pur.

L'urine albumineuse doit être au préalable privée d'albumine par la coction pour y rechercher Tindican ; une urine trop foncée sera débarrassée de pigments étrangers par Tacétate de plomb.

L'intensité de la coloration de Turine dépend de la quantité de liquide émise et de la proportion de matière colorante sécrétée. Les urines abondantes sont généralement claires, jaunâtres ; les urines rares, par contre, sont rougeàtres et même brunes. En été, après une transpiration profuse, elles sont concentrées et fortement colorées. L'urine du matin est en générai foncée et concentrée ; celle de la journée est plus claire, surtout après les repas. L'urine des enfants, celle des nouveau-nés principalement, est presque incolore.

La coloration des urines a son importance à l'état pathologique. Quand les urines sont très abondantes (diabète insipide, diabète sucré, néphrite interstitielle, anémie, névroses), elles sont claires et pâles. Au contraire, dans la stase rénale et les affections chroniques de l'estomac, du cœur et du foie, les urines sont rares et fortement colorées.

La coloration des urines peut être modifiée par des substances anormales qui ont pour origine un état pathologique ou qui ont pénétré dans l'organisme par les voies digestives.

Premier groupe.

A. Hématurie, — Le sang mélangé en nature (globules et plasma) à l'urine en modifie profondément la couleur qui peut varier du rouge au brun foncé. Il est utile de déterminer si le sang vient du rein ou des organes excréteurs.

Dans l'hémorragie rénale, le sang, ordinairement

perdu en faible quantité, est mélangé intimement et uniformément à Turine, qui présente la même coloration au début et à la fin de rémission, et peut renfermer des cylindres iîbrineux et des corpuscules de pus, s'il y a maladie de Bright primitive.

Dans rhémorragie vésicale, ïnrine qui s'écoule au commencement de la miction est beaucoup moins colorée que celle qui s'écoule à la fin; de plus, elle renferme assez souvent dos caillots fibrineux assez étendus. Dans rhémorragie des bassinets et des uretères, ou rencontre parfois des caillots de fibrine décolorés, allongés, moulés dans les uretères, des corpuscules purulents et des fragments de calculs ou graviers. Mais ces éléments de diagnostic font souvent défaut. Dans ces deux derniers cas, la quantité de sang est parfois très forte.

L'hémorragie urétrale est généralement peu abondante; dans ce cas Turine n'est pas colorée par le sang, les premières gouttes émises sont seules formées de sang.

Dans tous les cas, l'urine sanguinolente renferme de l'albumine.

On ne doit pas oublier que, chez la femme, le sang peut provenir des organes génitaux.

Quand on veut rechercher histologiquement du sang dans l'urine, on laisse déposer le liquide dans un verre conique : on décante la partie limpide qui surnage, et l'on place une petite quantité du dépôt restant sur une lame porte-objet que Ton porte sous le microscope.

Dans la plupart des cas d'hématurie, on retrouve les globules rouges en plus ou moins grande quantité dans l'urine. Leurs contours sont souvent gonflés et crénelés; ils ont perdu en partie leur coloration. Ce fait se produit surtout quand le sang vient des reins et qu'il a séjourné pendant plus ou moins longtemps dans les tubes de Bellini.

On a décrit, dans ces dernières années, une forme spéciale d'hématurie, l'hémoglobinurie (scorbut; fièvres

typhoïde, putride, intermittente, pernicieuse, exanthémalique ; empoisonnements par Thydrogène arsénié, Taniline, le phénol ; fortes brûlures ; hémoglobinurie paroxysmique « frigore, hémoglobinurie épidémique infantile ; transfusions du sang d'une autre espèce animale), dans laquelle on n'observe pas de globules au microscope. L'urine, transparente ou opaque suivant la quantité d'hémoglobine dissoute, est encore albumineuse et simplement colorée en rouge ou en brun plus ou moins foncé par la matière colorante du sang mi^e en liberté à rintérieurmême des vaisseaux sanguins. Suivant Hoppe Seyler, la matière colorante en solution serait primitivement la méthémoglobine qui se transformerait ultérieurement en oxyhémoglobine ; à côté de la méthémoglobine, le même auteur a presque toujours rencontré de la bilirubine dans les urines.

