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IV. Malades présentant des symptômes d'affections

intestinales.

A. — Affections aiguës de riottestin.

Entérite aignê. — Coliques, borborjgmes, diarrhée d'abord fécale, puis séro-muquease, glaireuse, bilieuse; perte d'appétit, soif vive, nausées, ballonnement du ventre, quelquefois fièvre légère. Durée quelques jours.

Choléra. — Début brusque, ou après quelques prodromes ; vomissements violents, flux intestinal considérable : diarrhée d'abord fécalolde, puis incolore et fluide, avec grains riziformes; sensation de constriction épigastrique ; douleurs musculaires, diminution de la diurèse, pouls petit, face froide ; coUapsus suivi de mort ou d'une réaction qui se termine elle-même par la guérison ou la mort. La gastro-entérite cholériforme (choléra nostras) et le choléra vrai épidémique ne se distinguent guère que par le caractère d'épidémicité du choléra asiatique.

Dysenterie sporadique ou épidémique. — Selles très fréquentes, peu abondantes, constituées par des mucosités opalescentes, mélangées de sang ou de pus, de détritus membraneux fétides (raclure de chair) ; douleurs vives, paroxystiques, à maximum dans les flancs ; sensation de brûlure, de constriction rectale et anale ; douleurs à la palpation des côlons ; symptômes généraux d'intensité variable.

B. ^ Affections clironiques de l'intestin.

Entérite chronique. — Diarrhée stercorale diluée, selles lientériques ; ou bien constipation habituelle alternant avec des selles glaireuses, coliques intermittentes, borborygmes ; météorisme plus ou moins pro nonce ; apyrexie, amaigrissement progressif.

Rechercher si rentérite chronique, à forme diarrhéique, n'est pas symptomatique d'un mal de Bright méconnUyOu d'une tuberculose intestinale, ou d'un épithélioma.

Colite muco-membraneuse. — La colite muco-membraneuse est caractérisée par trois ordres de symptômes : a. une constipation en général opiniâtre ; 6. l'élimination par les selles de mucosités qui tendent à se concréter sous forme de membranes ; c. des douleurs procédant par crises accompagnant, en général, l'élimination des oroductions muqueuses.

Elle est plus commune chez les femmes que chez les hommes. La constipation existe souvent depuis des années. Les matières fécales dures, ovillées, s'enrobent de mucus concret; les mucosités ressemblent à du blanc d'œuf à moitié cuit, à des membranes rubanées, tubulées. La constipation est souvent interrompue par des crises diarrhéiques douloureuses. Les scybales rendues peuvent avoir une dureté pierreuse. On trouve en outre, dans les selles, du sable intestinal.

Les crises douloureuses sont paroxystiques. Elles se produisent dans la direction du côlon descendant de rS iliaque ou du caecum. Elles se produisent un certain temps après les repas.

En explorant l'abdomen, surtout chez la femme, on constate du relâchement de la paroi, parfois l'existence d'un boudin cœcal oud'une corde colique avec chapelet de scybales ; la néphroptose est fréquente ; le foie est parfois abaissé, l'estomac dilaté. 11 existe des symptômes de nervosisme. L'état général devient parfois mauvais. Cliniquement, on distingue la forme bénigne, la forme commune, les formes graves fébriles.

Le diagnostic est généralement facile. On ne confondra pas la colite muco-membraneuse avec une entérite chronique des pays chauds, qui est caractérisée par une diarrhée persistante : dans le cancer du gros intestin les selles sont sanguinolentes, sans membranes; on perçoit parfois la tumeur. Le toucher rectal permettra

d'éliminer le syphilome ano-rectal. On ne confondra les crises douloureuses ni avec Tappendicite (début brusque, douleur à siège localisé), ni avec la colique hépatique (ictère, décoloration des matières fécales, urines riches en urobiline).

