II. Maladies inflammatoires de la peau non contagieuses
1° Dans lesquelles il se forme des vésicules sur des régions circonscrites du tégument externe : herpès, zoster, herpès génital, herpès labial^ ;
2° Ou qui se manifestent par des papules, des vésicules, des pustules, accompagnées ou précédées de prurit, apparaissant successivement sur diverses parties du corps, pouvant môme envahir la surface cutanée tout entière : — eczéma et ses diverses variétés. L'eczéma peut survenir par Tapplication de substances médicamenteuses sur la peau (onguent mercuriel, huile de crotpn, etc.), ou encore artificiellement par le fait de contacts irritants dans certaines professions (épiciers, confiseurs, blanchisseuses, etc.). Dans quelques organismes, individuellement prédisposés, la maladie peut, du point directement. irrité, s'étendre et même se généraliser.
Ce sont des dermites vésiculeuses, eczématoïdes, mais non du véritable eczéma qui est toujours d'origine interne, chez les arthritiques, hyperuricémiques, ou hyperacides, etc. : l'eczéma séborrhéique mis à part, bien entendu, celui-ci étant vraisemblablement d'origine parasitaire.
1. Pour ce premier groupe, l'étude atlentive des conditious pathogéniques et quelques constatations cliniques, rares encore, et comme telles appelant un contrôle ultérieur, semblent devoir faire admettre la possibilité de la contagion.
m. Maladies inflammatoires de la peau non contagieuse^ dans lesquelles il se forme des bulles qui se développent sur une tache érythémateuse, congestive, qu'elles recouvrent exactement : — éruptions pemphigineuses, phemphigus aigu, pemphigus chronique, ou mieux pemphigoïde léry thème polymorphe).
Dans d'autres circonstances, ce sont des surfaces érythémateuses plus ou moins étendues sur lesquelles apparaissent des vésicules, des pustules et des bulles, de volume variable, accompagnées de paresthésies, maladie caractérisée en outre par des récidives constantes, rétat général restant relativement bon : dermatite kerpétiforme ou maladie de Duhring *.
IV. Maladies inflammatoires de la peau, etc., dans lesquelles il se développe de petites papules qui, pendant toute leur durée, ne subissent pas de transformation en dehors du simple processus de régression et dont {'(Solution s'accomplit en tant que papules : — lichen pilaire des sujets jeunes ou strumeux, lichen ruber plan.
Éruption de petites vésicules papuloïdes, ou pustulettes, épidermiques, disséminées, localisées de préférence sur la face externe des membres, très prurigineuses : — prurigo de Hebra,
V. Maladies inflammatoires de la peau, etc., caractérisées par des amas de squames reposant sur une base saignant facilement, psoriasis.
Par une déviation du processus de kéi'atinisation ou à'onychification, localisée initialement à Vinfundibulum pilaire et ne s'accompagnant que secondairement de rougeur et d'exagération des plis cutanés (E. Besnier) : —
1. lo Bulles des brûlures, ou de la gale, ou de certains eczémas pems phiguïdes palmaires ou plantaires.
"io Bulles du pemphigus vrai, maladie infectieuse presque toujoormortelle.
3» Bulles de IVrythème polymorphe (bon pronostic).
4o Bulles de la dermalilo récidivante prurigineuse de Duhring. Balte* de )a syphilis, de la lèpre.
pityriasis rubra pilaire, maladie de Devergie et de Richard. Par de larges surfaces squameuses : — pityriasis rubra : dêrmatite exfoliatrice, ichtyose,
VI. Maladies de la peau caractérisées par des suffusions sanguines du tégument externe : — pétéchieSy ecchymoses, purpura.
VII. Maladies caractérisées par des altérations des glandes sébacées : exagération de la sécrétion, — séborrhée, qui prépare le terrain à tant de microorganismes et de parasites (acné).
Diminution ou rétention de cette sécrétion cutanée,
— xérosis, comédon.
A la même catégorie appartiendrait encore la maladie constituée par de petits corps globuleux, légèrement saillants, dursj à surface lisse, parfois pédicules, ayant à leur sommet une ouverture à peine perceptible renfermant dans leur intérieur des corpuscules ovoïdes :
— molluscum contagieux de Bateman, acné varioliforme de Bazin, tumeurs sébacées de Kaposi, Cette affection, d'après Neisser, serait parasitaire et contagieuse ; le parasite appartiendrait à la classe des sporozoaiies, spécialement à la tribu des coccidies. Le corpuscule du molluscum serait, d'après ce même auteur, une cellule épithéliale kératinisée dans sa totalité, ou tout au moins constitué par un reste de noyau et de parasites.