La coloration d'une urine sanguinolente dépend évidemment de la quantité des globules rouges ou de la proportion de matière colorante dissoute qui s'y trouve mélangée. Quand le sang est mélangé en abondance à l'urine, cette dernière a une teinte d'un rouge foncé et il se forme un dépôt plus ou moins volumineux au fond du vase.

On peut avoir parfois des doutes sur la présence du sang dans l'urine. L'examen microscopique ou l'analyse chimique permettront toujours d'établir le diagnostic : lo L'urine, alcalinisée par un peu d'ammoniaque ou de potasse, est additionnée d'une petite quantité de tannin, puis d'un peu d'acide acétique jusqu'à réaction acide nette. Quand l'urine renferme du sang, il se produit un dépôt brun de tannate d'hématine.

2'» Le procédé de la coction, appliqué à l'urine sanguinolente, donne un coagulum albumineux qui est plus ou moins coloré en brun par les produits d'altération de l'hémoglobine.

Le dépôt obtenu dans la première réaction peut être consacré à la préparation des cristaux caractéristiques d'hémine ou chlorhydrate d'hématine.

On peut également constater la présence du sang à Taide de l'analyse spectrale.

On a observé que, sous Tinfluence du sulfonal pris à rintérieur, les urines peuvent acquérir une coloration rouge noirâtre qui disparait avec la suspension de la médication pour réapparaître après une nouvelle ingestion. La coloration est due à Yhématoporphyrine dont le spectroscope permet souvent la recherche qualitative directe dans Furine, qui montre les deux bandes d'absorption caractéristique des solutions acides d'hématoporphyrine. Cette hématoporphyrine proviendrait de la décomposition, par les sucs digestifs, des petites quantités de sang épanchées parles blessures que produisent les facettes tranchantes du sulfonal sur la muqueuse de Testomac et de Tintestin. L'hématoporphyrinurie a été observée encore dans l'intoxication plombique et dans un cas de goitre exophtalmique.

B. Urine ictérique. — L'urine peut renfermer des matières colorantes de la bile et des sels biliaires. La bilirubine apparaît dans les urines dans les cas d'ictère, et peut avoir deux origines : ou bien elle provient du foie, à la suite d'un trouble mécanique dans l'excrétion biliaire, et constitue VictèrehépatogèJie ; ou bien, résultant de la transformation directe de l'hémoglobine mise en liberté dans le sang lui-même (injection d'une solution aqueuse de sang ou simplement d'eau dans les veines ; empoisonnement par le phosphore, l'hydrogène arsénié, les sels biliaires, l'arsenic, le chlorate de potasse, etc.), elle donne Yictère hématogène j avec excès d'urobiline par communauté d'origine sanguine. La présence ou l'absence de sels biliaires dans l'urine a été invoquée pour établir la distinction entre les deux variétés d'ictère, l'ictère hématique donnant des urines sans acides biliaires, ce qui d'ailleurs a été contesté.

L'urine bilieuse possède une couleur jaune brunâtre plus ou moins foncée ; elle mousse fortement par l'agitation, et l'écume conserve la coloration jaune, verte ou brune du liquide. La coloration jaune brun plus ou

inoins foncée est due à la présence de la bilirubine ; la coloration verdâtre, qui est plus rare, est due à la biliverdine ou à la biliprasine. Un fragment de papier à filtre blanc ou un morceau de toile blanche plongé dans l'urine ictérique garde, après •dessiccation, une teinte jaune plus ou moins verdâtre.

La recherche des matières colorantes de la bile dans Turine a une grande importance diagnostique, surtout dans les cas où les tissus ne sont pas encore imprégnés de matière colorante.

L'un des meilleurs procédés, et le plus simple, est celui de Gmelin. On verse de Turine dans une verre à pied, puis, en inclinant le vase, on laisse couler le long des parois de Tacide azotique contenant des traces de composés rutilants, de manière à ne pas mélanger les deux liquides (La teinture d*iode est beaucoup moins sensible et ne donne que la teinte verte). L'acide, plus dense, va au fond du verre, et si Turine renferme de la bile, on voit se former, à la limite de séparation des deux liquides, et de bas en haut, une série d'anneaux colorés superposés, d'abord vert, puis au-dessous bleu, violet, rouge et jaune. La zone verte est seule caractéristique des pigments biliaires. Certaines urines chargées d'indican pourraient, en elîet, fournir des anneaux colorés, à Texception toutefois de Fanneau vert. La présence de Falbumine ne gêne pas la réaction.