Cancer de Tintestin. — Constipation habituelle alternant avec des débâcles diarrhéiques ; selles quelquefois effilées, sanglantes, ichoreuses, dysentériformes (cancer du rectum, ou du gros intestin), ou couleur marc de café ; perte d'appétit, ballonnement du ventre ; cachexie progressive. Le palper révèle quelquefois Texistence d'une tumeur mobile, plus ou moins douloureuse.

Dysenterie chronique. — Pesanteur abdominale ; ventre ordinairement amaigri, plat, douloureux dans les fosses iliaques ; selles diarrhéiques puriformes ou purulentes, ou bien matières fécales enrobées de pus et de mucus opaque ; appétit souvent conservé, langue sèche, soif vive ; apyrexie, émaciation, anémie rapide.

V. Affection présentant les symptômes d'inflammation on d'irritation pôritonéale.

A. — Affections abdominales présentant les symptômes d'irritation aig^ë ou d'inflammation aig^uë du péritoine.

Péritonite aignê. — Début par frisson violent ou par douleur très rive (perforation). Douleur continue, intolérable, avec exacerbations, exagérée par tout mouvement ; cuisses ramenées sur le ventre, respiration fréquente, pouls rapide, d'abord dur, puis filiforme; face grippée, nez effilé, yeux excavés ; fièvre assez élevée au début] vomissements, hoquet, constipation, diminution de la diurèse ; météorisme abdominal ; coUapsus progressif, mort habituelle et rapide.

Éviter de confondre la péritonite avec des entérites

APPAREIL DIGKSTIF.

îccompagnant de vomissemeots, de diarrhée, , de douleur abdominale, de fades grippa, d'accélération du pouls.

Colique de plomb. — Douleur abdominale, flexion des cuisses, vomissements porracés, constipation, faciès altéré, pouls dur, yétraction du ventre, diminution: de hi douleur par la pression, liséré gingival, antécédents professionnels.

Pseudo-péritonite hystérique. — Douleurs abdominales brusques, surtout dans les régions pelvienne et iliaques: météorisme, quelquefois vomissements, accé- . lération de la respiration et du pouls : température «ormale, faciespeu altéré, disparition rapide des accidents : le diagnostic, quelquefois délicat au début, doit reposer surtout sur l'absence des signes généraux de la péritonite et sur la connaissance de l'état hystérique dn malade.

Accès intenses de colique hépatique par lithiase biliaire. — Début par nausées, frissons. Douleur vive débutant dans l'Iiypocondre droit, et s'irradlunt dans le , l'abdomen, le bi-as droit, le cou; vomissements, Létal syncopal, face pflle, traits tirés, pouls petit, ordif aairement accéléré, frissons répétés, température P-^JUBlquefois élevée; apparition {mais non conslante) ' d'ictère; durée quelques heures ou quelques joi diagnostic est ordinairement facilité par la localisation de la douleur, l'apparition de l'ictère et la présence de calculs dans les selles.

Accès de colique néphrétique. — Début ordinairement brusque par douleur uni ou bilatérale d'une acuité excessive, s'irradiant de la région rénale jusqtie dam les panes, les testicules, les cuisses, le dos; pouls petit, accéléré ; état syncopal, sueurs, vomissements répétés: urine souvent diminuée, quelquefois frissons I et fièvre. Le diagnostic repose sur la localisation etles ■ ^^irradiations de la douleur, sur la connaissance des allé- | ^u»tions de l'urine, antérieures à l'accès (gravelle) o ^B^stérleures (hématurie, émission de graviers).

Obstruction intestinale. — Début progressif ou brusque. Douleur locale au début, irradiée ensuite, exagérée par tout mouvement; après plusieurs selles, plus ou moins diarrhéiques, constipation et arrêt de l'émission de gaz par Vanus; hoquet, vomissements d'abord alimentaires, puis muco-bilieux et fécaloïdes; ballonnement abdominal partiel (péri-ombiiical, obstacle dans rintestin grêle) ou généralisé ; saillie des anses intestinales ; apyrexie, température souvent hyponormale, pouls petit, fréquent ; collapsus, face grippée, yeux excavés.

