‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 235 sur 554 · NOMS GERMANIQUES · texte numérisé non relu

NOMS GERMANIQUES

pour former des noms de lieu, doit y correspondre, non plus h Tancien suffixe gaulois, mais au suffixe germanique qui a donné en allemand moderne les terminaisons -isch et -esch. Il est du reste assez difficile de distinguer ces deux sufQxesJ

D. Suffixes -iKGiM, ENCiM, ixcuM : désinences -imds, -ikiox, -omim, etc. — Enfin de nouvelles désinences, -inius, -inium, -onium, -ingus, -angns^ 'inga^ -ingaSy -^ncum^ -incum, -^ingum^ paraissent correspondre au suffixe germanique -ingen : elles ont donné des noms français terminés par -enc, "■eng, -eus, -en/, -an», "ain^ -in, -incq, -ins^ -ignés, -mes, -inge, -inges, "ingues, -ange, ^nges : Hordinium, Hodenc (Oise) ; Asinium, Anzin (iXord) ; Dononium, Denain (Ibid.); Horninium, Hornaing(lbid.); Fininga, Fenain (Ibid.); Boofangus, Ronfin (Loire); Rininga, Rincq (Pas-de-Calais); Graveningas, Gravelines (Nord); Valintingas, Valentinges (Nièvre); BoningaSy Bonningues (Jura); Aussidingas, Auxange (Ibid.); Suzingas, Suzanges (Moselle).

Dans la Franche-Comté et les régions avoisinantes ce même suffixe a produit les noms de lieu français teiininés en -^ns auxquels on a voulu, sans preuves suffisantes, attribuer une origine burgonde : Bleterencum, Bletterans (Jura); Lovincum et Lovingum, Louhans (Saône-et-Loire) ; Domblingum, Domblans (Jura); Thitboldinguniy Thiébouhans (Doubs), etc. A une époque postérieure ces noms ont été parfois remis en latin avec une terminaison -entium à laquelle il faut se garder d'attribuer une origine ancienne.

La terminaison -inghem {=ing-\-h€im),-ingeny s'est parfois maintenue dans le voisinage des pays de langue germanique : Almingas, Insming (Heurthe) ; Leedringas, Ledringhem (Nord) ; Tatinga, Tatinghem (Pas-de- Calais).

E. Suffixe d'origine saxonne -tun. — Le suffixe -/un, le même que Tanglais -ton (tou;n=: village) caractérise un certain nombre de noms qui sont, àn*en pas douter, d'origine saxonne; ils se rencontrent tous dans le département du Pas-de-Calais et presque tous dans le Boulonnais ^ Dés le début du i\« siècle, époque où ils apparaissent, on les trouve presque toujours dans les textes sous la forme vulgaire, parfois avec la graphie -tuniy qu'il ne faut pas prendre pour une forme latine. Lorsqu'ils sont latinisés, ce qui est exceptionnel, c'est avec la terminaison féminine -luna ; lorthographe moderne a généralement intercalé un h après le /, -thun. Bagingatun (8ii), Badingetuna (i208),Baincthun ^canton de Boulogne); Frailum (i084), Fréthun (canton de Calais); Wadingalum (xr siècle), Wâdenthun (canton de Marquise ; cf. le nom anglais Wadington) ; Dior* waldingatun (865), Verlincthun (canton de Samer).

1. Voy. D. IlAiGXERi, Dict. topogr, de Varr. de Boulogne-êur-Mcr, préf, p. xxxtii.

39* NOMS DK LIEU. (Ijv. ih, Ch. m.

F. Noms de lieu d'origine icandtnave. — L'étude des noms de lieu de la Normandie a fait reconnaître dans beaucoup d'entre eux une origine noroise* : il y a donc là des groupes particuliers caractérisés par des radicaux ot des désinences qui ne se trouvent pas ailleurs ou du muins qui ne s'y rencontrent qu'exceptionnellement et seulement là où les Normands eurent des élablissements. Les désinences en -bec, -beufel ses congénères -6t([(], -bye {-bovium, -balium), -fleur, -lot, sont caracttîristiques ; Caudebcc, Briqucbec, Houlbec, Coutibeuf, Daubeuf, Elbeuf, Quillobeuf; et hors de Normandie: Paimbœuf,^Estrebeuf, aux embouchures de la Loire et de la Somme; Toiirnebu, Corquebut, Hombye, Barfleur, Honllcur, Yvetot, llottot, Houdetot, etc. Malheureusement, pour faire l'histoire des transformations de ces noms, il manque des formes anciennes; la plupart en ciïct n'apparaissent dans les textes qu'à une époque tardive et avec des formes vulgaires ou latinisées surles formes vulgaires.

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