‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 222 sur 554 · QuAKTnr, Carttd. de l'Yonne, n · texte numérisé non relu

QuAKTnr, Carttd. de l'Yonne, n

562 NOMS DE PERSONNE. [Liv. m, Ch. ii,

en abondance depuis le règne de Philippe I**. Dès le début du xi« siècle dans le Midi, le nom de lieu s'était ajouté au nom redoublé : Beimardus Amelim de Arca (iOll), Velrus AmeUuê de Peira Periusa (4020)*.

C*est un préjugé assez répandu que les noms de lieu ajoutés de la sorte aux noms de personne ont toujours été des noms de terres, de domaines, de seigneuries, et par suite que les noms de personne dans la composition desquels entre un nom de lieu précédé de la particule de constituent une présomption de noblesse en faveur de ceux qui les portent. Rien de plus faux. Il serait facile de montrer que depuis Torigine et dans toutes les régions de la France, les roturiers n*ont pas cessé de porter des noms ainsi composés. M. de la Plane cite 1 exemple d*un scribe du x*-xi" siècle qui souscrit les chartes qu'il rédige en son pays de son nom suivi de sa qualité : Salvafor levita^ mais qui, s'étant rendu à Nice, ajouta désormais à son nom celui de sa ville et souscrivit : Salvator de Forcair querio^, 11 n'était pas à coup sûr seigneur de Forcalquier, dont les comtes sont bien connus. On pourrait multiplier presque à l'infini les exemples de cette espèce et les suivre de siècle en siècle jusqu'à la fm de Tancien régime'. Les noms de lieu qui ont servi à composer les noms de personne ont donc été des noms de pays d'origine aussi souvent que des noms de fief; en l'absence d'autres indices il est impossible d'en tirer aucune induction sur la condition sociale de ceux qui en sont revêtus.

Une dernière manière d'opérer le redoublement du nom a consisté à employer comme seconde dénomination un sobriquet, c'est-à-dire un nom imaginé d'après quelque particularité physique ou morale ou bien une circonstance de la vie de l'individu.

Il est bien certain que de pareilles dénominations ont dû exister de tous temps. On connaît les surnoms de la. plupart des membres de la famille carolingienne : Charles Martel^ Pépin le Bref, Charlemagne^ Louis le pieux, Charles le Chauve, etc., et ceux de beaucoup de barons des premiers temps de la féodalité : le duc de Lorraine, Renier au Long Col; le duc de Normandie, Guillaume Longue Épe'e; les comtes Guillaume Tête d'éloupes, de Poitiers; Foulques Nerra, d'Anjou; Thibaudle Tricheur, de Chartres; Baudouin Bras de fer, de Flandre; Herbert Éveille-chiens, du Mans; Guillaume Taille fer, d'Angoulème, etc.

Mais pendant longtemps l'histoire seule a recueilli ces dénominations ; elles n'apparaissent dans les chartes que vers la fin du x* siècle et demeurent assez rares jusque dans les premières années du xi*; elles deviennent alors plus fréquentes et abondent dans les actes de toutes les

i. Hist. de Languedoc^ t. V, col. 373.

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