La recherche des acides biliaires serait également très importante s'il était vrai, comme on Ta dit, qu'on ne les rencontrerait jamais dans l'ictère hématogène. Pour en découvrir la présence, on ajoute une parcelle de sucre à 100 centimètres cubes d'urine et l'on y plonge une bande de papier à filtre blanc qu'on laisse ensuite sécher. Une goutte d'acide sulfurique concentré, étalée sur le papier, donne naissance, après quelque temps, à une coloration d'un violet pourpre intense, qui se produit encore si l'urine ne contient que des traces très faibles de sels biliaires.

Cette réaction n'est caractéristique des acides biliaires

EXAMEN DES URINES. 7i

qu'en Tabsence de toute trace d'albumine, qui donne aussi une coloration violette, et qu'il faudrait d'abord éliminer par la coction avec un peu d'acide acétique.

C. Lipurie. — L*urine normale ne contient que des traces de corps gras englobés dans des éléments cellu* laires tels que cellules épithéliales, globules lymphoîdes. Exceptionnellement et très rarement,la graisse y apparaît en liberté et en quantité très variable sous forme de fins globules émultionnés, constituant la lipurie ou galactutie ; la dénomination plus usitée de chylurie est impropre, vu l'absence ou le petit nombre de globules lymphoîdes contenus dans l'urine.

Dans ce cas, l'urine présente une coloration rappelant celle du lait ou du chyle; par le repos, elle se recouvre d'une couche crémeuse qui, examinée au microscope, renferme beaucoup de globules gras sphériques et très réfringents, solubles dans Téther, et faciles à distinguer des globules de pus par leur grande réfringence, l'absence de noyau et la coloration noire que leur donne l'acide osmique au 1/100. Cette altération spéciale de l'urine, dont l'origine exacte nous est encore inconnue, mais se rattacherait probablement à une maladie du foie, s'observe sous les tropiques ; on l'a rencontrée dans nos pays, mais seulement chez des individus ayant habité les pays chauds.

A côté des corps gras et comme preuve d'une altération des reins, les urines chyleuses peuvent contenir de l'albumine qui les maintient en émulsion, et souvent aussi de la fibrine qui s'agglomère en caillots ou reste dans le dépôt à l'état de fibres dissociées.

D. Mélanurie. — Chez les malades atteints de tumeurs mélaniques, l'urine prend parfois une coloration noire spéciale. Ce signe peut devenir important dans les cas où il est impossible de faire directement le diagnostic par l'examen des tumeurs. Quand on laisse reposer l'urine d'un malade atteint de tumeurs mélaniques, elle prend, au bout de quelques heures d'exposition à l'air, une teinte foncée presque noire ; celle-ci se déve-

72 PROCÉDÉS d'investigation ET D'EXPLORATION.

loppe plus rapidement sous Finfluence de Tacide azotique.

E. Pyrocatéchine, — La pyrocatéchine communique à Turine la propriété de prendre à Tair une teinte rouge foncé rappelant celle du bourgogne et qu'elle doit à un phénomène d'oxydation. Elle apparaît dans les urines après Tingestion de phénol, de benzol ou d'acide protocatéchique, et s'y trouve, comme le phénol, à l'état de dérivé suif o conjugué.

F. Matières alcaptoniques, — Ces matières, qui paraissent constituées par V acide homogentisique, donnent encore à l'urine la propriété de brunir par simple abandon au contact de l'air, mais le mieux après addition d'un peu d'alcali. Elles réduisent la solution cupro-potassique, mais sont sans action sur la lumière polarisée et ne disparaissent pas par la fermentation alcoolique. Elles se rattacheraient directement à la tyrosine produite dans la troisième phase de la digestion pancréatique des matières albuminoïdes : et quand elles apparaissent dans les urines, ce qui est d'ailleurs fort rare, leur quantité augmente à la suite de l'ingestion de la tyrosine et en proportion directe du poids de cette dernière.

Deuxième groupe.

