‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 232 sur 554 · Ouvr. cit., p. 125 et suiv · texte numérisé non relu

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VAUCEL DB mPLOMATIQUE. 25

386 NOMS DE LIEU. [Liv. m, Ch. m,

par le suffixe â^tis sont si nombreux qu on a pu les évaluer à environ un vingtième du nombre total des noms des lieux habités en Gaule.

D'autres noms de lieu se sont formés d*une manière analogue d'un cognomen romain ou latinisé auquel s*est ajouté le môme suffixe -àcui. Ils différent des précédents en ce que le suffixe n*y est pas précédé d'un i : Camar-acus, Turn-acus,

Enfin certains noms de même origine dérivent de gentilices terminés en -enus (forme secondaire des gentilices en -ius) * par l'addition du suffixe -acus avec ou sans doublement de Vn : Avenus, Avenn-acus; Artenus. Arten-acus.

La désinence i-ânus a naturellement donné en français des noms terminés en an : Marcellianus, Harseillan (Gers, Hérault, Hautes-Pyrénées); Licinianus, Lésignan (Hérault) et Lusignan (Vienne).

La désinence ^acui a fléchi en français de bien des manières différentes.

i^ Dans les pays de Languedoc, la prononciation a conservé la syllabe ac, qui est devenue la finale du nom.

Aureli-acum, Aureilhac (Gard), Aurillac (Cantal), Orihac (Lot); Sabiniacum, Savignac (Ariége, Aveyron, Dordogne, Gers, Gironde, Lot-et- Garonne, etc.); Severiacus, Severac (Aveyron) et Civrac (Gironde).

Cette désinence en ac se trouve également dans toute la Bretagne* : Rufiacum, Ruffiac; Camacum, Carnac (Morbihan); concurremment avec les désinences équivalentes ec et oc,

2<* Dans la zone intermédiaire entre la langue d'oc et la langue française (Saintonge, Angoumois, Limousin, Marche, Auvergne, Lyonnais, Bresse, Franche-Comté), la prononciation a laissé tomber la consonne finale, et la désinence est -a, que l'on trouve notée de diverses manières : -a«, -ai, -a,

LiciniacuSf Lésignat (Charente); Bonacum, Bonnat (Creuse); Marcel^ liacus, Marcillat (Allier et Puy-de-Dôme); itfonianiaci/s, Montagna (Jura) et Monlagnat (Ain); Nantoacum^ Nantua; Gaciacum, Gizia (Jura)^

S"* On trouve dans la même région, dans le voisinage des pays de Lan* guedoc, les terminaisons ec et eix; Ruffiacum, Ruffec (Charente et Indre); Cersiacum, Cersec (Vienne); Flaviacum^ Fleix (Vienne).

4** Dans les pays de la France septentrionale, il y a lieu de distinguer les noms dans lesquels le suffixe -acum n'est pas précédé d'un t. Cette désinence a dans ce cas donné invariablement en français -ai : Camaracum, Cambrai; Sparnacum, Epernai; Tttrnacitm, Tournai; Avennacum^ Avenay; Artenacum, Artenay.

5^ Quant à la terminaison -i-acum, dans les pays de langue française, elle doit avoir fléchi d'abord généralement en -tet, pour devenir ensuite suivant les pays : -é dans la région de l'Ouest, -ey dans les provinces

'^^ J. IiOth. liemarques sur les noms de lieux en -ac en Bretagne , dans Revue ceUi" que, t. XII (1891), p. 580.

1. D'Arbois nR JuBvisvii.LK. Rech. sur Corig. de la propriété., p. 4i0 et suivi

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