‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 227 sur 554 · Charte de 1277 {Ibid., n · texte numérisé non relu

Charte de 1277 {Ibid., n

5. Un prédicateur de la fin du xiii* s. cite, p. ex., c quidam pater familias cogno < mento Palmarius, quia peregrinus fuerat in Terra sancta ; nomen autem ejus (ajoute- « l-il), mihi modo non occurrit. » (P. Meter, Notice sur un recueil d!* Exempta.... de ùurham, dans les Notices et extraits, t. XXXIV, l'* part., 1891, p. 418.)

6., Lui-môme, au début de sa carrière, s'intitule : c Je Arnaut de Cervole, arceprestre de Vélines ». Cette désignation est alors un titre. Elle disparaît bientôt de ses actes, mais on la retrouve dans les documents et notamment dans les nombreuses lettres de l'émission où il est question de lui : < Amault de Cervole, dit Arceprestre, chevalier » ; elle est devenue un sobriquet. Voy. A. Chérest, L'archiprètré, épisodes de la guerre de Cent Ans, Paris, 1879, in-8.

370 NOMS DE PERSOiNNE. [Liv. m, Ch. ii,

sont mentionnés des gens de condition inférieure; en voici quelques exemples empruntés à des documents du xiv« siècle' :

lifioys Qui ne ment, Giraume le Bougre, , Jehan le Petit Homme.

lâabiaus la Forte à bien faire.

Jehan Jhesu Christ.

iehanne Tout le monde.

Nicolas Trop as femes.

Martine Qui va là. Regnault Houhou, Jehan Qui se prend.

Les femmes portaient le surnom de leur mari et les filles celui de leur père; mais généralement on le faisait précéder de Tarticle féminin, et, lorsqu'il s*y prétait, on y ajoutait une terminaison féminine :

Charlier — laChartière.

Jlobin — ia Robine.

Briçonnet — la Briçonnclle.

Fornier — la Forniére.

Poytevin — la Poyteviue.

Gallet — la Galletle.

•Cet usage, général dans les actes publics du xiv« au xvi* siècle, s'est perpétué dans Tusagc familier jusqu'au commencement de ce siècle et .on en suivrait môme aisément la survivance jusqu'à nos jours. 11 a été 1 origine de noms de famille tels que Lamartine^ Larousse^ etc*

La transformation de l'ancien nom en nom de baptême ou prénom, et du surnom (cognomen) en nom de famille, coïncide à peu près en France avec l'organisation de l'état civil. On sait que les premières prescriptions de l'autorité royale à cet égard se trouvent dans une ordonnance de François I*' du mois d'aoùl 1539* et que les plus anciens registres de baptême signalés jusqu'ici datent du xv« siècle.

Une profonde modification s'est opérée vers cette époque. L'ancien nom, le nom personnel, a été relégué au second rang, il est devenu le nom (le baptême on prénom et n'a plus servi qu'à distinguer entre eux Ips membres d'une môme famille ou les individus de même nom. le surnom, devenu héréditaire, prend au contraire la première place; il devient nom de famille ou nom patronymique; c'est lui qui est le véritable nom ; il suffit à lui seul pour désigner un individu et l'on n'y ajoute le prénom, lorsqu'on l'ajoute, que comme accessoire. Il est difficile de dater exactement cette transformation, qui ne s'est produite que graduellement dans les usages : elle a commencé au moment où les surnoms sont devenus héréditaires, mais elle ne s'est achevée que lorsque l'usage de désigner un individu par son nom de famille plutôt que par son prénom fut devenu général. C'est, si je ne me trompe, au commencement du xvi" siècle.

Les noms donnés au baptême, qui pendant longtemps avaient été des noms uniques, se sont multipliés vers la même époque. On en trouve les premiers exemples dans le sud-ouest de la France au xiv« siècle. Ce sont

1. H. BoRDiER et L. Brièlk, Les archives hospitalières de Parisy Paris, 1877, iii-8, 2* partie, pp. 120-125, passim.

2. Art. lÎ0'h2, Ib\MBEiiT, Anciennes lois françaises^ t. XII, p. 610<

gg 5, 4.] NOMS de: personne. 571 ;

à Torigine des noms redoublés auxquels s'ajoutent des noms de fiefs devenus noms de famille. L*usagc s*en est surtout propagé en Espagne, d*où il fut porté en Allemagne et en Italie par la maison d'Autriche. En France il se répandit au xvi* siècle, mais n'atteignit jamais l'exagération des i

noms espagnols.

On sait qu'un grand nombre d'écrivains, de jurisconsultes, de savants, de l'époque de la Renaissance, se sont complu à latiniser leurs noms. Quelques-unes de ces formes latines ont prévalu au point de faire à peu près oublier les noms vulgaires; d'autres ont été retraduits et ont acquis ainsi, soit une forme française, — alors que le nom primitif était dans une langue étrangère, — soit une forme savante, alors que le véritable |

nom avait une forme vulgaire. Les actes publics, au contraire, où ces personnages figurent, ont conservé les noms primitifs. Calvin est toujours nonunè Cauvin dans les actes publics; Melanrhthon s'appelait de son vrai nom Schwarzerde, L'historien bavarois Johann Thurmayr s'appelait Âventinus^ du nom de sa ville natale, Abensberg. De même Landmann est devenu Agricola ; Jean de Kœnigsberg, RegiomontanuM^ etc.

4. — De la traduction et de l'identlfloation des noms de personne.

Mes dernières observations en ce qui louche les noms de personne auront trait à la manière de les traduire en français, et aux moyens de reconnaître, lorsqu'il y a lieu, les personnages qui figurent dans les chartes; c*est ce qu'on appelle les identifier.

Potu* traduire les noms des personnages connus, il faut en général, et sauf le cas où Ton aurait pour s'en écarter des raisons tout à fait décisives, se conformer à l'usage^ Généralement très simple lorsqu'il s'agit des grands noms de l'histoire, l'identification des noms de personne devient un problème parfois difficile pour les innombrables personnages des arrière-plans. Une chose en particulier peut compliquer la recherche: souvent le nom sous lequel un personnage esl connu n'est pas celui qu'on rencontre dans les actes publics où il figure. Sans parler des variations de formes en lalin et en langue vulgaire, qui suffisent quelquefois à dérouter la critique, c'est parfois le nom même qui est complètement différent de celui qu'a consacré l'usage. Pour n'en citer qu'un exemple, mais caractéristique, le célèbre imprimeur Pierre Schœfler est fréquemment désigné dans les actes par le nom de son village et s'appelle simplement Pierre de Gemsheim*. Il n*y a naturellement ni règle ni méthode

i. n n*est peut-être pas inutile d'a^jouter ici un mot d'explication : j*estimei*ais puéril de s'amuser, sous prétexte de restitution, à changer par exemple le nom de Charlemagne ou celui de du Guesclin ; en revanche, je trouve légitime d'avoir rendu au maréchal Arnoul d*Audrehem son Téri table nom, qui est celui d'une localité de la Flandre et que les historiens, trompés par les textes, avaient longtemps défiguré sous la forme Oûenehen ou Audenekan.-

% « Ego Petrus Genissichem impressor librorum. » (Quittance du 20 juillet 14C8. bibl. de tÉe. de$ Cftartet, t. XI, 1840-50, p. 60.)

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