A. Parmi les médicaments dont l'absorption amène des modifications dans la coloration des urines, il faut citer avant tout Vacide phénique qui existe en minime quantité dans l'urine normale, surtout à la suite de l'alimentation végétale. Quand l'acide phénique a été absorbé en assez grande quantité, l'urine prend une teinte plus ou moins brune, quelquefois noire ou d'un noir verdâtre; c'est là le premier signe de l'intoxication phéniquée. Les autres préparations de goudron peuvent produire des colorations analogues quand elles sont absorbées en très forte quantité. Nous avons vu que les affections qui provoquent une augmentation

dans la proportion de Findican urinaire, telles que étranglement interne, péritonite, etc., agissent de même à Tégard des dérivés phéniqués. Le phénol se trouve dans les urines à Tétat de phény] sulfates alcalins solubles ; pour le retrouver, on traite 200 à 250 centimètres cubes de liquide par Tazotate de baryum, qui précipite les sulfates ; on filtre, et le produit limpide, traité par Tacide chlorhydrique et chauffé à 100°, donne un nouveau précipité s'il y a des phénylsulfates que les acides minéraux décomposent en acide phénique et sulfates.

B. Après ringestion de préparations de bois de campêche ^ de feuilles de séné ou de rhubarbe, on observe également des colorations semblables à celles que cause la présence du sang ou des matières colorantes biliaires. L'urine qui renferme Uhématoxyline du campêche, alcalinisée par la potasse ou l'ammoniaque, prend une teinte d'un bleu violet. L'acide chrysophanique du séné et de la rhubarbe colore l'urine, dans les mômes conditions, en carmin foncé. De plus, l'acide nitrique décolore partiellement ces urines, tandis qu'il fonce les urines sanguinolentes ou biliaires.

G. Des phénomènes analogues se produisent après l'absorption de la santoninef sous l'influence de laquelle les urines sont excrétées en plus grande abondance, et présentent une coloration variant du jaune au vert ; cette coloration passe au rouge cèdre ou au pourpre par l'addition d'un alcali.

30 Odeur des urines. — Elle ne présente pas un grand intérêt pour le médecin.

L'odeur de l'urine normale bien fraîche est généralement fade ou légèrement aromatique, par suite de la présence d'acides volatils de la série aromatique. L'urine exposée à l'air pendant un certain temps devient plus ou moins vite et peu à peu alcaline, et prend une odeur ammoniacale. Dans la décomposition putride, l'odeur devient repoussante (odeur urineuse).

Certains aliments, oignons, choux et surtout as-

perges, communiquent aux urines une odeur d'une fétidité spéciale.

L'ingestion ou Tinhalation de la térébenthine communique à Turine une odeur de violette ; le copahu, le cubèbe, le tolu, le safran lui communiquent leur odeur spéciale ; il en est de même de la valériane, du castoréum, du musc, de Tassa fœtida.

4o Réaction des urines. — A Fétat normal, Turine mixte est légèrement acide, et rougit le papier bleu de tournesol. Cette réaction est due à des sels acides, particulièrement aux phosphates acides et au pigment normal. Le degré d'acidité de l'urine n'est du reste pas constant. L'urine de la nuit est plus acide que celle du jour. L'urine émise de quatre à cinq heures après les repas est neutre ou très légèrement alcaline ; ce qui correspond au maximum de la sécrétion gastrique acide.

Le régime carné, l'exercice musculaire violent augmentent beaucoup Tacidité de l'urine, tandis qu'elle devient alcaline par un régime végétal ou après ingestion de carbonates alcalins ou de sels alcalins à acide organique combustible (tartrates, citrates).

L'urine normale, abandonnée à l'air, garde son acidité plus ou moins longtemps suivant la température et quelquefois pendant des semaines, en même temps que la couleur du liquide se fonce sensiblement, puis Turine subit la fermentation ammoniacale ^ qui se montre d'autant plus rapidement que la température extérieure est plus élevée et Turine plus diluée. La couleur du liquide redevient claire, moins foncée, et il se dépose un sédiment blanc grisâtre, d'aspect cristallin au microscope ; ce sédiment est formé de phosphates calcique et ammoniaco-magnésien et de carbonates terreux, souvent mélangés à de Furate ammonique (fig. 20). L'urine possède alors une odeur fétide, l'odeur urineuse, et communique au papier rouge de tournesol une coloration bleue qui disparait par la dessiccation à moins que des alcalis fixes ne soient mélangés à Turine. Quelque' *on d'un acide en dégage des bulles

EXAMEN DBS URINES.

d'acide carbonique. La fermentation ammoniacale de Turine est caractérisée par la transformation de Turée en carbonate d'ammoniaque sous Tinfluence simultanée de divers ferments figurés, dits urophages, particulièrement le Micrococcus ureaB, qu'il est facile de recueillir sur un filtre, et d'une diastase soluble sécrétée par ce micrococcus.