Petites nodosités, d'un volume variable, rouges, dures, ayant à leur sommet soit un point noir, soit une pustule, ou encore du pus à leur intérieur: — acné vulgaire, acné ponctuée, acné vésiculeuse, acné pustuleuse, acné indurée ou tuberculeuse ou phlegmoneuse.
Pustules impétiginiformes du bord des régions pilaires, au niveau des follicules pilo-sébacés, se terminant par des cicatrices déprimées, indélébiles: — acné impétigo à cicatrices déprimées (E. ^QèniQv), acné arthritique diQ Bazin.
Acnés médicamenteuses.
VIII. Lésions des follicules pilo-sébacéSf caractérisées par la présence sur les diverses régions de la peau de petites saillies cornées enchâssées dans Torifice des follicules pilo-sébacés, lesquelles forment ensuite par leur confluence de véritables tumeurs séparées par des sillons et parsemées d*oritices dilatés, parfois abords exulcérés, avec sécrétion séro-purulente ; c'est une affection parasitaire dans laquelle on trouve des psorospermies ou coccidies (classe des sporozoaires) : — psorospei^mie folliculaire végétante (Darier).
IX. Taches rouge vif traversées de vaisseaux sanguins, sinueux, parfois avec papules, pustules, petites nodosités : — acné rosée j acné érythémaio-pusluleuse^ acné hypertrophique.
Maladies de la peau caractérisées par Tinflammation des follicules pileux et du tissu périfolliculaire dans les régions velues, se traduisant par des pustules, des nodosités rouges, enflammées : — sycosis simple, non parasitaire, folliculite pilaire,
A la nuque, à la lisière des cheveux, papulo-pustules péripilaires se terminant par des cicatrices saillantes, irrégulières, chéloïdiennes : — sycosis papillomateux et chéloïdien de la nuque (Ernest Besnier).
X. Maladies de la peau constituées par Vaugmentation de volume ou par la prolifération des éléments normaux des tissus :
Hypertrophies pigmentaires : — rwpvf, diverses taches pigmentaires ;
Hypertrophie de Tépidcrme, épaississements du tissu épidermique : — kéi'atodermies palmaire et plantaire, symétriques, localisées ou généralisées, acquises ou congénitales, médicamenteuses (arsenic) ou d'autre origine.
Excroissances cutanées formées par Tépaississement de répiderme et l'hypertrophie des papilles, verrues, ichthyose.
XI. Maladies de la peau résultant de V hypertrophie du tissu conjonctif [sclérodermie^ — dermato-sclérose, E. Besnier; kéloïde).
Maladies de la peau dans lesquelles la peau et le tissu cellulaire sous-cutané sont hypertrophiés consécutivement à des troubles locaux de circulation sanguine et lymphatique, à l œdème lymphatique qui amène la prolifération du tissu conjonctif : — éUphantiasis des Arabes ;
Maladies de la peau caractérisées, au début, par des taches érythémateuses, puis par l'apparition de tumeurs lymphadéniques survenant par poussées ; nodosités dont la confluence peut former des tumeurs plus ou moins considérables, qui finalement se désagrègent et s'ulcèrent, la maladie se terminant par la cachexie et la mort: — mycosis fongoide, probablement de nature parasitaire, mais dont le parasite est encore inconnu.
XII. Dermatoses en opposition directe avec les précédentes, caractérisées par la non-production ou la disparition de certains éléments de la peau: pigment — leucodermie, vitiligo : poils — alopécie prématurée, alopécie en aire {pelade), dont une variété contagieuse, parasitaire; — atrophie de la peau dans toutes ses parties constitutives.
XII. Maladies de la peau résultant de produits de nouvelle formation ayant leur point de départ dans différents éléments des tissus, néoplasmes, les uns bénins, les autres malins ou, selon la qualiûcation plus précise de M. Ernest Besnier, néoplasmes infectants et néoplasmes non infectants.