En présence de symptômes d'occlusion intestinale, examiner soigneusement s'il n'existe pas de het^ies étranglées dans les régions où il pourrait s'en produire ; constater par le toucher rectal s'il n'existe pas de rétrécissement du rectum; chez la femme, rechercher les tumeurs du petit bassin (corps fibreux) ; par l'examen de la température, dès le début de l'afifection, rechercher si l'on n'est pas en face d'une péritonite aiguë générale ou locale à forme d'occlusion intestinale (pseudoétranglement) ; dans ces cas de péritonite à forme normale, on constate toujours une élévation intestinale de la température.

I/occlusion intestinale reconnue, rechercher sa cause : compression organique (lenteur du début, débâcles et constipation alternatives) ; volvulus ou étranglement par brides (début subit, marche rapide); invagination (début lent, marche lente, évacuation par l'anus de pus, de sang, de lambeaux de muqueuse) ; accumulation de matières stercorales (constipation habituelle, masses molles, pâteuses, peu douloureuses, dans la fosse iliaque droite).

Enfin il faut déterminer le siège de l'étranglement. Les symptômes nerveux réflexes sont moins précoces et moins accusés, et la sécrétion urinaire moins diminuée lorsque l'obstacle siège sur le gros intestin. Dans les rétrécissements de l'intestin grêle, on trouve dans les urines des quantités considérables d'indican et de phé-

Appareil digestif.

nol. Lorsi^ue l'obstacle siège sur le côlon descendant et l'S iliaque, le ballonnement médian est encadré par les cAlons distendus. Quand l'obstacle est ^ur ta partie moyenne de l'intestin grêle, le ballonnement occupe surtout la région ombilicale et hypogastrique, et les dépressions coliques persistent.

3. — AITectlaas alidomiiiale» présentant les symptôme» de lésions partielleN, aisuës ou Bubalguës de l'intetttlD ou du péritoine.

Périliépatite et périsplénite. — Douleurs superficielles de l'hypocondre droit ou gauche, exaspérées par les muuvements respiratoires ; au palper, sensation de frottement, de crépitement, analogue à celle que l'on obtient en pressant do l'amidon ou de la neige ; et dernier signe seul permet de faire le diagnostic de périhépatique ou de périsplénite exBudative subaiguë.

TypUite atercorale. — Due à la stagnation des ma- Hères fécales dans le ciecum; début habituellement insidieux à la suite de constipation; vives douleurs dans la fosse iliaque droite, provoquant le décubitus latéral droit avec llesion de la cuisse ; sous la paroi abdominale, tuméfaction allongée en boudin, bosselée, occupant la région ctecale ; quelquefois, phénomènes de péritonisme et lièvre.

Appendicite. — Symptômes variables suivant la phase et l'intensité de l'affection. — Colique appendiculaire : début brusque; douleurs violentes dans la fosse iliaque ' droite, souvent avec vomissement, constipation et irra- I diations douloureuses; rechutes possibles; la cause L habituelle est la pénétration d'un calcul stercoral dans I l'appendice. Diagnostic avec la colique néphrétique ou I hépatique ou avec les coliques intestinales. — Appen- I (licite aiguë simple : survenant soit après la colique |<appendi cul aire, soit brusquement; douleur vive, lanl'Cinante, avec paroxismes dans la fosse iliaque droite

et maximum au milieu d'une ligne réunissant Tépine iliaque antérieure et supérieure à Fangledu pubis (point de Mac-Burney) ; tuméfaction au siège de la douleur, circonscrite et limitée, ou étalée ; vomissements alimentaires puis bilieux, porracés ou fécaloldes ; constipation, météorisme abdominal; fièvre. Terminaison par résolution, ulcération, péritonite, ou passage à l'état subaigu. — Appendicite subaiguë : à début insidieux et lent, ou succédant à la forme aiguë ; apparition de symptômes de péritonite localisée, plastique ou de suppuration circonscrite à la région cœcale : empâtement ou fluctuation ; fièvre . Le diagnostic est à faire avec le psoîtis, la typhlite stercorale, l'abcès périnéphrétique, l'adénite des ganglions iliaques, l'invagination iléocaBcale ; l'appendicite subaiguë peut se terminer par perforation et péritonite généralisée. — Appendicite perforante avec péritonite généralisée. Début brusque, à la suite d'un ou de plusieurs accès d'appendicite ou de colique appendiculaire ; diagnostic avec l'étranglement interne, avec la perforation de l'estomac ou de l'intestin de causes diverses.

