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ET DES TROUBLES DE LA DIURÈSE

I. Néphrites, mal de Brigt. — Les phénomènes pathologiques qui doivent mettre sur la voie d'une néphrite sont :

i^ Des modifications dans la quantité, la densité, l'aspect de Vurine ;

2'» La présence de Valhumine, de cylindres dans Vurine ;

3<> Des besoins fréquents d'uriner;

4® Des douleurs lombaires ;

5® Des œdèmes fugaces et localisés (paupière, main, etc.);

6° Un teint pâle, un état anémique avec perte de forces ;

7° Des accès de dyspnée, d'asthme ; des bronchites rebelles que n'expliquent pas des lésions cardiaques ou pulmonaires ;

8° Des troubles dyspeptiques (vomissements, diarrhée) ;

9° Des phénomènes nerveux multiples : céphalée, vertiges, obnubilation de la vue, troubles de l'ouïe ; prurit, convulsions, coma;

10© Des hémorragies, des épistaxis.

Plusieurs de ces symptômes, et avant tout ceux fournis par les urines, doivent se trouver réunis, pour qu'on ait le droit de conclure à une affection rénale : mais des troubles isolés, tels que céphalée, dyspnée, peuvent attirer seuls l'attention du malade ; aussi doitil être de règle, pour le médecin, d'examiner soigneusement les urines de tout malade présentant des phénomènes mor-

bides qui ne peuvent être rattachés nettement à une maladie bien déterminée.

Lorsque le médecin pense, d'après quelques symptômes constatés, être en face d'un malade atteint d'une affection rénale, il peut modifier son interrogatoire et son examen de la façon suivante :

A. Examen des malades présentant des symptômes de néphrite, — Anamnestiques. — Maladies aiguës subies par le malade? Alcoolisme, syphilis, saturnisme, goutte? Refroidissements ?

A quand remonte le début de la maladie actuelle ; quelles en furent les premières manifestations ; quels symptômes le malade a-t-il présentés jusqu'au moment présent ?

Le récit du malade terminé, le médecin lui pose, s'il est nécessaire, quelques questions :

A-t-il eu le visage, les pieds ou les mains enflés ?

A-t-il remarqué des modifications dans la quantité, l'aspect de son urine ?

A-t-il présenté de la céphalée, des troubles visuels, des troubles dyspeptiques, de la dyspnée, de la toux?

État actuel. — Inspection générale du malade,

( Couleur.

EXAMEN />£ ira/A-£ ) S'- (Voy. Liv. I). \ Albumine.

\ Examen microscopique des dépôts.

Examen des différents appareils (Voy. liv. II). Recherche des symptômes présentés d'habitude par les différents appareils dans le mal de Bright :

Appareil circulatoire^ état des vaisseaux, état du cœur (hypertrophie du cœur gauche, bruit de galop, accentuation du deuxième ton aortique, etc.) :

Appareil respiratoire ;

Organes abdominaux ;

Système nerveux.

B. Diagnostic différentiel des néphrites entre elles.

Néphrite aigné, — Diminution de la quantité d'urine, parfois même anurie; poids spécifique de l'urine augmenté, variant entre 1020 et 1030 grammes ; couleur quelquefois hémorragique; aspect floconneux; présence, dans le dépdtf de cylindres^ d'épithéliums rénaux, de leucocytes, d'hématies ; urine albumineuse. Œdème et pâleur de la peau, troubles gastro-intestinaux, respiratoires et nerveux. La néphrite aiguë se distingue de la néphrite chronique, non pas tant par les symptômes que par les conditions étiologiques de la maladie (cours d'une maladie infectieuse), le début brusque, l'existence de la fièvre (rare du reste) et l'évolution ultérieure (amélioration et guérison possible).

Néphrites subaigaës ou chroniques vulgaires (néphrite parenchymateuse chronique, gros rein blanc, petit rein blanc). — Début ordinairement insidieux et graduel par œdème, pâleur, anorexie, etc. ; urines de quantité normale ou diminuée, densité accrue ; quantité d'albumine ordinairement considérable (2 à 10 grammes) ; sédiments urinaires abondants : sang, épithéiiums ou cylindres rénaux. Hydropisie plus ou moins accentuée. Hypertrophie du cœur gauche et accroissement de la tension artérielle rares. Dyspnée, bronchite, œdème pulmonaire, troubles gastro -intestinaux ; obnubilation de la vue (œdème de la papille, rétinite albuminurique). Terminaison par urémie ou troubles de compensation cardiaque.