Les urines sont très acides dans une série de maladies accompagnées de fièvre, telles que la fièvre typhoïd6,le rhumatisme articulaire aigu, la pneumonie, la pleurésie, etc. D'ailleurs les sédiments briquetés que laissent fréquemment déposer ces urines par le refroidissement sont

formés d'urates, puisque les phosphates sont facilement solubles dans un milieu acide.

Les urines peuvent devenir alcalines^ à la suite d'une médication alcaline.

Chez les malades atteints de dilatation de l'estomac, les urines restent souvent alcalines, surtout dans les cas où le contenu acide de Testomac est rejeté par des vomissements ou éliminé par la sonde (lavage de restomac) ; il en est de môme dans les vomissements incoercibles de la grossesse.

Les urines deviennent également alcalines après l'usage de bains chauds ou même de bains froids.

(1) Cetle figure ot les suivantes relatives à Texamen des urines ont été dessinées d'après Hermann Keider, Atlas des klinischen Mikroscopie des ffamêt, Leipzig, 1898.

Fig. 20(1). — Carbonate de chaux cristallisé (à gauche) et en grains (à droite) avec de l'urate ammonique en gros grains ovoïdes.

Dans tous ces cas, le papier de tournesol rouge plongé dans Turine prend une teinte bleue.

Dans les cas auxquels on vient de faire allusion, Talcalinitc^ de Turine dépend en grande partie de la ({uantiti) d'alcalins qui ont pénétré dans Torganisme. Mais Turino peut également devenir alcaline par suite d'une transformation de Turée en carbonate d'ammonium ; cette hydratation se produit dans la vessie Hous l'influonce de la torulacée qui se trouve dans le mucus vésical. Le papier rouge de tournesol, bleui I)ar un(î Uîlle urine, redevient rouge par la dessiccation, par suite de la volatilisation de Talcali; un tube d«î v(îrro humoctr) d'acide chlorhydrique, approché de Turine, s'onloure immédiatement de vapeurs blanches (le chlorure d'ammonium. Les réactions précédentes ont une ccîrtaine importance diagnostique ; elles ne se prodiiiH(;nt guère que dans les cas de catarrhes vésicaux.

Ajoutons, pour terminer ce qui a trait à la réaction de l'urine, que, quelquefois, très rarement il est vrai, elle rougit et bleuit à la fois le papier de tournesol (réaction amphotèrc).

î)" Poids spécifique de l'urine. — La densité d'une ui'ine dépend de la quantité du liquide et de la proporlion des sels et des éléments organiques qui y sont dissous ou tenus en suspension.

La densité de Turine varie en moyenne entre 1,017 ()t 1,022. A la suite d'une absorption considérable de liquide, le poids spécifique peut tomber à 1,002 et H'éhsvor à 1,040 dans le cas opposé. Comme la coloration des urines est généralement en rapport avec la donsité, on peut dire que les urines claires ont une densilé faible, les urines fortement colorées une densité élevée ; cette conséquence, vraie pour le diabète lunlpldo, est complètement fausse dans le cas du diabèU) sucré où l'urine, abondante et très peu colorée, peut avoir une densité comprise entre 1,025 et 1,050, par suite de la présence du sucre.

Dans toutes les maladies fébriles aiguës, surtout dans

leur premier stade, les urines sont concentrées, /otirdes, et leur poids spécifique peut s'élever jusqu'à 1,035. Ce fait tient à une élimination plus considérable de Turée, des sulfates et des phosphates alcalins. Dans un certain nombre de maladies où les échanges nutritifs sont entravés, par exemple dans la goutte, dans la néphrite parenchymateuse aiguë ou chronique, dans le diabète, dans Toxalurie, le poids spécifique peut s'élever jusqu'à 1,040. Les urines, par contre, sont légères, c'est-àdire que leur poids spécifique est beaucoup moindre, dans la convalescence des malades fébriles, dans certains états nerveux, chez les hystériques, dans certaines albuminuries, dans la dégénérescence amyloïde des reins, dans le diabète insipide ; mais, dans ce dernier cas, et en raison du volume d'urine plus considérable excrété, le poids absolu du résidu solide des vingt-quatre heures est augmenté.