PelTipéritonite. — Début brusque ou progressif. Pesanteur dans les lombes, difficulté de la miction et de la défécation, douleur plus ou moins vive dans le bas-ventre, symptômes abdominaux (météorisme, constipation, vomissements), symptômes nerveux (pouls petit, face grippée, prostration, etc.) et fièvre plus ou moins marquée, suivant la marche aiguë ou subaiguê et lente de l'affection. Par le toucher vaginal, combiné au palper, on constate, dans un ou plusieurs des culs-desac, une induration juxtaposée à l'utérus, ne faisant pas corps avec lui, mais lui imprimant quelquefois des changements de direction; résolution du noyau inflammatoire ou ouverture en des points qui peuvent varier.

Il sortirait des limites de cet ouvrage d'indiquer les signes différentiels (souvent obscurs du reste) entre la peivipérîtonite, la pyosalpingite et l'hématocèle rétroutérine.

G. — AITectionB abdominales présentant les symptùHic»* 4l'une indammatlon générale

Hubaigu^ ou rlii'oaîque du périloiue.

Péritonite tuberculeuse. — Ou peut reconnaître trois forme:; de péritonite luherculeuse subaiguë ou chroi.nique, la forme ascitique, la forme ulcêro-casêeuse ou fibro- ■ easéevse, et la forme /Ibro-adhêinve.

1° Forme ascilique (asciteiniliale, ascite curable, ascite iBseutielle). — Début par douleurs abdoraiaalcs, quelqaefoiB fièvre légère; développement lent et insidieuK I ascite ; quelquefois, existence d'ëpanchement pleural unilatéral ou double, ou de froisscnionts péritonéaux(pleuro-péritonite tuberculeuse). Puis, pendant un temps plus ou moins long, l'iiscite constitue la principale manifestation de la maladie. Guérison progressive, ou transformation de la forme ascitîque en forme .Sbro-caséeuse. Cette forme s'observe surtout dans le jeune âge et l'adolescence.

8° Forme fi,bro-casêeuse. — Succède à l'ascite tubercu- Lenseï ou bien début par formation de masses indurées. Si elle succède à l'ascite tuberculeuse, diminution, enkystement et cloisonnement de l'ascite qui subit sou- Tent la transformation purulente ; ventre volumineux avec peau sèche, quelquefois pigmentée; apparition de masses étalées, ou bosselées (gâteaux péritouéauï), surtout au pourtour de l'ombilic (cordes épiploiques) ; ordinairement peu ou pas de douleurs abdominales ; troubles digestifs ; accès de fièvre ; cachexie progressive; mort habiluelle; guérison exceptionnelle.

" ' Forme fibro-adkésive. — Succède à la forme précédente. Disparition de l'ascite ; masses dures dans le péritoine ; rétraction du ventre, en bateau ; au palper, masses intestinales réduites à un peloton accolé au-de- Tant du rachis ; apyrexie habituelle ; troubles digestifs, junaigrissemenl ; cachexie ; quelquefois mort par occlusion intestinale.

Péritonite cancérease. — Signes physiques analogues à ceux de la péritonite tuberculeuse ; douleurs vives ; existence antérieure d'un carcinome yiscérai de Tabdomen ; cachexie cancéreuse rapide.

