‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 233 sur 554 · Et non pas Gex, comjne on le dit (ouvcnt à lort · texte numérisé non relu

Et non pas Gex, comjne on le dit (ouvcnt à lort

de TEst, et enfin -y dans les autres pays. Liciniacunif Lésigné (Maine et- Loire); Sabiniacum, Savigné (Indre-et-Loire, Vienne, Sarthe); Ruffiacunit Roffey (Yonne) et RulTey (Côte-d'Or, Jura); Marcelliacum^ Marcilly (Aube, Cher, Côte-d*Or, Eure, Indre-et-Loire, Isère, Loir-et-Cher, Loire, Loiret, Manche, Haute-Marne, Rhône, Saône-et-Loire, Seine-et-Marne) et Marsilly (Charente-Inférieure) ; Liciniacumy Lésigny (Seine-et-Marne, Vienne) et Résigny (Aisne) ; Sabiniacum^ Savigny (Ardennes, Cher, Côted'Or, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Manche, Marne, Haute-Marne, Nièvre, Rhône, Saône-et-Loire, Haute-Savoie, Seine-et-Oise, Vienne, Vosges, Yonne); Severiacum, Sevry (Cher).

6® Dans une petite région de TEst, comprise presque entièrement dan^ les départements de la Loire, du Rhône, de TAin et de Tlsère, aux confins de la région du provençal, le c est tombé de bonne heure et Vu s*est conservé, d*où est résulté une terminaison en -ieu : Liciniacum, Lezignieux (Loire) ; Ruffiacum^ Ruffieu (Ain) et Ruflieux (Savoie) ; SeveiHacuniy Civrieux (Ain, Rhône).

M. P. Meyer a dressé pour toute la zone intermédiaire de la France, de rOcéan aux Alpes, entre le & et le 47« degré de latitude, une carte où il a fait figurer, avec leur nom moderne, toutes les localités dont la forme latine se terminait en ^acunij afin de montrer la différence de traitement de Va tonique de cette terminaison, au point de rencontre des dialectes du Midi et du Nord ^

Désinences secondaires^ -aium, -eium. — La terminaison en -i-acum ne se rencontre plus guère, dans les textes du moyen âge, postérieurement au XII® siècle; elle y est ordinairement remplacée, dans les pays de langue d'oil, par -aium et -eium; mais c'est là une retraductîon faite sur le français. Les scribes qui écrivent en latin traduisent par exemple Lésigny par Lesineium ; Savigny par Savineium^ parce qu'ils ignorent les anciennes formes Liciniacum, Sabiniacum. Un document contenant des formes latines ainsi dégénérées, et qui se donnerait comme antérieur au xi^ siècle, devrait être considéré comme suspect.

B. Geniilices ou cognomina teignes en -as devenus noms de Heu ; désinences -ids, -ia, -ium, -hs, -iâs. — Assez souvent aussi, gentilices ou cognomina terminés en -ius n'ont pas été développés par un suffixe. De ces noms, la plupart ont pris la valeur d'adjectifs et se sont accordés avec un substantif tel que fundus, villa, curtis, praedium, exprimé ou plus souvent sous-entendu. C'est l'origine des noms de lieu terminés en -tti«, 'ia, 'ium, dont les désinences ont fiéchi en français de différentes manières.

Les noms en ius sont les moins fréquents : ils ont en général perdu toute leur désinence dont l't a parfois passé cependant dans la syllabe accentuée : Antonius, Antoingt (Puy-de-Dôme) ; Cornilius, Cornil (Corrèze) ; Grussius, Greux (Indre-et-Loire) ; Hiccius, Is (Côte-d'Or) ; Ingenius, Engcns

i. Cette carte doit être publiée dans un des fascicules de la Romania en 18d2i

588 NOMS DE LIEU. [Liv. m, Cit. m,

Isère) ; Marcitu, Mars (Gard) ; Mercurius, Mercœur (Corrèze) et Helgueil, par contraction Mauguio (Hérault); Tiliu$, Thil (Aube).