Pour déterminer le poids spécifique d'une urine, on se sert d'un urodensimètre qu'on plonge dans le licpiide versé dans un verre haut et conique (flûte à Champagne) pour qu'il y puisse flotter librement. Le densimètre porte des divisions allant de 1,000 (densité de Teau à IB*») jusqu'à 1,040. On attend que l'instrument soit au repos, et le chiffre qui correspond au niveau inférieur du ménisque superficiel indique le poids spécifique de l'urine. 11 y a lieu de noter que le résultat lu n'est exact qu'autant que le liquide est à la température de 15*», sinon il faut faire des corrections. On peut tirer de ce poids spécifique, avec une exactitude souvent suffisante pour les besoins cliniques, le poids du résidu solide du litre d'urine, en multipliant par 2,31 les deux derniers chiffres de la densité exprimée avec trois décimales. Le résultat ainsi calculé n'est assez rapproché de la vérité qu'au cas où le volume de l'émission de vingtquatre heures se rapproche lui-même de la normale.

60 Fluidité et Yiscosité des urines. — A l'état normal, la consistance de l'urine ressemble à celle de l'eau ; quand l'urine se trouve mélangée aux éléments du pus,

78 PROCÉDÉS DINVBSTIGATION ET D^SXPLORATION.

il se produit souTent ane fermentation alcaline, et l'on Toit apparaître dans le liquide une masse filante qui donne à Turine une consistance visqueuse. Dans le cas dliématurie, la consistance du liquide se troiire augmentée.

7» Sédiments nrinaires. — Quand une urine est res* tée au repos pendant un certain temps, on observe un dépôt tantôt nuageux et incolore ^état normal), tantôt plus consistant et plus dense, formé de mucosités ou bien d'une masse pulvérulente de teinte tantôt rouge (sédiments briquetés d'urates et d'acide urique), tantôt blanc grisâtre (phosphates). La valeur diagnostique du sédiment urinaire résuite de son étude physique et chimique.

On doit toujours commencer par l'examen microscopique du dépôt qui s'est produit au fond de Turine versée dans un vase conique et abandonnée au repos. On observe ainsi des éléments organisés ou non organisés, c'est-à-dire des éléments cellulaires ou bien des sels d'aspect cristallin ou non. Ces éléments peuvent être normaux, et alors constitués par des produits de régression dont l'élimination est nécessaire et qui, s'ils étaient retenus dans l'organisme, pourraient provoquer des désordres. Tantôt, au contraire, ce sont des produits pathologiques, tels que la leucine, la tyrosine, des cylindres épithéliaux, des globules de sang, du pus, etc., et il est évident que la présence de l'une ou de l'autre variété de ces substances aura, pour le clinicien, une valeur diagnostique considérable.

Quand on rencontre dans une urine des sédiments organisés, on songe immédiatement à l'existence d'une alTection locale, c'est-à-dire qu'ils font présager une alTection des reins ou des organes chargés de l'élimination de l'urine. Quand il s'agit, par contre, de sédiments non organisés, la recherche devient beaucoup plus dif Qcile ; car les modifications apportées à la quantité et à la nature des sédiments tiennent presque toujours à un état général de l'organisme.

Nous renvoyons l'étude des sédiments urinaires à celle de chacun des corps qui existent normalement dans Turine ou s'y trouvent dans des cas pathologiques pouvant donner naissance à des dépôts.

Pour terminer ce qui a trait aux caractères physiques des urines et avant de commencer l'étude de leurs éléments organiques, nous allons résumer, comme trait d'union entre ces deux chapitres, les appréciations du professeur Bouchard sur un procédé d'analyse physique, la crj/oscopte, pour la détermination du poids moléculaire moyen des substances urinaires, procédé que Winter, le premier, avait appliqué aux urines en 1896.