VI. Maladies abdominales présentant les symptômes d'une affection du foie ou de ses annexes.

A. — Affections du foie à marche alg^ë.

Ictère catarrhal, catarrhe gastro-duodénal. —

Début par lassitude, anorexie, nausées, vomissements, ictère plus ou moins prononcé, urines bilieuses, selles blanchâtres, argileuses, graisseuses, fétides; effets habituels de l'ictère (ralentissement du pouls, démangeaisons, tendance aux hémorragies, céphalée, etc.) ; augmentation passagère du volume du foie. Durée : quelques jours ou quelques semaines (forme subaiguë, prolongée). Quelquefois les symptômes existent à leur minimum : c'est l'ictère catarrhal léger ; d'autres fois, l'état général est plus atteint, la température présente des oscillations plus ou moins éleeées : c'est Vietère catarrhal infectieux.

Enfin, dans certains cas, le canal cholédoque reste perméable, la bile est sécrétée en plus grande quantité, et colore fortement les matières fécales et les vomissements : c'est Viclère infectieux avec polycholie.

Ictère infectieux à rechutes (maladie de Weil). — Début généralement brusque, céphalée, myodynies, ûèvre élevée, diarrhée, tuméfaction du foie et de la rate, ictère survenant vers le quatrième jour, albuminurie, herpès labial ; rémission habituelle vers le huitième jour; rechutes fréquentes ; convalescence longue.

Dans toutes ces formes d'ictère, on voit survenir souvent, au moment de la crise, de la polynrie avec azoturie.

Atrophie jaune aigaé dn foie (ictère grave primitif, ou secondaire à une affection chronique du foie, telle

que cancer, cirrhose hypertrophique, etc.). — 1*' stade : troubles de Tétat général, troubles gastro-intestinaux, ictère, — 2® stade; céphalée, agitation, délire, quelquefois attaques épileptiformes, somnolence, coma ; ictère progressif ; diminution de la matité hépatique ; vomissements, selles argileuses ; pas de fièvre.

Dans le premier stade, la maladie ne peut être distinguée de l'ictère infectieux bénin que par ce fait qu'elle s'accompagne habituellement, dès le début, d'hypoazoturie et de glycosurie alimentaire, symptômes indiquant l'altération profonde de la cellule hépatique ; dans le second stade, elle ne peut être confondue qu'avec l'empoisonnement aigu par le phosphore.

Congestion active passagère du foie (buveurs, goutteux). — Pesanteur dans l'hypocondre droit, augmentation de volume du foie, coloration subictérique légère de la peau ou des conjonctives, troubles dyseptiques ; le diagnostic se fait surtout par la connaissance de l'étiologîe.

Hépatalgie passagère avec on sans ictère. — Avec ou sans symptômes gastriques : ordinairement symptomatique de la lithiase' biliaire et accompagnant la migration d'un calcul. Ces accès doivent être distingués de l'ictère catarrhal, en raison de l'existence de la douleur et de la gastralgie, en raison de la localisation de la douleur au niveau de la vésicule sous l'hypocondre droit ou dans la partie droite de l'épigastre: l'apparition d'accès francs de colique hépatique (Voy. plus haut) vient ordinairement confirmer le diagnostic.

Hépatite suppurée. Abcès du foie. — Augmentation de volume du foie, douleurs plus ou moins accentuées dans la région hépatique avec irradiation dans l'épaule droite; quelquefois teinte ictérique ou subictérique de la peau ; gêne respiratoire, toux sèche, vomissement, fièvre intermittente à grandes oscillations ; marasme progressif. — Si l'abcès est volumineux et proémine vers le thorax, ne pas le confondre avec un épanchement pleuré tique.

Cholécystite. — Douleurs exacerbantes, limitées à la région de la vésicule, avec irradiation à l'épigastre et à répaule droite ; vomissements, frissons, poussées fébriles; pas d'ictère; quelquefois on constate à la palpation, au niveau de la vésicule, une tumeur pyriforme, douloureuse.