Dans cette classe sont compris les néoplasmes cutanés (dermatomes et dermatomyomes de Besnier), la chéloide, la cicatrice, le xanthome, etc.. ; les néoformations vasculaires : — angiomes, lymphangiomes.
Induration des tissus analogue à celle de l'ivoire, envahissant de préférence la peau de la région nasale et la muqueuse naso-pharyngienne ; dans le tissu, on trouve, outre des bacilles (bacilles deFritsch), de grosse!
cellules sans noyaux, claires, homogènes (cellales de Mikulicz) : — rhinosclérome-actynomycose cutané.
Plaques érythémateuses isolées, discoïdes (face et cuir chevelu), d'origine tuberculeuse (type érythémateux, E. Besnier) ; ou bien surfaces grisâtres, sèches, pointillées, en connexion avec les conduits sébacés (type ocnéique ou crétacé du même auteur) : — lupus érythémateux, lupus végétant et scléreux.
Petites nodosités rougeâtres, occupant toute l'épaisseur du derme, se terminant par ulcération et atrophie cicatricielle de la peau : — lupus vulgaire.
Ulcérations des muqueuses, à fond granuleux, grisâtre sur la peau ou petites tumeurs nodulaires, verruqueuses : tuberculose des muqueuses et de la peau.
Maladies de la peau caractérisées, soit par des taches jaunâtres ou rougeâtres, soit par des nodosités, des infiltrations planes ou tuberculeuses, soit par des surfaces d'anesthésie au niveau des taches ou des tubercules : — lèpre; affection parasitaire et contagieuse.
XiV. Maladies de la peau sans lésion apparente du tégument, caractérisées par des démangeaisons vives^ se manifestant à des intervalles variables, revenant par accès : — prurit cutané, prurigo simple, dermalgies, dermatoneuroses.
XV. Maladies parasitaires de la peau produites les unes par des parasites animaux, les autres par des parasites végétaux :
1 ° Gale {acarus de la gale) ;
2° Eczéma artificiel du cuir chevelu (poux de tête) ; phtiriase ;
3° Pédiculose du corps, dermatite dififuse avec lésions de grattage et pigmentation de la peau (poux des vêtements), pédiculose ;
4° Eczéma prurigineux du pubis (poux du pubis) susceptible de s'étendre de là à toutes les régions pilaires, phtiriase ;
5° Favus ou teigne faveuse, godets faviques, d*un jaune soufre, ombiliqués, trayersés par un poil {Achonon de Schoenlein) ;
6° Herpès tonsurant, teigne tondante, trichophytie tonsurante (formes parasitaires du sycosis, de Teczéma marginé, de Therpès circiné, de Touychomycose, de rérythème trichophy tique vésiculeux) (Trichophyton de Gruby, de Malmsten);
7» Pityriasis versicolor(Aficrosporon/Mr/wr d'Eichsted) ;
go Ërythrasma des régions inguinales, crurales, scrotales et axillaires {Microsporon minutissimum de Burckardt et de von Bœrensprung) ;
9^ Tumeurs purulentes ayant leur siège ordinaire dans la mâchoire inférieure et à la région cervicale, caractérisées par la présence dans le pus de granula< lions jaunes, constituées par des champignons spéciaux : — actinomycose.
Tous ces parasites ont été décrits dans la première partie du Manuel.
XVI. Manifestations cutanées de la syphilis. — Les manifestations cutanées de la syphilis doivent être distinguées avec le plus grand soin des autres affections de la peau.
Les syphilides se présentent avec un certain nombre de caractères communs à toutes les variétés, et qui permettent ordinairement de les reconnaître ; ces caractères sont :
i^ Le polymorphisme, réunion sur un même individu de plusieurs espèces de lésions élémentaires (macules, papules, pustules, etc.) ;
2° La coloration : coloration rose d'abord, puis rouge couleur de jambon, enfin cuivrée lorsque la lésion vieillit ;
3° La foiifne : tendance des éléments éruptifs à affecter une forme circulaire ou semi-circulaire ;
4° Absence de prurit et de douleur;
5° Siège. — Prédilection de certaines syphilides pour
des sièges spéciaux, de la roséole pour la partie interne des membres, des papules pour la partie postérieure du cou et du tronc, des syphilides psoriasiformes pour les mains et les pieds, des pustules pour le cuir chevelu, etc.