S^ Poids moléculaire moyen des substances urinaires. — La molécule d'albumine pesant 6000 environ (H^ = 2), plus les molécules de ses produits de régression sont petites et moins lourdes, mieux elles filtrent à travers le rein, assurant ainsi la dépuration du sang ; cette diminution par étapes successives du poids des molécules secondaires, outre qu'elle leur soustrait progressivement leur carbone, les rend plus facilement dialysables et moins toxiques au cas où elles sont retenues dans la circulation par suite d'une insuffisance rénale. — Prenons des exemples : des molécules organiques contenues dans l'urine, c'est l'urée la plus petite (60) ; or, si le plasma sanguin contient 0,30 d'urée pour 910 d'eau, le litre d'urine renferme en moyenne 17 grammes d'urée et 97o d'eau, c'est-à-dire que, pour 1000 d'eau, il y a 0,33 d'urée dans le sang contre 17,43 dans l'urine, et que la vitesse de fîltration de l'eau étant 1 , celle de l'urée est 53.

En second lieu, pour 100 d'azote, l'urine contient 87 de carbone et la bile 2,300 ; le litre d'urine contient en moyenne 10 grammes de carbone et la bile 50 grammes; en d'autres termes, les molécules organiques de ce dernier liquide sont beaucoup plus riches en carbone et plus lourdes que celles de l'urine ; aussi voit-on l'urine se montrer huit fois moins toxique que la bile, pour le lapin. On peut donc en conclure qu'à mesure

aO PROCÉDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION.

que la molécule des produits de désassimilation perd du carbone par dédoublement, qu'à mesure que le poids moléculaire diminue, ces produits d'excrétion deviennent moins toxiques et plus dialysables, double caractère des matières excrémentitielles parfaites. Plus la nutrition est parfaite, plus nombreuses mais aussi plus petites seront les molécules des produits de déchets ; plus incomplète sera la destruction de la ma* tière organique, plus nombreuses se trouveront dans Furine les grosses molécules, ce qui explique Futilité de la détermination du poids moyen des molécules élaborées.

Sans insister sur le procédé opératoire de la cryoscopie des urines, disons seulement qu'on applique la formule générale

dans laquelle K est la constante de Raoul 18,5, P le poids des matériaux organiques et minéraux de 100 centimètres cubes d'urine, défalcation faite du chlorure de sodium, A Fabaisscment du point de congélation de l'urine au-dessous de 0° diminué de la partie afférente au chlorure sodique, et M le poids moléculaire cherché.

Le point de congélation des urines normales oscille entre — 0°,uO et — 2o,24 avec — 1°,35 comme moyenne ( Winter donne -- 0,80 et — 2o,40) ; le poids moléculaire moyen des matières urinaires élaborées est toujours supérieur à 60, poids de la molécule d'urée, et varie, en Fétat de santé, de 68 à 82 avec 76 comme moyenne pour monter fréquemment dans certains états pathologiques où il peut atteindre 112 (affections hépatiques ; M augmente parallèlement à la température dans la fièvre) et même 182 (néphrite grave avec albuminurie forte).

9° Concentration moléculaire de l'urine. — Les résultats numériques fournis par la cryoscopie urinaire permettent encore d'apprécier rapidement la concen-

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tration moléculaire de Turine examinée, c'est-à-dire le nombre des molécules solides qu'elle renferme en dissolution. Gomme rabaissement du point de congélation A est proportionnel au nombre de molécules totales en dissolution dans Teau pour un volume déterminé d'urine, on admet que la valeur de A, exprimée en centièmes de degré, représente le nombre des molécules dissoutes dans un centimètre cube d'urine; le nombre de molécules sécrétées par le rein dans les vingt-quatre heures, pour une émission urinaire totale E, sera donc AE; ainsi, par exemple, pour une émission de 1650 centimètres cubes d'urine dont A = 1,16, le nombre de molécules par centimètre cube étant de 116, atteint pour l'émission totale le chiffre de 116 X 1650. Ce procédé permet d'étudier avec exactitude les variations de la diurèse sous les influences les plus diverses, les injections intraveineuses ou sous-cutanées de glucose ou de sel marin par exemple ; mais il faut retrancher du nombre de molécules trouvé la part afférente à la substance injectée et éliminée par Turine, pour avoir le coefficient de diurèse utile qui seul traduit la dépuration urinaire réelle.

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