Dans les noms féminins en -ia^ ou bien Vi s*est combiné avec la désinence : Albania, Aubagne (Bouches-du-Rhône) ; Artia, Arces (Isère); GresUia (pour Gracilia), Grésille (Maine-et-Loire) ; Hispania, Ëpagne (Aube); Magontiaf Mayence*; Tilia, Theil (Yonne); Viseilia, Vizille (Isère); ou bien l't a passé dans la syllabe accentuée : Aria, Aire (Pas-de-Calais); Ambasia, Amboise.

Une autre classe, peu nombreuse mais intéressante, de noms de lieu féminins en -/a, a été formée à Taide de noms de peuples : Alamannia, Allemagne (Basses-Alpes, Calvados); Alania, Alaigne (Aude); Burgundia, Bourgogne (Marne): Gothia, Gueux (Marne); Marcotnannia, Marmagne (Cher, Côte-d'Or, Saône-et-Loirc) et Marmeaux (Yonne) ; Sarmatia, Salmaiiay Salmaise (Côte-d'Or); Sermaise (Maine-et-Loire, Seine-et-Oise, Loiret); Sermoize (Marne, Oise); Sermoise (Aisne, Nièvre); Teifalia, Tiflauges (Vendée), etc. Ce sont les noms de territoires assignés aux Alamans, aux AlainSy aux Burgundes, aux Goths, aux Harcomans, aux Sarmates, aux Teifalif établis dans TEmpire.

Des noms analogues se rencontrent au pluriel, avec les désinences du datif (-iîs ou -ts) : Metti$ (désin. popul. pour Meltiis), Metz; Tiberiis, Thivîers; Blesis (Blois); — ou de l'accusatif pluriel : Sdlemnia$, Soulaines (Maine-et-Loire); Valerias, Yallières (Aube, Indre); Licinias, Lézinnes (Yonne) ; Petrignas, pour PetriniaSy Prignes (Maine-et-Loire). On voit que ces noms en devenant français ont gardé ï$ final de la désinence latine.

C* GenlUices et cognomina de désinences diverses devenus noms de lieu; désinences -enus, -io. — Les gentilices en -enus, comme c^ux en -fii«, sont parfois devenus, dans les mêmes conditions et sans addition de sufGxe, des noms géographiques. Leur désinence, généralement féminine, n'a guère éprouvé d'autre accident que l'assourdissement de la voyelle finale non accentuée : Turenna, Turenne ; Tarvenna, Thérouanne.

11 en a été de même des cognomina, de toute origine, qui ont été employés comme noms de lieu sans avoir été développés par un suflixe. M. d'Arbois cite entre autres : Marcus, Marc-la-Tour (Corrèze); Tumus, Tours-sur-Marne (Marne); Vassillius, Vassel (Puy-de-Dôme); TuUum, Toul; Luteva, Lodève; Cupitas, Queudes (Marne); Romulas^ Romoules (Basses-Alpes).

Aux gentilices en -ius s'est ajouté parfois, pour former des noms de lieu, le suffixe -o, -onis, qui a donné en français la désinence on, dérivée du cas oblique : Albucio, Aubusson ; Arcio, Arçon (Côte-d'Or) ; Btdlio, Bouillon ; Divio, Dijon. On rencontre parfois dans les textes, depuis le xir siècle, les noms de cette catégorie avec une désinence -t/m, ou -un; par ex. : Bri-

i. A observer que la forme latine ancienne est Magontiatus ou Mogonliacwt, mais la forme française, comme la forme allemande Mainz, est dérivée de Uagoniia.

gnum = Brignon (Maine-et-Loire); ce n'est pas là une forme latine, mais un mode de notation de la forme vulgaire.

Il n*est pas toujours facile de distinguer les noms en -on de cette calé* gorie de ceux qui ont pour origine un primitif en -o^magus (voyez plus haut, p. 384).