Vangéiochoiite infectieuse y sans rétention biliaire préalable, ne se manifeste guère que par de la fièvre, fièvre intermittente hépatique, et des symptômes généraux : le diagnostic est difficile s'il ne survient un ictère léger.

B. — Affections du foie à marche ciironlqae.

!<" Affections chroniqaes dn foie accompagnées d'ictère. — Dans toutes ces affections, il existe des symptômes communs résultant de l'imprégnation de réconomie par la bile : ralentissement du pouls, troubles digestifs (dyspepsie, selles putrides, stéarrhée), symptômes nerveux (céphalée, prurit), tendance aux hémorragies, accès passagers de fièvre intermittente; toutes ces affections peuvent, à un moment donné, se terminer par les symptômes de Tictère grave secondaire (convulsions, délire, coma, hémorragies, etc.)- Le diagnostic des symptômes de Tictère chronique une fois porté, il faut en discuter la cause :

a. Obstruction permanente des gros canaux par un calcul. — Augmentation de volume du foie, au moins au début : existence antérieure de signes de lithiase biliaire (coliques hépatiques, atteintes d'ictères passagers et intermittents).

6. Cancer DBS voies biliaires ou cancer du FOiEçénant le cours de la bile. — Tuméfaction du foie ; à la palpation on peut constater une tumeur unique siégeant à la face inférieure (cancer des voies biliaires) ou à la face supérieure, ou des tumeurs multiples de volume variable (cancer secondaire) ; marasme progressif, mort en six mois ou en un an.

c. Compression du canal cholédoque par un cancer on PANCRÉAS. — Tuméfaction du foie ; douleurs sourdes à répigastre avec crises paroxystiques ; selles grasses et huileuses, élaboration défectueuse des albuminoïdes, parfois glycosurie ; quelquefois, la palpation profonde permet de découvrir le néoplasme siégeant profondément à droite de la région épigastrique ; cachexie rapide.

d. L'ictère chronique, avec tuméfaction du foie (cirrhose biliaire), peut être provoqué encore par toute une série de causes extrahépatiques ou intrahépâtiques déterminant la compression des gros troncs biliaires : rein flottant, kyste hydatique, sarcome. Dans ces cas, fort rares du reste, le néoplasme est en général accessible à la palpation de la face inférieure du foie : en comprimant les canaux biliaires, il comprime ordinairement la veine porte, d'où ascite concomitante.

e. Cirrhose HYPERTROPHiQUK biliaire primitive. — Début par poussées de congestion hépatique avec ictère et fièvre; tuméfaction progressive du foie, ictère, pas d*ascite ; durée de Taffection, un à huit ans ; le diagnostic avec la cirrhose biliaire d'origine calculeuse est souvent difficile et ne repose que sur les antécédents du malade et le mode de début de l'affection.

2° Affections chroniques du foie se développant ou pouTant exister sans ictère.

a. Affections chroniques du foie sans ictère et avec aug^ mentation de volume de Vorgane, — Il peut exister des hypertrophies considérables du foie sans modifications notables de la forme de l'organe, dans Vimpaludisme, etc., le diabète, la leucémie, la dégénérescence amyloide, les affections cardiaques de longue durée : ces affections secondaires du foie seront rattachées aisément à la cause générale qui les produit et qui attire d'emblée l'attention.

Cirrhose hypertrophique du foie sans ictère (Cirrhose hypertrophique graisseuse, hépatite interstitielle diffuse). — Début par troubles digestifs, anorexie, vomissements, etc. ; tuméfaction du foie, perceptible par la percussion et par la palpation ; aggravation des

troubles digestifs : vomissements, diarrhée ; quelquefois ascite légère, et veines abdominales un peu développées; amaigrissement progressif, teinte gris sale de la peau, diminution de la diurèse, œdème des membres inférieurs, mort dans le coma ou état typhoïde.

Évolution souvent rapide de ces formes de cirrhose.

