‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 216 sur 554 · Deuxième période de ravènement des Capétiens · texte numérisé non relu

Deuxième période de ravènement des Capétiens

à la fin du xii* siècle.

Il y a lieu d*exaniiner maintenant comment et à quelle époque s'est opérée la duplication du nom. II n*est pas rare que, dès Tépoque barbare, certains personnages aient été connus sous deux noms. Cela pouvait être dû à diverses causes. Depuis le m* siècle ou environ, le sacrement de baptême comportait l'imposition du nom. Souvent on y confirmait un nom antérieurement porté, mais parfois aussi on changeait le nom du néophyte, qui cependant conservait dans le monde le nom sous lequel il était connu auparavant. Nous avons un assez grand nombre de témoignages attestant que Tusage se conserva longtemps de porter un nom autre que celui qu'on avait reçu au baptême, même alors que le baptême était communément administré dans les premiers jours qui suivaient la naissance. Sans parler des formes familières dont il a été question au paragraphe précédent, nous savons que Clovis 11 avait reçu au baptême le nom de Clotaire*, saint Davon celui d'Allowinus*, le diacre Waldo celui de Bertchrammus^. et que sainte Rusticule (f 632) était désignée par ses proches sous le nom de Marcia*. A une époque beaucoup plus récente, Orderic Vital nous apprend que la reine îfathilde, femme du roi d'Angleterre Henri P', s'appelait Edith de son nom de baptême*. Le nom de Thibaud, donné au roi de France Louis VI par le même chroniqueur, avait sans doute la même origine*.

C'est à cette origine aussi qu'il faut rattacher sans doute beaucoup de doubles noms que l'on rencontre dans les textes antérieurement au X* siècle. H en est d'autres qui n'ont probablement pas d'autre raison d'être que le besoin de distinguer des homonymes.

Il en est souvent de ces noms comme des formes familières dont il a été question plus haut : un même personnage est désigné tantôt par l'un et tantôt par l'autre ; c'est le cas par exemple au vi« siècle pour le duc d'Auvergne Gontran-Boson, et beaucoup plus tard pour le comte de Bourgogne Otte-Guillaumey et le comte d'Anjou, Guy-Geoffroi. Dans les textes diplomatiques où on les rencontre ils ne portent jamais qu'un seul de leurs noms.

Mais parfois aussi les deux noms se trouvent réunis, simplement juxtaposés, ou bien reliés l'un à l'autre par une expression telle que qui et

i. Chron, S. Benigni Divion,, dans d'AcHERY, Spicil., t. II, p. 590.

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