L'hématurie passagère qui accompagne les infarctus du rein sera diagnostiquée par la connaissance de l'étiologie (affection cardiaque) ou par l'existence simultanée d'embolies dans d'autres organes.

Néphrite interstitielle (sclérose rénale, petit rein granuleux). — Début lent, insidieux : urines abondantes, pâles, peu denses, contenant peu d'albumine et de rares cylindres urinaires ; œdème rare et fugace, céphalée, troubles gastro-intestinaux. Hypertrophie du cœur gauche, accroissement de la tension artérielle, accentuation

du deuxième ton aortique ; terminaison par urémie ou troubles de compensation cardiaque.

Le diagnostic repose surtout sur la polyurie accompagnée d^albuminurie. L'albuminurie pouvant manquer pendant quelques temps, on pourrait, dans ces cas, confondre la maladie avec Thypertrophie du cœur accompagnant Tartério-sclérose généralisée. Lorsque la maladie arrive à la période de troubles de compensation cardiaque et d'asystolie, il peut être difficile, si Ton n'est pas au courant de la marche antérieure de la maladie, de décider s'il s'agit d'une affection cardiaque ou rénale primitive.

Rein amyloïde. — Urines de quantité normale ou accrue, ,de couleur jaune clair; quantité quelquefois considérable d'albumine ; hydropisie et symptômes urémiques rares; pas d'hypertrophie du cœur; le diagnostic de rein amyloïde peut se poser avec assez de certitude quand les signes d'une affection rénale s'ajoutent à une maladie où la dégénérescence amyloïde des organes est fréquente (abcès froids, suppurations prolongées) et qu'il existe des signes de dégénérescence du foie et de la rate (hypertrophie) et de l'intestin (diarrhée chronique).

Affections suppurées du rein. — La présence du pus dans J urine, s'il ne provient pas du canal de l'urètre ou de la vessie (vérifier soigneusement s'il n'existe pas de cystite), doit faire songera une affection suppurative des reins : si le dépôt contient, avec le pus, des cellules épithéliales du bassinet, cellules triangulaires, fusiformes, imbriquées, on peut supposer que le bassinet est enflammé (pyélite) ; s'il y a, outre le pus, des cylindres urinaires, on peut supposer qu'il existe de la suppuration rénale ; les deux processus sont souvent réunis {pyélonéphrite) ; douleur habituelle à la région lombaire; symptômes de pyohémie (frisson, fièvre) et quelquefois d'urémie (céphalée, somnolence, etc.).

La pyélonéphrite tuberculeuse sera reconnue par la

présence des bacilles de Koch dans le pus et par les commémoratifâ.

Il ne faut jamais oublier de recourir à la cystoscopie dans les cas de diagnostic douteux.

II. Diabète sacré. — Début progressif : symptômes généraux : lassitudey torpeur, céphalée, douleurs névralgiqueSy démangeaisons ; furonculose ; diminution de Tacuité visuelle, polyphagie, augmentation de la soif y etc.. Augmentation plus ou moins considérable de la diurèse ; coloration jaune clair des urines ; augmentation de la densitéj présence du sucre (Voy. liv. I, chap. Urines).

L'existence de la glycosurie permanente, unie aux symptômes généraux, suffit pour diagnostiquer le diabète : quant à sa forme (diabète constitutionnel, diabète maigre y diabète nerveux), à son degré, ils sont reconnus par l'analyse quantitative de Turine, par le début, révolution de la maladie, les antécédents du malade et par Tinfluence du traitement.

III. Diabète azoturiqae. — Exagération de la soif et de Tappétit, amaigrissement, perte des forces ; quelquefois furonculose, polyurie; densité de l'urine souvent accrue, augmentation permanente de l'urée, absence de sucre.

IV. Diabète insipide (polyurie simple). — Soif vive, pas de polyphagie, amaigrissement, affaiblissement des forces, polyurie ; urines claires, d'un poids spéciûque très faible; pas d'augmentation des matériaux fixes de l'urine ; pas d'albuminurie, pas de sucre, pas d'accroissement de l'urée.

L'analyse de l'urine fera distinguer la polyurie simple de la polyurie avec glycosurie ; l'absence continue d'albumine et des symptômes habituels du mal de Bright permettra de la distinguer de la polyurie, de la néphrite interstitielle.

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