Cirrhose commune du foie (cirrhose de Laennec, cirrhose veineuse) avec hypertrophie de l'organe. — Troubles dyseptiques, amaigrissement ; peau bistrée, sèche ; élargissement du foie dont la surface paraît inégale et bosselée à la palpation ; troubles de circulation de la veine porte; circulation collatérale, ascite, gonflement de la rate, hématémèse, diarrhée persistante.

Dans son évolution ultérieure, Taffection hépatique peut aboutir à Tatrophie de Torgane et constituer le type classique de la cirrhose atrophique.

Le diagnostic entre la cirrhose commune (ordinairement alcoolique) et certaines formes de cirrhose syphilitique ne peut guère se faire que par l'étude des commémoratifs et par la discussion des conditions étiologiques ; par la palpation, on peut constater dans le foie syphilitique de grandes inégalités de la surface, des dépressions profondes, des échancrures du bord antérieur.

Cancer du foie. — Quand le cancer du foie entraine une augmentation de volume de Torgane, on peut constater, par la palpation à travers la paroi abdominale, des saillies mamelonnées (noyaux multiples) assez nombreuses de la surface, ou bien une tumeur plus ou moins volumineuse, dure, souvent bosselée, se continuant sans interruption avec la surface du foie, faisant corps avec lui et subissant avec lui les mouvements de va-et-vient dûs à la respiration ; dans le cancer massif central (cancer en amande), le volume de Torgane seul est augmenté, sans que la forme soit modifiée ; quelquefois, dans ces cas, il y a arrêt de formation biliaire, acholie, selles décolorées, sans ictère. Cachexie et amaigrissement rapides; concomitance, dans d'autres

organes, de tumeurs cancéreuses primitives ou secondaires ; mort en quelques mois ou un an.

Kyste à échinocoques du foie (produisant une augmentation de volume de Torgane). — Par la palpation, on constate l'existence d'éminences plus ou moins globuleuses, élevées au-dessus du foie, à surface régulière, de consistance ferme et quelquefois élastique : en imprimant un choc rapide et sec à la tumeur avec la main appliquée à plat, on perçoit quelquefois le frémissement hydatique.

Lorsque le kyste siège à la partie inférieure du foie, il peut être confondu avec Thydropisie de la vésicule biliaire ; lorsqu'il siège à la face convexe, on peut le confondre avec un épanchement pleurétique.

Dans tous les cas douteux, le diagnostic peut être vérifié par la ponction exploratrice (si Ton reconnaît Texistence de liquide hydatique, clair, vider séance tenante la poche, de façon qu'elle ne se vide pas par la plaie de la piqûre dans le péritoine, ce qui pourrait entraîner des accidents toxiques, même mortels).

L'apparition d'urticaires fugaces, de démangeaisons, la longue durée de la tumeur sans qu'il y ait de retentissement sur Tétat général, plaident en faveur de l'existence de kystes hydatiques.

Âbcôs volumineux du foie à marche chronique. — Éminences surélevées au-dessus du foie, plus ou moins élastiques et fluctuantes : le diagnostic avec les tumeurs du foie et avec le kyste hydatique est fondé sur l'étiologie de l'affection (dysenterie, diarrhée des pays chauds) sur les phénomènes inflammatoires qui ont précédé l'apparition de la tumeur, sur l'état général (amaigrissement progressif, poussées fébriles) et sur la ponction exploratrice.

b. Affections chroniques du foie, sans ictèrey avec diminution de Vorgane.

Cirrhose atrophique. — Ascite, circulation collatérale des veines pariétales de l'abdomen, œdème des membres inférieurs, diminution de l'urine et de

Turée, diminution de volume du foie (diminution de la matité hépatique), augmentation de volume de la rate ; troubles gastro-intestinaux, hémorragies stomacales ou intestinales, amaigrissement, teinte gris sale de la peau.

Certaines formes de syphilis hépatique, avec atrophie du foie, peuvent donner lieu aux mêmes symptômes.

La thrombose ou la compression de la veine porte produit en grande partie les mêmes symptômes que la cirrhose atrophique ; elle est souvent d'un diagnostic difficile.

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