D. Suffixes gaulois -iscos, -a vus, -icos, -ssa. — D'autres noms de lieu gallo-romains dérivent d'un mot latin par l'addition du suffixe gaulois 'iscus. Les noms ainsi formés avaient l'accent tonique sur la pénultième. Vibiscus, Vevey; Lodiscus, Loiscus^ Luet (Rliône); Petriscus, Peyresc (Basses- Alpes) ; Romaniscas^ Romanèches (Saône-et-Loire).

Un autre suffixe gaulois -avtis s'est combiné de même avec des noms de personnes (gentilices ou œgnomina) pour former des noms de lieu. On le trouve dès le vn^ siècle syncopé dans les formes latines terminées en -auSf -uum, et plus tard en -eus, -oum. Elles ont généralement produit en français les diphtongues au, oUy eu : Ambiliavus et plus tard Ambilloum, Ambillou (Maine^t-Loire) ; Ameliavus, Amiglavum, Millau (Aveyron); Merîaus (pour Merulavus), Merlau (Marne); Argentans a donné Argental (Loire).

La forme féminine a donné -éve, lorsqu'elle était accentuée : Rionava^ Renève (Côte-d'Or); ou simplement la désinence muette -ve, lorsque l'accent la précédait : Massava, Mesve (Nièvre).

Les formes plurielles ont au contraire donné une terminaison toute diiîèrente, la désinence -iers : Pictavas^ Poitiers (à côté de Pictavus, Poitou) , Andecavas^ Angiers, puis Angers (à côté d'Andecavus, Anjou).

Le suffixe -icus a formé des dérivations analogues. En général il était précédé de l'accent, et il en est résulté en français une syllabe muette où le c dur s'est souvent adouci en cA ou ^ : Avenlicum, Avenche ; Lusarecas, Lusarches; Gemmeticus^ Jumièges; Fabrica, Fabricas, Fargue, Farges, Fargues, Forges. L't a été au contraire accentué dans Lautricum^ Lautrec (Tarn); Marticum, Martigues (Bouches-du-Rhône); Alvemicum, Vernègue (Ibid.); Fabricas, Fabrègues (Hérault) et Faverges (Isère).

Le même suffixe s'est ajouté parfois, dans le midi de la France, à des noms en -anus dérives eux-mêmes pour la plupart de gentilices en -ius. Cette combinaison a produit des noms de lieu dont la désinence -anicus est devenue successivement anègues, puis argues, par mutation de la liquide, lorsque le c dur ne s'est pas adouci (Hérault, Gard, Bouches-du- Rhône, Puy-de-Dôme, Haute-Loire). ALbucianicas , Aubussargues (Gard); Aurelianicus (pour Aurelianicas) , Aurelhargues (auj. Peyron, Gard); Marcellianicas, Marsillargues (Hérault et Gard) ; Marianicas, Meyrargues (Bouches-du-Rhône) .

Cette mutation de la liquide n*a pas eu lieu lorsque le c s'est adouci : Celsinianicas, Sauxillanges (Corrèze) ; Laurestanicas, Lostanges (Corrèze).

590 NOMS DE LIEU. [Liv. m, Ch. m.

Un dernier sufHxe gaulois -ssa s*est ajouté encore à des noms romains pour former un certain nombre de noms de lieu terminés en -issa. M. d'Arbois de Jubainville cite : Cantiua, Chantesse (Isère) ; Vindonissa^ Vandenesse (Côte-d'Or et Nièvre), Vendenesse (Saône-et-Loire), Vendresse (Ardennes) et Windisch (Suisse); Villonma^ Villenauxe (Aube).

E. Nom» dérivés d'un nom commun et des suffixes latins -arids, -ARioLOSt -ETUM, -ÀRETDM. — Les uoms de lieu remontant à Tépoque gallo-romaine dérivés d*un nom commun se sont généralement formés à Taide de deux suffixes latins : i^ le suflixe -arius^ le plus souvent au féminin, singulier -a?7*a, ou pluriel -^iriae, -arias ; il a donné en français -ier, Aère^ -ières ; 2<» le suffixe -etum, ou -eta; il a donné en français -oy, -ay, et dans le Midi -et, -ède.