6° Caractères des lésions secondaires aux lésions éruptives élémentaires, — Les squames sont blanches, superficielles, moins épaisses, plus adhérentes, et moins imbriquées dans le psoriasis ; elles ne recouvrent quelquefois qu'incomplètement la saillie éruptive. Les croûtes , succédant aux pustules ou à Tulcération des tubercules, sont épaisses, inégales, stratifiées, adhérentes, enchâssées dans la peau, d'un vert noir (écailles d'huîtres). Les ulcérations sont arrondies, à bords nets, taillés à pic, non décollés, à fond grisâtre, pseudomembraneux, à sécrétion purulente plastique, souvent entourées d'une auréole brunâtre. Les cicatrices sont arrondies, d'un brun violet au début, blanches plus tard, lisses, unies ou un peu ridées.
70 Phénomènes concomitants. — Avec les syphilides précoces coïncident l'engorgement ganglionnaire (nuque, aine), les plaques muqueuses, l'alopécie, la céphalée, les douleurs rhumatoïdes; avec les syphilides tardives coïncident quelquefois les douleurs ostéocopes, les exostoses, les tumeurs gommeuses, les lésions viscérales, ou bien les stigmates de la syphilis héréditaire (front léonin, dents d'Hutchinson, tibias en lames de sabre, aspect vieillot).
8° Marche. — Les syphilides ont une marche lente, procèdent souvent par poussées successives, se modifient dans leur évolution, une forme d'éruption succédant à une autre.
Aucun des caractères des syphilides pris isolément n'a de valeur pathognomonique absolue; la réunion de quelques-uns des caractères permet de faire le diagnostic avec certitude.
Donner la description des syphilides en particulier nous entraînerait en dehors du cadre de ce Manuel,
SUPPLÉMENT
ALIMENTATION ET DÈSASSIMILATION
L'intégrité de Torganisme humain ne peut être maintenue qu'à la condition que la nourriture prise chaque jour vienne exactement compenser les pertes correspondantes et soit suffisamment riche en matières albuminoïdes, graisses et hydrates de carbone.
La constance dans le poids du corps n'est pas une preuve suffisante du bon état de santé ; ce poids peut en effet augmenter même avec une alimentation insuffisante, par exemple s'il y a accumulation d*eau, comme dans les cas d'œdème, d'hydrémie.
L'albumine de l'organisme s'use pendant le jeûne ; il faut donc la lui restituer, et la plus petite quantité nécessaire pour assurer l'intégrité de l'économie est d'environ 100 grammes ; à une dose plus forte absorbée correspond une élimination plus grande, de sorte que la combustion de l'albumine est sous la dépendance de la quantité ingérée ; cette combustion est également en relation avec l'état de santé de l'individu, et un sujet musclé en consomme plus qu'un malade débilité. L'économie humaine a pu être comparée, avec une exactitude relative, à une machine à vapeur ; la combustion de la houille y est remplacée par celles des aliments ternaires et l'usure des pièces métalliques correspond à la combustion partielle de la subs-
492 SUPPLÉMENT
tance albuminoîde du muscle ; ce n'est qu'en cas d'insuffisance dans Talimentation en hydrocarbonés et graisses, que l'organisme brûle sa propre substance, en commençant toujours par les réserves de composés ternaires qu'elle possède. Le calcul exact de la moyenne de la ration habituelle de travail comparée à la ration d'entretien pour l'individu adulte de poids moyen, en divers pays, établit que si, pendant la journée de travail modéré, les aliments ternaires doivent être augmentés d'un peu plus d'un tiers, V augmentation est de près de moitié "pour les matières albuminoïdes, ce qui tient pour une grande part à l'usure plus grande des organes de la machine animale.
D'ailleurs, pendant le travail, l'azote total excrété parles urines augmente un peu (12 p. iOO en moyenne), en même temps qu'on observe un accroissement dans^ l'assimilation des aliments azotés (5,2 p. 100).
La combustion des éléments azotés de l'organisme est considérablement augmentée dans la fièvre, et les^ produits de cette combustion sont éliminés en grande partie par les urines, surtout sous la forme d'urée, partie aussi par les selles. Avec un régime moyen, la quantité d'azote éliminée ainsi par les fèces s'élève à Ok^S dans les vingt-quatre heures, à 0»'',2 pendant le jeûne.