Suffixe -ARius. — Les noms formés à Taide de ce suffixe expriment en général une production du sol. 11 s*est ajouté, par exemple, à des noms de minéraux : Fe^TariaSy Ferrières; Petrarias, Perrière; à des noms de végétaux : Juncarias^ Jonchëres; Buxarias^ Buxières, Bussiéres; Cannabarias, Canavaria, Cannebière, Chennevière; Fabarias, Favières; Linarias, Linières; Rosarias^ Rosières; Rovaria (de Rubus), Royère (Creuse, Haute-Vienne); à des noms d*animaux : Apiarias, Achères; Asinarias^ Asnières; Berbicarias, Brebières; Columbarias^ Coulombiéres. Les noms de cette espèce abondent dans la nomenclature territoriale de notre pays. Beaucoup ont été refaits en latin sur le françiiis à une époque postérieure : il n*est pas rare de rencontrer dans des documents du xni« siècle des formes telles que Perreria, Juncheria^ Acheriae^ etc.

Ce suffixe -arius s*est parfois développé par Taddition d*un suffixe secondaire diminutif -o/i« : Apiariolas, Acherolles (Eure-et-Loir); Fabariolas^ Faverolles; Juncaridas, Joncberolles (Haute-Vienne); LinariolaSy Lignerolles*.

Suffixe -ETUii, -EFA. — Joint à des noms de végétaux, ce sufHxe a servi à former dès l'antiquité des noms communs désignant des plantations de ces végétaux. Ces noms communs n*ont pas tardé à être employés comme noms de lieu : il en est resté un très grand nombre en France, où la terminaison ^tum et ses corruptions -etus, -idus, ont généralement donné en français, des noms, souvent du genre féminin, avec les terminaisons -czt ou -oiy notées de bien des manières difTérentes.

Alnetum^ Alnidum, Alnitus, Aulnay, Aunay, Aulnois, et, avec la prosthèse de Tarticle : Launai, Launois, etc., noms d'une infînité de lieux de la France ; Coryletum, et par métathèse Colndum, leCoudray, le Coudroy, laCoudraie, Coudrot, Cauroy, Cauroix, etc.; Fraxinetum^ Fraxnidum, dans le Nord : Fresnay, Fresnoy; dans le Midi : Fraissinet, Freycinet; Pometum^ Pomoy,

1. Ce même suffixe olua, extrêmement fréquent, a été aussi parfois employé conrnie diminutif de genlilices en -ius : Matriolaa, Madriolas, de Matrius^ Marelles (Seinc-ct Marne); Valentiola, de Valenliuê, Valensollc (Basses-Alpes.)

g§ 5, 4.] NOMS GALLO-ROMAliXS ET GERMANIQUES. 5î91

Pomel; Roborelum, Rouvray; Salicetum, Saussaye; Spinetum, Épinay: Tremuleluffiy Tremblaye, etc. Des dérivés analogues ont été formés avec des noms de végétaux n'appartenant pas à la langue latine; H. d*Arbois de Jubainville cite : Casnetum^ de CasnWf a chêne », Chesnay; Boseinnif dugerm. Rata, « roseau », Rosoy, Rosey; et Vernetum ducelt. Vemos^ « aune », Vernois, Vernet, Vernède.

Par analogie, le suffixe -etum s'est ajouté à des noms qui n'étaient pas des noms de végétaux : le plus répandu des noms formés ainsi est Fontanetum^ qui a donné les innombrables Fontenay et Fontenoy qui se rencontrent en France.

Les deux suffixes -arius et -etum se sont parfois combinés pour former un nouveau suffixe ^retum : Nucaretum, Nogaredum, Norroy (Meurtheet-Moselle), Noyarey (Isère), Nogaret (Haute-Garonne), Nogarède (Ariège, Aude, Tarn, etc.) ; Pomarelum, Pommeray.

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