Chaque gramme d'azote éliminé correspond à 68^*',25^ d'albumine ou 298*',4 de chair musculaire, et d gramme d'urée représente 2b',9 d'albumine et i3K',72 de viande ; il est donc facile, avec ces données, connaissant la proportion d'azote total éliminé par les urines et celle qui passe dans les fèces, de calculer la quantité correspondante d'albumine détruite dans l'économie.
D'autre part, si l'on connaît la quantité d'albumine ingérée, et la proportion de celle qui n'est pas assimilée et passe directement dans les fèces, on peut, en comparant ces chiffres avec ceux de l'azote éliminé par les urines, voir rapidement si l'organisme perd de l'albumine, s'il en accumule, enfin s'il y a équilibre
ALIMENTATlOJï ET DÉSASSIMILATION. 493
entre les entrées et les sorties. Prenons, par exemple, un fiévreux qui, dans les vingt-quatre heures, ingère 58'',977 d*azote dont 18^,087 passe non transformé dans les selles, tandis qu'il en élimine par les urines 19e'",488; il est évident que ce malade éprouve une déperdition de 14b',598 d'azote, correspondante à 91k',236 d'albumine ou à 429»^,2 de tissu musculaire.
Les aliments ternaires, hydrocarbonés et graisses étant, dans réconomie humaine, les générateurs de la chaleur et de la force, il est facile de calculer expérimentalement l'équivalence de chaleur produite par les divers aliments : 100 grammes de graisse correspondent à 232 grammes d'amidon, 234 de saccharose, 256 de glucose et 211 d'albumine.
Si l'on veut augmenter la proportion de graisse accumulée dans un individu, on doit, à côté d'une quantité suffisante d'albumine pour parer aux pertes en azote, augmenter la proportion des aliments non azotés : et comme une proportion de graisse alimentaire supérieure à 100 grammes par vingt-quatre heures n'est pas facilement assimilée, il faut prendre des hydrates de carbone en abondance ; veut-on au contraire faire mai- :grir un individu sans porter atteinte au système musculaire, il faudra lui donner une alimentation riche en albumine, pauvre en corps gras et surtout en hydrocarbonés ; on diminuera donc la quantité de pain, de pommes de terre, de farineux, de corps sucrés, et on veillera à ce qu'un exercice corporel suffisant maintienne assurée la combustion des graisses.
Dans le diabète sucré, l'économie a perdu la propriété d'utiliser les hydrates de carbone par combustion complète, et ces derniers sont excrétés à l'état de glucose . En même temps l'organisme use en plus grande proportion ses matières albuminoïdes et grasses. L'alimentation doit, par suite, s'enrichir en ces derniers principes qui seuls sont assimilables, pour arriver à compenser le déficit qui résulte du défaut d'utilisation des hydrates de carbone. H se produit même des cas
SUPPLÉMENT
de diabète grave où, malgré une privation absolue d'aliments féculents et sucrés, le malade n'en élimine pas moins du sucre qui peut se former alors aux dépens des matières azotées.
La quantité et la proportion des divers aliments qui sont nécessaires à l'économie varient avec les individus ; le tableau suivant donne les chififres, en grammes, que Voit a trouvés expérimentalement.
Ouvrier vigoureux (70 kilogr.)
Homme de la classe aisée (médecin)
Prisonnier (ne Iravaillant pas, ralion d'entrolien][. .
S s co
« ta
en co
< es o
oc M
es "
ta
La quantité absolue d'aliments nécessaire à un adolescent en voie de croissance est moindre que pour un adulte, mais plus grande proportionnellement au poids du corps. Le tableau suivant donne la composition des principaux aliments, et permet, par des calculs très simples, d'établir un régime alimentaire suffisant, mais variable, suivant les circonstances.
Des aliments que nous ingérons, une partie passe toujours non assimilée dans les fèces. Les variétés d'albuminoïdes les plus assimilables sont celles de la viande, des œufs, du fromage, l'albumine de la farine de blé et de riz; la légumine Test beaucoup moins. Les hydrocarbonés, sauf la cellulose, sont absorbés presque complètement, tandis qu'une grande partie des graisses passe dans les fèces.
Il est des circonstances pathologiques où r.ihsorption intestinale s'effectue dans de mauvaises con«litions;
ALIMENTATION ET DÉSASSIMILATION.